Les infirmières auxiliaires sont de vraies abeilles au sein du réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Dévouées et vaillantes, elles se démènent pour le bien-être des gens. Le cas de Marie-Josée Claveau, qui œuvre auprès des enfants malades et handicapés, est patent.
Marie-Josée a travaillé 18 ans comme agente administrative à la direction de l’enseignement de l’hôpital Sainte-Justine. À 47 ans, elle est retournée aux études pour devenir infirmière auxiliaire. « J’ai adoré chaque minute passée en classe. Enfin, je découvrais ma vocation ». À l’école spécialisée Victor-Doré de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) où elle travaille, certains cas sont très lourds. « Plusieurs enfants ont toute leur tête, mais sont prisonniers de leur corps et ne peuvent parler. On finit tout de même par pouvoir communiquer avec eux », explique-t-elle.
L’infirmière commence ses journées vers 7 h 15, avant que les enfants n’entament la leur à 8 h. Dès lors, elle et ses collègues préparent la médication destinée aux enfants de l’école. Antidouleurs, Ritalin, antireflux, médicaments contre l’épilepsie ou les spasmes sont placés sur des plateaux pour être distribués aux 90 destinataires. À l’heure du lunch, deux infirmières auxiliaires s’occupent du gavage de 50 enfants. « Quand je suis arrivée, le ratio était de 12 enfants pour une infirmière. Avec les compressions, il a explosé à 25 pour une ». Les travailleuses doivent donc emprunter sur leur temps personnel et ne cessent de courir. Comme le gavage est difficile à digérer, certains enfants peuvent convulser ou vomir et cela accroît ainsi les responsabilités des infirmières auxiliaires sur le plancher. Certains autres trébuchent et se blessent, il faut donc les soigner. D’autres encore s’étouffent en mangeant, il faut alors agir en urgence pour éviter le pire. « On connaît les enfants et ils nous connaissent, ajoute l’infirmière auxiliaire. Cela nous permet de prévoir quand et comment intervenir auprès d’eux. »
Ce qui fait la différence, estime-t-elle, c’est la stabilité du personnel qui les sécurise et leur donne confiance. « Nous sommes très attachées aux enfants. Même les parents nous demandent parfois d’administrer les médicaments à leur place. Tantôt parce qu’ils n’y arrivent pas, tantôt parce qu’ils n’ont pas le temps ou parce que l’enfant est plus rébarbatif à la maison. »
En outre, travailler comme infirmière auxiliaire à Victor-Doré ou ailleurs dans le réseau demande beaucoup d’initiative et des yeux tout le tour de la tête. Sans leur ardeur et leur passion à l’ouvrage, ce réseau serait bien mal en point.

Depuis le 2 avril dernier, tous les salarié-es sont intégrés dans une même structure salariale au sein de 28 rangements distincts, ce qui détermine notamment leur échelle de salaire. Or, plusieurs travailleuses et travailleurs se retrouvent plus bas dans leur nouvelle échelle que le rang qu’ils occupaient au 1er avril, car les années d’expérience n’ont pas été prises en compte pour l’intégration des salariés aux nouvelles échelles. Cette non-reconnaissance de la pleine expérience est d’autant plus frustrante pour les salarié-es que l’expérience acquise à l’extérieur de l’établissement est pleinement reconnue aux travailleuses et aux travailleurs qui y obtiennent un emploi. Par conséquent, on se retrouve avec des situations incohérentes : par exemple, une préposée aux bénéficiaires qui a travaillé 20 ans dans le même établissement est intégrée au 4e échelon, alors qu’une personne nouvellement embauchée par l’établissement pourrait faire reconnaître son l’expérience acquise dans un autre établissement et intégrer son poste directement au 5e échelon, le sommet de l’échelle.
