La CSN dénonce l’attitude du CIUSSS de l’Estrie et passe à l’action contre la privatisation des stationnements

La CSN dénonce le refus du CIUSSS de l’Estrie de tenir une rencontre sur la privatisation des stationnements de la région. Cette attitude de l’employeur force la CSN à utiliser les recours prévus à sa convention collective. Pour la CSN, il faut maintenir les stationnements dans le giron public pour conserver les revenus et les emplois. La CSN lance d’ailleurs une pétition pour obtenir l’appui de la population estrienne contre la hausse de la tarification et la privatisation.

Le CIUSSS envoie des messages contraires

Le 14 février dernier, la CSN demandait publiquement la tenue d’une rencontre urgente pour présenter les orientations qui soutiendront l’alternative publique du projet de la CSN en ce qui a trait à la privatisation des stationnements des établissements de santé et de services sociaux de la région et de sursoir à l’ouverture des soumissions à l’appel d’offres. Sur les ondes de Radio-Canada, un représentant du CIUSSS de l’Estrie a annoncé publiquement qu’il acquiesce à notre demande de rencontre. Alors que des échanges avaient lieu avec le secrétariat de Madame Johanne Turgeon, p.d.g.a., afin de déterminer la date de la rencontre et qu’un suivi était fait auprès de la Direction des services techniques relevant de Monsieur Jean Ferland, en fin d’après-midi jeudi la CSN reçoit une lettre de la direction des relations du travail du CIUSSS- CHUS mettant fin unilatéralement aux discussions, considérant échue le délai pour présenter une alternative publique et annonçant l’ouverture des soumissions le jour même.

« Pourquoi annoncer publiquement être prêt à nous rencontrer pour faire le contraire quelques jours plus tard? Nous nous questionnons beaucoup face à cette attitude du CIUSSS. Il est absolument primordial que nous soyons entendus et que l’on réponde à nos questions pour que nous soyons en mesure de présenter une alternative publique qui permettrait de conserver les revenus générés par les stationnements de la région, de même que les emplois », lance Laurent-Paul Maheux, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Estrie.

La CSN passe à l’action pour nos services publics

La CSN annonce qu’elle utilisera les recours prévus à sa convention collective pour poursuivre les interventions auprès du CIUSSS. Plusieurs articles de la convention collective de la CSN permettent d’intervenir pour déposer des alternatives publiques face à des tentatives de privatisation. Dès aujourd’hui, la CSN fait aussi circuler une pétition invitant la population à demander au conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie de revenir sur sa décision d’augmenter les tarifs des stationnements des établissements de la région et de procéder à une privatisation.

« On ne peut en rester là. C’est pourquoi nous passons à l’action et utilisons différents moyens pour convaincre le CIUSSS de l’Estrie de revenir sur sa décision. Il n’y a aucune raison pour expliquer qu’on augmente drastiquement les tarifs des stationnements. Il n’y a rien non plus qui démontre la pertinence de se priver collectivement des revenus générés par les stationnements. C’est pourquoi nous demandons l’appui de la population pour faire reculer le CIUSSS », de conclure Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

Des coupes qui touchent directement les professionnel-les en soins

Une analyse des budgets des établissements du réseau menée par la CSN, démontre que les secteurs où oeuvrent particulièrement les professionnel-les en soins sont touchés de plein fouet par les coupes gouvernementales, résultat direct de ses mesures d’austérité.

139 millions de dollars en 2016-2017

Pour l’année 2016-2017 uniquement, les établissements de santé et de services sociaux projettent de couper plus de 139 M$ dans les centres d’activité où travaillent notamment les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes.

Ainsi, pour les soins spécialisés aux nouveau-nés, ou néonatalogie, les coupes atteindront près de 4,5 millions de dollars, alors que les soins infirmiers de courte durée aux adultes et aux enfants seront amputés de plus de 52 millions de dollars. Même scénario au bloc opératoire (21 M$), à l’urgence (28 M$) ainsi que dans les soins infirmiers donnés aux personnes en perte d’autonomie (17M$). Finalement, 11 M$ seront coupés dans les soins à domicile et 3 M$ en inhalothérapie.

Soins spécialisés aux nouveau-nés (néonatologie)

– 4 413 816

Soins infirmiers de courte durée aux adultes et aux enfants

-52 019 002

Bloc opératoire

-21 318 390

Urgence

-28 663 725

Soins infirmiers aux personnes en perte d’autonomie

-17 827 398

Soins infirmiers à domicile

-11 862 287

Inhalothérapie

-3 057 666

 Total : 

-139 162 284

Impacts sur les professionnel-les en soins

Pour Marie-Josée Tremblay, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, (FSSS–CSN), ces coupes ont un impact majeur sur les soins rendus à la population, mais aussi sur les professionnel-les en soins du réseau qui, quotidiennement doivent soigner dans des conditions de plus en plus difficiles. « La surcharge de travail et l’épuisement sont devenus le lot des professionnel-les en soins du réseau. Depuis 2011, nous constatons que les conditions se détériorent. Et lorsqu’on voit ce qui nous attend encore cette année, on ne peut que se demander combien de temps le réseau résistera-t-il. Ce dernier est complétement étranglé, et le ministre Gaétan Barrette doit réagir », déclare Mme Tremblay, infirmière au CIUSSS du Saguenay-Lac-St-Jean.

De son côté, Nadine Lambert, secrétaire-générale et trésorière de la FSSS–CSN, déplore que le gouvernement n’arrive même plus à atteindre ses propres objectifs, étant donné l’ampleur des coupes. « Ce que l’analyse de la CSN vient démontrer, c’est que lorsque nous jumelons toutes ces coupes (sous-financement et mesures d’optimisation), nous constatons que des objectifs comme l’amélioration des soins auprès des personnes en perte d’autonomie deviennent tout simplement impossibles à atteindre. Nous ne sommes plus ici dans un contrôle des dépenses, mais bel et bien dans des coupes directes », a dénoncé Nadine Lambert, infirmière au CHU Sainte-Justine.

Le 15 février, lors d’une conférence de presse présentant son analyse, la CSN avait exigé que le gouvernement profite du prochain budget pour rétablir la situation, en réinvestissant de façon massive dans le réseau.

À propos
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les paramédics d’Ambulances Abitémis en grève

Le syndicat des paramédics de l’Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec-CSN (SPATNQ) joint aujourd’hui le mouvement provincial de grève visant à faire débloquer les négociations pour le renouvellement des conventions collectives. Elles sont échues depuis le 31 mars 2015.

« Malheureusement, il semble actuellement que la grève soit le seul moyen pour nous faire entendre, explique le vice-président du syndicat régional Félix-Antoine Lafleur. Les travaux sur les enjeux normatifs sont terminés avec la Corporation des services ambulanciers du Québec. Toutefois, en ce qui a trait notamment aux salaires, à la bonification du régime de retraite ainsi qu’à la charge de travail et aux horaires de travail, nos priorités, nous n’avons même pas reçu d’offre formelle ! »

Ambulances Abitémis regroupe 108 paramédics couvrant notamment les secteurs de Malartic, Cadillac, Rouyn-Noranda, Notre-Dame-du-Nord, Ville-Marie, Témiscaming, La Sarre, Matagami, Amos, Barraute et Lebel-sur-Quevillon. Ils mènent leurs négociations de concert avec les 3 600 membres affiliés à la CSN du secteur préhospitalier, partout au Québec.

En avril 2016, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, annonçait abruptement son retrait des négociations. Il disait confier cette responsabilité entièrement aux diverses entreprises privées et coopératives du secteur. Toutefois, aux tables de négociation, celles-ci n’ont aucun mandat pour faire progresser les discussions.

« M. Barrette est-il conscient de l’ampleur du désastre qu’il est en train de causer dans le secteur préhospitalier ? demande Annick Trottier, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Cette grève aurait pu être évitée s’il avait pris ses responsabilités. Nous attendons un geste concret du ministère pour remettre ces négociations sur les rails. Les paramédics méritent une bien meilleure reconnaissance pour leur rôle indispensable. Toute la CSN va se déployer dans les prochains jours pour les soutenir dans cette lutte importante. »

« Ce n’est pas la grève dans le préhospitalier qui causera des retards sur les interventions des paramédics, nous indique Giacomo Bouchard, président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue – Nord-du-Québec. Cependant, les horaires de factions retardent considérablement les délais d’intervention. Sur cet aspect, ce n’est pas uniquement le combat du syndicat, c’est aussi un enjeu majeur pour la région. Chaque jour, la population a besoin des paramédics, aujourd’hui ce sont eux qui ont besoin de notre appui. »

En l’absence de nouveaux mandats du côté patronal, les négociations sont donc présentement au point mort.

 

 

Secteur préhospitalier, en grève !

Au cours des derniers jours, un vaste mouvement de grève s’est levé dans le secteur préhospitalier. Dans ce secteur soumis aux services essentiels, la stratégie de grève déployée par la CSN exerce dans les faits une pression très importante sur l’ensemble des décideurs du réseau. Les conséquences de la grève sont multiples pour l’administration et la régie interne des entreprises du secteur. Entre autres exemples, les paramédics ne remplissent plus les formulaires permettant aux entreprises de facturer les transports et ils et elles ne ramènent plus le personnel médical accompagnant un patient sauf dans quelques circonstances exceptionnelles, la responsabilité retombant sur les CISSS et CIUSSS. Plusieurs autres moyens de pression ont été acceptés par Tribunal administratif du travail. La liste des tâches touchées par la grève est plus diversifiée que jamais.

Actuellement, le ministre Gaétan Barrette refuse de s’impliquer dans les négociations malgré le fait que son ministère soit celui qui finance les services à la population. Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015. Les cinq priorités des 3600 paramédics, répartiteurs, répartitrices et employé-es de soutien du préhospitalier concernent les salaires, la progression dans les échelles salariales, le régime de retraite, la santé–sécurité ainsi que le problème épineux de la surcharge de travail et l’abolition des horaires de travail de faction (disponibilité continue durant sept jours sur une période de 14 jours).

Une centaine de délégué-es CSN en colère contre une association patronale de CPE

Près d’une centaine de délégué-es des syndicats de travailleuses et de travailleurs en CPE ont manifesté, aujourd’hui à Saint-Hubert, devant le CPE Aux Mille jeux, membre de l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE). Elles ont voulu dénoncer l’absence de volonté de cette association qui refuse systématiquement d’entamer les négociations nationales pour le renouvellement des conventions collectives de milliers de travailleuses en CPE, lesquelles sont échues depuis le 31 mars 2015.

« Voilà des mois que nous tentons de faire entendre raison à l’APNCPE pour qu’elle réintègre la table nationale, comme l’on fait jusqu’à maintenant toutes les autres associations patronales et le ministère de la Famille (MFA), lance Louise Labrie, membre du comité national de négociation de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). En s’entêtant à vouloir rejeter puis décentraliser les pourparlers sur les matières dites nationales au plan régional, l’APNCPE fait peser une menace bien réelle quant à l’équité des conditions de travail entre les CPE, peu importe la région. Ce qui est en jeu, c’est la fin de l’uniformité des conditions de travail et de pratique en CPE. Et ça, ça ne passera pas ! »

L’APNCPE, qui regroupe une centaine de CPE en Estrie, en Montérégie, dans le Centre-du-Québec et à Montréal, s’est dissociée en 2016 du processus de la négociation nationale auquel elle était liée depuis près de vingt ans, contrairement aux autres associations qui représentent environ 150 CPE dont les travailleuses et travailleurs sont membres de la FSSS–CSN. Les pourparlers au plan national se sont amorcés en décembre dernier et plusieurs séances sont prévues dans les prochaines semaines.

« Dans le contexte actuel d’austérité libérale et de compressions budgétaires sans précédent, une décentralisation des négociations de plusieurs matières à incidence pécuniaire au plan régional, comme le souhaite l’APNCPE, pourrait entraîner des conditions de travail et de pratique inférieures au reste des CPE visés par les négociations avec la FSSS–CSN », ajoute Louise Labrie. C’est le cas notamment des vacances annuelles, des congés fériés et des jours de maladie, de la garantie d’heures travaillées à l’intérieur des diverses appellations d’emploi et de l’assurance collective. »

« Nous sommes toujours disposés à enclencher rapidement les pourparlers avec cette association patronale dans le respect de la structure de négociation nationale que l’on s’est donnée, marquée par une volonté commune d’établir des relations de travail respectueuses. Or, non seulement l’APNCPE refuse de joindre la table nationale, mais elle a sorti l’arsenal juridique pour tenter d’imposer son propre modèle de négociation axé sur le volet régional », renchérit-elle.

En effet, une plainte pour négociation de mauvaise foi a été déposée par l’APNCPE et est toujours en cours devant le Tribunal administratif du travail (TAT) contre la partie syndicale en raison de son refus de voir décentraliser les pourparlers. En outre, toutes les séances prévues ont été annulées par cette association jusqu’à ce que le TAT rende son jugement, retardant d’autant le règlement des conventions collectives.

Pour le comité national de négociation de la FSSS–CSN, cette troisième manifestation contre les CPE membres de l’APNCPE n’est qu’une étape de plus dans le plan d’action qui sera déployé dans les prochaines semaines. « Nous allons apporter notre plein appui et mettre toute la pression nécessaire pour amener cette association et les CPE membres à entendre raison et à réintégrer le processus de la négociation nationale », de conclure Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN).

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) est la plus importante organisation syndicale dans le secteur des centres de la petite enfance, avec 11 000 travailleuses et travailleurs syndiqués. Le Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN) regroupe sur une base régionale près de 40 000 membres provenant de tous les secteurs d’activités tant privés que publics. Pour sa part, la CSN est composée de près de 2000 syndicats regroupant plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Pour voir la vidéo de la manifestation : vimeo.com/204431440

Une privatisation insensée des stationnements du CIUSS de l’Estrie

La CSN proposera un projet alternatif pour maintenir les revenus et les emplois au public

La CSN demande une rencontre d’urgence avec le CIUSSS de l’Estrie pour présenter les orientations qui soutiendront l’alternative publique du projet de la CSN en ce qui a trait à la privatisation des stationnements des établissements de santé et de services sociaux de la région. La CSN veut à tout prix contrer cette nouvelle forme de privatisation qui fera non seulement perdre d’importants revenus aux établissements de santé publics, mais également des emplois.

Une privatisation insensée
La CSN déplore le fait que le CIUSSS de l’Estrie veut profiter de la directive du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’uniformiser la tarification des stationnements des établissements pour entraîner une nouvelle privatisation. Cette décision du CIUSSS a pour effet d’instaurer une tarification ou de hausser considérablement celle existante pour les usagers et le personnel, en plus des tarifs inégaux qui diviseront les employés du CIUSS-CHUS dans plusieurs villes de la région.

« Cette hausse nous apparaît injustifiée et ne règlera en rien le manque d’espaces de stationnement pour le personnel et les usagers», de souligner Ted Hébert, représentant de l’exécutif local et trésorier.

Le CIUSSS prétend ne pas détenir l’expertise pour assurer la gestion des stationnements bien que plusieurs d’entre eux sont sous sa gouverne depuis plusieurs années et génèrent d’importants surplus. Rappelons que la gestion publique des stationnements a permis d’engranger 66 millions de dollars de profits net au Québec en 2014-2015 et que le CIUSS-CHUS de l’Estrie est l’un des plus performants au Québec en matière de gestion des parcs de stationnements.

« Cette annonce de privatisation est insensée. Les stationnements des établissements de santé de la région permettent de générer des revenus pour financer les soins. Pourquoi vouloir donner ces revenus au privé ? Dans un contexte où les compressions budgétaires imposées par le gouvernement font mal, c’est encore moins le temps de privatiser la gestion des stationnements », lance Laurent-Paul Maheux, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Estrie.

Demande de rencontre urgente

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin, entend tenir tête au CIUSSS de l’Estrie. « Nous n’en resterons pas là. Par le passé, nous avons fait reculer plusieurs projets de privatisation. C’est ce que nous entendons faire une fois de plus par différents moyens. Nous demandons une rencontre urgente pour pouvoir faire part de notre alternative publique à l’employeur. Il y a là une occasion rêvée de garder des revenus pour les soins à la population. Il doit entendre raison », de marteler Denis Beaudin.

La CSN dénonce de plus la lenteur du CIUSSS de l’Estrie de transmettre à la CSN l’ensemble des documents financiers nécessaires à l’élaboration du projet alternatif. Rappelons l’article 3.10 de la dernière convention nationale signée récemment entre les parties. On peut y lire que les parties reconnaissent l’importance :

  • De maintenir des services publics de qualité et de déterminer des sources d’économie;
  • De travailler au maintien et au développement de l’expertise des personnes salariées du réseau public de la santé et des services sociaux;
  • D’avoir pour objectif de préserver des emplois dans le réseau public de la santé et des services sociaux et de privilégier le travail à l’interne;
  • De discuter des propositions concrètes d’amélioration des façons de faire en dehors du contexte formel de la négociation de la convention collective.

Rappelons que la CSN est la seule centrale syndicale à posséder une telle clause dans sa convention collective.

Les établissements de santé et de services sociaux forcés de renoncer aux priorités du MSSS

Une analyse des budgets des établissements du réseau de la santé et des services sociaux, menée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), conclut que le sous-financement est beaucoup plus important que ce que le gouvernement laisse croire. L’analyse démontre l’existence de coupes nettes dans plusieurs secteurs pourtant identifiés comme des priorités par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Cette situation est plus inquiétante que jamais, selon le président de la CSN, Jacques Létourneau. Nous demandons au gouvernement de prendre acte des effets désastreux de l’austérité sur le réseau et de profiter du prochain budget pour réinvestir massivement afin de répondre adéquatement aux besoins de la population. »

Un sous-financement qui accélère le démantèlement du réseau public de santé et de services sociaux

Ayant pour objectif de répondre aux nombreux témoignages préoccupants de salarié-es du réseau, la CSN a étudié les données sur le financement des établissements du réseau. Elle constate que pour la seule période de 2010 à 2014, il aurait fallu investir près d’un milliard de dollars de plus pour pallier aux seuls effets de l’inflation et de la croissance de la population. Depuis 2014, la situation s’est aggravée, alors que le taux de croissance de financement est encore plus faible. Cette analyse démontre que nous investissons aujourd’hui autant par habitant qu’il y a 10 ans. De 2010 à 2014 seulement, en neutralisant l’effet de l’inflation, le financement des établissements est passé de 1357,20$ par habitant à 1238,80$, un recul de 9%. Depuis une décennie, les établissements disposent chaque année de moins en moins de moyens pour dispenser des services à une population de plus en plus nombreuse et vieillissante, ce qui est insoutenable.

« Depuis 2011, les établissements de la santé et des services sociaux n’ont plus les moyens de maintenir le même niveau de services à la population. Ce que le gouvernement appelle “mesures d’optimisation”, une façon de désigner des coupes, n’est donc que la pointe de l’iceberg. Nous devons prendre conscience de l’ampleur du sous-financement de notre réseau. Derrière les faibles taux de croissance du financement des établissements se cachent un manque à gagner considérable qui se traduit par d’importantes coupes de services, dont les effets sont cumulatifs d’une année à l’autre. Le réseau est en crise. Les salarié-es du réseau le savent, la population le sait, et en examinant les données budgétaires, on comprend pourquoi. Ce goulot d’étranglement entraîne une accélération de la privatisation et un abandon progressif de la mission sociale du réseau », lance Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Des coupes nettes dans les services du Grand Montréal
L’analyse des budgets des établissements de la région métropolitaine de Montréal démontre hors de tout doute l’impact du sous-financement sur les services à la population. Alors que le MSSS se donne plusieurs objectifs pour améliorer l’offre de services, ce sous-financement entraîne des coupes nettes directement dans ces cibles.

Dans le Grand Montréal, le portrait est alarmant, les établissements ayant par exemple pris la décision de couper cette année :

  • Près de 9 millions de dollars en prévention et en santé publique;
  • Plus de 10 millions de dollars dans les soins et services aux jeunes et aux jeunes en difficulté;
  • Près de 25 millions de dollars en santé mentale;
  • Plus de 83 millions $ dans divers soins et services destinés à l’ensemble de la population tels les urgences, blocs opératoires, unités de médecine, oncologie, hématologie, etc.;
  • Près de 20 millions $ de soins et services aux personnes en perte d’autonomie;
  • Plus de 14 millions $ dans les laboratoires;
  • Plus de 14 millions $ dans le soutien à domicile;
  • Plus de 4,5 millions $ en soins et services professionnels.

« Pour le grand Montréal, nous avons repéré pour plus de 217 millions $ de coupes dans des services. Quel est l’impact sur la population? C’est une véritable bombe à retardement! Les problèmes de santé que nous ne sommes pas en mesure de traiter efficacement aujourd’hui ne vont pas disparaître! Qu’adviendra-t-il des aîné-es qu’on ne parvient plus à soigner, des jeunes en difficulté qui ne recevront pas de services et des personnes qui ont besoin de soins de santé mentale? C’est d’abord aux sans-voix que ce sous-financement s’attaque. Mais est-ce vraiment dans le type de société que nous voulons vivre? », poursuit la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Nancy Corriveau.

Une hypocrisie qui mène à l’abandon de la population
Le MSSS a établi ses objectifs pour la période 2015-2020. Chaque année, il signe avec chaque établissement une entente de gestion et d’imputabilité où les parties s’engagent à ne pas couper dans les services et à réaliser les objectifs du MSSS. L’analyse des budgets démontre pourtant que c’est tout le contraire qui se produit, ce qui met en lumière toute l’hypocrisie qui règne dans la gestion du réseau. Pour la CSN, le silence, voire la complaisance entre les directions d’établissement et le MSSS ne sert que la vision du gouvernement qui favorise le démantèlement des services au bénéfice de la privatisation.

« On a bien beau se donner les meilleurs objectifs, on continue d’année en année à sous-financer le réseau, ce qui rend impossible l’atteinte des objectifs. Le ministre Barrette se défendra certainement en tentant de faire croire à la population que nous sommes alarmistes. Ce sont pourtant les données des budgets provenant du ministère qui démontrent l’état extrêmement préoccupant de la situation. C’est une arnaque érigée en système! On constate dans tous les établissements un alourdissement de la charge de travail dans toutes les catégories d’emplois. Si nous voulons commencer à réparer les erreurs des dernières années, il est temps d’agir sur le financement du réseau : entre autres en révisant le mode de rémunération des médecins, en agissant sur le coût des médicaments, sur le surdiagnostic et en favorisant l’interdisciplinarité des équipes. Le gouvernement Couillard dispose des surplus budgétaires pour permettre un réinvestissement massif dans les services publics. C’est ce que nous exigeons du prochain budget », de conclure Jacques Létourneau, président de la CSN.

Soins à domicile dans Lanaudière : La CSN demande un engagement fort pour le secteur public

Le développement des services de soutien à domicile constitue la voie à privilégier afin de répondre à l’augmentation des besoins en soins et services chez les aîné-es. Ces services coûtent beaucoup moins cher que les infrastructures d’hébergement. De plus, la grande majorité des aîné-es souhaitent demeurer dans leur foyer le plus longtemps possible. Pour ce faire, la CSN réclame un engagement du gouvernement à rehausser le financement de ces services publics. La CSN demande au CISSS de Lanaudière de mettre fin à la privatisation des services et d’embaucher des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), un personnel dûment formé pour assurer ces services au quotidien.

De passage à Joliette à l’occasion d’un rassemblement des ASSS de la région, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a souligné que le Canada fait piètre figure en ce qui a trait au financement des services aux aîné-es et en particulier les soins à domicile, lorsqu’on le compare aux autres économies développées. Quant au Québec, il investit moins que les autres provinces.

« Le Québec a un grand retard à combler, explique-t-il. On estime actuellement que moins de 10 % des besoins en soutien à domicile sont effectivement couverts par les services publics. Des besoins non comblés, cela veut dire une surcharge intenable pour les proches aidants, des recours croissants à des entreprises privées ou communautaires dont le personnel est moins stable et n’a pas la même formation que les ASSS. ou encore une détérioration de l’état de santé des personnes, nécessitant un transfert en centre hospitalier ou en CHSLD. »

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CSSS Nord-de-Lanaudière–CSN a rencontré les ASSS de tous les points de service du Nord de la région au cours du mois de décembre afin de faire le point sur la situation.

« La privatisation est croissante, voire dramatique, et les ASSS déplorent que leur rôle soit méconnu du public, explique le vice-président du syndicat, René Gougeon. Les ASSS et les professionnel-les sur le terrain constatent qu’avec les recours accrus à des ressources externes non qualifiées, il est de plus en plus difficile de suivre l’évolution de la condition des aîné-es à domicile, contrairement aux CLSC, où la pratique en interdisciplinarité permet un travail d’équipe pour chaque cas ».

Au fil des dernières années, certaines tâches ont été retirées aux ASSS pour les transférer au privé. Les travailleuses et travailleurs du secteur privé se sont vu attribuer des tâches qui demandent une qualification précise. « Le CISSS de Lanaudière cautionne cette privatisation car un budget est octroyé au secteur privé, poursuit-il. D’ailleurs, en janvier seulement, un montant de 25 000 $ a été remboursé au Service d’aide à domicile du Rousseau. L’employeur ne procède plus au remplacement de ses propres ASSS et préfère relayer le travail au privé, où le personnel ne reçoit qu’une formation de 430 heures. Il met volontairement en danger la population en sachant très bien qu’une formation de 750 heures (ce que l’employeur exige pour être embauché au CISSSL) doit être dispensée aux ASSS du secteur public, en plus des actes réservés qui doivent être enseignés et supervisés par un professionnel.. C’est totalement inacceptable de la part d’un l’employeur. »

« Notre rôle est de donner un service de proximité et de qualité tout en respectant la confidentialité. Les ASSS offrent des soins d’hygiène, de l’aide à l’alimentation, de l’aide à l’habillement, de l’aide à la mobilité et bien plus, afin de permettre aux personnes en perte d’autonomie de rester le plus longtemps possible à la maison. Les ASSS sont essentiels et nous devons être reconnus, ajoute Isabelle Desmarais, une ASSS du CISSS de Lanaudière.

Pour le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion, il y a urgence de revaloriser la profession d’ASSS. « Dans les soins à domicile, ils sont les yeux et les oreilles de tout le réseau. Grâce à leur formation et à leur intégration dans les équipes multidisciplinaires des CLSC, ils sont en mesure de détecter toute évolution non souhaitable de la situation de santé des aîné-es. Ils créent également un lien de confiance précieux dans un contexte d’intimité. La dernière chose que veulent les aîné-es c’est que la personne qui leur donne les soins d’hygiène change à tout bout de champ !»

Quant à la vice-présidente du Conseil central de Lanaudière (CSN), Patricia Rivest, elle estime que la population de Lanaudière est en droit de s’attendre à des services de qualité. « C’est la responsabilité de l’État d’assurer ces services. La marchandisation ne nous amènera rien de bon. J’invite le CISSS de Lanaudière à mettre les salarié-es à contribution dans la recherche de solutions pour améliorer l’offre de services à la population ».

La lutte contre la privatisation des soins à domicile est un des volets d’une vaste campagne «Ma place en santé, j’y tiens» que mène la CSN depuis près d’un an. Plus d’information au : maplaceensante.com.

 

La FSSS-CSN dénonce le projet de refonte de la carte électorale

La FSSS-CSN dénonce le projet de refonte de la carte électorale provinciale proposée par la Commission de la représentation électorale du Québec. Ce projet ne représente pas la volonté exprimée par les citoyennes et citoyens et l’absence de consultation publique sur le sujet est inquiétante. Pour la FSSS-CSN, les énergies devraient être mises à réformer le mode de scrutin bien plus qu’à modifier la carte électorale.

Le 7 février dernier était rendue publique la proposition de refonte de la carte électorale par la Commission de la représentation électorale du Québec. Les réactions ne se sont pas fait attendre et le projet a surpris plusieurs personnes tant il diffère de la version initiale proposée il y a quelques mois. La FSSS-CSN demande à la Commission de tenir une consultation publique sur ce nouveau projet de refonte. Une modification aussi importante de la carte électorale doit recevoir l’aval de la population.

L’urgence d’exiger une réforme du mode de scrutin

Depuis plusieurs années, la FSSS-CSN, comme plusieurs acteurs de la société civile comme le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN), milite pour une réforme du mode de scrutin. Plutôt que de poursuivre cet exercice de refonte de la carte électorale, la FSSS-CSN invite le gouvernement et l’ensemble des députés à travailler sur une réforme du mode de scrutin le plus rapidement possible.

« Le réel enjeu démocratique sur lequel nous devons travailler au Québec est celui de la réforme du mode de scrutin. Avec un système plus proportionnel, nous pourrions améliorer la représentation de la volonté populaire à l’Assemblée nationale. Malheureusement, nous doutons que le projet de refonte de la carte électorale permette de répondre à cet enjeu primordial d’une meilleure représentation de la population québécoise dans nos institutions démocratiques », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le gouvernement se prépare sciemment à sacrifier la santé de ses employés

La CSN condamne l’improvisation et la précipitation du ministre Barrette qui fonce tête baissée pour implanter le projet Optilab alors qu’il sait pertinemment que ce projet risque d’avoir des impacts sur la santé du personnel. La centrale exhorte le gouvernement libéral à imposer un moratoire au projet Optilab, une demande soutenue de toutes parts. Il doit reculer comme il l’a fait pour les établissements de santé du Grand Nord.

« Mais que va-t-il falloir au gouvernement pour renoncer à ce projet bâclé ? s’est exclamé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Les documents obtenus en vertu de la loi d’accès à l’information et dont TVA faisait état hier nous apprennent que le ministre compte faire ses économies grâce à la réduction d’effectifs et donc sur le dos du personnel. Tout cela est inacceptable. »

Bloquer la privatisation
« Les répercussions d’Optilab sur la santé de la population ont été dénoncées à maintes reprises. Ce projet présente aussi des risques sérieux pour la santé des techniciennes et techniciens en laboratoire qui devront encaisser la surcharge de travail causée par les suppressions de postes. Et le gouvernement le sait. Au final, la population est perdante, les employé-es sont perdants et le gouvernement lui-même dit qu’il sera difficile d’évaluer la performance des laboratoires. À qui servira le projet Optilab ? », poursuit-il.

« On apprend aussi que le ministre aurait mis en place des scénarios d’optimisation au cas où l’efficacité de son projet ne serait pas au rendez-vous, poursuit Jean Lacharité. Le détail concernant ces plans B n’a malheureusement pu être obtenu par la loi d’accès à l’information. S’agit-il de projets de privatisation des laboratoires publics, une fois ceux-ci centralisés ? Si c’est ce que le ministre a en tête, qu’il sache que nous nous opposerons à toute privatisation complète ou partielle des laboratoires médicaux et de tous les services qui y sont associés, comme le transport des échantillons», conclut-il.

 

 

Un réseau sous pression

Soumis à un sous-financement chronique depuis plus de 25 ans, le réseau de la santé et des services sociaux québécois n’aura jamais été aussi ébranlé et affaibli qu’avec les mesures d’austérité qui continuent de s’abattre sur le Québec depuis l’élection des libéraux de Philippe Couillard, en 2014. Ces compressions sans précédent ont eu des effets désastreux sur la population et sur les 257 000 travailleuses et travailleurs qui œuvrent dans le réseau. Pour faire avaler cette pilule austère, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a imposé une énième réforme qui force entre autres la fusion des établissements en mégacentres, dont treize centres intégrés et neuf centres intégrés universitaires. Du jamais vu. Pourtant, c’est le même gouvernement qui s’est récemment vanté de dégager des surplus budgétaires de 3,7 milliards de dollars en 2015-2016, et de 1,7 milliard pour les six premiers mois de l’année 2016. Et ce n’est pas l’injection récente de quelque 300 millions de dollars dans le réseau qui va changer la donne. Des miettes en comparaison du 1,5 milliard versé au Fonds des générations l’an dernier et des 2 milliards de plus que souhaite y verser le gouvernement l’an prochain.

Un aveuglement total

Cette refonte sans précédent des services devait d’abord remettre le patient au centre des activités du réseau, aux dires des libéraux du premier ministre Philippe Couillard, lui-même auteur d’une autre réorganisation inachevée décrétée en 2004. C’est tout le contraire qui s’est produit, générant pour la population une détérioration des services ainsi que de la détresse et des cris du cœur. Malgré les rapports dévastateurs du Protecteur du citoyen et du Commissaire à la santé et au bien-être démontrant la détérioration de l’accès et de la qualité des services aux usagers, le gouvernement a toujours maintenu que les services directs n’ont jamais été affectés.

En outre, des centaines d’organismes com­mu­nautaires et d’associations de défense des droits ont tour à tour fustigé cette réforme. D’autres comme Médecins québécois pour un régime public ou encore le Réseau de recherche en interventions en sciences infirmières du Québec de l’Université de Montréal ont joint leur voix à ce concert de protestations, critiquant par ailleurs le renforcement du pouvoir médical sur notre système public de santé et de services sociaux. Des constats d’ailleurs partagés par les trois partis de l’opposition.

Pour leur part, les syndicats affiliés à la CSN n’ont cessé de manifester et continuent de décrier les effets néfastes des fusions et des mesures d’austérité ou « d’optimisation », ainsi que la dégradation marquée des conditions de travail et les pertes d’emplois. Même les gestionnaires n’ont pas échappé aux pressions et aux diktats du ministre Barrette, devenu seul décideur d’un réseau ultra centralisé. Jamais dans l’histoire du réseau n’aura-t-on vu une telle unanimité contre une réforme.

Les échecs de la réforme Barrette

Ce qui était prévu, annoncé, est donc en train de se produire. L’avocat Jean-Pierre Ménard, spécialisé en droit médical, connaît bien les ratés du système de santé québécois. Il a consacré sa vie à la défense des droits des patientes et des patients. Aujourd’hui, il affirme sans détour que la réforme Barrette est un échec.

Selon lui, c’est une réforme coup-de-poing, opaque et improvisée : « Cette réforme-là s’est faite contre la volonté de la population. Pour les patients, c’est une réforme qui a de lourdes conséquences, pour les travailleurs et les cadres, c’est un désastre. Cette réforme de structure s’est accompagnée de compressions financières majeures, on parle d’à peu près un milliard sur trois ans. Des compressions qui sont d’une telle ampleur que c’est l’offre de service qui en a été diminuée, dans un réseau qui avait déjà de grandes difficultés d’accessibilité. On a aggravé le problème d’accessibilité au lieu de le régler. Partout où c’était possible, on a supprimé des postes, on a délocalisé des services qui sont devenus moins accessibles à la population. »

Tout le monde cherche encore quel modèle a pu inspirer le ministre Gaétan Barrette. Pour l’instant, la vérité c’est que personne ne sait où le navire va s’échouer. Ni la population, ni les intervenants du réseau, ni les gestionnaires, qui sont tellement submergés par la mise en place des nouvelles structures, qu’ils n’ont plus le temps de s’occuper de la santé des gens.

Pourtant, à entendre le ministre Barrette, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si ça n’avance pas assez vite, selon lui, c’est parce que le réseau « résiste au changement ». Ce que conteste le chercheur Damien Contandriopoulos, de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal : « On entend le ministre faire toutes sortes d’affirmations assez divertissantes sur le fait que la loi 10 livre déjà la marchandise, qu’on voit déjà une amélioration. On ne sait pas sur quoi il se base pour faire ces affirmations-là, mais moi, toutes mes données, toutes les communications que j’ai avec les professionnel-les qui donnent des soins, ou mes conversations avec les administrateurs, m’indiquent que le réseau est actuellement en très grande difficulté. Difficulté en raison des fortes compressions budgétaires et d’une désorganisation administrative profonde. La situation est vraiment difficile et ça se voit lorsqu’on observe la hausse importante de l’absentéisme et des congés de maladie. On voit aussi à grande échelle une diminution de l’accessibilité aux services de santé. Ce qu’on constate clairement, c’est que la performance du système de santé s’est détériorée depuis l’arrivée du ministre Barrette. »

Les personnes les plus vulnérables, les plus touchées

Contrairement au discours du ministre, Jean-Pierre Ménard soutient que les compressions ne se sont pas limitées à la bureaucratie : « Les coupes ont touché de plein fouet tout le réseau de la santé, en particulier les services directs aux citoyens. On a resserré les critères d’admissibilité pour les soins à domicile, on a réduit l’accès aux CHSLD, aux soins pour les personnes handicapées, aux soins de santé mentale, et aux centres jeunesse. Les grands perdants de la réforme, ce sont les personnes les plus vulnérables, on a diminué les services dont ils ont besoin, sachant qu’elles ne se défendent pas. La baisse de la qualité des soins en CHSLD en témoigne : patates en poudre, pogos décongelés, repas-minutes, un bain par semaine, ça, c’est vraiment une dégradation des soins et ce sont des décisions budgétaires qui ont provoqué cela. »

Photo : Michel Giroux

Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades, estime que les patients ont perdu, encore une fois : « On a fait des économies sur notre dos. Au conseil, on reçoit des appels, on traite les plaintes et on constate que ça ne va pas mieux, ça sent plus mauvais, les gens ne sont pas mieux lavés, ils ne mangent pas mieux. Il y a encore 4000 personnes qui attendent un lit en soins de longue durée. Les soins à domicile, on n’en parle même pas. Le ministre a avoué candidement ne pas connaître la norme non écrite des “couches pleines”, je ne sais pas où il a vécu les dernières années, mais il n’est certainement pas allé dans les centres d’hébergement, parce que ça fait quelques années qu’elle existe cette norme du “remplis ta couche avant que je la change”. »

Paul Brunet ajoute que le personnel soignant est largement insuffisant. « En soins de longue durée, on en est toujours à un ratio d’un préposé-e pour onze, douze ou vingt résidents, selon les moments de la journée ou de la nuit. Aujourd’hui, il y a un chef d’unité pour deux ou trois étages, alors qu’autrefois, c’était un par étage. En plus, ils sont souvent débordés avec la paperasse et ils n’ont pas le temps d’aider ou de superviser les préposé-es. »

Moins de soins à domicile, plus d’hospitalisation

Les mauvais choix du ministre Barrette coûtent maintenant plus cher à l’État, affirme le chercheur Damien Contandriopoulos : « On a demandé à des professionnel-les de réévaluer à la baisse le nombre d’heures-soins pour les personnes qui avaient des soins à domicile et, de manière systématique, la consigne était de diminuer l’offre de service. Il y a aujourd’hui moins d’heures-soins qui sont offertes. Quand on voit des personnes qui recevaient autrefois des soins à domicile chez eux et qui sont maintenant rendues sur un lit d’hôpital, en attendant des mois une place en CHSLD, on est en train de dépenser des sommes colossales pour une diminution de la qualité de vie de ces gens-là. C’est un exemple de dysfonctionnement à grande échelle. On a mis en place des mesures incohérentes. On essaie de diminuer les coûts, mais d’une façon tellement bête, que ça provoque finalement une augmentation des coûts. On s’est trompé et on ne livre pas la marchandise. »

Jean-Pierre Ménard constate une privatisation accélérée des services, notamment dans l’hébergement des personnes âgées : « Depuis cinq ans, le nombre de places en CHSLD a baissé de 8 %, comme si la population du Québec avait arrêté de vieillir. Il n’y a plus de places dans le public, alors on pousse très fort les gens vers les centres d’hébergement privés pour aîné-es. Il y avait 15 000 places en 2006 en résidences privées, en 2011, on en comptait 120 000. »

Damien Contandriopoulos estime que le processus de privatisation s’accélère : « Depuis l’arrivée du Dr Barrette, la privatisation des soins ne fait plus aucun doute. Il juge que le secteur privé est plus performant et il essaie, par exemple, de transférer des soins spécialisés depuis le milieu hospitalier vers des cliniques privées. Le démantèlement des CLSC en est un autre exemple, le ministre prend une partie de l’effectif des CLSC et la transfère vers les groupes de médecine de famille, qui opèrent surtout en cliniques privées. Les travailleurs sociaux des CLSC, qui s’occupaient des clientèles les plus vulnérables, des personnes aux prises avec des troubles mentaux graves, pratiquent maintenant dans des cliniques privées. Mais on sait que toutes ces clientèles ne sont pas prises en charge par ces cliniques. On abandonne littéralement ceux qui sont aux prises avec les difficultés les plus graves, on les laisse sans services. »

Pour les professionnel-les du réseau des CLSC, il est clair que le ministre Barrette est en train de recréer dans les cliniques privées, les GMF, le modèle des CLSC, tel qu’il était à ses débuts, nous dit Myra Therrien, vice-présidente du Syndicat des professionnels de la santé et des services sociaux, région de Québec : « Le transfert des ressources des CLSC vers des GMF, c’est une privatisation. Depuis deux ou trois ans, les cliniques privées ont vu une manne d’intervenants sociaux payés par le public venir travailler chez eux avec les transferts de personnel des CLSC vers ces grosses cliniques privées, les GMF. Psychologues, travailleurs sociaux et plusieurs infirmières et nutritionnistes y ont été déplacés. »

Le gros lot aux médecins

Le système de santé québécois est de plus en plus orienté vers les médecins et les hôpitaux, qui accaparent le plus gros des ressources et toute l’attention du ministre. Pour le docteur Barrette, souligne l’avocat Jean-Pierre Ménard : « Seuls les médecins et les hôpitaux comptent. Le reste, pour lui, c’est secondaire. À preuve, ajoute-t-il, depuis cinq ans, la rémunération des médecins a augmenté d’environ 9 % par année, pour un accroissement d’environ 45 % à 49 %, justifié par le rattrapage avec la moyenne canadienne. Les médecins accaparent maintenant plus de 21 % du budget de la santé. On a dû sabrer les autres programmes pour réussir à les payer. Leur hausse de rémunération, sans précédent dans l’histoire du Québec, leur a été accordée au détriment des personnes les plus vulnérables, qui se voient imposer des sacrifices incroyables. Voilà pourquoi il faut revoir de fond en comble l’organisation de la pratique médicale, incluant la rémunération et le statut des médecins. »

Une étude réalisée par Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS (Institut de recherche socio-économique), publiée en juin dernier, démontre que de 2004 à 2014, la rémunération des médecins québécois a connu une hausse spectaculaire. Le salaire moyen des médecins spécialistes est passé de 237 000 dollars à près de 400 000 dollars, une hausse de 66 % en dix ans. Les médecins omnipraticiens ont vu leur rémunération augmenter de 54 % pendant la même période, passant de 158 000 dollars à 243 000 dollars. Cette hausse de rémunération s’est poursuivie en 2014-2015, puisque les médecins spécialistes ont vu leur salaire moyen augmenter à 450 000 dollars. C’est sans compter que la rémunération varie considérablement d’un spécialiste à l’autre. Les médecins spécialisés en santé communautaire touchent en moyenne 250 421 $ par année, alors que les ophtalmologues encaissent 645 965 $. La rémunération des 35 radiologues les mieux payés atteint, elle, 1,4 million de dollars. À la fin de 2015, 174 médecins ont facturé plus d’un million de dollars à la RAMQ.

La ronde des augmentations n’est pas terminée, loin de là, explique le chercheur Guillaume Hébert, puisque la rémunération globale des médecins qui dépasse 7,3 milliards de dollars par année devrait atteindre 9 milliards en 2020-2021. Une hausse phénoménale, qui dépasse de beaucoup le budget de plusieurs ministères du gouvernement du Québec.

La solution : abolir la rémunération à l’acte

Comme le démontre une nouvelle étude rendue publique le 18 janvier dernier, étude réalisée par trois chercheurs de l’IRIS, Jennie-Laure Sully, Minh Nguyen et Guillaume Hébert, les médecins gagnent beaucoup trop par rapport à l’ensemble des Québécoises et Québécois. En 2014, leurs gains atteignaient 7,6 fois le salaire moyen des travailleuses et travailleurs du Québec. Si on réduisait le salaire des médecins à quatre fois le revenu moyen des Québécois, on économiserait annuellement 4,3 milliards de dollars.

Cette étude, menée en collaboration avec la CSN, suggère plusieurs pistes de solution pour mieux baliser la rémunération des médecins québécois et améliorer l’accès aux soins. Le document propose notamment d’abolir la rémunération à l’acte : « Une pratique qui comporte de nombreux effets pervers, parce qu’elle encourage des soins parfois non pertinents et des actes non nécessaires. La rémunération à l’acte décourage l’interdisciplinarité, nuit au travail d’équipe et va à l’encontre d’une médecine axée sur les soins préventifs. Les chercheurs proposent que les médecins québécois qui évoluent dans le secteur public deviennent des salarié-es en bonne et due forme des établissements de santé et de services sociaux.

L’IRIS propose également d’abolir le statut de travailleur autonome des médecins. Un statut qui leur permet de s’incorporer en créant une société par actions (SPA). Cette incorporation fait en sorte que les médecins, déjà grassement rémunérés, paient beaucoup moins d’impôts. Les auteurs de l’étude se demandent : « Comment justifier la possibilité offerte aux médecins de contourner les règles fiscales alors que leur revenu est déjà très élevé? » Ils ajoutent que « ces manœuvres d’évitement fiscal sont particulièrement troublantes lorsque l’on considère l’écart entre le revenu moyen des médecins et celui des travailleuses et des travailleurs québécois. » Ils suggèrent que « les médecins devraient être considérés comme des employé-es, à l’instar de toutes les autres personnes qui œuvrent dans le système sociosanitaire ».

Les chercheurs proposent enfin « d’accroître le nombre d’actes que peuvent effectuer des professionnel-les de la santé autres que les médecins. Qu’il s’agisse des infirmières praticiennes spécialisées, des infirmières, des infirmières auxiliaires, des hygiénistes dentaires, des inhalothérapeutes, des technologues médicaux, des physiothérapeutes, des travailleurs sociaux, des sages-femmes ou d’autres professionnelles de la santé, plusieurs actes médicaux pourraient être pratiqués par des non-médecins afin d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les coûts de la santé. »

Plus de médecins, moins de services

L’étude de l’IRIS révèle aussi que malgré la hausse des effectifs médicaux, le nombre d’actes médicaux pratiqués au Québec n’a cessé de diminuer. De l’aveu du ministre Barrette, les médecins québécois travailleraient huit heures de moins par semaine que les médecins ontariens. De plus, la moyenne de patients traités par médecin serait de 1549 en Ontario contre 1081 au Québec.

Un rapport publié en 2014 par le ministère de la Santé des Services sociaux, et cité par le chercheur de l’IRIS, Guillaume Hébert, confirme également que le nombre de jours travaillés par les médecins québécois a grandement diminué, surtout depuis les fortes augmentations salariales consenties aux médecins à partir de 2007. Guillaume Hébert rappelle que c’est sous la pression du premier ministre Jean Charest, de son ministre de la Santé Philippe Couillard et du radiologue Gaétan Barrette, aujourd’hui ministre de la Santé et des Services sociaux, que tout s’est joué, avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui.

Le trio Charest-Couillard-Barrette affirmait que l’amélioration du salaire des médecins devait améliorer l’accès aux soins de santé et corriger l’injustice faite aux médecins québécois, qui se plaignaient d’être sous-payés par rapport à leurs homologues ontariens.

L’histoire a montré clairement que toutes les hausses salariales faramineuses consenties depuis aux médecins québécois ont plutôt eu pour effet de diminuer le nombre d’actes médicaux et le nombre de jours travaillés. Les médecins travaillent maintenant moins et sont payés plus cher qu’auparavant. Comme l’explique l’avocat Jean-Pierre Ménard : « Les hausses salariales consenties aux médecins québécois ont été accordées sans demander de contrepartie aux médecins en termes de productivité et d’engagement envers le service public. Dans les faits, les services offerts aux patients par les médecins ont diminué de 10 % en cinq ans ». Il ajoute que « les médecins sont devenus, et de loin, la ressource la plus coûteuse du système de santé. Nous n’avons jamais eu autant de médecins, le Québec a un des ratios médecins-population les plus élevés au Canada. Pourtant la performance des médecins québécois, en termes d’accès aux soins et de suivi des patients, se classe au dernier rang de la moyenne canadienne. »

En 2015, il y avait 242 médecins pour 100 000 habitants au Québec. Au Canada, on compte en moyenne 233 médecins pour 100 000 personnes. Pourtant, 30 % des Québécoises et Québécois n’ont toujours pas de médecin de famille.

Au Québec, les médecins ne sont soumis à aucune contrainte de productivité, ajoute l’avocat Jean-Pierre Ménard : « C’est comme si on avait une université et qu’on engageait des professeurs en leur disant “vous êtes libres de donner des cours quand vous voudrez, à qui vous voudrez et comme vous voudrez, nous on va vous payer de toute façon”. Bien, c’est ça la médecine en ce moment. Les médecins sont libres de travailler quand ils veulent, comme ils veulent et de donner le service à qui ils veulent. Ils choisissent leurs patients et leur cadre de pratique et nous on paye et on n’a rien à dire là-dessus. »

Le professeur Damien Contandriopoulos constate que le Québec a choisi une trajectoire différente de tout le reste du Canada en concentrant toutes les ressources additionnelles en santé dans un seul secteur, la rémunération des médecins : « Une société qui décide de couper dans la prévention primaire, dans la santé publique, dans les CPE, une société qui prend toutes ses ressources et qui les donne aux médecins, donc à une fraction de la population qui est déjà la plus riche, une société qui fait ça, fait des choix horriblement contreproductifs. Cette situation rend le ministre Barrette très vulnérable. D’un côté, c’est lui qui, à partir de 2007, comme président de la Fédération des médecins spécialistes, a négocié les hausses, a structuré les discours pour justifier ces hausses-là et s’est avéré un négociateur extrêmement féroce. Et aujourd’hui, il se retrouve dans le poste du ministre responsable du déploiement de ce bar ouvert de rémunération des médecins. »

Aujourd’hui, les médecins québécois gagnent plus que leurs homologues ontariens. Ils sont même doublement avantagés, parce qu’ils travaillent moins d’heures que leurs collègues ontariens et que le coût de la vie est moins élevé au Québec qu’en Ontario. Le chercheur Guillaume Hébert estime que le Québec pourrait économiser 1 milliard dès 2017-2018 et deux milliards en 2020-2021 s’il réduisait de 12 % l’enveloppe de rémunération médicale, pour ramener le revenu moyen des médecins québécois au niveau des médecins ontariens.

Selon les calculs de l’IRIS, avec une économie d’un milliard de dollars, on pourrait embaucher 20 000 préposé-es aux bénéficiaires ou 15 000 infirmières de plus.

Un système menacé : la prévention et les services sociaux, grands perdants de la réforme

Dans le volumineux rapport du Commissaire à la santé et au bien-être sur la performance de notre réseau de santé, publié l’automne dernier, les 6000 Québécois consultés affirment qu’ils veulent à tout prix préserver l’accès à leur système de santé universel et gratuit. Anne Robitaille, la Commissaire à la santé par intérim est formelle : « Il est clair que les Québécois tiennent au caractère public de leur système de santé, c’est non équivoque, il n’y a aucun doute là-dessus. Ils sont très fiers d’avoir un système public universel, même s’ils constatent des failles. Ils ne veulent pas aller vers un système privé, c’est très clair ».

Comme l’explique Anne Robitaille, l’édifice est maintenant fragilisé : « Les services sociaux sont devenus le “parent pauvre” et la prévention, c’est le “parent encore plus pauvre” de notre système. Pourtant, chaque dollar investi en prévention permet d’économiser cinq dollars en coûts directs de soins de santé. »

Du côté de la prévention, le désinvestissement est tout simplement ahurissant. Les budgets ont été amputés de 30 %, en dépit de toutes les mises en garde des spécialistes. En fait, les ressources consacrées à la santé publique ont fondu sous le ministre Barrette et les services sociaux, eux, sont demeurés sous-financés. À ce chapitre, nous en faisons moins qu’auparavant et moins que la moyenne canadienne, parce que les priorités du ministre Barrette sont ailleurs.

Un réseau sous tutelle ministérielle

S’il est difficile aujourd’hui d’obtenir des données précises sur « l’état de santé réel » du ministère de la Santé, c’est justement parce que le ministre Barrette exerce un contrôle absolu sur tout, nous dit le chercheur Damien Contandriopoulos : « L’objectif réel et caché de la réforme était de centraliser tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne, le ministre. Il exerce maintenant ce pouvoir pour limiter la capacité des gens du réseau de s’exprimer publiquement, d’utiliser leur jugement professionnel et pour empêcher le commun des mortels d’avoir une idée réelle de ce qui se passe dans le réseau. »

Les exemples en ce sens ne manquent pas. Selon lui : « Pour éviter que la population ne s’intéresse de trop près à la rémunération des médecins, le ministre Barrette a décidé d’éliminer le poste de Commissaire à la santé, parce qu’il n’acceptait pas que le Commissaire finance des équipes de recherches pour étudier cette rémunération médicale. »

« La peur est bien installée dans le réseau, constate Paul Brunet. Des gestionnaires me disent, je te donne une information ou un document, mais ne va jamais parler de moi. »

Selon Jean-Pierre Ménard : « Les patients ne sont pas les seuls à se plaindre, ça coïncide avec ce que disent les syndicats et les cadres. Les trois groupes affirment que cette réforme-là ne va pas dans la bonne direction ».

Après avoir dépouillé le réseau de la santé et des services sociaux pendant des années, le gouvernement Couillard y injecte maintenant, ici et là, des millions de dollars. Des investissements ciblés, à des fins purement électoralistes. Cynique, comme toujours, le gouvernement Couillard cherche à corriger ses propres dégâts en nous faisant croire que son ministre de la Santé, le principal responsable du gâchis, saura à lui seul sauver notre système de santé. Mais c’est trop peu, trop tard, nous dit le chercheur Damien Contandriopoulous : « Cette réforme est un échec, ça ne fait aucun doute. Comme société, on va devoir reconnaître qu’on a pris les mauvaises décisions et il va nous falloir un plan cohérent pour le futur. Les acteurs sociaux comme les syndicats, les ordres professionnels, les associations de patients doivent réfléchir au système de santé dont ils n’ont pas envie et ça doit se passer maintenant ».

Un effectif à bout de souffle

Pas une semaine ne s’écoule sans que les médias et les réseaux sociaux ne rapportent les ratés de la réorganisation forcée du ministre Barrette dans le réseau de la santé et des services sociaux et les effets néfastes de l’austérité libérale sur la population et sur celles et ceux qui donnent les services.

Le 7 novembre dernier, des infirmières du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, membres de la CSN, ont dénoncé la hausse fulgurante des accidents et incidents à déclaration obligatoire, dont ceux en salle d’accouchement. La surcharge de travail, causée par le non-rempla­cement des absences et le refus de se voir accorder des heures supplémentaires, comptait parmi les facteurs explicatifs. « On n’a pas le temps de s’asseoir ni d’aller à la toilette. Nous ne sommes pas assez nombreuses pour satisfaire aux normes », rapportait dans l’anonymat une infirmière de l’unité des naissances sur les ondes de Radio-Canada. Pourtant, le même jour, le ministre Barrette inaugurait les nouveaux locaux de ce réputé hôpital mère-enfant au coût de près d’un demi-milliard de dollars.

Dans les semaines précédentes, le personnel infirmier et les préposé-es aux bénéficiaires du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec décrivaient les effets des compressions de 51 millions de dollars sur trois ans. Même chose au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean alors que des membres de la CSN dénonçaient un train de 120 mesures « d’optimisation » totalisant 14 millions de dollars en 2016 seulement, causant la perte de 127 postes ! Et la liste ne cesse de s’allonger tant la crise dans le réseau est généralisée.

Établissements mammouths… et inhumains

En faisant passer de 182 à 34 le nombre d’établissements en les fusionnant, le gouvernement a créé des organisations éléphantesques, qui n’ont pas d’équivalent au Canada. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale regroupe ainsi plus de 17 000 employé-es, gestionnaires et médecins avec un budget annuel de près de 1,3 milliard de dollars, soit dix fois les budgets du ministère des Relations internationales et celui de la Francophonie! Le CIUSSS de l’Estrie, dont le budget avoisine le 1,4 milliard, compte pour sa part 18 000 employé-es. De quoi donner le vertige.

Dans les mois qui ont suivi les mégafusions d’avril 2015, la CSN, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ont réalisé plusieurs enquêtes sur l’état de la situation dans le réseau. Menées dans le cadre de la campagne publique Ma place en santé, j’y tiens, mise en place par la CSN pour dénoncer la réforme, mobiliser les membres et conscientiser la population, les enquêtes avaient pour but de mesurer l’ampleur des conséquences qu’ont eu la réforme et les mesures d’austérité sur les conditions de travail de ses membres. Les constats sont non seulement inquiétants, mais alarmants.

Des jeunes à bout

L’une de ces enquêtes a été menée à l’automne 2016 par le comité des jeunes de la FSSS–CSN auprès de 1407 jeunes âgés de moins de 35 ans. Déjà aux prises avec un statut d’emploi précaire, six jeunes sur dix ont affirmé avoir connu une augmentation de leur tâche dans les douze mois précédents. En outre, une personne sur cinq a indiqué s’être retrouvée en invalidité à long terme durant la même période. Pas moins de 83 % des répondants, soit plus de huit personnes sur dix, ont souligné que la réforme du système de santé n’allait pas contribuer à améliorer leur situation professionnelle sur un horizon de trois à cinq ans.

« C’est sûrement ce qui explique que 60 % des jeunes techniciens et professionnels de la santé et des services sociaux songent à quitter le réseau, lance Kevin Newbury, président du Syndicat des personnes salariées des Centres jeunesse de Lanaudière. Le réseau souffrant déjà d’une certaine pénurie de main-d’œuvre, on se demande comment on va faire pour offrir des services publics de qualité si notre propre relève quitte le bateau parce que les gens sont au bout du rouleau. C’est déconcertant de voir ces statistiques-là. »

Charge accrue pour les PAB

Les préposé-es aux bénéficiaires (PAB) œuvrant en CHSLD ont connu une détérioration rapide de leurs conditions de travail en raison du non-remplacement des absences et d’une charge de travail accrue. L’entrée en vigueur de la réforme Barrette n’a rien amélioré, les démarches paritaires en santé-sécurité du travail (SST) ayant été paralysées. C’est ce que démontre une enquête réalisée au CSSS de Jonquière au printemps 2015, et actualisée en 2016 par le Service des relations du travail de la CSN.

Ainsi, un PAB sur trois a reçu un diagnostic médical lié à une lésion psychologique (trouble d’adaptation, surmenage professionnel, épuisement, etc.) tandis que quatre personnes sur dix disent avoir consulté un programme d’aide aux employé-es. Sur le plan de la santé musculo-squelettique, huit personnes sur dix ont déclaré avoir ressenti des douleurs dans les douze derniers mois, tandis que trois personnes sur dix ont reçu un diagnostic lié à une lésion physique, notamment au dos, aux épaules et au cou. Bien que les PAB représentent 15 % du personnel du CSSS, ils sont 35 % à avoir déclaré des accidents à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

« Le taux d’absentéisme chez nous a presque doublé depuis 2014-2015, passant de 6,2 % à 11,6 % pour les huit premiers mois de 2016, affirme Manon Tremblay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de Jonquière, affilié à la FSSS–CSN. Les gens sont épuisés, découragés. La fusion, ça leur fait peur. Ce qui me heurte encore plus, c’est de savoir que les préposé-es aux bénéficiaires ont des troubles musculo-squelettiques, mais qu’ils se présentent malgré tout au boulot parce qu’ils ne seront jamais capables de prouver que c’est lié au travail. »

Climat de travail malsain

Le personnel de bureau, les techniciennes, les techniciens et les professionnel-les de l’administration membres de la FSSS–CSN ne font pas exception. Une étude menée l’automne dernier auprès de 1500 répondantes révèle que ce groupe de salarié-es cumule 14,3 jours d’absence maladie par année, comparativement à 9,3 jours en moyenne pour les autres travailleuses et travailleurs canadiens. Une forte proportion (63,9 %) du groupe considère que la réforme Barrette a eu des incidences très négatives ou négatives sur le climat de travail, mais aussi sur la stabilité du personnel (83 %) et la charge de travail (68,9 %).

« La réorganisation du ministre Barrette n’a rien à voir avec la fusion de 2004-2005, dit Sylvie Lachambre, présidente du Syndicat du personnel paratechnique, services auxiliaires, métiers, bureau et de l’administration du Centre de santé et de services sociaux Richelieu-Yamaska. Quand tu n’as plus de sentiment d’appartenance, que tu ne contrôles plus ta vie au travail parce que ça change tout le temps, parce que tu ne sais plus dans quel service ni avec qui tu vas travailler, ça devient très démotivant. Et l’absence d’une planification de la main-d’œuvre pour la mise en place d’Optilab vient confirmer l’amateurisme des gestionnaires qui jouent avec les nerfs des employé-es. »

Travailler, même malade

Chez le personnel technique et professionnel, les effets de la fusion et de la réorganisation du réseau ont été durement ressentis entre autres par rapport aux transferts de personnel des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF). C’est ce qu’a révélé un sondage effectué par la FP–CSN auprès de 1031 répondants, au printemps 2016.

Une personne sur deux a indiqué s’être présentée au travail malgré un état de santé physique ou psychologique qui aurait pu justifier son absence du travail. Six personnes sur dix ont dit vivre constamment ou fréquemment une surcharge de travail, perçue comme la conséquence directe des compressions budgétaires. Enfin, 10 % du personnel technique et professionnel ont dit projeter de quitter le réseau public d’ici les cinq prochaines années, comparativement à 7,4 % dans un sondage réalisé en 2014.

« Les impacts de la fusion sont désastreux, avance Jaimie Lemieux, présidente de la section locale du Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec au CSSS de la Mitis. En plus, on doit vivre avec des compressions de 20 millions de dollars pour 2016 et 2017. En 2004-2005, personne n’a perdu son emploi. Présentement, on a six personnes qui détiennent une sécurité d’emploi qui sont à la maison, du jamais vu en douze ans d’implication syndicale. Alors, on ramasse beaucoup de cas de détresse psychologique. Plusieurs débarquent chez le médecin pour demander un arrêt de travail. Le hic, c’est que l’employeur conteste de plus en plus les cas d’arrêt. J’ai récemment vu un travailleur être envoyé en expertise médicale après trois semaines d’absence. Avant, on ne voyait ça que pour des invalidités d’un an et plus. »

Répondre à des cibles statistiques

Les données précédentes rejoignent celles d’une autre enquête terrain réalisée en mai 2016 dans 14 centres jeunesse du Québec auprès de 1934 personnes. Menée conjointement par la FP–CSN et la FSSS–CSN, l’enquête cherchait à établir les conséquences des compressions de 20 millions de dollars en 2015-2016 sur les travailleurs, les jeunes et leurs familles.

Ainsi, seulement 5 % des intervenantes et intervenants ont estimé être en mesure de répondre adéquatement et en temps utile aux besoins de leur clientèle aux prises avec d’importants problèmes. L’alourdissement de la tâche a entraîné une surcharge de travail, suivie souvent d’un épuisement professionnel en raison du travail effectué en heures supplémentaires. Pour sept personnes sur dix, les multiples formulaires à remplir et la saisie accrue de notes constituent un obstacle majeur à la qualité de leur travail. Ils sont tout autant à estimer que leur intervention sert davantage à répondre aux cibles statistiques du ministre Barrette qu’à aider les familles. Enfin, une personne sur trois a indiqué que les difficiles conditions d’exercice de leur pratique l’ont forcée à prendre un congé de maladie.

« En CLSC, nos membres sont dans un état de détresse extrême, explique Danny Roy, président du Syndicat des professionnels de la santé et des services sociaux, région Québec–Chaudières-Appalaches, affilié à la FP-CSN. Près de la moitié des intervenants à l’accueil des CLSC, dans la grande région de Québec, sont partis en maladie ou dans d’autres établissements en espérant trouver mieux, parce qu’ils étaient incapables de se voir travailler avec la charge de travail qui leur était imposée. Cette perte d’expertise a des conséquences directes sur les services à la population. »

Pour Sylvie Théoret, présidente sortante du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Montréal, affilié à la FSSS–CSN : « En centre jeunesse, nos travailleurs sont formés pour faire de l’intervention et donner des services aux familles et aux enfants. Mais ils se ramassent avec des charges de travail qui sont maintenant le double de ce qu’elles devraient être. C’est ce qui fait que les gens ont le sentiment de ne plus être en mesure de faire le travail qui pourrait faire une différence dans la vie des enfants et de leurs familles. »

La longue marche se poursuit

Les services préhospitaliers tels que nous les connaissons ont été bâtis à la suite de luttes mémorables menées depuis plus de 30 ans par le personnel du secteur, notamment les ambulanciers paramédicaux de la CSN, ce qui a mené à une véritable professionnalisation du secteur et à une amélioration considérable des services à la population. L’année 2017 s’annonce déjà comme un nouveau jalon important de cette grande marche vers la consolidation de ces services, qui nous apparaissent aujourd’hui indispensables.

En avril dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux lançait un pavé dans la mare en annonçant le retrait du gouvernement des négociations avec le personnel de ce secteur. À l’en croire, les conditions de travail et d’exercice de la profession ne seraient plus de son ressort. Et pourtant, même si les services sont assurés par des entreprises et des coopératives partout, sauf à Montréal et à Laval, c’est le gouvernement qui les finance, par contrat. C’est l’État et les établissements publics qui établissent les normes de la profession et qui doivent assurer une uniformité des services sur le territoire. Il est difficile d’imaginer, d’ailleurs, comment il pourrait en être autrement.

Des enjeux importants

Les 3600 membres des syndicats CSN du secteur — paramédics, répartitrices et répar­titeurs et employé-es de soutien — sont sans convention collective depuis le 31 mars 2015. Les négociations concernent Urgences-santé, à Montréal et Laval, et des dizaines d’entreprises et de coopératives partout au Québec, réunies au sein de trois associations patronales. Au moment d’écrire ces lignes, les discussions sur les aspects normatifs étaient passablement avancées. Toutefois, les pourparlers achoppent sur les questions nécessitant de nouveaux investissements. Car, selon les patrons, le gouvernement refuse de leur garantir toute somme supplémentaire au-delà du 1er avril 2017, alors qu’elles devront renouveler leurs contrats de service. Et comme le gouvernement dit ne plus vouloir négocier directement avec les syndicats du secteur, les membres de la CSN se trouvent sans interlocuteur pour discuter de leurs principales priorités.

Pourtant, un règlement sur ces sujets, outre la question salariale, entraînerait des améliorations immédiates aux services à la population, un aspect délicat pour le gouvernement. Ainsi, l’instauration d’horaires normaux au lieu des horaires de faction, en vertu desquels les paramédics doivent se tenir prêts à intervenir durant sept jours consécutifs, serait bénéfique pour le temps de réponse des paramédics aux appels d’urgence — il va de soi qu’on ne peut passer 168 heures de suite derrière le volant d’une ambulance à attendre un appel… De même, les surcharges de travail dans certaines zones urbaines font en sorte que les services ne peuvent être déployés de façon optimale. En négociation, le personnel du secteur veut également élargir l’accès à une retraite progressive et s’attaquer à des problèmes de santé et de sécurité du travail.

La grève

Dans ces circonstances, les syndicats ont décidé de consulter leurs membres sur le déclenchement éventuel d’une grève au cours de laquelle ils pourraient aller jusqu’à cesser certains types de transport. Une telle grève n’a jamais été exercée. La santé et la sécurité de la population ne seront bien entendu pas mises en péril, mais en cessant d’effectuer ces transports non essentiels, ils exerceront une pression considérable sur tout le système qui peinera à trouver une solution de rechange.

« Nous sommes conscients qu’une grève générale dans le secteur sera inconfortable pour tout le monde, explique le responsable du secteur à la FSSS–CSN, Jean Gagnon, membre du comité national de négociation. Mais si on doit se rendre là, le ministre Barrette en sera le seul responsable. C’est à lui d’agir, maintenant, pour faire débloquer la négociation. »

Des solutions existent

La CSN participe activement à la réflexion et au débat entourant les pistes de solution pour un meilleur financement et une efficacité accrue du réseau. Entrevue avec Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Pourquoi la centralisation des services de santé et de services sociaux est-elle à éviter ?

— L’expérience de centralisation à outrance a été tentée en Alberta. Or, le gouvernement a compris qu’il allait vers l’échec et a fait marche arrière. Au Québec, la réforme Barrette est un mélange de toutes les missions de santé et de services sociaux ayant à sa base une vision très hospitalocentriste qui bousille le système. Il en découle un bouleversement du réseau et une surcharge de travail qui affecte négativement la qualité des services. On en a eu un exemple récemment avec les infirmières de Sainte-Justine. L’hypercentralisation du Dr Barrette, c’est aussi le projet Optilab, qui met en péril la sécurité des échantillons de laboratoire et dépouille les régions d’emplois de qualité au profit des grands centres. Ce sont des patients qui ne savent plus à quel saint se vouer pour obtenir un rendez-vous avec une travailleuse ou un travailleur social. Les acteurs de la centralisation sont déconnectés des besoins des bénéficiaires. Nous devrions plutôt nous rapprocher des clientèles.

Le réinvestissement annoncé dans le réseau public par le gouvernement vous apparaît-il suffisant ?

— Jamais ! Un réinvestissement récurrent de 300 millions après une coupe de plus d’un milliard, qui a permis au gouvernement d’engranger des surplus astronomiques, est une insulte à l’intelligence ! Le ministre poursuit sa réforme avec obstination en abolissant des postes et en fusionnant des services qui s’éloignent des patients. Il étouffe les CLSC par une ponction de leurs ressources pour les incorporer aux organismes à but lucratif que sont les groupes de médecine de famille. Le ministre a beau déclarer que le financement restera public, dans les faits, il privatise la dispensation de services. Pour juguler les problèmes qui éclatent partout, il faut plutôt un réinvestissement massif dans le système public.

La privatisation n’est-elle pas un moyen pour réduire les dépenses en santé et services sociaux ?

— Au contraire. Dans les pays qui financent leurs soins sur une base privée, on observe une nette augmentation des coûts. Au bout du compte, les gens payent plus pour en avoir moins. Les soins sont réservés aux mieux nantis ou à ceux qui sont bien assurés. De plus, le vieillissement de la population augmente la demande de services, ce qui crée un impact sur les finances du régime public. À la CSN, on préconise un retour à un système de santé complètement public. On a un joyau entre les mains qui est un élément majeur de notre filet de protection sociale. N’oublions pas qu’avant la création de la RAMQ, beaucoup de gens devaient se faire soigner à crédit.

Pourquoi la CSN prône-t-elle l’interdisciplinarité dans le réseau ?

— La complémentarité du travail est nécessaire à l’efficacité et à la qualité des services rendus ainsi qu’à l’utilisation optimale des ressources. Prenons le cas des personnes âgées : une travailleuse sociale intervient, ensuite une infirmière, sans trop savoir ce que la première a fait. Il faut briser les silos qui nuisent à tous points de vue. C’est vrai pour les CHSLD, pour les CLSC, pour les centres hospitaliers. Or, l’interdisciplinarité demande du temps, de l’énergie et encore une fois, du financement.

Y a-t-il d’autres pistes que la CSN aimerait explo­rer pour un meilleur financement du réseau ?

— Oui. On pourrait tenir des états généraux sur la situation du réseau dans son ensemble. Comme il s’agit des dépenses qui exercent le plus de pression sur le réseau, on pourrait y aborder le mode de rémunération des médecins et le régime d’assurance médicaments. Nous demandons aussi des états généraux qui porteraient spécifiquement sur le réseau des centres jeunesse du Québec.

Sur quoi faut-il se pencher dans les centres jeunesse ?

— Il faut cesser de fonctionner à la pièce. On observe d’année en année une augmentation des signalements et un délai d’attente avant la prise en charge qui varie entre 15 et 70 jours, selon les régions. À cela s’ajoute une insuffisance criante de ressources due au sous-financement que subissent les centres depuis plusieurs années. Encore en 2015, des compressions de 20 millions se sont abattues sur le réseau. Un moratoire et un refinancement s’imposent.

Pourquoi pensez-vous qu’il est nécessaire de se pencher sur la rémunération des médecins ?

— L’augmentation de la rémunération des médecins est faramineuse et la rémunération à l’acte médical ne fonctionne pas. Celle-ci a été responsable d’importants dépassements de coûts par le passé. Entre 2010 et 2015, les sommes reliées à la rémunération des médecins ont dépassé de 417 millions de dollars le seuil prévu. Qui plus est, le rapport 2015 de la Vérificatrice générale démontre que la RAMQ ne peut assurer le plein contrôle des 55 millions de demandes de paiement qui lui sont adressées par les médecins chaque année. Le contrôle inadéquat des factures des médecins a contribué à l’explosion des coûts. Il est temps d’avoir un débat de fond sur cette question.

Selon vous, pourquoi le système d’assurance médicaments n’est-il pas adéquat ?

— Le système hybride actuel fait grimper de façon excessive le coût des médicaments. Il est impératif de revoir la façon d’en fixer les prix et, par extension, de s’intéresser à la question de la surmédication. Le ministre le nie, mais il y a un problème qui existe là. Il a d’ailleurs dû le reconnaître durant son forum sur les bonnes pratiques en CHSLD. Nous insistons sur la nécessité d’un débat public sur le sujet.

Ne serait-il pas plus rentable d’insister davantage sur la prévention ?

— Absolument. La prévention est la mission première de la santé publique, et pourtant, elle disparaît peu à peu au profit du curatif. D’ailleurs, les libéraux ont coupé les budgets de santé publique de 30 %. Il y a quelque chose d’électoraliste dans le refus des gouvernements d’investir dans des politiques dont les effets ne sont pas visibles de façon immédiate. Pourtant, il s’agit d’une piste de solution très importante à moyen et à long terme.

Des infirmières heureuses à la CSN

Lors du maraudage de 2014, un groupe de 28 infirmières du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Bourget décidait de grossir les rangs de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Deux ans plus tard, ces travailleuses de la santé sont plus que jamais satisfaites d’avoir pris ce virage important.

La CSN était déjà présente au CHSLD Bourget. Elle représentait 76 travailleurs et travailleu­ses dans les catégories 2 et 3 depuis 50 ans. En 2014, la grogne était à son paroxysme chez les 28 infirmières affiliées à la FIQ. Elles s’estimaient mal desservies et mal outillées.

« Elles venaient toujours nous deman­der des renseignements sur différents sujets et même si elles ne faisaient pas partie de notre syndicat, je les ai toujours renseignées et dépannées, ce sont des collègues de travail après tout », explique François Lacombe, président du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers du CHSLD Bourget (CSN).

Maria Trujillo, infirmière et vice-présidente et secrétaire du syndicat, en avait lourd sur le cœur : « La FIQ ne faisait rien pour nous, aucun grief ne se réglait, nous n’étions pas appuyées, nous étions laissées à nous-mêmes. Nous avions l’impression de payer nos cotisations pour rien. Nous avons demandé à François, le président de la catégorie 2 CSN, ce qu’il fallait faire pour changer de syndicat. On a suivi la procédure et on a changé pour la CSN. Par la suite, notre président a tout réglé, il a mis à jour les griefs qui traînaient. Tout le monde était très content. »

« Lorsqu’on était à la FIQ, on voyait notre représentant une fois par année, on nous remettait une boîte à lunch ou un autre cadeau, et c’était tout. Avec la CSN, tout a changé, nous sommes bien représentées, nous avons un bon suivi, nous sommes très satisfaites », renchérit Cristabel Araujo-Nolasco, infirmière auxiliaire et trésorière du syndicat.

Redresser la barre

Toutes les demandes qui étaient restées lettre morte avec la FIQ ont été réglées durant le mandat actuel. De plus, un poste d’infirmière clinicienne, qui faisait autrefois partie des postes de cadres, a été obtenu et octroyé à une infirmière du syndicat. « La restructuration des postes avait été mal menée, elle s’échelonnait sur deux quarts de travail de soir et de nuit. On empêchait les infirmières de nuit de sortir pendant leur souper afin d’avoir l’œil sur les bénéficiaires. Pour remédier à ce problème, elles sont maintenant payées à taux et demi pendant leur souper. Ce sont tous des éléments qui irritaient les infirmières et qu’on a réussi à régler en deux ans. Aujourd’hui, on a des services et on est assurées d’avoir un conseiller syndical de la FSSS–CSN présent toutes les semaines. Une infirmière et une infirmière auxiliaire ont été élues comme déléguées, elles participent à toutes les instances, ce qu’elles ne faisaient pas auparavant », explique le président.

Une direction mécontente ?

La direction du CHSLD Bourget n’était pas nécessairement heureuse de voir le syndicat des infirmières joindre les rangs de la FSSS–CSN. Si elle entretient quand même de bonnes relations avec les syndicats CSN des catégories 2 et 3, il était plus facile pour la direction d’imposer ses idées et ses décisions douteuses au syndicat des infirmières qui n’avait pas la structure nécessaire pour offrir une opposition.

Maintenant que la centaine de travailleuses et travailleurs du CHSLD Bourget parle d’une même voix, le rapport de force est nettement plus équilibré. « Ça fait 17 ans que je suis là, les patrons et les syndiqué-es savent que je suis là pour faire appliquer la convention collective et que je suis là pour les membres », conclut François Lacombe.

La CSN réclame l’arrêt de l’érosion du réseau public et un réinvestissement massif

À quelques semaines du deuxième anniversaire de la réforme de la santé imposée par le gouvernement libéral, le 1er avril 2015, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’inquiète de la dégradation des services à la population et des conditions de travail du personnel des établissements de santé. Considérant les surplus budgétaires de près de cinq milliards de dollars réalisés en 2015 et 2016, la centrale réclame la fin de l’érosion du réseau public et un réinvestissement massif pour redonner l’oxygène nécessaire à son bon fonctionnement, notamment dans la région du Bas-Saint-Laurent.

De passage à Rimouski, Jacques Létourneau, président de la CSN, a fustigé la réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a centralisé à outrance le réseau, le faisant passer de 185 à 34 établissements pour tout le Québec, « sans jamais prendre en considération les besoins des communautés locales, ni de celles et de ceux qui tiennent à bout de bras le réseau, soit les travailleuses et les travailleurs », a-t-il affirmé. Dans le Bas-Saint-Laurent, huit centres de santé et de services sociaux (CSSS) ont été fusionnés avec le Centre de réadaptation et le Centre jeunesse pour former le Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent (CISSSBSL), lequel s’étend le long du littoral sur 313 kilomètres.

« Cette réorganisation est sans précédent dans les annales québécoises et personne, hormis le ministre lui-même, n’a été mis à contribution ni vraiment consulté, lance Jacques Létourneau. Tout a été décidé en vase clos. En comparaison, les fusions imposées en 2004 par l’ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, ne sont rien en regard des impacts néfastes des mégafusions et des réorganisations des services sur l’accessibilité et les services dispensés, comme l’ont d’ailleurs signifié l’ex-Commissaire à la santé et au bien-être, dont le poste a été aboli par le ministre Barrette, et la Protectrice du citoyen. C’est sans compter les coupes budgétaires d’un milliard de dollars depuis l’arrivée des libéraux en avril 2014. Le gouvernement doit définitivement changer de cap. »

« Le transfert d’une dizaine de travailleurs sociaux des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF) de la région risque d’entraîner une diminution de services pour les usagers, soutient pour sa part Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL-CSN). De plus, le ministre n’a prévu aucun ajout budgétaire dans les CLSC, pour combler les besoins des usagers à la suite des départs de professionnel-les. À cela s’ajoute une augmentation accrue de la charge de travail chez le personnel en CLSC qui engendre son lot d’inquiétude, de frustration, voire même une hausse des invalidités pour maladie. »

Dans le dossier de la régionalisation des laboratoires, la CSN craint que le déploiement précipité du projet Optilab ne fasse peser des menaces sur l’accessibilité à des soins de proximité. « La centralisation des opérations entourant les analyses des échantillons et des prélèvements de l’ensemble du territoire du CISSSBSL vers Rimouski pourrait affecter l’accès à des services jusqu’ici offerts dans les ex-CSSS, notamment en raison du vieillissement de la population. » En outre, la CSN fait remarquer que ce projet, qui vise à regrouper les ressources financières et humaines, prévoit déjà la perte d’emplois de qualité dans la région, comme l’a reconnu le ministère de la Santé et des Services sociaux dans sa publication Optilab Express, en septembre 2016.

Autre sujet fort préoccupant : la situation des soins et des services dans les 14 CHSLD de la région est loin de s’améliorer. Pour Nancy Legendre, « les pressions sont fortes sur le personnel en soins et les préposé-es aux bénéficiaires en raison de la surcharge de travail engendrée par la lourdeur des besoins de la clientèle, par le non-remplacement d’absences maladies (le taux d’assurance-salaire est de 6,5 %, contre 6,8 % dans l’ensemble du Québec), et les abolitions de postes dues aux mesures d’austérité du gouvernement. Et l’annonce récente de l’ajout d’environ 1300 postes dans 400 CHSLD au Québec ne changera pas fondamentalement la donne. »

« Ces quelques constats appellent à une action immédiate du gouvernement du Québec pour stopper l’érosion des services issue d’une réforme faite à la hâte et sans consultation réelle, d’ajouter Jacques Létourneau. C’est pourquoi la CSN entend faire valoir l’importance d’un réinvestissement dans le réseau public à l’occasion des consultations pré-budgétaires du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, prévues dans les prochains jours. On ne peut pas d’un côté prôner l’austérité en sabrant directement dans les services et les soins à la population, puis de l’autre, se targuer d’avoir dégagé des surplus de 3,2 milliards de dollars pour l’année 2015 et 1,7 milliard pour les six premiers mois de l’année 2016. Ça n’a pas de sens. Le Québec a amplement les moyens de financer ses services publics, encore faut-il avoir la volonté politique de le faire. »

La présidente du CCBSL-CSN abonde dans le même sens : « Il est plus que jamais nécessaire de redonner au réseau de la santé de la région ses lettres de noblesse par un réinvestissement majeur. Et nous allons poursuivre nos efforts pour mener à bien nos mandats de défense du réseau de la santé et des services sociaux auprès des travailleuses et des travailleurs, de même qu’auprès de la population de la région, notamment le mandat de soutenir sur le terrain la campagne d’information de la CSN « Ma place en santé, j’y tiens ! » qui a cours depuis plusieurs mois déjà.

La CSN poursuit ses interventions auprès du MSSS

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a reçu la confirmation que le MSSS lève l’obligation d’un prétest pour les infirmières détentrices d’un diplôme d’études collégiales (DEC). La CSN est intervenue à plusieurs reprises auprès du ministère pour s’assurer de défendre les droits des infirmières et infirmiers dans l’application de la lettre d’entente numéro 27 portant notamment sur le déploiement des activités réservées prévues à la Loi 90.

Des préoccupations au sujet du prétest, de l’évaluation post formation et du coût d’accréditation de la formation
La CSN a fait valoir à plusieurs reprises ses préoccupations et son désaccord au sujet de l’application par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de la lettre d’entente numéro 27 relative à la stabilité des postes et au déploiement des activités réservées prévues à la Loi 90. Depuis le 21 octobre dernier, alors que se tenait une rencontre avec le MSSS concernant le programme de formation découlant de la Loi 90, la CSN a multiplié les interventions pour exiger des modifications auprès du MSSS.

La CSN a reçu la confirmation que l’exigence d’un prétest pour les infirmières détentrices d’un DEC avant de suivre la formation accréditée de 25 heures a été levée. Pour la CSN, ce prétest doit être annulé pour l’ensemble des infirmières concernées, notamment celles qui souhaitent être exemptées de la formation accréditée.

La CSN profite de l’occasion pour rappeler au MSSS que ni ce prétest ni l’évaluation suivant la formation accréditée ne doivent menés à une évaluation inscrite au dossier des infirmières concernées. L’objectif du MSSS doit être de reconnaître et d’appuyer l’expertise des infirmières et non pas de nuire à leur développement professionnel. Pour la CSN, c’est de plus au MSSS d’assumer l’ensemble des coûts reliés à cette formation accréditée, notamment pour les infirmières qui souhaitent voir reconnaître cette formation par leur ordre professionnel.

« Pour la CSN, la reconnaissance de l’expertise des infirmières est incontournable. C’est pourquoi nous sommes intervenus à plusieurs reprises auprès du ministère. Si nous accueillons positivement la fin de l’obligation de suivre un prétest, nous continuons d’interpeller le MSSS sur plusieurs enjeux entourant la formation des infirmières. C’est la responsabilité des employeurs de s’assurer que le personnel reçoit les formations nécessaires. Et c’est ce que nous continuerons de faire valoir dans les prochaines semaines », explique Marie-Josée Tremblay, infirmière clinicienne et vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Une levée de fonds s’organise pour les employés suspendus du CISSSO

Une levée de fonds a été lancée aujourd’hui lors d’un barbecue organisé par la CSN a en guise de soutien aux deux employé-es du CISSSO suspendus avant Noël. Ceux-ci avaient joué leur rôle de sonneur d’alerte et alarmé la population sur la dépense d’un demi-million de dollars entourant un laboratoire médical qui demeure inutilisé. « Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi 10 sur la réorganisation du réseau, le ministre Barrette s’est arrogé tous les pouvoirs pour bien museler tous les administrateurs. Ils n’ont probablement eu par la suite d’autres choix que de museler le personnel. Heureusement, deux employés ici ont eu le courage d’alerter la population en interpellant les journalistes, même s’ils savaient que les employeurs n’apprécieraient pas du tout cette prise de parole. Chaque fois que ces derniers vont agir de la sorte, contre les intérêts du public et contre les intérêts de nos membres, la FSSS-CSN sera présente pour les soutenir », a lancé d’entrée de jeu le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), Jeff Begley.

Pour l’occasion, 900 foulards étaient suspendus à une corde, tout comme 900 ballons avaient été déposés devant la direction de l’établissement la semaine dernière. Ceux-ci symbolisent les nombreux griefs pendants entre l’employeur et le syndicat. Rappelons à cet effet que le nombre de rencontres prévues pour le règlement des mésententes est passé de quatre à une.
« L’employeur fait le minimum pour régler les griefs. Nous avons suggéré une rencontre par semaine pour tenter de trouver des terrains d’entente, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Cette attitude est déplorable et nuit considérablement à de saines relations de travail », enchaîne la présidente du syndicat, Josée McMillan.

« Le gouvernement saccage de nombreux services publics tout en engrangeant des surplus indécents. Il réduit la qualité des soins à la population et empêche les travailleuses et travailleurs du réseau de bien faire leur travail. Et voilà que maintenant, il laisse dormir des installations neuves payées par les contribuables ! Il faut que ça arrête, car ça devient intenable. C’est aussi le but de l’appel que nous lançons aujourd’hui. »

« Nous invitons la population à appuyer les travailleurs suspendus dans cette affaire. Dans le contexte d’improvisation et de cafouillage du projet Optilab, il nous revient à toutes et à tous de défendre coûte que coûte le droit du public d’être informé » conclut Josée McMilen.

Les syndicats du préhospitalier votent massivement pour la grève

À l’issue d’une tournée provinciale de consultation auprès de ses membres paramédics, répartitrices, répartiteurs et employé-es de soutien, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) annonce détenir le mandat sans équivoque de déclencher la grève générale. C’est dans une proportion de plus de 90 % que les travailleuses et les travailleurs ont voté en faveur du recours à la grève.

 « Dès les prochains jour, nous émettrons les premiers avis de grève, explique le vice-président de la FSSS–CSN, Dany Lacasse. Je salue la détermination des travailleuses et des travailleurs. Faire la grève n’est jamais une partie de plaisir. C’est le recours ultime dont nous disposons. Nous souhaitons toujours un déblocage rapide nous permettant de conclure une entente et notre équipe de négociation est pleinement disponible pour ce faire ».

Pour le responsable du secteur préhospitalier de la FSSS–CSN et membre du comité national de négociation, Jean Gagnon, les représentants patronaux ne peuvent terminer la négociation sans une intervention du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Nous sommes allés le plus loin que nous le pouvions sur l’ensemble des dispositions normatives de la convention, explique-t-il. Les enjeux qui demeurent sur la table interpellent directement le ministère, qu’il s’agisse des salaires, de la retraite ou encore de la diminution de la charge de travail et l’abolition des horaires de faction (7/14) qui sont source d’iniquité entre les régions du Québec en termes de couverture et de temps de réponse. »

Aux tables de négociation, les employeurs martèlent qu’ils ne peuvent répondre à ces priorités en l’absence de mandats en ce sens de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le jeudi 19 janvier, des représentants des syndicats du secteur préhospitalier FSSS–CSN et de la CSN ont d’ailleurs eu l’occasion de présenter ces difficultés à Gaétan Barrette, à l’occasion d’une rencontre tenue à la demande du ministre.

La FSSS–CSN compte quelque 3600 membres dans le secteur préhospitalier partout au Québec. Le mandat de grève prévoit l’exercice de moyens de pression qui entraîneront la cessation de plusieurs services et transports, et ce sans mettre en péril la santé et la sécurité de la population. Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.