Camping pour dénoncer l’employeur

Le Syndicat des travailleurs et des travailleuses du CSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN) organisait ce midi un camping improvisé devant le Centre hospitalier De Saint-Laurent, établissement du Centre intégré universitaire du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

« Nous sommes ici afin de dénoncer la récente décision de l’employeur de réduire au maximum le nombre de journées da vacances octroyées aux travailleuses et aux travailleurs, sous prétexte d’assurer une régularité des soins », a dénoncé le président du STTCSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN), Benoît Taillefer.

Peu de vacances l’été

La direction du CIUSSS justifie sa position en évoquant une nouvelle directive ministérielle à l’effet d’assurer à tout prix une continuité des soins aux usagers. « Le syndicat a proposé à maintes reprises à l’employeur des solutions afin de permettre à nos travailleuses et à nos travailleurs de prendre des vacances pendant l’été. Particulièrement ceux qui ont des enfants et qui souhaiteraient être en vacances en même temps qu’eux, plutôt qu’en mai ou en octobre », note le président.

Les arguments évoqués par l’employeur sont discutables selon le syndicat, puisque les travailleuses et les travailleurs doivent être remplacés dans tous les cas lors de leurs vacances, qu’ils les prennent pendant la période estivale ou non. « Pourquoi, dans ces circonstances, ne pas permettre aux gens d’avoir des vacances l’été ? Nous demandons à l’employeur de revenir sur sa décision », précise Benoît Taillefer.

Relations de travail difficiles

Le STTCSSS de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent (FSSS-CSN) tenait aussi à dénoncer l’attitude de plus en plus répressive adoptée par l’employeur. En effet, depuis quelques mois, la direction du CIUSSS semble vouloir imposer son autorité, en multipliant les mesures disciplinaires, plutôt que de trouver des solutions avec le syndicat en place. « Nous déplorons ce changement d’attitude et appelons la direction à maintenir des relations de travail saines, où le dialogue et l’échange sont encouragés. »

Dans les régions, une force syndicale active !

Après celui du Cœur du Québec la semaine dernière, les syndicats de quatre conseils centraux sont réunis cette semaine dans leur région respective pour déterminer les priorités d’action pour les trois prochaines années. Le bilan du dernier mandat a été particulièrement animé, notamment avec la campagne Refusons l’austérité, qui a vu les militantes et les militants manifester contre les politiques du gouvernement Couillard. Le prochain mandat sera tout aussi animé avec la révision du cadre de négociation dans le secteur municipal, le sous-financement des services publics et des programmes sociaux, ainsi que l’appui aux négociations des syndicats.

100 ans de présence CSN soulignée

La semaine dernière, les délégué-es des syndicats du Conseil central du Cœur du Québec (CSN) ont débattu des orientations pour les trois prochaines années sur le thème Syndiqué-e ?! Oui, heureusement ! Dans cette région, où la CSN est présente depuis près de 100 ans, l’action syndicale a permis d’appuyer les luttes locales pour permettre des améliorations de la qualité de vie des travailleuses et des travailleurs.

Photo Michel Giroux

« C’est avec ce constat en arrière pensée que l’équipe a réfléchi et préparé le congrès 2016. Il ne faut pas être gêné de le dire, le mouvement syndical a fait beaucoup pour le monde du travail et pour la société. Le thème de notre dernier congrès, fier et solidaire, exprimait ce fait. Maintenant le temps est venu d’aller une étape plus loin. Nous devons parler de nos réalisations, faire comprendre les bénéfices et aussi recruter de nouveaux syndicats pour augmenter notre rapport de force », a déclaré le président du conseil central, Paul Lavergne.

Un pôle unificateur en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine

À Carleton-sur-Mer, les délégué-es syndicaux ont souligné le 50e anniversaire du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM–CSN) au cours du congrès qui se tient sur le thème Toujours là pour notre région ! « Le thème de ce 27e congrès se prête tout à fait au contexte d’austérité dans lequel nous baignons, car il illustre la résistance que avons toujours opposée aux gouvernements successifs qui tentent de nous écraser », a déclaré en ouverture le président du conseil central, Jacques Mimeault.

Au cours des deux dernières années, le conseil central a été très actif pour tenter de contrer le démantèlement des organismes qui interviennent dans le développement régional. « Les attaques frontales des libéraux ne viennent pas aider notre région qui connaît de nombreuses difficultés sur le plan économique. En mars dernier, le IGA de Sainte-Anne-des-Monts fermait. Les emplois en sylviculture ne cessent pour leur part de diminuer en raison notamment de la baisse de subventions accordées au secteur. La LM Wind Power risque de fermer à son tour, car son carnet de commandes sera vide en septembre prochain. Le désengagement de transporteurs comme Orléans express, Les Sillons, Pascan aviation ou Air Canada Jazz n’est rien pour aider. Avec cette diminution considérable de l’offre de transport, notre région se trouve de plus en plus isolée », reprend Jacques Mimeault pour qui le conseil central demeure l’organisation qui défend le mieux les intérêts des travailleuses et des travailleurs, mais également de l’ensemble de la population dans la région.

La manière CSN au Saguenay–Lac-St-Jean

À Roberval, le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean (CSN) s’est ouvert sur le thème Le syndicalisme à la manière CSN. Le dernier mandat a été marqué par des attaques d’une ampleur sans précédent contre la classe moyenne et les personnes les plus vulnérables de la société, autant de la part du gouvernement fédéral que provincial. S’il y a eu un changement de garde à Ottawa, les mesures d’austérité, attaquant de plein fouet le filet social et entraînant un appauvrissement collectif, se poursuivent au Québec.

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« Pour ce nouveau mandat de trois ans, de multiples défis nous attendent. Par exemple, la campagne de la CSN contre la privatisation du réseau de santé et de services sociaux, la sauvegarde des services de garde éducatifs subventionnés, la préservation et l’amélioration des services publics, les négociations de plus en plus difficiles dans le secteur privé. Nous continuerons d’agir pour la région et de nous battre pour nos travailleurs et travailleuses », a déclaré le président du conseil central, Engelbert Cottenoir.

Montérégie : des liens resserrés

C’est à Granby que les délégué-es des syndicats de la Montérégie ont ouvert leur congrès sur le thème Le Conseil central de la Montérégie c’est nous. La présidente du conseil central, Annette Herbeuval, a déclaré aux congressistes que « le congrès fera le bilan de notre vie et de la représentation syndicale, à l’heure où les travailleuses et travailleurs sont sans cesse attaqués dans leurs conditions de travail. Dans une société sous le joug de l’austérité, et malgré des entreprises de plus en plus dirigées depuis l’étranger, des travailleuses et travailleurs continuent de se battre pour améliorer leur condition. C’est pourquoi il est temps de resserrer les rangs et de chercher de nouvelles manières d’organiser notre action collective. »

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Photo Michel Giroux

Des chercheurs chevronnés comme Christian Nadeau, Jean-Noël Grenier et Mélanie Laroche présenteront aux congressistes le fruit de leurs recherches.

Laurentides : large coalition progressiste

À Saint-Sauveur, le congrès du Conseil central des Laurentides (CSN) s’ouvre sur le thème J’m’implique dans mes Laurentides. Les délégué-es débattront des meilleurs moyens d’exercer un leadership régional dans la lutte contre l’austérité et la pauvreté. Aussi, le conseil central entend poursuivre son engagement en faveur de services publics universels, de la protection de l’environnement, du développement durable et de la prévention en santé-sécurité.

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Contribution militante

« Quand nous défendons nos services publics universels, du CPE au CHSLD et un meilleur partage de la richesse, nous défendons non seulement nos conditions de travail, mais aussi les droits de toutes les citoyennes et les citoyens de la région, a déclaré la présidente du conseil central, Louise Jetté. C’est pour cela qu’il nous faut rallier différents acteurs des Laurentides et pas seulement les syndicats. Pour y arriver, nous allons entre autres former une large coalition progressiste dans la région pour défendre des dossiers socio-économiques et pour contrer l’austérité et l’antisyndicalisme prônés notamment par le gouvernement Couillard ».

La CSN lance une vaste offensive contre le démantèlement du réseau public de santé et de services sociaux

Les politiques d’austérité, la vaste réforme engagée par le Dr Barrette et la privatisation des services mettent à mal notre réseau public universel de santé et de services sociaux. Dans toutes les régions du Québec et dans tous les types d’établissements, on assiste à des coupes et à la privatisation de services ainsi qu’à un alourdissement de la charge de travail pour toutes les catégories de personnel, ce qui a des effets concrets sur la qualité des services. Face au démantèlement de notre réseau, pièce par pièce, orchestré par le gouvernement libéral, la Confédération des syndicats nationaux lance une vaste campagne d’actions et d’information visant à renforcer les services publics et à stopper le train de la privatisation.

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, a lancé la campagne Ma place en santé, j'y tiens

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, a lancé la campagne Ma place en santé, j’y tiens

Pour le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, l’heure n’est plus à combattre un par un les projets de destruction du réseau de la santé et des services sociaux. Il faut plutôt s’opposer de manière frontale, en bloc, à son démantèlement. « Les coupes de services, le sous-financement des établissements, les transferts subventionnés de ressources publiques vers des établissements privés, la surcentralisation des services, le musellement des voix discordantes, les réorganisations entraînant des surcharges de travail, tout cela relève d’une même logique. Ce gouvernement a décidé de favoriser le développement du privé et que tout le système devait tourner autour des médecins, non plus des patients et patientes. Nous exigeons un véritable débat public, maintenant ».

Maplaceensante.com

Cette campagne se déclinera de différentes manières dans l’espace public, aussi bien dans les établissements que dans les médias sociaux. Plusieurs actions d’affichage se dérouleront tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des établissements publics. Des manifestations colorées sont également au programme. Des opérations de sensibilisation du grand public se tiendront dans toutes les régions. En constante évolution tout au long de la campagne, le site web maplaceensante.com agira comme point d’ancrage réunissant tous les outils de la campagne de même que de nombreux contenus pour approfondir les enjeux. Une première vidéo y est disponible dès maintenant. Celle-ci illustre le lent démantèlement, la privatisation tranquille à laquelle nous assistons. Le docteur Alain Vadeboncoeur y livre un plaidoyer pour que nous défendions toutes et tous notre place en santé.

Parmi les enjeux prioritaires de la campagne, notons les transferts de ressources professionnelles des CLSC vers les GMF, des cliniques privées à but lucratif, ainsi que la fermeture de dizaines de laboratoires médicaux, conséquence du projet « Optilab ». L’effritement des services publics, l’allongement des listes d’attente dans les services sociaux, la privatisation et la sous-traitance de services auxiliaires et administratifs, les surcharges de travail et la dégradation des conditions de travail induites par la réforme Barrette sont également au nombre des thématiques abordées.

« Dans le réseau de la santé et des services sociaux, nous représentons, à la CSN, plus de 115 000 travailleuses et travailleurs de toutes les professions qui subissent au quotidien la réforme Barrette. Elle leur est imposée au mépris de leur autonomie, de leurs compétences, de leur expertise, explique le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion. Ce qui est le plus frustrant pour nos membres, c’est de constater que cette réforme n’améliore pas les services, bien au contraire. Ils sont les premiers témoins, chaque jour, de l’effritement progressif des services publics à la population alors qu’on leur demande d’en faire sans cesse un peu plus pour pallier le désengagement de l’État ».

« Nos services de santé, nos services sociaux, ce ne sont pas des business, enchaîne la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois. Nous avons à cœur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Il y a certainement des choses à améliorer dans le réseau public et nous aurons l’occasion durant cette campagne de mettre en avant nos propositions à cet égard, mais actuellement, quand on pense au démantèlement des CLSC ou aux coupes dans la prévention et la santé publique, on se dit que le gouvernement est en train de détruire ce qui fonctionne somme toute bien pour imposer un modèle plus centralisé, encore plus éloigné de la population… un modèle qui répond davantage aux besoins des médecins qu’à ceux des citoyennes et des citoyens ».

 

 

Des avancées importantes pour les personnes LGBT, mais pas encore la pleine égalité sociale

C’est sous le thème « À la CSN, on est tricotés serrés » que la centrale syndicale invite ses 2000 syndicats à souligner la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. La Confédération des syndicats nationaux tient à rappeler qu’un long chemin reste à parcourir avant que la pleine acceptation sociale des personnes LGBT ne soit acquise.

« Il y a toujours des obstacles à franchir et les syndicats doivent redoubler d’efforts pour lutter contre l’homophobie et la transphobie dans les milieux de travail », a déclaré Jean Lortie, secrétaire général de la CSN. Nous devons tout mettre en œuvre pour que les personnes LGBT se sentent bien au travail et ne fassent l’objet d’aucun harcèlement. Le syndicat doit constituer un rempart à toute manifestation discriminatoire. Malheureusement, un quart des travailleuses et travailleurs LGBT taisent encore leur orientation sexuelle au travail. »

Il ne suffit plus de s’afficher comme allié-es. « La solidarité avec nos collègues de travail, ça passe par l’action. Il faut qu’on intervienne en cas de commentaires ou de gestes homophobes ou transphobes. C’est comme cela qu’on construit des milieux de travail accueillants et sécuritaires pour tout le monde. »

Des avancées..

La CSN applaudit la nouvelle voulant que le gouvernement fédéral introduira aujourd’hui un projet de loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel pour protéger l’identité de genre. La mise en œuvre de cette promesse électorale constitue une avancée importante pour les droits des personnes transgenres.

« Le projet de loi déposé aujourd’hui fournira des outils pour mettre fin à l’intimidation et à la violence contre les personnes transgenres. Mais des modifications à la Charte québécoise s’imposent aussi », souligne M. Lortie.

La CSN réclame en effet depuis plusieurs années l’ajout de l’expression et de l’identité de genre aux motifs prohibés de discrimination prévus à la Charte des droits et libertés de la personne. « Il est malheureux de constater le peu d’empressement du gouvernement du Québec pour amender la Charte en ce sens » , déplore Jean Lortie.

Des gestes inquiétants

L’incendie de la clinique pour transgenres le 2 mai à Cartierville ou l’attaque physique contre un couple gai dans Hochelaga-Maisonneuve le 30 avril démontrent la nécessité pour le gouvernement d’investir dans des campagnes d’éducation et de sensibilisation.

« Il suffit de regarder les nouvelles des dernières semaines pour comprendre pourquoi il demeure important de mener cette lutte, ajoute Jean Lortie. C’est inacceptable qu’en 2016, dans notre société, on puisse vivre encore de tels épisodes de violence en raison de son orientation sexuelle ou du fait d’être un trans. »

La journée internationale contre l’homophobie et la transphobie commémore la décision prise par l’Organisation mondiale de la santé le 17 mai 1990 de retirer l’homosexualité de la liste des maladies psychologiques.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le gouvernement Couillard doit maintenir l’Hôtel-Dieu de Montréal dans le réseau public de santé

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) réagit à l’annonce de l’achat par la Ville de Montréal du site des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Pour l’organisation syndicale, il est important que l’Hôtel-Dieu de Montréal conserve une vocation santé à l’intérieur du réseau public et que le projet piloté par la Ville de Montréal entraîne aussi  la création de logements sociaux.

La Ville de Montréal annonçait ce matin son intention d’acquérir le site patrimonial des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, sur le Plateau Mont-Royal. Pour la CSN, ce site doit demeurer dans le giron public et servir à l’ensemble de la communauté montréalaise. La CSN appuie de plus le projet défendu par la Coalition Sauvons l’Hôtel-Dieu, qui demande le maintien de la vocation hospitalière de l’Hôtel-Dieu et le  développement de logements sociaux.

« Un débat public doit avoir lieu sur l’utilisation d’un site patrimonial aussi important pour notre histoire que l’Hôtel-Dieu de Montréal. Nous sommes heureux de voir que nos propositions font du chemin. Une partie du site pourra accueillir des logements sociaux. Il faut maintenant que le gouvernement Couillard rassure la population et annonce le maintien de la vocation santé au sein du système public de santé de l’Hôtel-Dieu », explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

À propos de la CSN
La CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. Elle regroupe, en outre, plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Une semaine pour reconnaître un travail inestimable

Encore cette année, la CSN se joint à plusieurs partenaires afin de souligner la Semaine des services de garde en milieu scolaire et ainsi reconnaître le rôle essentiel joué par ces travailleuses et ces travailleurs dans l’éducation des enfants. C’est d’ailleurs sur le thème Un allié à la réussite que se tiendra cette semaine.

La dernière année a été particulièrement difficile pour les services de garde en milieu scolaire, qui n’ont pas échappé aux mesures d’austérité du gouvernement. Au cours de cette dernière année, les parents ont vu leur contribution augmenter de plus de 10 % lors des journées régulières et encore davantage lors des journées pédagogiques et de la semaine de relâche.

En plus, le réseau subit des compressions constantes depuis plusieurs années et ce d’une ampleur plus importante que les hausses de la contribution parentale. Ces diminutions de financement risquent d’avoir des impacts sur la qualité des services offerts aux élèves alors que le temps alloué à la préparation des activités est réduit, tout comme le renouvellement de matériel en cours d’année. « Les impacts de ces coupes sont importantes, que ce soit pour les jeunes, ou pour les salarié-es qui se sentent de moins en moins valorisés au travers de ces mesures. Comment maintenir la qualité des services dans de telles conditions ? » dénonce Sylvie Tremblay, trésorière de la FEESP-CSN. Par ailleurs, les hausses de tarif ont pour effet de faire diminuer la fréquentation, principalement lors des journées pédagogiques où l’on enregistre une baisse de fréquentation de 20 % en 2015-2016.

Rappelons que la CSN recommande depuis longtemps que le gouvernement reconnaisse les services de garde à titre de services complémentaires au régime pédagogique. « Ceci assurerait non seulement la gratuité au même titre que les autres services éducatifs offerts aux élèves, mais favoriserait aussi une meilleure intégration des services de garde au projet de l’école », mentionne Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

La CSN désire également profiter de cette semaine pour mettre de l’avant la campagne Un réseau qui fait grandir, initiée à la fin février dans l’ensemble des réseaux de services de garde, en centres de la petite enfance, dans le milieu familial régi et en milieu scolaire. « Nos membres vont multiplier les efforts pour faire signer les cartes postales qui seront par la suite envoyées au premier ministre Philippe Couillard. Il faut que celui-ci prenne conscience que nous sommes en train d’hypothéquer une génération d’enfants pour des questions comptables », lance Danielle Beaulieu, présidente du secteur scolaire de la FEESP-CSN. « Le gouvernement doit rétablir la situation et vite. Le gouvernement doit reconnaître la portée éducative des services de garde de qualité qui sont offerts en milieu scolaire, dans les CPE et par les responsable d’un service de garde en milieu familial reconnu », conclut Véronique De Sève.

À propos

Fondée en 1947 sous le nom de Fédération des employés municipaux, la Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 400 syndicats affiliés représentant environ 58 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN salue le changement de cap du gouvernement

La CSN se réjouit de voir le ministre de l’Éducation abandonner le projet de loi 86 sur la réforme des commissions scolaires. Elle salue aussi le fait que les élections scolaires seront maintenues et que le gouvernement entend plutôt mettre l’emphase sur la réussite et la persévérance des élèves.

« Nous avons toujours maintenu que les élections scolaires étaient nécessaires pour la démocratie, malgré le faible taux de participation qu’il faut améliorer. La composition du nouveau conseil scolaire, tel que proposé par le projet de loi 86, posait de nombreux problèmes. Si le gouvernement exclut la possibilité de tenir des élections scolaires en même temps que le scrutin au niveau municipal, il garde quand même une porte ouverte pour une consultation auprès du directeur général des élections », soutient la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

En ce qui concerne certains éléments d’une future politique nationale sur la réussite scolaire, la CSN s’oppose à l’introduction de la maternelle dès l’âge de quatre ans. Les services de garde éducatifs en CPE et RSG offrent une bien meilleure alternative aux enfants si, bien entendu, le ministre se donne la peine de protéger ce réseau.

De même, la CSN conteste l’idée avancée par le ministre de créer un ordre professionnel pour les enseignants. « Ce serait une structure inutile. Le personnel enseignant est déjà encadré par une législation et une organisation scolaire bien adaptées », déclare Véronique De Sève.

La réussite scolaire nécessite également que le gouvernement investisse dans les ressources nécessaires pour assurer un soutien à tous les élèves ainsi que des conditions d’apprentissage convenables. Au cours des dernières années, le gouvernement a effectué des compressions budgétaires qui n’ont pas été sans conséquences sur les élèves. Le dernier budget est nettement insuffisant pour améliorer et même maintenir les services. Par exemple, la lutte au décrochage scolaire a écopé avec une diminution de 26 % de son financement l’an dernier.

Par ailleurs, il est essentiel que le ministre tienne des consultations sur cette politique tout comme sur le nouveau projet de loi qu’il s’apprête à déposer.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats répartis dans huit fédérations, dont la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

Le secteur scolaire de la FEESP-CSN regroupe 37 syndicats et 30 000 employé-es de soutien présents dans 31 commissions scolaires francophones et deux commissions scolaires anglophones.

Du respect et de la reconnaissance

Ce midi, les membres du Conseil central de Lanaudière–CSN ont manifesté devant le centre Le Champêtre et la Résidence le St-Ambroise en appui aux travailleuses et aux travailleurs du Syndicat régional des CHP de Lanaudière–CSN actuellement en négociation. Réunis pour leur 64e Congrès, les délégué-es ont profité de leur heure de pause pour visiter les membres du syndicat afin de leur démontrer toute leur solidarité.

« Nous menons une lutte pour le respect, pour la reconnaissance et la valorisation de notre travail. Nous sommes soucieux du bien-être des résidentes et des résidents. Nous souhaitons simplement que l’employeur reconnaisse notre expérience et notre ancienneté. Je sais que nous pouvons compter sur la CSN et nous en avons une preuve irréfutable ce midi », de souligner Line St-Jean, présidente du Syndicat régional des CHP de Lanaudière–CSN.

Actuellement, les salaires horaires varient entre 11,78 $ et 13,49 $ l’heure au 8e échelon, et ce, tous titres d’emploi confondus. Aucune journée de maladie, aucune prime de soir ni de fin de semaine n’est accordée aux salarié-es. Des congés supplémentaires et des mesures de conciliation famille-travail font également partie des demandes du syndicat qui tente de conclure sa première convention collective.

« L’employeur nous dit qu’il n’a pas d’argent, mais si on compare le taux horaire versé à une préposée aux bénéficiaires dans le secteur public à 20 $ l’heure à celui versé dans ces deux CHP, on comprend pourquoi la partie patronale ne veut pas ouvrir ses livres comptables », de dénoncer David Deschatelets, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN de la région de Lanaudière.

« Si nous sommes ici ce midi, c’est pour envoyer un message clair à l’employeur : lors de la prochaine rencontre de négociation de lundi prochain, il faudra que la reconnaissance du travail qui est accompli chaque jour par les travailleuses et les travailleurs des deux établissements soit au rendez-vous », de déclarer Francine Ranger, présidente du Conseil central de Lanaudière.

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Photo : Manon Paquette

« Que tous les propriétaires de CHP se le tiennent pour dit : depuis ses débuts, la CSN défend la dignité et le respect, autant envers les travailleuses et les travailleurs de ces établissements qu’envers les aîné-es qui y vivent et y reçoivent des soins chaque jour. Et nous serons à leurs côtés jusqu’au bout », de conclure Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

L’employeur

Gestion FPS (Le Champêtre et le St-Ambroise) est un gros joueur dans la région et ailleurs, en terme de places d’hébergement. Un des actionnaires est Paul Arbec, propriétaire d’une dizaine de résidences privées.

À propos

Le Syndicat régional des CHP de Lanaudière–CSN rassemble plus de 150 membres dans cinq centres d’hébergement privés. Il est affilié au Conseil central de Lanaudière–CSN qui compte environ 15 000 membres dans 89 syndicats.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

 

La CSN exhorte le gouvernement canadien à ne pas le ratifier

« Le PTP nuirait à l’ensemble des populations canadienne et québécoise, a déclaré Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN, devant les membres du Comité. Il reprend ce qu’il y a de pire dans les ententes de libre-échange signées par le Canada au cours des 25 dernières années, soit un mécanisme de règlement des différends qui permet aux entreprises de poursuivre les États si elles s’estiment lésées dans leur capacité d’investir par une loi ou une mesure publique. Il y a là un accroc majeur à la souveraineté du Canada et du Québec à gouverner pour le bien commun. »

La CSN a rappelé que le Canada est le pays développé le plus poursuivi au monde, en raison des traités internationaux. En 2015, il faisait face à plus de six milliards de dollars de poursuites en vertu du mécanisme de règlement des différends. La plupart de ces réclamations, qui risquent d’être payées par nos taxes et impôts, concernent l’environnement. « Un tel mécanisme restreint la capacité de nos gouvernements à légiférer sur des questions d’intérêt public, a fait valoir Francine Lévesque. En outre, il exerce aussi un effet dissuasif sur l’adoption de nouvelles politiques. Il pourrait même encourager la privatisation de certains services publics. »

Le Canada est fier des modifications apportées à l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne sur cette question, mais ces modifications ne se trouvent pas dans le PTP, qui ne peut plus être modifié. « Alors que le gouvernement canadien vient de signer l’accord sur le climat de Paris, il laisse libre cours aux multinationales d’influencer, voire de définir, les normes environnementales du pays, par l’entremise d’accords de libre-échange comme le PTP. Cette seule raison milite pour sa non-ratification », a martelé la porte-parole de la CSN.

Cette dernière s’en est aussi prise au processus dans lequel s’est déroulée la négociation du traité. « Nous avons dénoncé à maintes reprises au gouvernement précédent le manque flagrant de transparence et l’opacité des discussions qui ont conduit au PTP, a-t-elle poursuivi. Nous ne comprenons pas pourquoi le nouveau gouvernement validerait un tel processus qui s’est déroulé dans le plus grand secret, malgré tous les effets néfastes qu’il a sur les communautés. »

La CSN dénonce le fait que le PTP ne prévoit aucune mesure contraignante en matière d’environnement et de droits de la personne. « Le Canada aurait pu vouloir se servir du PTP pour assurer la promotion du travail décent auprès de certains pays signataires, dont le Vietnam, la Malaisie ou le Mexique où les droits du travail sont fréquemment violés. Il est aussi inacceptable qu’en 2016, on ne protège pas les droits des peuples autochtones, les droits des communautés face à l’exploitation des ressources naturelles, par exemple », a soutenu Francine Lévesque.

Secteur manufacturier en perte de vitesse

Certes, le PTP a le potentiel de favoriser l’exportation de produits agroalimentaires canadiens (le porc, le sirop d’érable, les jus de fruits, le bœuf, etc.), mais dans l’ensemble il risque d’avoir un effet négatif sur notre balance commerciale.

Ainsi, la centrale syndicale craint les répercussions du PTP sur le secteur manufacturier canadien. La balance commerciale du Canada a connu une détérioration constante ces dernières années. Francine Lévesque : « L’économie canadienne est caractérisée par une expansion des exportations de produits primaires et un déclin des exportations de produits manufacturés. Le PTP risque d’accentuer la pression sur le secteur manufacturier qui, déjà, se détériore alors que les exportations des produits manufacturés des pays d’Asie de l’Est sont en constante progression. Avec l’élimination des tarifs, nos produits risquent de devenir encore moins compétitifs par rapport aux biens provenant des pays du PTP. »

La CSN ne peut appuyer un accord commercial qui donne aux entreprises multinationales le droit de poursuivre les États, qui menace nos services publics et notre culture et qui sera signé avec des États qui ne respectent pas les droits de la personne. « Le gouvernement canadien, dans l’intérêt de la population, ne doit donc pas le ratifier », a conclu la vice-présidente de la CSN.

Déclenchement de la grève prévu le 17 mai

Réunis en assemblée générale ce mercredi soir, les membres du Syndicat des travailleurs des autobus Gil-Ber (FEESP-CSN) ont reçu le rapport de leur comité de négociation. Ils ont également partagé les informations finales qui leur seront nécessaires à l’exercice de leur mandat de grève adopté à 95 % par l’entremise d’un vote à scrutin secret tenu lors de l’assemblée générale du 12 avril dernier.

« La dernière rencontre de négociation entre les parties remonte au 20 avril dernier. Depuis ce jour, l’employeur est demeuré silencieux et aucun échange entre les parties n’a eu lieu. Celui-ci refuse de retirer certaines demandes qui réduiraient la rémunération des conductrices et des conducteurs d’autobus scolaire de l’ordre de 8 à 10 %, d’expliquer Josée Dubé, présidente du syndicat. C’est avec une détermination hors du commun que les travailleuses et les travailleurs des autobus Gil-Ber sont prêts à aller jusqu’au bout de leurs revendications ».

À la suite du dépôt de l’avis de grève par le syndicat le 5 mai dernier, dès le lendemain, l’employeur s’est adressé au ministère du Travail pour demander la conciliation. Les parties doivent se rencontrer le dimanche 15 mai en présence du conciliateur.

L’entreprise assure les services de transport scolaire pour la Commission scolaire des Samares et pour la Commission scolaire Sir Wilfrid Laurier. En conséquence, le service de transport pourrait être perturbé à partir du mardi 17 mai au matin si aucune entente n’intervient avant minuit, lundi soir prochain.

Le syndicat est conscient de l’impact de l’exercice de la grève sur les familles de la région. Les membres souhaitent rassurer la population de leur intention de négocier de bonne foi, comme ils l’ont fait depuis le début. Le dénouement de cette impasse doit toutefois passer par l’employeur qui maintient, à ce jour, des demandes de concessions et de reculs inacceptables.

À propos

Le Syndicat des travailleurs des autobus Gil-Ber (CSN) regroupe 70 salarié-es membres de la Fédération des employées et employés des services publics-CSN qui compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Ultime demande des syndicats de la CSDM d’éviter les coupes de postes et de services pour 2016-2017

Les présidences des cinq syndicats représentant le personnel de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) formulent une ultime demande aux commissaires de la CSDM de rejeter la proposition de plan d’effectifs pour l’année 2016-2017 qui comporte une suppression de près d’une centaine de postes. L’octroi d’une somme de 15 000 000 de dollars par le ministre de l’Éducation a permis d’éviter que les compressions soient encore plus importantes, mais ne suffira pas à maintenir tous les postes et tous les services pour l’an prochain.

« Le personnel de soutien, administratif, technique et paratechnique est durement affecté par ce plan d’effectifs où une soixantaine de postes seront abolis. Ces dizaines de postes s’ajoutent à près de 220 déjà supprimés depuis 2010. Les services tant aux élèves qu’aux membres du personnel seront certainement affectés, car les mises à pied des dernières années ont déjà des effets néfastes, tels que l’augmentation des congés de maladie et des délais avant que les services requis soient rendus. Non seulement les coupes doivent cesser, mais un réinvestissement massif est nécessaire compte tenu de la situation particulière à Montréal, notamment en ce qui concerne les écoles vétustes, la francisation des néo-Québécois, le nombre et la forte proportion d’élèves aux besoins particuliers ainsi que l’iniquité dans l’offre de services aux élèves d’un milieu à l’autre », de dire monsieur Michel Picard, président de l’Association professionnelle du personnel administratif.

« En supprimant des postes d’ouvriers spécialisés, d’aide-concierge ou d’employé-es de cafétéria, la CSDM ouvre aussi la porte à la sous-traitance, même si l’histoire nous démontre que les économies de budget anticipées en faisant affaire avec le secteur privé ne sont qu’une chimère. Pour économiser, la CSDM doit embaucher et compter sur ses employés. Le coût des travaux réalisés est de 33 % moins cher que ceux assumés par l’entreprise privée. L’objectif n’est-il pas d’offrir des services de qualité tout en maintenant l’expertise à la CSDM? L’état lamentable du parc immobilier impose de nombreux travaux urgents et coûteux. La CSDM sortira gagnante si elle confie la majorité de ces travaux à ses employés qualifiés et dévoués. Pour cela, l’embauche est une meilleure solution que la suppression de postes », de poursuivre Rémi Desrosiers, président du Syndicat national des employées et employés.

« Le gouvernement doit cesser d’affirmer à tout vent que les compressions demandées n’affectent pas les services directs aux élèves. L’an dernier entre autres, des postes de psychologues et de psychoéducateurs ont été supprimés. Cette année, malgré l’ajout de 15 millions de dollars qui permettra d’embaucher un plus grand nombre d’orthophonistes et de réduire le nombre de postes supprimés, les postes de près de cinq animateurs de vie spirituelle et communautaire ainsi que plus de cinq conseillers en orientation seront supprimés. Ces abolitions touchent des services directs aux élèves », d’expliquer Michel Mayrand, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du milieu de l’éducation de Montréal.

« Dans le plan d’effectifs 2016 de la CSDM, on prévoit l’embauche de deux concierges de plus pour l’entretien de quelque 225 édifices. Ces embauches, alors que les autres catégories de personnel subissent des pertes, devraient être une bonne nouvelle sauf que la réduction des heures de travail aura pour effet de transférer des tâches, jusque-là effectuées le soir, aux concierges travaillant le jour. Les concierges offrent des services aux élèves. Leur travail leur permet d’apprendre dans un environnement sain et dans des conditions de vie adéquates. Quand on sait à quel point nos écoles sont vétustes et que le manque d’entretien ménager peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de l’air dans nos établissements, la solution de supprimer ou de comprimer les postes en soirée fera en sorte que le remède fera plus de mal que de bien », d’ajouter Gilbert Ducharme, président par intérim de l’Association des concierges des écoles du district de Montréal.

« Les compressions budgétaires des cinq dernières années s’inscrivent dans une approche de marchandisation de l’éducation. Loin d’être un luxe, les services éducatifs publics sont essentiels, tant pour la jeunesse que pour la société québécoise. Ce n’est plus possible de fonctionner avec ce manque cruel de financement. Pour sauver l’école publique, l’école montréalaise et l’éducation publique à la CSDM, les commissaires doivent résister à appliquer les mesures d’austérité imposées par le gouvernement libéral et rejeter la proposition de supprimer une autre centaine de postes dans le plan d’effectifs. Nous, les syndicats, tendons la main aux commissaires pour amorcer une réflexion collective avec le personnel et les parents de la CSDM dans une perspective d’assurer la pérennité des services d’éducation publique grâce à un financement permettant de répondre aux besoins particuliers de l’école montréalaise, et de l’école publique en général. Le gouvernement doit cesser cette tactique de combler les besoins au compte-gouttes en saupoudrant quelques millions par-ci et par-là année après année. Assurons le financement adéquat de l’école publique une fois pour toutes », de conclure Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.

Profil de la CSDM

La CSDM compte un peu plus de 15 000 employés au service de 110 000 élèves fréquentant les écoles et les centres de la CSDM. On compte un nombre et une proportion plus élevés que dans toute autre commission scolaire d’élèves en difficulté, issus de milieux défavorisés et n’ayant pas le français comme langue maternelle.

 

Les agents de sécurité d’Aéroport de Montréal maintiennent la pression

 

La veille de la poursuite de la négociation, prévue pour demain soir (mercredi), les membres du Syndicat des agent-es de sécurité d’Aéroport de Montréal (SAS-ADM) ont poursuivi leur mobilisation pour obtenir de leur employeur qu’il présente de meilleures offres salariales. Ils ont manifesté ce midi pour dénoncer les diminutions salariales sauvages dont ils sont victimes. Vendredi dernier, en assemblée générale, ils ont rejeté à 69 % les dernières offres patronales jugées insuffisantes.

Photo : Raynald Leblanc

Photo : Raynald Leblanc

Avant d’intégrer la CSN, les syndiqué-es affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) se sont vu imposer des diminutions salariales de plusieurs milliers de dollars annuellement.

ADM a changé de sous-traitant afin d’assurer la sécurité de l’aéroport à l’extérieur de la zone douanière. « Les 140 agents et agentes de sécurité qui détiennent une expertise très pointue ont été cédés au nouveau sous-traitant (Garda) qui a décidé de diminuer de façon draconienne le salaire des employé-es dès leur entrée en fonction, une décision inacceptable et immorale. Nous avons des familles à nourrir et des obligations financières, nous avons besoin de la totalité de notre salaire », lance Koufache Arezki président du SAS-ADM.

Photo : Raynald Leblanc

Photo : Raynald Leblanc

Le syndicat craint une perte d’expertise causée par un roulement excessif du personnel. D’ailleurs, depuis que la baisse salariale est effective, pas moins de 20 agents ont quitté leur emploi et le recrutement est difficile.

Les syndiqué-es ont en main un mandat de grève de 36 heures à exercer au moment jugé opportun

Les conseils centraux en congrès

Aujourd’hui, s’ouvrent les congrès de cinq conseils centraux de la CSN, le temps pour les syndicats d’une même région de faire le bilan de l’action syndicale et sociale des trois dernières années et de voter les priorités pour l’avenir.

Après celles et ceux de l’Outaouais, qui ont « ouvert la saison » des congrès des conseils centraux le 26 avril, à Maniwaki, c’est au tour des militantes et des militants de l’Abitibi–Témiscamingue–Nord-du-Québec, de la Côte-Nord, de l’Estrie, de Lanaudière et du Bas-Saint-Laurent de se réunir à compter d’aujourd’hui dans ce traditionnel rendez-vous triennal pour débattre des orientations des trois prochaines années.

Partout, le bilan de la lutte à l’austérité sera à l’ordre du jour. Rien de plus normal, la mobilisation contre les mesures restrictives du gouvernement de Philippe Couillard ayant enflammé le Québec depuis septembre 2014. Les syndicats de la CSN ont été aux côtés des conseils centraux dans cette bataille qui se poursuit entre autres pour maintenir les services publics et les programmes sociaux, comme les services de garde éducatifs. La lutte à l’austérité est d’ailleurs partout à l’agenda des trois prochaines années.

C’est grâce aux conseils centraux que l’action de la CSN se déploie à tous les niveaux aux quatre coins du Québec. Le quotidien des conseils centraux, c’est l’appui aux syndicats en négociation pour un meilleur revenu ou contre des conditions de travail dangereuses, autant que des batailles pour l’emploi ou un développement régional harmonieux qui respecte les communautés.

Outaouais : la dignité par un revenu décent

Dans toutes les régions, les coupes en éducation, dans la santé et dans les services sociaux ont réduit la qualité et l’accessibilité des services et complexifié la tâche de celles et ceux qui y œuvrent au quotidien, tout en détériorant leurs conditions de travail. « La loi 10, qui oblige maintenant des gens à devoir se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour des services jadis offerts dans leur communauté, la disparition des organismes de développement local et les récentes compressions dans les services de garde affectent les régions.

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Les délégué-es du congrès au Château Logue de Maniwaki avec l’exécutif réélu

La population a été durement affectée par les décisions austères du gouvernement libéral », a soutenu Michel Quijada, réélu à la présidence du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN). Le congrès, qui s’était déroulé sur le thème La dignité contre l’austérité, a voté pour revendiquer un relèvement substantiel du salaire minimum.

Le développement de Lanaudière

À Joliette, les délégué-es du Conseil central de Lanaudière (CSN) sont réunis cette semaine sur le thème Décidons / Mobilisons / Agissons. Pour la présidente Francine Ranger, le thème « décrit parfaitement les débats qui nous animeront tout au long de la semaine. Les enjeux discutés concernent le développement de notre région dans les volets tels que l’éducation, la santé et les services sociaux, l’environnement, les jeunes, la condition féminine et la santé et sécurité du travail ».

Photo Michel Giroux

Photo Michel Giroux

Côte-Nord : l’heure des choix

Les trois dernières années ont été particulièrement difficiles pour la population nord-côtière, frappée par un ralentissement économique qui a été aggravé par les mesures d’austérité. « Notre économie régionale dépend encore beaucoup des richesses naturelles », convient Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord (CSN).

Photo : Alain Therrien

Selon lui, la région vivra une transition de son modèle économique. « Les ressources naturelles seront toujours au cœur de notre prospérité, mais d’autres alternatives s’imposent, dont, notamment, une économie de service qui devra prendre encore plus de place. Les temps changent, et la Côte-Nord devra s’adapter. Cette réalité sera à l’ordre du jour de notre 8e congrès qui se déroule sur le thème Solidaires…malgré vents et marées », explique Guillaume Tremblay.

Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec : syndicalisation et environnement

Au cours du 22e congrès, les délégué-es des syndicats CSN de l’Abitibi–Témiscamingue–Nord-du-Québec se réunissent à compter d’aujourd’hui sur le thème Nous, notre territoire, notre fierté ! pour discuter notamment de développement régional, d’environnement et de syndicalisation.

Dans cette région, plus de 60 % des travailleuses et des travailleurs de la région ne sont pas syndiqués. « Dans le secteur primaire, par exemple dans les mines, un bastion historique du syndicalisme, il y a aujourd’hui énormément d’entreprises non syndiquées, relève le président du CCATNQ–CSN, Donald Rheault. L’industrie a beaucoup changé, on voit de plus en plus de sous-traitants et une multiplication d’entreprises de plus petite taille. Cela pose un défi particulier pour celles et ceux qui souhaitent se regrouper à l’abri des représailles des employeurs. Par ailleurs, nos structures d’accueil et de services qui ont fait leur preuve dans des contextes traditionnels doivent refléter cette réalité changeante ».

Estrie : active et solidaire

À Sherbrooke, le 26e congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN) s’ouvre aujourd’hui sur le thème La Solidarité moteur de ma communauté.

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Congrès du conseil central de l’Estrie. Photo : Chu Anh Pham

Les principaux thèmes abordés touchent notamment la mobilisation, la condition féminine, le développement régional et l’immigration. « La CSN a toujours été très active et solidaire. Les propositions soumises aux délégué-es nous guideront vers une solidarité encore plus large et plus diversifiée, explique le président du conseil central, Denis Beaudin. Au cours du prochain mandat, nous souhaitons être encore plus visibles et démontrer que la CSN est une force incontournable. »

Et maintenant… au Bas-Saint-Laurent

La pertinence du syndicalisme sera au cœur des travaux des délégué-es du congrès du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) qui se tient sur le thème Et maintenant…

« La montée de l’individualisme et les changements que subit le monde du travail minent tranquillement les bases du mouvement syndical, constate Nancy Legendre, présidente du CCBSL-CSN. C’est notre devoir de nous adapter. » En ce sens, le 24e congrès permettra aux militantes et aux militants de se rappeler les grandes luttes menées pour bâtir une société moderne suscitant l’envie ailleurs dans le monde.

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Le choix de la thématique du congrès Et maintenant… oriente clairement la réflexion des délégué-es vers l’avenir. Comment mieux rejoindre la relève dans nos milieux de travail, comment déconstruire le mythe qu’un salarié-e obtient davantage seul qu’en groupe, comment sensibiliser au fait que les programmes collectifs profitent à tous, d’une manière ou d’une autre ?

Les congrès des autres conseils centraux se dérouleront jusqu’à la mi-juin : Laurentides, Montérégie et Saguenay–Lac-Saint-Jean à compter du 24 mai ; Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine dès le 25 mai ; Montréal du 6 au 10 juin ; et Québec du 13 au 17 juin.

La pratique sage-femme peut faire économiser des millions

À l’occasion de la Journée internationale de la sage-femme, la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) ont rendu publics les résultats d’une étude comparative des coûts relatifs à un accouchement avec sages-femmes en maison de naissance et d’un accouchement par des médecins à l’hôpital. Commandée depuis un certain temps, cette étude conduite par la firme MCE Conseils vient réfuter les propos tenus dans un reportage de la radio de Québec FM93 voulant qu’il coûte beaucoup plus cher d’accoucher avec une sage-femme qu’avec un médecin. « En comparant le coût d’un accouchement en milieu hospitalier par des médecins à un accouchement avec sage-femme en maison de naissance ou à domicile, on constate qu’accoucher avec un médecin coûte au minimum 25 % plus cher, souligne la présidente du RSFQ, Claudia Faille. Nous avons enfin la démonstration chiffrée de ce que nous affirmons depuis de nombreuses années! »

Sachant que l’accouchement est la raison d’hospitalisation la plus fréquente, ces coûts onéreux sont notamment dus aux sommes allouées au fonctionnement général et aux infrastructures des hôpitaux, à la présence des médecins (omnipraticiens, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) et du personnel médical (infirmières et inhalothérapeutes) lors des accouchements et du suivi postnatal, l’accouchement étant la raison d’hospitalisation la plus fréquente. « Comme on pouvait s’y attendre, l’étude démontre aussi que le suivi complet — prénatal, pernatal et postnatal — coûte plus cher avec les médecins compte tenu de leur rémunération. Ceci en dépit du plus grand nombre d’heures d’accompagnement de la sage-femme pour le suivi complet de grossesse, environ 37 heures au total pour l’ensemble des soins et des services », affirme Claudia Faille.

Des économies substantielles pour le gouvernement
« Au Canada, 26,3 % des naissances se produisent par césarienne, la chirurgie la plus fréquemment pratiquée. Une intervention de ce genre coûte environ 2 265 $ de plus qu’un accouchement vaginal. L’étude démontre que le système de santé canadien pourrait économiser près de 25 millions de dollars si le taux de césariennes était ramené à un maximum de 15 % des naissances, comme recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, ajoute la présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Ginette Langlois. Les sages-femmes sont essentielles et incontournables pour atteindre cette cible! »

« L’étude indique aussi que c’est au Québec que le taux de péridurale pour les accouchements est le plus élevé, soit à 71,4 %, comparativement à celui du reste du Canada, qui est de 58,3 %. Cela fait en sorte que le coût est plus élevé pour les accouchements en centre hospitalier, sans mentionner nombre d’interventions pouvant découler de la péridurale, qui contribue à la cascade des interventions. Celle-ci augmente les risques pour les mères et les nouveau-nés ainsi que les coûts », explique pour sa part Claudia Faille.

L’étude de MCE Conseils démontre finalement que si les sages-femmes étaient responsables de 10 % des grossesses et des accouchements au Québec d’ici 2018, comme le recommande la Politique de périnatalité 2008-2018, l’État québécois pourrait se prévaloir d’économies de l’ordre de 2,9 millions de dollars par an sur la rémunération, sans compter les économies récurrentes en frais hospitaliers, également substantielles. « Ne sommes-nous pas dans un contexte d’austérité, où le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour développer et soutenir cette pratique? » questionne Ginette Langlois.

Des bénéfices non quantifiables

« Il faut évidemment souligner que les bénéfices à moyen et long terme d’accoucher avec une sage-femme vont au-delà de ce que cette étude révèle aujourd’hui, précise enfin la vice-présidente du RSFQ, Mounia Amine. Les sages-femmes ont un modèle de soins unique ancré sur la continuité relationnelle et le partenariat avec les femmes et leur famille. Leur disponibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, la préparation à l’accouchement et l’accompagnement tout au long du travail ont des effets bénéfiques indéniables, notamment sur la diminution des interventions médicales non nécessaires. »

« De toute évidence, les sages-femmes contribuent de façon considérable à la périnatalité et à une allocation des ressources plus efficiente pour d’excellents résultats, une plus grande satisfaction des mères et des familles, et ce, à moindres coûts. Dans cette optique, nous demandons au gouvernement de tout mettre en œuvre pour mieux promouvoir, développer et soutenir la pratique sage-femme! », conclut madame Amine.

Près de 4500 personnes signent la pétition en moins d’une semaine

La Confédération des syndicats nationaux se réjouit de la réponse du public à la pétition déposée le 29 avril dernier sur le site de l’Assemblée nationale afin de réclamer un moratoire sur le transfert de personnel des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF). En effet, quelque 4500 personnes l’ont signée, et ce, en moins d’une semaine.

« Cela prouve que les Québécoises et les Québécois tiennent à leurs CLSC, souligne le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. En transférant des ressources du secteur public vers le secteur privé, le ministre Barrette risque de créer des problèmes importants d’accessibilité aux services sociaux, en particulier pour les usagères et les usagers les plus vulnérables. Il s’agit selon nous d’un bien mauvais choix qui se fait sans aucune consultation. Nous nous réjouissons de voir que de nombreuses organisations syndicales et groupes de la société civile emboîtent le pas dans cette lutte pour préserver nos CLSC. Nous espérons que d’autres organisations et encore davantage de citoyennes et de citoyens se joindront à nous au cours des prochains jours pour défendre l’accès à des services sociaux de proximité. »

La pétition peut être signée en ligne jusqu’au 1er juin, date où elle sera déposée à l’Assemblée nationale. Pour la consulter et la signer : https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-6033/index.html

Franc succès du colloque de la FNC-CSN

Des journalistes, des chercheurs et des dirigeants de grandes entreprises de presse ont échangé sur les nombreux défis auxquels font face les médias québécois. Le colloque était organisé par la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et ses partenaires dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai à Québec.

Photo : Pascal Ratthé

Photo : Pascal Ratthé

Alors que les médias du Québec sont mis à mal, la question se pose : comment assurer la viabilité d’une information de qualité ? Facebook, Google, Netflix, Yahoo ne sont pas des producteurs de contenus, mais plutôt des intermédiaires, qui captent une bonne partie de l’attention du public et accaparent une part toujours grandissante des revenus publicitaires.

De nombreuses thématiques ont été abordées tout au long de ce colloque par les invités et les participants. Quelles sont les incidences du numérique sur les habitudes de consommation des usagers et sur l’écosystème des médias ? Quelles sont les nouvelles initiatives ? Quelles sont les hypothèses de financement ? Quelles sont les particularités du marché québécois ? Quelles sont les modalités de ces nouveaux contrats signés par les médias avec Facebook Instant ou Google Adwords ?
Rappelons que ce colloque a été organisé par la FNSC-CSN en collaboration avec la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) le Centre d’études sur les médias (CEM) et le Conseil de presse du Québec.

Une opération risquée et précipitée dénonce la CSN

Des centaines de membres du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux ont dénoncé, ce midi, le transfert des professionnel-les des CLSC vers des groupes de médecine de famille (GMF). Ce drainage de ressources au profit d’établissements privés soulève des inquiétudes quant à l’accessibilité aux services professionnels offerts actuellement par les CLSC. La CSN réclame un moratoire sur ces transferts.

Une douzaine de professionnel-les en travail social du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal ont ainsi appris ce matin qu’ils seraient transférés vers des groupes de médecine de famille. De tels transferts sont d’ailleurs annoncés partout au Québec. Ils quitteront donc les CLSC, d’où ils offrent actuellement des services accessibles à une large clientèle en fonction de leurs besoins, pour se joindre à des cliniques privées. Pour les consulter, les citoyennes et les citoyens devront être inscrit au GMF pour avoir accès aux services. Qu’adviendra-t-il des personnes qui ne sont pas inscrites au GMF et qui doivent consulter en CSLC un professionnel ? Quels seront les services qui demeureront en CLSC à la suite des transferts ? Voilà des questions importantes auxquelles tant le ministère que les établissements n’ont pas répondu jusqu’à maintenant et qui inquiètent, compte tenu du grand nombre de personnes qui n’ont pas accès à un médecin de famille.

L’accessibilité aux services de travailleurs sociaux dans l’Est de l’Île risque donc d’écoper et ce sont les personnes les plus vulnérables de notre société qui en pâtiront, celles qui, pour toutes sortes de raisons, se trouvent en marge du système. Enfin, cette décision affaiblira encore davantage nos CLSC et par conséquent leur mission.

De plus, les travailleuses et les travailleurs sociaux, habitués à travailler dans un contexte d’autonomie professionnelle et d’interdisciplinarité avec des professionnel-les de la santé et des services sociaux de divers horizons, se trouveront dorénavant sous l’autorité des médecins qui effectueront la référence du patient et élaboreront la description des tâches du professionnel. La CSN exige un moratoire immédiat sur ces transferts afin de permettre une véritable consultation des intervenants et des usagers. De plus, la CSN craint que les impacts de cette décision n’aient pas été adéquatement mesurés. Elle a d’ailleurs lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour exiger ce moratoire.

« Les CLSC remplissent pourtant très bien leur rôle social, rappelle le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. En choisissant de miser sur une augmentation du nombre de cliniques privées (GMF et supercliniques) pour développer les soins de première ligne, au lieu de consolider le réseau public, le gouvernement faisait déjà un choix dangereux, selon nous. Cette fois, ça dépasse l’entendement… Pourquoi briser ce qui fonctionne bien sans prendre en compte les risques ? On ne parle pas d’un projet-pilote ici, ça se déroule comme ça à la grandeur du Québec actuellement, à toute vapeur, sans consultation ».

La vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette, se désole de voir se matérialiser les principales craintes émises dès les premières annonces suivant l’assermentation de Gaétan Barrette. « Il est de plus en plus clair que pour le Dr Barrette, les services sociaux, c’est secondaire. Nous avions d’importantes réserves à voir l’ensemble des services sociaux de proximité passer sous la gouverne du médical dans des méga-établissements où ils risquent d’être utilisés uniquement dans le but de rentabiliser la pratique du médecin. On a l’impression que ce sont les intérêts corporatistes des médecins qui passent avant tout le reste ! »

Pour la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau, la population québécoise doit réagir de toute urgence. « Le gouvernement est en train de jouer avec un droit fondamental, le droit à l’accès aux services de santé et sociaux en fonction de nos besoins. Une bonne partie des usagers éprouve des difficultés socioéconomiques et c’est là un déterminant majeur de la santé. Qui va leur expliquer que leur CLSC, facile d’accès, n’offre dorénavant plus les services dont ils ont besoin ? Ce ne seront certainement pas les travailleurs sociaux affectés à l’accueil psychosocial des CLSC, puisque ceux-ci seront transférés dans les GMF ! »

À propos
La CSN est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. Dans le réseau public de santé et les services sociaux, les syndicats CSN comptent plus de 120 000 membres.

Assemblée générale d’UCCO-SACC-CSN à Québec

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) tient depuis lundi matin son Assemblée générale nationale dans la ville de Québec.

 L’assemblée permettra de faire le point sur les négociations en cours pour le renouvellement de la convention collective avec le gouvernement de Justin Trudeau et de mettre à jour les statuts et réglements du syndicat. Cette semaine d’assemblée permettra également aux 140 délégué-es présents d’élire un nouveau comité exécutif tant au niveau national qu’au niveau de chaque région. Ainsi, des élections se tiendront jeudi pour élire des représentants des cinq régions d’UCCO-SACC-CSN (Atlantique, Québec, Ontario, Prairies et Pacifique) et des représentants nationaux.

UCCO-SACC-CSN est le syndicat des agents correctionnels fédéraux. Il représente 7500 membres dans 52 établissements carcéraux à travers le pays.

Le choc printanier des jeunes familles

Blogue de Véronique De Sève

Alors que le printemps s’installe tranquillement, un sombre nuage gris plane au-dessus des jeunes familles québécoises. La période pour soumettre la déclaration de revenus tire à sa fin et des milliers de parents se retrouvent avec une facture salée en raison de la modulation des tarifs dans les centres de la petite enfance (CPE) et chez les responsables d’un service de garde en milieu familial régi (RSG).

Selon les prévisions mêmes du gouvernement du Québec, 70 % des familles subiront une augmentation des tarifs. Les familles pourront avoir à rembourser au gouvernement du Québec jusqu’à 2 500 $ pour l’année 2015. Quel choc tarifaire!

Même si le gouvernement martèle que les parents ont eu un an pour mettre de l’argent de côté et s’adapter aux nouveaux tarifs, qui peut véritablement trouver des centaines de dollars supplémentaires en l’espace de moins de 12 mois? Malgré la «calculette» mise de l’avant par le gouvernement, le processus pour évaluer individuellement le nouveau tarif est si complexe et l’ampleur de la cotisation additionnelle est si grande que nous craignons un impact sur le niveau d’endettement des ménages.

Et pour ajouter une couche à la complexité, dans son budget 2016, le gouvernement a débloqué un crédit rétroactif afin de réduire de moitié la contribution additionnelle pour un deuxième enfant. Une mesure qui semble avoir été ajoutée en catastrophe devant l’ampleur de la grogne populaire.

Pour les familles à faibles revenus, le gouvernement prétend les protéger en maintenant le tarif à 7,30 $ pour 2015 seulement. Un des objectifs des services de garde éducatifs est d’assurer l’égalité des chances des enfants, dont ceux qui vivent dans des contextes de précarité socio-économique. Pour cela, il faut s’assurer que tous les enfants aient l’opportunité de fréquenter des services de qualité. Or, les coûts et la non-disponibilité des places à contribution réduite sont les principales raisons évoquées pour expliquer que les enfants de milieux défavorisés fréquentent proportionnellement moins les services de garde éducatifs que les autres enfants. Nous recommandons depuis plusieurs années la gratuité pour ces familles et l’accélération de la création de places à contribution réduite en CPE et en milieu familial régi, en accordant une priorité aux milieux défavorisés.

Par ailleurs, nous demeurons inquiets quant aux incidences possibles de la hausse de tarifs sur la participation des femmes au marché du travail et sur leur planification familiale.

Depuis la création des places à contribution réduite, le taux d’emploi des femmes ayant des enfants d’âge préscolaire ainsi que celui des femmes ayant des enfants d’âge scolaire ont significativement augmenté. Étant donné que les femmes reçoivent un revenu inférieur ou égal à celui des hommes dans 70 % des ménages, nous craignons un retrait des femmes du marché du travail, entraînant des conséquences sur leur autonomie et leur sécurité financière. Ultimement, cela se traduirait par des revenus en moins pour le gouvernement en raison de sa seule obsession d’augmenter les tarifs dans un réseau qui nous fait grandir collectivement.

La CSN croit à un réseau de services de garde qui permet aux tout-petits de s’épanouir pour devenir nos leaders de demain. Nous croyons à un «Réseau qui fait grandir».


Le billet de Véronique De Sève apparait également dans Le Soleil et dans Le Huffington Post.