STT des centres de la petite enfance de Montréal et Laval–CSN, section Les Minis

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 4 décembre 2021, le Syndicat des travailleuses(eurs) des Centres de la petite enfance de Montréal et Laval–CSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes et tous les salariés au sens du Code du travail. »

La solidarité des grévistes des CPE a inspiré les travailleuses du CPE Les Minis. Elles vivent avec des décisions arbitraires de leur direction, qui amènent des conflits injustifiés dans l’équipe de travail. Toutes ensemble avec leur syndicat, elles vont se doter d’une convention collective et entre autres d’une liste d’ancienneté négociée.

Cette nouvelle section rejoint le syndicat régional qui est déjà affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

STT des centres de la petite enfance de Montréal et Laval–CSN, section CPE Tyndale St-Georges

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 15 novembre 2021, le Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval–CSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail. »

Le mouvement de grève dans les centres de la petite enfance, a influencé les travailleuses du CPE Tyndale St-Georges. Elles ont décidé de se syndiquer pour se doter d’une convention collective pour faire respecter leur droit. Elles ne veulent plus vivre l’arbitraire de leur employeur.

Cette nouvelle section rejoint le syndicat régional qui est déjà affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Budget 2022 : insuffisant pour réparer nos réseaux

En réaction au budget déposé aujourd’hui, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS–CSN) aurait souhaité que le gouvernement en fasse davantage pour aider nos réseaux mal en point après deux ans de pandémie. Pour la FSSS–CSN, il aurait fallu aller chercher les revenus nécessaires pour avoir les moyens de nos ambitions pour réparer nos réseaux.

« Notre réseau de la santé et des services sociaux subit de plein fouet les impacts de la pandémie. C’est plus que du rattrapage : il faut aussi s’assurer de fournir plus d’investissements qui assureront son attractivité auprès du personnel et l’accessibilité de ces services pour la population. Comme une anomalie dans le système que le gouvernement ne veut pas résoudre, le privé en santé est la brèche qui fait que notre réseau public ne peut pas se rétablir. Notre réseau a besoin d’une refondation en profondeur, basée sur les principes de décentralisation, de démocratisation et d’amélioration des conditions de travail. Une réforme telle que celle-là aura besoin de financement pour se réaliser pleinement et ainsi répondre aux besoins de la population québécoise. C’est un budget qui manque d’ambitions et qui n’en fait pas assez pour régler l’enjeu du manque de personnel », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Il en va de même pour les services de garde éducatifs à l’enfance, souligne Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN. « On nous a promis 37 000 nouvelles places. Les familles ne peuvent attendre encore 18 mois, voire 2 ans, avant de concrétiser le tout. Pourtant, ce n’est pas faute de les avoir informés de la situation du réseau dès le début de leur mandat. Le recul des droits des femmes pendant la pandémie est un fait qui ajoute à la situation. Si on y additionne le manque de places de qualité et à contribution réduite, cela devient une catastrophe pour de nombreuses jeunes familles et surtout pour les femmes alors contraintes dans beaucoup de cas de demeurer à la maison. Le gouvernement doit en faire plus pour appuyer les travailleuses des services de garde et les familles ! »

Avec le vieillissement de la population, la FSSS–CSN est également déçue de constater le peu d’investissement supplémentaire pour les soins et les services à domicile. « C’est un investissement avec lequel tout le monde gagnerait, puisqu’il revient moins cher que d’aller en centre d’hébergement. Qui ne souhaite pas vieillir à la maison ? Pourtant, le gouvernement ne met pas en place ce qu’il faut pour rattraper le retard du Québec », de conclure Réjean Leclerc.

STT en intervention communautaire–CSN, section CARE Montréal

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 1er février 2022, le Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention communautaire–CSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail, à l’exclusion du personnel de sécurité . »

C.A.RE (Centre d’aide et de réinsertion) est un organisme communautaire voué à l’aide aux personnes en situation d’itinérance. Aide alimentaire, hébergement d’urgence et de longue durée, les travailleurs et travailleuses de C.A.RE offrent en tout temps des ressources pour répondre aux besoins de base de cette population.

Depuis plusieurs mois déjà, les employés de CARE Montréal dénonçaient le manque flagrant de respect dont ils étaient victimes de la part de certains membres de la direction de l’organisme. Ils se plaignaient aussi des nombreux changements de tâches, voire de lieux de travail, apportés sans préavis par la direction et auxquels ils devaient se plier. La piètre qualité des équipements de protection individuelle rendus disponibles par l’employeur, que ce soit en lien avec la pandémie ou en raison du caractère particulier de leur travail, était également dénoncée par les employé-es, qui entameront sous peu des négociations avec l’employeur afin de stabiliser et d’améliorer les conditions de travail du personnel.

Cette nouvelle section rejoint le Syndicat des travailleurs et des travailleuses en intervention communautaire (STTIC-CSN) qui est déjà affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central du Montréal métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Syndicat des employés de Transport médical de la Capitale-Nationale–CSN

À la suite du dépôt de deux (2) requêtes en accréditation déposées le 3 septembre 2021 et le 20 décembre 2021, le Syndicat des employés de Transport médical de la Capitale-Nationale–CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salariés affectés au transport inter-hospitalier à l’exception des techniciens ambulanciers et employés de bureau. »

Contrat desservant la région de Saint-Georges

Contrat desservant la région de Thetford Mines

Ces travailleuses et travailleurs ont choisi de joindre la CSN pour unir leurs forces à un syndicat combatif et à l’écoute de ses membres. Ces travailleuses et travailleurs désiraient en effet joindre un syndicat dynamique qui saura défendre l’intérêt de ses membres.

Ces deux (2) nouvelles sections du Syndicat des employés de Transport médical de la Capitale-Nationale–CSN demeureront affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Fin de l’état d’urgence sanitaire : les syndicats dénoncent l’attitude autoritaire du gouvernement

Visiblement incapable de mesurer les effets dévastateurs des arrêtés ministériels qui pendant des mois ont sapé le moral des milliers de travailleuses et de travailleurs de la santé et des services sociaux, le gouvernement s’engage à nouveau dans cette voie. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, cela représente un déni de démocratie de même qu’un manque de respect de la volonté de leurs membres d’avoir des conditions de travail négociées de bonne foi. Les organisations syndicales feront tout en leur pouvoir pour que ce projet de loi ne soit pas adopté tel quel et prendront les mesures nécessaires pour se faire entendre, comme le prévoient les règles démocratiques.

Il n’y a plus d’urgence sanitaire, mais jusqu’au 31 décembre prochain, le gouvernement veut garder tous ses pouvoirs pour décréter comme il l’entend les conditions de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Ce faisant, il se garde le droit d’imposer des mesures inéquitables, décrétées unilatéralement, sans consultation avec le personnel du réseau et leurs représentantes.

Avec le dépôt de son projet de loi sur la fin de l’urgence sanitaire, le gouvernement instrumentalise la crise sanitaire pour modifier unilatéralement des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux et favoriser la place du privé dans le réseau en prolongeant des contrats. De ce fait, il bafoue les droits syndicaux : le droit d’association et le droit à la négociation collective. Il dénie, de ce fait, les contre-pouvoirs et abuse de son pouvoir exécutif.

Le projet de loi ne précise pas les mesures que le gouvernement entend maintenir, ce qui ne fait qu’ajouter à la confusion des travailleuses et des travailleurs. Quelle garantie ont elles que les arrêtés ne reprendront pas du service? Que ce projet de loi ne sera pas prolongé après décembre? Dans cette pandémie, le passé semble garant de l’avenir. Encore une fois, le gouvernement ne fait preuve d’aucune transparence ni d’aucune capacité à collaborer avec qui que ce soit.

« Nous dénonçons fermement le projet de loi 28 qui vise véritablement à retirer le droit du personnel de la santé et des services sociaux de décider de leurs conditions de travail. Ce n’est pas en continuant de décider seul que le gouvernement va rétablir le lien de confiance avec l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du réseau, bien au contraire. Encore une fois, le gouvernement jette de l’huile sur le feu et maintient le climat d’incertitude et de méfiance. Pour mettre fin à la crise, le gouvernement doit nous entendre et implanter des mesures permanentes pour reconnaître le personnel et attirer la relève », dénoncent les représentantes et représentants de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

Les paramédics déclenchent une grève plus perturbatrice

Dès 6 h, en ce matin du 16 mars, les 3500 paramédics membres de la FSSS–CSN ont déclenché la grève légale la plus perturbatrice de l’histoire du secteur préhospitalier au Québec. En plus de tous les autres moyens de pression qu’ils appliquent depuis l’été dernier, dont la grève de nombreuses tâches, les paramédics exerceront une pression supplémentaire. Notamment, une partie du personnel-cadre sera tenu de contribuer au maintien des services essentiels en prenant la route, au moins 4 h par semaine, afin de remplacer des grévistes. Une telle grève, d’ampleur provinciale, est inédite. Le Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu lundi sa décision concernant la liste des services essentiels.

Les travailleuses et les travailleurs du secteur préhospitalier sont sans convention collective depuis le 31 mars 2020. Ils réclament un redressement salarial permettant d’assurer l’équité avec les autres emplois des secteurs de la sécurité publique et hospitalier. Ils veulent trouver des solutions pour permettre aux paramédics de terminer leur quart de travail à l’heure et de manger à l’heure prévue. De plus, ils réclament l’élimination des horaires dits de faction, des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics sont sur appel 24 h sur 24 durant sept jours consécutifs.

« Ce n’était pas notre premier choix de déclencher cette grève, rappelle le représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Jean Gagnon. Près de deux ans après l’échéance des conventions collectives, presque rien n’a bougé. C’est pour ça qu’aujourd’hui on y met tout ce qu’on peut. Nous savons que ce sera difficile. Les représentants patronaux ont tout tenté pour convaincre le TAT de ne pas nous accorder ce moyen de pression concernant le travail des cadres. Mais il y a une façon de faire lever la pression très rapidement : c’est de négocier à la table de négociation. Nous avons deux journées de rencontres en conciliation dans les prochains jours. Nous ne pouvons qu’espérer que la partie patronale ait enfin les mandats ! »

« C’est bien parce que notre travail est essentiel pour la population que le tribunal limite les moyens de pression que nous pouvons exercer, enchaîne Jean Gagnon. Il serait grand temps que le gouvernement fasse preuve de plus de respect et qu’il fasse de notre négociation un dossier prioritaire. »

Restera-t-il des paramédics pour revêtir l’uniforme ?

Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, les paramédics de l’Estrie redoutent que le mépris du gouvernement à leur égard mette en péril la capacité du secteur préhospitalier à relever les importants défis amenés par la pénurie de main-d’œuvre et la transformation du secteur préhospitalier afin de répondre adéquatement aux besoins de la population en matière de services préhospitaliers d’urgence. Alors qu’ils se préparent à déclencher une grève plus perturbatrice, à compter du 16 mars prochain, des paramédics ont installé, hier soir, de vieux uniformes autour du bureau de Geneviève Hébert et à plusieurs autres endroits dans la région. Ils veulent souligner aux élus que porter l’uniforme de paramédic devient de plus en plus lourd pour le personnel qui ne perçoit aucune reconnaissance et aucun respect de la part du gouvernement.

« À l’occasion de l’actuelle négociation, le gouvernement ne nous traite certainement pas comme des travailleuses et travailleurs prioritaires, déplore le président du Syndicat des paramédics de l’Estrie (CSN), Christian Beaudin. Pourtant, nous sommes parfaitement essentiels pour la population. C’est bien pour cette raison qu’on limite les moyens de pression que nous pouvons exercer. C’est parce que nous sommes irremplaçables qu’on nous impose régulièrement du travail en heures supplémentaires, qu’on ne nous permet pas de terminer notre quart de travail ni de manger aux heures prévues. Dans ce contexte, c’est choquant de voir le gouvernement n’avoir qu’un “non” pour toute réponse à nos besoins, qu’il s’agisse d’assurer de bonnes conditions de travail ou de trouver des solutions pour que les services préhospitaliers soient adéquats, partout au Québec. »

Les syndicats du préhospitalier réclament notamment un redressement salarial assurant aux paramédics un niveau de salaire équitable par rapport aux montants versés dans les autres services de sécurité publique ou encore dans les urgences des hôpitaux. Un salaire reflétant la valeur réelle de leur emploi. De plus, parmi les demandes syndicales, notons des moyens assurant que le personnel puisse terminer leur quart de travail et manger aux heures prévues ainsi que l’élimination des horaires de faction.

Les horaires de faction sont des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics doivent demeurer disponibles 24 h sur 24 durant 7 jours consécutifs pour répondre à des appels d’urgence. Par conséquent, ils n’attendent pas l’appel dans l’ambulance, prêts à partir. On estime que cela peut ajouter jusqu’à 10 minutes au délai des paramédics pour pouvoir se mettre en route en direction du lieu d’intervention, dans les régions couvertes par de tels horaires. Ces minutes supplémentaires peuvent faire une différence importante lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de limiter les complications et préserver la qualité de vie des usagères et des usagers.

Fin de l’état d’urgence sanitaire : les syndicats craignent que le réseau de la santé s’effondre

Le gouvernement Legault aime parler de « refonder » le réseau de la santé et des services sociaux, mais il risque plutôt de s’effondrer si on laisse tomber toutes les mesures de soutien qui ont accompagné l’état d’urgence sanitaire depuis maintenant deux ans. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, il est urgent d’implanter des mesures permanentes à la fois pour reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs dans les deux dernières années et pour viser l’attraction et la rétention du personnel dans le futur.

Le gouvernement met fin à l’urgence sanitaire et donc aux mesures COVID implantées durant la pandémie dans les prochaines semaines. Ces mesures servaient aussi au maintien du réseau. Le gouvernement mettra donc fin à l’arrêté ministériel qui permettait aux employeurs de restreindre les conditions de travail du personnel, mais aussi aux mesures incitatives pour reconnaître les efforts du personnel. En agissant trop vite, les organisations syndicales craignent que le gouvernement accentue une vague de départ dans le réseau et cause une nouvelle multiplication de bris de services à la population.

« Avant d’aller de l’avant et de mettre fin aux mesures incitatives, le gouvernement doit réfléchir à l’effet que cela aura sur le personnel. Les travailleuses et travailleurs sont à bout de souffle après avoir lutté pendant deux ans contre la pandémie. On a déjà bien du mal à attirer et retenir le personnel dans le réseau, mettre fin rapidement aux mesures incitatives n’aiderait en rien. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement d’engager des discussions avec nous pour une meilleure transition et pour identifier des solutions permanentes pour mieux appuyer le personnel du réseau », indiquent les représentantes et représentants de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

Les organisations syndicales demandent de plus au gouvernement de revoir à la hausse les allocations kilométriques pour le personnel du réseau qui doit utiliser leur véhicule pour accomplir leur fonction. La hausse récente du prix de l’essence devient une contrainte financière importante pour le personnel visé, dans un contexte de manque de personnel.

Le syndicat de CARE Montréal officiellement accrédité

Le personnel de CARE Montréal sera désormais syndiqué, a tranché hier soir le Tribunal administratif du travail (TAT) à la suite d’une requête en accréditation déposée par la CSN. Les 115 salarié-es de l’organisme communautaire venant en aide à la population en situation d’itinérance sur le territoire montréalais seront représentés par le Syndicat des travailleuses et des travailleurs en intervention communautaire (STTIC), affilié à la FSSS–CSN.

Cette décision met ainsi un terme à une longue bataille entamée en janvier dernier par la centaine d’employé-es, composée d’intervenantes et intervenants psychosociaux, chefs d’équipe, de chauffeurs et de préposé-es à l’accueil et à l’alimentaire. Le TAT confirme ainsi l’unité d’accréditation ciblée par la CSN dans sa requête, à savoir tous les salarié-es à l’exception du personnel de sécurité.

Depuis plusieurs semaines, les employé-es de CARE Montréal dénonçaient le manque flagrant de respect dont ils étaient victimes de la part de certains membres de la direction de l’organisme. Ils se plaignaient aussi des nombreux changements de tâches, voire de lieux de travail, apportés sans préavis par la direction et auxquels ils devaient se plier. La piètre qualité des équipements de protection individuelle rendus disponibles par l’employeur, que ce soit en lien avec la pandémie ou en raison du caractère particulier de leur travail, était également dénoncée par les employé-es, qui entameront sous peu des négociations avec l’employeur afin de stabiliser et d’améliorer les conditions de travail du personnel.

Pour le président du STTIC–CSN, Jason Jammet, la syndicalisation de CARE Montréal démontre toute la pertinence de la représentation syndicale dans le milieu communautaire. « Pour nous, il est inacceptable qu’en 2022 des employeurs agissent de manière aussi arbitraire et refusent de reconnaître la volonté collective de ses employé-es. Nous travaillons dans un contexte difficile, mais ce n’est pas parce que nos intervenantes et intervenants communautaires ont le cœur sur la main que nos employeurs doivent en abuser, comme c’était le cas chez CARE Montréal. Oui, nous répondons à un besoin essentiel pour Montréal et pour la population en situation d’itinérance, mais encore faut-il nous donner les moyens de jouer notre rôle au meilleur de nos capacités. En se dotant d’un syndicat pour faire valoir leurs droits, les employé-es de CARE se donnent les moyens de protéger la raison d’être de leur engagement professionnel, tout en se prémunissant contre l’arbitraire et les mauvaises décisions de l’employeur.  Nous tenons à les féliciter pour cette belle victoire !»

Pour le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, cette décision du TAT vient clore une saga qui a malheureusement démontré les difficultés à faire respecter les droits du travail en matière de syndicalisation au Québec. « Encore une fois, des travailleuses et des travailleurs ont dû se syndiquer en cachette. Ils ont été victimes d’intimidation et de représailles de la part d’un employeur totalement opposé à la syndicalisation de ses employé-es. La CSN continuera de défendre ces travailleuses et ces travailleurs qui, nous l’espérons, pourront réaliser les gains qu’ils méritent au cours de la négociation à venir. »

Il est temps d’en finir avec les horaires de faction !

À l’instar des paramédics de l’ensemble du Québec, ceux de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, membres de la CSN, s’apprêtent à déclencher une nouvelle grève à compter du 16 mars 2022. Les listes de services essentiels ont été revues dans l’objectif de mettre encore plus de pression sur les employeurs et sur le gouvernement du Québec. Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, ces 120 paramédics entendent redoubler d’ardeur afin d’obtenir, notamment, l’élimination des horaires de faction qui sont toujours en vigueur en région, dont les secteurs de Malartic, d’Amos et de Ville-Marie.

Les horaires de faction sont des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics doivent demeurer disponibles 24 h sur 24 durant 7 jours consécutifs pour répondre à des appels d’urgence. Par conséquent, ils n’attendent pas l’appel dans l’ambulance, prêts à partir, mais plutôt de leur domicile. On estime que cela peut ajouter jusqu’à 10 minutes au délai d’intervention des paramédics dans les régions couvertes par de tels horaires. Ce délai supplémentaire peut faire une différence importante lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de limiter les complications pour préserver la qualité de vie des usagères et des usagers.

« Ce qu’on veut, c’est être respecté, souligne le représentant du Syndicat des paramédics de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Harold Lavoie. Chaque jour, nous répondons présents pour servir la population. En intervenant rapidement, nous pouvons éviter des complications qui mineraient la qualité de vie des citoyennes et des citoyens, voire dans certains cas, leur sauver la vie. On s’attendrait à ce que le gouvernement entende nos besoins. Après tout, nos demandes n’ont rien d’extravagant. Malheureusement, le gouvernement nous tient pour acquis et nous pousse, par son immobilisme, à mettre en œuvre des moyens de pression plus costauds. Il est entièrement responsable de la situation ! »

Les paramédics négocient leurs conventions collectives de manière regroupée, au niveau national avec le Conseil du trésor, puisque l’État québécois fixe les conditions salariales de tout le secteur préhospitalier, même là où les services sont assurés par une entreprise privée, telle que Dessercom, en Abitibi. En plus de l’élimination des horaires de faction, ils réclament notamment un niveau de salaire compétitif par rapport aux salaires versés dans les autres services de sécurité publique ou encore dans les urgences des hôpitaux.

De son côté, le gouvernement offre des augmentations de seulement 6 % sur trois ans, ce qui aurait pour effet d’accroître encore davantage le fossé de rémunération entre les paramédics et tous les autres salarié-es qu’ils côtoient au quotidien. De plus, les syndicats réclament des moyens assurant que le personnel puisse manger et terminer leur quart de travail aux heures prévues.

« Personne ne peut prétendre que tout va pour le mieux actuellement dans le secteur préhospitalier, enchaîne le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du- Québec, Félix-Antoine Lafleur. On a assisté récemment à Senneterre à une situation déplorable directement liée au manque de ressources sur le territoire. Et d’autres situations semblables se sont produites un peu partout au Québec ces derniers mois. Nous nous expliquons bien mal que nous, les syndicats, soyons les seuls à travailler activement à la recherche de solutions alors qu’il en va du bien commun de toute notre région. »

Le syndicat et la CSN mènent d’ailleurs une vaste campagne de visibilité dans la région pour sensibiliser la population à l’urgence d’éliminer les horaires de faction des paramédics pour instaurer à la place des horaires à l’heure.

La vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Roxanne Brassard, rappelle que le gouvernement a pu conclure des règlements avec la quasi-totalité des salarié-es de l’État. Il n’y a aucune raison pour que les négociations du préhospitalier s’enlisent.

« Sans conteste, les paramédics font partie de ces anges gardiens dont le gouvernement hésite à reconnaître concrètement le travail. Il faut comprendre à quel point cela peut être frustrant pour ces hommes et ces femmes qui se donnent corps et âme chaque jour sans aucune reconnaissance. C’est scandaleux qu’en 2022, les services préhospitaliers d’urgence du Québec reposent encore sur le dévouement de paramédics sous-payés, régulièrement forcés à faire des heures supplémentaires alors qu’ils n’ont même pas eu de pause repas durant leur journée. Ça doit changer ! »

Le gouvernement, à l’heure des choix

Près de deux ans après l’échéance des conventions collectives dans le secteur préhospitalier, les syndicats CSN attendent toujours une offre du gouvernement susceptible de répondre aux enjeux du secteur. Déterminés, ils  haussent le ton. En se réunissant aujourd’hui pour bloquer les deux entrepôts de la Société des alcools du Québec à Montréal et à Québec, des paramédics de tout le Québec veulent mettre en lumière que ce n’est pas une question de moyens financiers pour le gouvernement mais bien de volonté politique. Cette action d’envergure en annonce d’autres à venir promettent les paramédics.

Les syndicats du préhospitalier veulent notamment un redressement salarial assurant aux paramédics un niveau de salaire compétitif par rapport aux salaires versés dans les autres services de sécurité publique ou encore dans les urgences des hôpitaux. De son côté, le gouvernement offre des augmentations de seulement 6 % sur trois ans ce qui aurait pour effet d’accroître encore davantage le fossé de rémunération entre les paramédics et tous les autres salarié-es qu’ils côtoient au quotidien. La rémunération non concurrentielle contribue aux difficultés d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur. De plus, parmi les demandes syndicales notons des moyens assurant que le personnel puisse manger et terminer leur quart de travail aux heures prévues ainsi que l’élimination des horaires de travail désuets, les horaires de faction.

« Maintenant que des ententes ont été conclues dans tout le secteur public, il est inconcevable que le gouvernement ne mette pas plus d’énergie pour régler avec nous qui sommes toujours en négociation avec l’État, explique le président intérimaire du Syndicat du préhospitalier –CSN , Claude Lamarche . Nos revendications vont dans le sens de l’amélioration des services à la population et de la couverture ambulancière dans toutes les régions du Québec. Ce n’est pas normal qu’en 2022 le service soit tenu à bout de bras par des travailleuses et des travailleurs qui doivent faire des heures supplémentaires à la fin de chaque quart, sans avoir eu de pause-repas. »

Horaires de faction
« Convertir un horaire de faction en horaire à l’heure commande un investissement de 800 000 dollars, enchaîne le président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie – CSN , Gaétan Dutil. Cela équivaut à la somme engrangée par le gouvernement en dividendes et en taxes en deux heures d’ouverture des succursales de la SAQ. Si nous sommes incapables de régler cette situation, ce n’est pas une question d’argent. C’est que le gouvernement choisit d’investir ailleurs que dans la qualité des services préhospitaliers. Toute la population doit le comprendre ! »

Les horaires de faction sont des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics doivent demeurer disponible 24 h sur 24 durant 7 jours consécutifs pour répondre à des appels d’urgence. Par conséquent ils n’attendent pas l’appel dans l’ambulance, prêts à partir mais en général de leur domicile. On estime que cela peut ajouter jusqu’à 10 minutes au délai d’intervention des paramédics dans les régions couvertes par de tels horaire. Ce délai supplémentaire peut faire une différence importante lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de limiter les complications et préserver la qualité de vie des usagères et des usagers.

Finir à l’heure
« Manger à l’heure prévue, terminer notre quart de travail sans toujours devoir faire des heures supplémentaires est-ce vraiment trop demander ? poursuit le président du Syndicat du préhospitalier des Laurentides et de Lanaudière – CSN, Patrice Girard. Nous avons droit à une qualité de vie même si par sa nature, notre travail dans les situations d’urgence exige qu’on puisse faire face aux imprévus. Mais ça devient de plus en plus une pratique de gestion d’exiger de nous qu’on travaille au-delà des heures prévues. Un moment donné, cette heure, ces deux heures par jour que nous faisons de plus sur la route, c’est du temps de qualité de moins avec notre famille. Il faut changer ça, les solutions existent ! »

Un appel au respect
« Ce qu’on veut, c’est être respectés. Que le gouvernement se donne la peine d’entendre quels sont nos besoins sur le terrain, conclut le président du Syndicat des paramédics de l’Abitibi–Témiscamingue Nord-du-Québec, Harold Lavoie. Au contraire, on nous dit que nous sommes prioritaires, essentiels, mais à chaque occasion, on oublie de le reconnaître concrètement. En négociation aussi. Ce qu’on nous offre est clairement insuffisant. Il faut que le Conseil du trésor, le gouvernement dégage au plus vite les mandats nécessaires  pour qu’on puisse trouver un terrain d’entente. »

À propos
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) représente plus de 3600 travailleuses et travailleurs du secteur préhospitalier, paramédics, répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et employé-es de soutien, soit la majorité du personnel de ces services.

Les travaux en prévision de la négociation 2023 débutent

Rassemblés devant l’Assemblée nationale, des dizaines de travailleuses et de travailleurs des services publics ont marqué le coup d’envoi des travaux entourant leur négociation avec le gouvernement, dont les pourparlers devraient débuter à l’automne. Elles et ils ont été rejoints virtuellement par plusieurs centaines de leurs collègues qui sont réunis aujourd’hui et demain dans le cadre d’instances du secteur public CSN, pour discuter des enjeux entourant le prochain renouvellement de leurs conventions collectives.

En présence de Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), de Caroline Senneville, présidente de la CSN, ainsi que de François Enault, premier vice-président de la CSN, les délégué-es en ont profité pour dévoiler leur slogan du secteur public CSN pour cette prochaine négociation : Du bon bord.

Vaste consultation
Une partie des travaux en prévision du dépôt des demandes syndicales – prévu en octobre 2022 – est déjà entamée; la vaste consultation menée par la CSN du 17 janvier au 6 février a permis de récolter plus de 25 000 réponses de la part des travailleuses et des travailleurs œuvrant en santé et en services sociaux, en éducation et en enseignement supérieur. Les résultats alimenteront la réflexion entourant l’élaboration des demandes d’ordre salarial ainsi qu’en matière de régime de retraite et de disparités régionales, notamment. Des consultations supplémentaires auront lieu au cours des prochains mois afin de préparer les demandes touchant aux conditions de travail et de pratique.

Instances du secteur public CSN
Les instances, qui se tiennent en mode virtuel jusqu’au 25 février, regroupent des centaines de membres du personnel des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que des organismes gouvernementaux dont les syndicats sont affiliés à la Fédération des Professionnèles (FP–CSN), à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ainsi qu’à la Fédération des employées et employés des secteurs publics (FEESP–CSN).

Rappelons qu’avec plus de 170 000 travailleuses et travailleurs issus des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et des organismes gouvernementaux, la CSN est la centrale la plus représentative dans le secteur public au Québec.

Citations
« C’était primordial pour nous d’écouter nos membres et nous sommes extrêmement satisfaits d’avoir réussi à rejoindre 25 000 répondantes et répondants. Cette participation exceptionnelle, qui se situe au-delà de nos attentes, démontre l’importance qu’ils accordent à leur négociation. Il ne fait aucun doute que nous n’avons pas à être gênés de demander une rémunération et des conditions de travail et de pratique à la hauteur de l’importance des services publics, incluant des hausses de salaire permettant de mieux vivre. Les travailleuses et les travailleurs sont du bon bord, celui des services publics forts, au service des Québécoises et des Québécois » – François Enault, premier vice-président de la CSN.

« Après deux ans de pandémie, les travailleuses et les travailleurs des services publics sont en droit de s’attendre à une réelle reconnaissance de la part du gouvernement. Après avoir louangé leur dévouement au fil des différentes vagues de la pandémie, ce dernier devra faire la démonstration que la vraie reconnaissance de leur travail, essentielle au bon fonctionnement de notre société, passe par une rémunération et des conditions de travail attrayantes » – Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Cette pandémie aura permis de démontrer à l’ensemble des Québécoises et des Québécois à quel point le travail du personnel des services publics est crucial. Sans des réseaux solides, ce sont des centaines de milliers de personnes qu’on risque d’échapper, des gens à la santé fragile jusqu’aux étudiantes et étudiants en difficulté, aux élèves aux besoins particuliers, en passant par toutes celles et tous ceux qui ont besoin de soutien et de services. Il faut des travailleuses et des travailleurs en nombre suffisant qui veulent venir y travailler et y rester grâce à des conditions satisfaisantes » – Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN).

La CSN et la FTQ interpellent les députés pour la reconnaissance des PRDM

Des représentant-es de la CSN et de la FTQ étaient présents ce matin pour interpeller les députés à leur arrivée à l’Assemblée nationale pour réclamer une juste reconnaissance des préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM). Ils ont invité les députés à porter la voix des PRDM pour que le gouvernement règle enfin leurs plaintes de maintien de l’équité salariale.

Le rattrapage des chirurgies passe par la reconnaissance des PRDM

Alors que le gouvernement souhaite rattraper le retard accumulé dans les chirurgies en raison de la pandémie, la CSN et la FTQ rappellent que le rôle des PRDM est central pour y parvenir. Ce sont les PRDM qui ont la responsabilité de stériliser le matériel médical et chirurgical. En refusant de reconnaître leur apport essentiel, le gouvernement ne fait qu’accentuer l’exode du personnel. Dans les derniers mois, plusieurs PRDM ont en effet quitté la profession, alors que le privé prend de plus en plus de place en raison du manque de personnel. Ce recours accru au privé fait craindre pour la qualité du retraitement du matériel.

Il est déplorable que le gouvernement ne donne toujours pas le mandat de régler les plaintes

Malgré de nombreuses interventions des deux organisations syndicales, le secrétariat du Conseil du trésor n’a toujours pas de mandat afin de reconnaître l’évolution de cet emploi et l’urgence de régler les plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010. Les tâches des PRDM ont pourtant grandement évolué depuis 2001 et se sont complexifiées avec le temps.

« Le gouvernement a toutes les cartes entre ses mains pour mieux reconnaître les efforts des PRDM. Elles travaillent d’arrache-pied depuis le début de la pandémie et la reprise des chirurgies ne sera pas de tout repos pour elles. Elles sont nombreuses à quitter le réseau en raison du manque de reconnaissance. Madame Lebel doit mettre fin à la discrimination salariale des PRDM », lancent Josée Marcotte, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP-FTQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Les ouvriers spécialisés du CHU de Québec veulent la « prime COVID » comme les autres

Grands oubliés des « primes COVID » du réseau de la santé et des services sociaux, les ouvriers spécialisés ont participé à des rassemblements simultanés devant les cinq centres hospitaliers du CHU de Québec, ce midi. Ces travailleuses et travailleurs réclament la prime de 1 000 $ auquel la grande majorité des autres catégories d’emploi ont droit.

« Les ouvriers spécialisés sont les grands oubliés des « primes COVID » et pour nous c’est un non-sens », dénonce la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CHU de Québec (CSN), Caroline Verret. Selon la syndicaliste, il est faux de croire que les ouvriers spécialisés ne travaillent pas en « zone chaude » ce qui justifie qu’ils et elles n’ont pas droit aux primes de 1 000 $ auxquels a droit la très grande majorité des autres membres du syndicat. « Concrètement, les ouvriers spécialisés sont appelés à travailler partout dans les hôpitaux, y compris en « zone chaude », ils vont là où on a besoin d’eux », explique Caroline Verret, « c’est injuste de leur refuser les primes. »

« La gestion des primes au gouvernement est loin d’être cohérente et transparente », dénonce pour sa part Marjorie Guay, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN). La fédération, qui représente la majorité des ouvriers spécialisés du réseau de la santé et des services sociaux partout dans la province, affirme avoir fait de nombreuses représentations sans succès jusqu’à maintenant. « Puisque le ministère fait la sourde oreille, on est obligé de porter la cause sur la place publique et de se manifester », explique-t-elle.

« Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre », rappelle pour sa part Pierre Émond, vice-président du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « refuser les primes aux ouvriers spécialisés, c’est fragiliser le réseau de la santé et des services sociaux. » En effet, le risque est grand de voir plusieurs de ces travailleurs et travailleuses spécialisés quitter le réseau pour obtenir de meilleures conditions de travail ailleurs. « On ne peut pas se permettre de jouer avec le feu en ne reconnaissant pas les risques réels que prennent un groupe de travailleuses et de travailleurs pour faire des économies de bout de chandelle », conclut le vice-président du conseil central, « ça frise le mépris, et le mépris ce n’est jamais bon pour la rétention du personnel. En ce moment, c’est notre expertise qui part en fumée. »

Élargir le rôle des paramédics : une solution à portée de main

Lettre de Lucie Longchamps
Vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux

Le drame survenu à l’urgence du CHAUR de Trois-Rivières le 9 février dernier met en lumière le fait que l’élargissement du rôle des paramédics dans le réseau de la santé et des services sociaux constitue une voie d’avenir. Face à la surcharge des urgences, phénomène exacerbé par la pandémie, les paramédics peuvent jouer un rôle accru au sein de la chaîne de soins.

Le saviez-vous ? Si vous appelez au 911 pour une ambulance, les paramédics n’auront aucun autre choix que de vous amener à l’urgence d’un centre hospitalier. Pourtant, bien souvent, ces travailleuses et travailleurs sont à même de constater que leur patient ne sera pas considéré comme une urgence au triage du centre hospitalier. Ils savent qu’il sera redirigé vers un médecin de famille, vers le soutien à domicile, vers un service du CLSC ou encore que son état de santé ne requiert pas d’être admis en urgence à l’hôpital. Et pourtant… ils n’ont pas le choix de l’y amener !

Depuis 2006, les paramédics possèdent un diplôme d’études collégiales en soins préhospitaliers d’urgence ; certains poursuivent même à l’université une formation avancée. Avec cette professionnalisation, on leur a délégué de plus en plus d’actes médicaux. Mais leur expertise et leurs compétences demeurent sous-utilisées par un réseau qui semble avoir de la difficulté à intégrer la notion que les paramédics ne sont plus les « chauffeurs d’ambulance » d’antan.

Si vous passez devant l’urgence d’un centre hospitalier, grandes sont les chances que vous y voyiez plusieurs ambulances en attente l’une derrière l’autre… Des paramédics y attendent, avec leur patient, que l’urgence de l’hôpital soit en mesure de les prendre en charge. Par conséquent, ils ne sont pas disponibles pour répondre à un autre appel d’urgence. Cela entraîne un effet domino sur toutes les autres équipes de paramédics. Cela peut entraîner des situations où une zone se trouve carrément « à découvert », c’est-à-dire qu’aucune ambulance n’est disponible pour répondre en temps adéquat à une urgence dans ce secteur.

En bref, pour garantir les meilleurs soins et services possibles à la population, pour diminuer les surcharges de travail et les heures supplémentaires, mais aussi pour soulager en partie la surcharge du personnel dans les urgences, les paramédics devraient pouvoir exercer pleinement leur rôle, notamment en ce qui a trait à l’évaluation médicale de leur patient.

Au cours des dernières années, nos syndicats ont participé à plusieurs travaux avec les employeurs ainsi qu’avec les gouvernements qui se sont succédé pour améliorer l’organisation des services préhospitaliers au Québec, au bénéfice de toute la population, et ce, sans renier la vocation première des paramédics comme service préhospitalier d’urgence.

C’est pourquoi nous invitons le gouvernement à passer à l’action, sans attendre qu’un autre drame se produise.

 

 

 

La CSN plaide pour le dégel des négociations du secteur préhospitalier

Les travailleuses et les travailleurs du secteur préhospitalier sont exaspérés devant la lenteur des négociations pour renouveler les conventions collectives échues depuis le 31 mars 2020. C’est pourquoi les syndicats du secteur préhospitalier CSN annoncent qu’ils déclencheront une nouvelle grève légale, plus perturbatrice, à compter du 16 mars prochain. Ce matin, ils ont livré un énorme bloc de glace à l’entrée du Conseil du trésor, à Québec, symbolisant l’urgence de « dégeler la négociation ».

« C’est malheureux, mais le gouvernement ne prend pas nos besoins au sérieux, déplore le représentant du secteur préhospitalier FSSS–CSN, Jean Gagnon. Nous, les paramédics, les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et le personnel de soutien du préhospitalier, nous nous donnons corps et âme depuis des années pour remplir notre mission, sauver des vies et prendre soin de la population, souvent dans les pires conditions. Le gouvernement nous traite comme si nous n’étions que des pions. Nos salaires sont à la traîne par rapport à tous les comparables. En pleine pandémie, durant laquelle les heures supplémentaires sont plus que jamais une norme, les paramédics sont à bout de souffle, comme tant d’autres professionnel-les du réseau. Mais le gouvernement ignore complètement nos demandes qui nous permettraient d’améliorer notre quotidien et de nous aider à traverser la crise. Il n’a que lui à blâmer si nous en sommes maintenant rendus à exercer des moyens de pression ultimes après deux ans de surplace. »

Grève maximale, le 16 mars
En annonçant 28 jours d’avance le déclenchement de la nouvelle grève, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) donne l’occasion au gouvernement d’en arriver à un règlement et d’éviter la grève.

« Par exemple, du côté des paramédics, les enjeux qui demeurent sur la table de négociation peuvent se régler rapidement. Qu’il s’agisse du redressement salarial, de l’abolition des horaires de faction ou encore d’assurer aux paramédics qu’ils peuvent manger et terminer leur quart de travail à l’heure prévue, les solutions sont connues. Tout ce qui nous manque, c’est de la volonté politique du côté du gouvernement. Nous avons compris que le gouvernement souhaitait régler la négociation avec l’ensemble du secteur public, de même que les CPE, avant de s’entendre avec le secteur préhospitalier. Maintenant que cela est fait, il est temps que ça bouge à la table de négociation du préhospitalier », poursuit la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps.

Retards dans les versements de sommes dues au personnel

La Fédération de la Santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) déplorent que le gouvernement n’honore pas sa signature et qu’il repousse encore son échéancier dans le versement des sommes dues à des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux.

Ce sont à 80 % des femmes qui attendent des montants qui représentent 1,28 milliard de dollars à la suite des signatures des conventions collectives et, pour certains titres d’emploi, il faut ajouter 1,15 milliard de dollars pour le règlement de plaintes en équité salariale de 2010 et 2015.

Une confusion injustifiable
Devant la forte pression exercée par les syndicats depuis le mois de novembre dernier pour accélérer les paiements, le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, s’était pourtant engagé à procéder aux paiements pour le 1er mars 2022, échéance qu’il n’a pas tardé à repousser sans même en aviser le personnel du réseau touché ni les organisations syndicales. Vendredi dernier, des représentants du MSSS ont présenté un nouveau calendrier de versements des sommes, incomplet et imprécis, s’échelonnant jusqu’au 23 mars dans certains cas, et que ces versements pourraient se faire par des avances. Les syndicats s’inquiètent que leurs membres puissent recevoir des montants erronés qu’ils devront ensuite rembourser.

De plus, alors que le ministre Dubé a répété plusieurs fois qu’il assumerait ses responsabilités quant à ces retards, le sous-ministre nous apprenait qu’il n’y aurait pas de versement d’intérêts sur les sommes dues à nos membres. C’est là ajouter l’insulte à l’injure !

Quant au versement des sommes pour les règlements d’équité salariale, aucune date n’a été avancée, sinon que rien ne sera fait avant le mois d’avril.

« Nous ne comprenons pas qu’en 2022, au Québec, les femmes doivent encore attendre pour avoir un salaire égal à celui des hommes. Ces plaintes datent de 2010 et 2015. C’est tout simplement inadmissible et révoltant, non seulement pour les femmes auxquelles ces sommes sont dues, mais pour toutes les femmes du Québec », répliquent les porte-paroles des syndicats de la santé et des services sociaux.

Le ministre Dubé a affirmé être gêné de l’inefficacité des différents systèmes de son ministère et des établissements pour verser les sommes dues à nos membres. Or, il doit être néanmoins tenu responsable des retards dont les échéances étaient connues des mois à l’avance. Il a aussi tardé à transmettre une directive au réseau pour que les paiements soient effectués en priorité. De plus, ses explications concernant la désuétude des systèmes informatiques nous laissent sans voix dans le contexte. On reconnaît que le personnel au gouvernement est au pied d’œuvre pour pallier l’incompétence des fournisseurs externes de gestion de la paye (Médisolution et Logibec) et l’inaction du ministre. Les organisations syndicales considèrent que le gouvernement devrait rapatrier ces services vers la fonction publique, compétente et qualifiée, afin de diminuer la sous-traitance dans le réseau de la santé et des services sociaux et assurer un meilleur suivi.

Un gouvernement auquel on ne peut faire confiance
Ces nombreux reports viennent encore miner le moral des troupes sur le terrain et aussi la confiance envers la parole du ministre de la Santé, sinon à l’égard du gouvernement de François Legault.

« Ce sont des sommes importantes auxquelles ont droit nos membres. Cela fait maintenant deux ans que les travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux le portent à bout de bras en ne cessant de faire des sacrifices sur le plan professionnel et personnel. La motivation devient de plus en plus difficile à trouver. Ces retards de paiement viennent démobiliser les travailleuses et les travailleurs. À l’approche du 8 mars, la Journée internationale du droit des femmes, nous demandons au gouvernement de verser à nos membres, en grande majorité des femmes, les sommes négociées dans les contrats de travail et dans les ententes portant sur l’équité salariale », concluent les porte-paroles des syndicats.

Les délais font craindre pour la sécurité des paramédics et de leurs usagers

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la prise en charge des patients que les paramédics amènent dans les centres hospitaliers n’est pas automatique et peut même causer des incidents mettant la sécurité de tous en danger. Un incident survenu hier à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus amène l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN) à réagir et à dénoncer une situation qui se dégrade.

« Nous avons vécu, hier, une situation qui a mis des paramédics et leur patient en danger », explique Frédéric Maheux, président de l’ATPH–CSN. Tout a commencé par un appel pour une personne qui démontre des signes de délirium agité. « Son état avait tellement un potentiel de dégradation rapide que les paramédics ont dû l’amener à l’urgence sans attendre l’arrivée des policiers », raconte Frédéric Maheux, « rendu à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, on refuse de trier le patient, il est plutôt demandé aux paramédics d’attendre une civière, malgré leur insistance pour que le patient soit conduit rapidement en salle de réanimation. »

« L’infirmier en chef a pris la décision de faire attendre les paramédics et le patient, dénonce Frédéric Maheux, c’est une situation inacceptable : le patient était instable, il était tellement agité et combatif qu’il mettait en danger les paramédics qui ont dû appeler la police pour le maitriser à même le corridor de l’urgence. » Selon le président de l’ATPH, l’hôpital aurait facilement pu prendre en charge le patient, lui administrer des médicaments pour le calmer et éviter des complications. C’est d’ailleurs finalement ce qui est arrivé après l’arrivée des policiers.

Comment de telles situations peuvent-elles se produire ? Ce qui se passe c’est que lorsque les paramédics arrivent dans un centre hospitalier avec un patient, la prise en charge n’est pas automatique après le triage. Les paramédics doivent en effet attendre avec leur patient tant que le centre hospitalier ne leur a pas donné une civière. « Depuis plusieurs années, ce temps d’attente augmente et bat même des records ces derniers temps », dénonce Frédéric Maheux qui révèle qu’à Québec, il n’est pas rare d’attendre plus de 2-3 heures pour une civière.

Cette situation entraine une surcharge de travail sur le terrain pour les paramédics ainsi que des délais pour se rendre aux appels urgents, ce qui met en danger la population, selon Frédéric Maheux, « ces situations sont décriées depuis plus de 10 ans déjà et étant donné que nous ne sommes pas une priorité et que nous ne sommes pas considérés, ils laissent la situation dégénérer. » Selon l’ATPH–CSN, il est inconcevable que les paramédics puissent refuser un appel qui leur est affecté alors que les centres hospitaliers ont tout le pouvoir de faire attendre ceux-ci même quand les patients ont des critères d’instabilité. Cette situation n’est pas près de se régler selon le syndicat, car le ministère et les CIUSSS ne cessent d’ignorer les paramédics du Québec.

« En prolongeant les délais des paramédics dans les hôpitaux, ceux-ci ne sont pas disponibles pour répondre aux appels », dit Frédéric Maheux. Selon le paramédic, les centres hospitaliers se servent de ses membres pour pallier à leur gestion des ressources humaines déficientes. « Nous sommes indépendants des centres hospitaliers et non à leur service », conclut le président de l’ATPH–CSN, « on se doit de donner le service à la population et ces délais entravent le bon fonctionnement de la flotte d’ambulances. Il faut que ça change. »

Remettre le réseau de la santé et des services sociaux sur ses pieds

Lettre de Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)

Il ne fait plus de doute pour personne que notre réseau de la santé et des services sociaux est fragile. La pandémie a prouvé ce que les travailleuses et travailleurs savaient depuis longtemps. La question qui se pose maintenant, c’est qu’est-ce qu’on fait?

Le mirage du privé en santé
La fragilité de notre réseau fait saliver ceux qui voudraient augmenter la place du privé. On entend déjà certains dire que c’est parce que notre réseau ne laisse pas assez de place au privé et à sa supposée efficacité que nous avons un si mauvais bilan dans cette pandémie. Certains parlent même de notre réseau comme d’un monopole d’État. C’est pourtant plus de 30% des investissements en santé qui proviennent du privé. Méchant monopole… Comment la privatisation peut-elle sérieusement être amenée comme une solution aux problèmes que nous vivons? En quoi cela va aider le personnel à bout et les patients qui attendent pour avoir accès aux services?

Notre réseau se privatise depuis des années et c’est loin de nous avoir aidés à faire face à la pandémie. Pensons aux agences privées qui ont fait des profits immenses durant cette crise, au manque d’accès aux soins de santé mentale ou encore aux CHSLD privés qui ont un bilan désastreux. C’est autant d’exemples que le privé n’est pas ce qu’il nous faut pour faire mieux. Même chose pour le soutien à domicile, où le privé augmente sans cesse sans que cela mène à une amélioration des services pour la population. Choisir d’accentuer la place du privé en santé comme réponse à la mauvaise gestion de la pandémie serait de redonner le même remède inefficace que nos gouvernements déploient depuis trop longtemps.

Redonner espoir
Un des grands problèmes auxquels nous faisons face quand on parle de notre réseau de la santé et des services sociaux, c’est que les gens ont perdu espoir qu’il soit possible de faire mieux. Il faut dire que les réformes centralisatrices et l’austérité des dernières années n’ont pas aidé. Mais il n’est pourtant pas nécessaire de remonter à si loin pour se rappeler d’un temps où on parvenait à répondre aux besoins de la population et où travailler dans le réseau était un honneur. C’était le cas des CLSC par exemple avant que nos gouvernements et les médecins les brisent en morceau pour mieux financer des GMF privés.

Ce qu’il faut faire, c’est mener le réseau dans la direction opposée à celle préconisée par les gouvernements des dernières années. Jetons par-dessus bord la centralisation qui éloigne le personnel et la population de leurs soins de santé. Faisons confiance à celles et ceux qui donnent les services en leur donnant de bonnes conditions de travail.

Le privé est un mirage, c’est avec un réseau public décentralisé qui mise sur les compétences de son personnel qu’on parviendra à répondre aux besoins de la population.