Infirmière auxiliaire : une pratique aux multiples facettes

Les infirmières auxiliaires sont de vraies abeilles au sein du réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Dévouées et vaillantes, elles se démènent pour le bien-être des gens. Le cas de Marie-Josée Claveau, qui œuvre auprès des enfants malades et handicapés, est patent.

Marie-Josée a travaillé 18 ans comme agente administrative à la direction de l’enseignement de l’hôpital Sainte-Justine. À 47 ans, elle est retournée aux études pour devenir infirmière auxiliaire. « J’ai adoré chaque minute passée en classe. Enfin, je découvrais ma vocation ». À l’école spécialisée Victor-Doré de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) où elle travaille, certains cas sont très lourds. « Plusieurs enfants ont toute leur tête, mais sont prisonniers de leur corps et ne peuvent parler. On finit tout de même par pouvoir communiquer avec eux », explique-t-elle.

L’infirmière commence ses journées vers 7 h 15, avant que les enfants n’entament la leur à 8 h. Dès lors, elle et ses collègues préparent la médication destinée aux enfants de l’école. Antidouleurs, Ritalin, antireflux, médicaments contre l’épilepsie ou les spasmes sont placés sur des plateaux pour être distribués aux 90 destinataires. À l’heure du lunch, deux infirmières auxiliaires s’occupent du gavage de 50 enfants. « Quand je suis arrivée, le ratio était de 12 enfants pour une infirmière. Avec les compressions, il a explosé à 25 pour une ». Les travailleuses doivent donc emprunter sur leur temps personnel et ne cessent de courir. Comme le gavage est difficile à digérer, certains enfants peuvent convulser ou vomir et cela accroît ainsi les responsabilités des infirmières auxiliaires sur le plancher. Certains autres trébuchent et se blessent, il faut donc les soigner. D’autres encore s’étouffent en mangeant, il faut alors agir en urgence pour éviter le pire. « On connaît les enfants et ils nous connaissent, ajoute l’infirmière auxiliaire. Cela nous permet de prévoir quand et comment intervenir auprès d’eux. »

Ce qui fait la différence, estime-t-elle, c’est la stabilité du personnel qui les sécurise et leur donne confiance. « Nous sommes très attachées aux enfants. Même les parents nous demandent parfois d’administrer les médicaments à leur place. Tantôt parce qu’ils n’y arrivent pas, tantôt parce qu’ils n’ont pas le temps ou parce que l’enfant est plus rébarbatif à la maison. »

En outre, travailler comme infirmière auxiliaire à Victor-Doré ou ailleurs dans le réseau demande beaucoup d’initiative et des yeux tout le tour de la tête. Sans leur ardeur et leur passion à l’ouvrage, ce réseau serait bien mal en point.

Maternelles 4 ans : un gain pour les enfants ?

L’objectif des maternelles 4 ans serait d’améliorer la scolarisation des enfants, de faciliter le passage à l’école des tout-petits qui vont moins bien. Et si ce remède n’était pas le bon ?

Si on en croit le renommé pédiatre Jean-François Chicoine, on pourrait bien provoquer l’effet contraire à celui recherché. Dans une longue entrevue accordée au Point syndical, le docteur Chicoine de l’hôpital Sainte-Justine, qui est également professeur à l’Université de Mont­réal, nous explique son point de vue très critique envers les maternelles 4 ans pour tous.

« Une maternelle 4 ans, plutôt qu’un CPE, pour un petit enfant de quatre ans, c’est moins d’apaisement et de soins personnalisés puisque le rapport à l’adulte n’est pas le même. C’est donc, éventuellement, un petit qui pourrait se dire dans sa tête d’enfant qu’on ne l’aime pas ou encore, qui pourrait devenir plus stressé, plus peureux. Et ces éléments-là vont se manifester comme des empêchements à la scolarisation », a résumé Jean-François Chicoine.

Pour ce spécialiste, les enfants les plus à risque ont besoin d’un référent stable au fil des jours, pérenne d’une année à l’autre. L’aspect affectif est important. « Les enfants les plus pauvres, les plus démunis, qui viennent de familles très marginalisées, on a avantage à les mettre dans un milieu de garde dès l’âge de six mois ou un an », affirme le docteur Chicoine, qui se souvient même d’avoir donné des « prescriptions de CPE ». Il déplore d’ailleurs le fait que le réseau des services de garde éducatifs n’ait jamais été complété et que nous n’ayons pas plus investi collectivement dans ce projet.

Pour ces enfants plus fragiles, le pédiatre ne prévoit aucun gain avec la maternelle 4 ans. « Ce sont des enfants qui, du point de vue éducatif, cognitif et de leurs connaissances, ne vont pas progresser plus vite que d’autres », estime celui qui précise que la seule étude québécoise sur le sujet (Christa Japel, 2017) conclut qu’il n’y a « rien de bénéfique » aux maternelles 4 ans pour les enfants issus de milieux défavorisés.

« À mon sens, c’est beaucoup nuire aux enfants qui ont déjà des problématiques affectives. C’est que ces enfants ne sont pas capables de faire face à la situation sur le plan académique », conclut Jean-François Chicoine.

L’importance du jeu libre
Jean-François Chicoine ne s’entend pas avec son ancien collègue de Sainte-Justine, Lionel Carmant, ex-chercheur spécialiste de l’épilepsie chez les enfants, aujourd’hui ministre délégué dans le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Le docteur Chicoine estime qu’il faut préserver au minimum trois heures par jour de jeu complètement libre à cet âge. « Si on force les enfants à ne plus jouer librement, et ça, c’est vraiment mon dada, j’ai peur qu’on diminue beaucoup l’imagination de ces enfants-là, leur capacité à se réfugier dans un monde qui est le leur », indique le pédiatre, qui a déjà constaté dans sa pratique une augmentation du nombre d’enfants stressés ou anxieux au fil des années.

La proximité des éducatrices
Pour le pédiatre, le rapport direct avec un adulte significatif est primordial et ne sera pas le même dans un grand groupe.

« Si l’enfant n’est pas capable de faire quel­que chose, il faut lui dire en s’agenouillant, en le regardant dans les yeux : “je vais t’aider”. Et pour faire ça, ça prend une relation d’un individu à un autre. Un bon rapport entre l’éducatrice et l’enfant, ça se peut avec 7, 8, 10 ou 12 enfants, mais certainement pas avec 14, 16 ou 18 », évalue Jean-François Chicoine.

Le diagnostic vraiment précoce
L’argument de favoriser les diagnostics précoces à la maternelle 4 ans ne tient pas la route pour le docteur Chicoine. « Quand on parle de diagnostic précoce à l’âge de quatre ans, pour un pédiatre, c’est comme si vous me demandiez d’agir dans un CHSLD de bébés », lance le pédiatre d’expérience pour illustrer l’absurdité de la situation. Plusieurs diagnostics importants peuvent se faire à 18 mois avec un accès au spécialiste approprié.

Il estime par ailleurs que les éducatrices peuvent jouer un rôle majeur pour dépister les premiers troubles moteurs ou de la communication en très bas âge. Jean-François Chicoine déplore cependant que les ressources spécialisées pour assurer un suivi après le diagnostic aient « diminué comme peau de chagrin » ces dernières années. Certains enfants qu’il a diagnostiqués attendent deux ans pour avoir accès à des services !

« Plus on dépiste tardivement, moins on permet la scolarisation », remet en perspective le pédiatre, qui fait une grande différence entre un diagnostic à deux ans plutôt qu’à quatre, lorsque c’est possible.

Encore faudrait-il avoir les ressources de dépistage nécessaires dans le secteur de la petite enfance, plutôt que d’engouffrer des millions afin de répondre à une promesse électorale…

Contre les maternelles 4 ans mur à mur

La campagne 4 ans, c’pas grand, menée par la CSN afin de freiner le projet d’implantation de maternelles 4 ans partout au Québec, a été lancée avec succès le 4 avril dernier devant le bureau du premier ministre, à Montréal. D’autres actions avaient eu lieu auparavant, dont la visite aux député-es, partout au Québec, qui se poursuivait encore en avril.

Pour le moment, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ne cesse d’adapter son projet pour répondre aux pressions populaires. Il affirme aussi que les maternelles 4 ans sont complémentaires aux services de garde éducatifs. Seulement voilà, tout l’argent frais du dernier budget (1 G $ sur 5 ans) est dédié aux maternelles et non au réseau déjà en place pour la petite enfance. Une chose est sûre, 4 ans, c’pas grand pour commencer l’école !

Les ASSS assistent à la dégradation des soins à domicile

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) dévoile les résultats d’un sondage sur le quotidien des Auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) et sur les services aux usagers. Ce sondage diffusé en marge du Forum national sur la profession d’ASSS illustre la dégradation des conditions de travail de ces intervenant-es qui font tout pour donner des soins de qualité alors que les employeurs et les gouvernements ouvrent toute grande la porte au privé.

Cette consultation a été menée du 17 janvier au 1er mars 2019. Ce sont 2 693 ASSS qui ont répondu à ce sondage, ce qui représente près de 50 % de l’ensemble des ASSS du Québec. Les ASSS sont celles qui rencontrent le plus souvent les usagères et usagers qui reçoivent des soins à domicile. Si elles répondent massivement aimer leur travail (90 %), elles sont aussi près de 97 % à considérer que le gouvernement ne reconnaît pas leur contribution.

Des conditions de travail qui se dégradent alors que les besoins de la population augmentent
Les ASSS sont bien placées pour voir l’ampleur des besoins des usagers. Pourtant, elles rencontrent plusieurs problèmes au travail :

  • Manque de personnel (selon 76 % des répondantes)
  • Manque de reconnaissance (69 %)
  • Surcharge de travail (62 %)
  • Problèmes de gestion (57 %)
  • Pression au travail (47 %)

Avec des années de sous-financement chronique et la réforme Barrette, c’est plus de 82 % des répondantes qui ont vu leur charge de travail s’alourdir depuis le 1er avril 2015. Cela en raison de l’alourdissement des profils des usagers (82 %), de l’augmentation du nombre d’usagers (79 %) et de l’instabilité du personnel dans les équipes de travail (55 %).

Cela a des conséquences néfastes sur leur santé.

  • Elles vivent de la fatigue durant ou à la fin de leur quart de travail (selon 74 % des répondantes) et de la douleur physique durant ou à la fin de leur quart de travail (68 %)
  • 90 % empiètent sur leur temps de pause et 80 % sur leur temps de repas
  • 60 % ont un niveau de détresse psychologique élevé
  • Près de 47 % se sont absentées du travail au cours des 12 derniers mois en raison de détresse psychologique
  • 88 % ont été victime de violence psychologique ou physique de la part des usagers ou de leur famille

Et sur les services à la population :

  • Compromis sur la qualité des services (61 %)
  • Délais dans les services à la population (56 %)
  • 92 % ont observé des situations mettant à risque la sécurité des usagers
  • 79 % ont observé des situations exposant les usagers à de la maltraitance, des abus, de l’extorsion, de l’intimidation, de la violence verbale ou physique ou à des vols

« Ce que souhaitent les ASSS, c’est une réelle reconnaissance de leur expertise et une organisation du travail qui mise sur les besoins des usagers. Elles veulent que le travail d’équipe retrouve ses lettres de noblesse pour pouvoir ajuster les soins en cours de route. Les ASSS veulent que les employeurs écoutent ce qu’elles ont à proposer pour mieux servir les besoins de la population », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Vers la dislocation de la mission du réseau public
La désorganisation du réseau public observée par les ASSS vient nuire à la mission des soins à domicile. Un des avantages clés des soins à domicile offerts dans le public, c’est le travail d’équipe réalisé par l’ensemble des intervenant-es (ASSS, infirmière, professionnel-le). Pourtant, c’est plus de 83 % des répondantes qui ne sont pas invitées à participer à des rencontres visant la planification des plans de travail.

Comme elles manquent de temps, elles sont seulement 10 % à avoir toujours le temps d’effectuer les tâches qu’elles doivent accomplir et plus de 70 % n’ont pas le temps de répondre aux imprévus.

Les tentacules du privé nuisent à l’offre de soins à la population
Pendant que les conditions de travail des ASSS et le secteur public se dégradent, le privé prend de plus en plus de place dans les soins à domicile. Pour l’année 2016‐2017, le recours aux agences privées était de 38,2 % dans la région de Montréal. Que ce soit des entreprises privées, des entreprises d’économie sociale ou par le biais du chèque emploi service, les sommes investies par l’État pour financer le privé sont beaucoup plus importantes que ce qui finance le secteur public. Le constat est inquiétant : plus de 51 % des ASSS craignent pour l’avenir de leur titre d’emploi au sein de leur CSLC.

« La privatisation des soins à domicile est une tendance lourde qui va de pair avec la dislocation du réseau public. L’éclatement de l’offre nous nuit pour organiser des services qui répondent aux besoins. On a tout un retard à rattraper dans ce domaine. C’est pourquoi nous interpellons la ministre McCann et lui demandons de réagir aux résultats du sondage. Il est encore temps de changer de cap et de consolider nos CLSC », de conclure Jeff Begley.

Pourquoi choisir un service de garde subventionné plutôt que la maternelle 4 ans?

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La campagne 4 ans, c’pas grand de la CSN vise à souligner que l’école n’est pas le lieu qui convient le mieux pour une grande majorité des enfants de 4 ans. Le personnel en CPE et les responsables de services de garde en milieu familial régi et subventionné sont les véritables spécialistes de la petite enfance. 4 ans, c’pas grand pour aller à l’école !

Voici huit raisons de choisir un service de garde subventionné plutôt que la maternelle 4 ans :

SERVICE DE GARDE SUBVENTIONNÉ

  1. Une responsable en milieu familial pour un maximum de 6 enfants et une éducatrice pour un maximum de 10 enfants en CPE.
  2. La responsable ou l’éducatrice sont disponibles quand vous allez chercher votre enfant.
  3. Les repas, les collations et le matériel sont compris dans le prix en tout temps.
  4. Un milieu de vie éducatif adapté à un enfant de 4 ans qui laisse du temps pour le jeu, la sieste, les câlins et l’accès aux activités extérieures.
  5. Dans un environnement comprenant que des enfants de moins de 5 ans.
  6. Ouverture l’été, tout en ayant la possibilité de garder avec vous les tout-petits lors de vos congés.
  7. Possibilité d’accompagnement par une conseillère pédagogique et par d’autres ressources professionnelles si l’enfant a des besoins spécifiques.
  8. Identification d’un retard de développement dès la petite enfance.

MATERNELLE 4 ANS

  1. Une enseignante peut avoir 17 enfants à sa charge.
  2. Si le tout-petit termine sa journée au service de garde, il est impossible de parler à l’enseignante.
  3. À payer : repas et collation, services de garde, journées pédagogiques et camps de jour l’été.
  4. Milieu adapté… pour l’apprentissage scolaire.
  5. Groupes d’enfants du même âge ET aussi des plus vieux (jusqu’à 12 ans).
  6. C’est l’école : obligation d’envoyer les enfants en classe.
  7. Actuellement, les écoles manquent de locaux en bon état et de personnel (enseignants, éducatrices, orthophonistes, etc.)
  8. Identification de problèmes d’apprentissage à quatre ans seulement.

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Mon expérience, c’est pas relatif!

Quelques centaines de salarié-es des réseaux publics de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux membres de syndicats CSN ont tenu une action de visibilité ce midi, devant les locaux du Conseil du trésor, à Québec. Les travailleuses et les travailleurs revendiquent la pleine reconnaissance de leur expérience acquise.

Depuis le 2 avril dernier, tous les salarié-es sont intégrés dans une même structure salariale au sein de 28 rangements distincts, ce qui détermine notamment leur échelle de salaire. Or, plusieurs travailleuses et travailleurs se retrouvent plus bas dans leur nouvelle échelle que le rang qu’ils occupaient au 1er avril, car les années d’expérience n’ont pas été prises en compte pour l’intégration des salariés aux nouvelles échelles. Cette non-reconnaissance de la pleine expérience est d’autant plus frustrante pour les salarié-es que l’expérience acquise à l’extérieur de l’établissement est pleinement reconnue aux travailleuses et aux travailleurs qui y obtiennent un emploi. Par conséquent, on se retrouve avec des situations incohérentes : par exemple, une préposée aux bénéficiaires qui a travaillé 20 ans dans le même établissement est intégrée au 4e échelon, alors qu’une personne nouvellement embauchée par l’établissement pourrait faire reconnaître son l’expérience acquise dans un autre établissement et intégrer son poste directement au 5e échelon, le sommet de l’échelle.

 « Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre que nous connaissons actuellement, le gouvernement devrait se montrer plus sensible à une situation comme celle-ci, très démoralisante pour le personnel, explique la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous avons soumis des pistes de solutions au Conseil du trésor. Nous espérons qu’elles seront étudiées sérieusement et que nous pourrons trouver une issue favorable pour les salarié-es touchés ».

 « C’est vraiment décourageant un tel manque de reconnaissance, déplore la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Ann Gingras. Personne n’accepterait de voir ainsi son expérience dévaluée. Il n’y a pas un député de la CAQ qui aurait accepté cela dans sa vie antérieure… Faut absolument corriger la situation, sans attendre ».

Plus d’information au https://secteurpublic.quebec/relativite

Temps supplémentaire obligatoire: la FSSS–CSN propose trois solutions

Depuis plusieurs mois, le temps supplémentaire obligatoire augmente dans le réseau de la santé et des services sociaux et devient une méthode de gestion pour des employeurs qui ne parviennent plus à gérer convenablement les équipes de travail dans les mégastructures engendrées par la réforme Barrette. Cette épidémie du TSO touche les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes, mais aussi les préposé-es aux bénéficiaires, les préposé-es à l’entretien ménager, les assistant-es techniques à la pharmacie et plusieurs autres titres d’emploi.

Récemment, le CISSS des Laurentides annonçait qu’il mettait un terme au TSO pour les préposé-es aux bénéficiaires suite aux interventions du syndicat affilié à la CSN. Cette décision illustre qu’il est possible de cesser le TSO. La FSSS-CSN propose 3 mesures pour mettre fin au TSO :

  1. Rehausser les structures de postes en augmentant et valorisant les postes à temps plein pour stabiliser les équipes de travail.
  2. Offrir des formations payées en milieu de travail pour attirer le personnel et combler les postes vacants.
  3. Mettre en place un mécanisme national d’encadrement du temps supplémentaire qui pénalise les employeurs qui ont recours au TSO avant de s’assurer que l’ensemble des salarié-es pouvant effectuer un quart de travail ont été contactés.

« Le TSO, c’est le meilleur exemple pour illustrer l’ampleur de la crise que vit actuellement le réseau. Le personnel est surchargé et tombe au combat. Et tout ce qu’on trouve à faire, c’est en rajouter une couche en les forçant à rester au travail. C’est irresponsable et ça montre le peu de reconnaissance de bien des employeurs envers le personnel. La ministre McCann semble être ouverte à appliquer des solutions. Nous lui en soumettons trois aujourd’hui pour régler la crise au plus vite », explique Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

Le gouvernement continue d’improviser

Avec la pénurie actuelle d’enseignantes, d’enseignants et de professionnel-les, on ne sait toujours pas qui pourra occuper les deux postes requis pour chaque classe de maternelle 4 ans. Le poste à mi-temps pour accompagner l’enseignante ou l’enseignant sera-t-il occupé par des éducatrices, des techniciennes en éducation spécialisée ou par un autre type de professionnel? Dans tous les cas, il risque de manquer de personnel. « Le ministre Roberge doit improviser au gré des pressions populaires et des problèmes qui surgissent », affirme Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, qui rappelle que le ministre a récemment évoqué l’idée d’embaucher des éducatrices en CPE pour combler le manque anticipé d’enseignante pour la maternelle 4 ans.

On signale par ailleurs un nombre d’inscriptions aux maternelles 4 ans plus bas que prévu, ce qui fera en sorte d’augmenter les coûts puisqu’il faudra quand même embaucher une enseignante et une éducatrice à mi-temps pour chaque classe.

Pas d’impact

La prémisse de base du gouvernement est que les maternelles 4 ans apporteraient une plus-value pour la scolarisation des enfants. Or, rien n’est moins sûr. Selon la chercheure Christa Japel de l’Université de Montréal, dans une étude réalisée au Québec et publiée en 2017, les maternelles 4 ans « ont très peu d’effet sur la préparation à l’école et, ainsi, ne réduisent pas de façon significative l’effet des conditions sociodémographiques des enfants sur leur préparation à l’école. »

En fait, le pédiatre de Sainte-Justine, Jean-François Chicoine, estime que les enfants les plus fragiles, qui ont des problématiques affectives, ont besoin d’un milieu plus « apaisant » avec un « référent » plus accessible, comme dans un service de garde éducatif. « Si l’enfant n’est pas capable de faire quelque chose, il faut lui dire en s’agenouillant, en le regardant dans les yeux : “je vais t’aider.” Et pour faire ça, ça prend une relation d’un individu à un autre. Un bon rapport entre l’éducatrice et l’enfant », a expliqué Jean-François Chicoine en entrevue avec le journal de la CSN.

 Des solutions

« Depuis le début, ce qu’il faut, c’est compléter l’offre de places en CPE et en milieu familial régi et subventionné pour pouvoir offrir un service de qualité aux enfants de 0 à 5 ans, partout au Québec », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Il manque encore aujourd’hui des places en CPE et chez les responsables en services de garde (RSG) dans certaines régions du Québec. Les parents n’ont donc pas vraiment de choix.

Dans le dernier budget du Québec, on voit qu’il faudra attendre 2022-2023 pour obtenir la fin de la contribution additionnelle pour la garde d’enfants, ce que la CAQ avait dénoncé sous le vocable de la « taxe famille ». Pour mieux respecter le choix des parents, la CSN demande au gouvernement d’aller beaucoup plus vite pour respecter sa promesse et rétablir le tarif unique. « Pourquoi ne pas éliminer la taxe famille dès l’an prochain? », suggère Véronique De Sève.

La CSN propose aussi de mettre fin au crédit d’impôt pour les services de garde non régis et pour les garderies non subventionnées. Les services de garde privés en milieu familial ne devraient pas être financés par les fonds publics. Le crédit d’impôt accordé pour les services de garde vient démontrer que ce sont tous les Québécois qui financent ce service de garde alors que l’encadrement y est minimaliste. Si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’améliorer le sort de la petite enfance, il doit prendre tous les moyens pour favoriser les services de garde éducatifs encadrés.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

La FSSS–CSN compte plus de 13 000 membres dans les services de garde éducatifs, soit en CPE et dans les milieux familiaux régis et subventionnés (RSG).

Renseignements :

Thierry Larivière, Service des communications de la CSN

Cellulaire : 514 966-4380 ; bureau : 514 598-2139 ; thierry.lariviere@csn.qc.ca

Un budget qui confirme l’abandon du réseau des services de garde éducatif

Ce que craignaient les travailleuses et travailleurs du réseau des services de garde éducatif se confirme dans le budget 2019 : le gouvernement les abandonne. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déplore que le développement de places dans les CPE et dans le milieu familial régi ne figure pas à l’agenda du gouvernement Legault, alors qu’il garde le cap sur son projet insensé de maternelles 4 ans mur-à-mur.

Un gouvernement qui s’entête avec des maternelles 4 ans mur-à-mur dont personne ne veut

Malgré les interventions de la FSSS–CSN, le gouvernement Legault continue d’aller de l’avant avec un projet qui ne prend pas en considération les besoins des familles et des travailleuses. Jusqu’à récemment, le gouvernement prévoyait investir environ 400 millions de dollars dans son projet de maternelles 4 ans. Le budget 2019 nous apprend maintenant que le gouvernement est prêt à mettre 1 milliard de dollars dans le 1er mandat dans ce projet mur-à-mur qui ne répond pas aux besoins des familles et des milieux.

« Partout au Québec, les travailleuses des CPE et les RSG rencontrent les député-es. Ce que le gouvernement nous annonce aujourd’hui, c’est que nous devons continuer de leur mettre de la pression parce qu’ils n’ont rien compris! », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Le gouvernement avance timidement dans la fin de la modulation des tarifs instaurée par le gouvernement libéral. Pour la FSSS–CSN, il faut mettre fin à cette modulation des tarifs et réinvestir dans le réseau pour donner une place à plus de 45 000 enfants qui sont en attente. Les 13 500 places annoncées récemment par le ministre de la Famille sont insuffisantes pour répondre aux besoins. Il faut de plus s’assurer d’alléger les règles pour le financement des infrastructures pour permettre un réel développement des places en CPE.

« Le réel choix des parents, c’est d’aller dans les CPE et chez les RSG. Et ce n’est pas étonnant parce que c’est là que la qualité se trouve pour le développement de nos enfants. Pour respecter le réel choix des parents, il faut ouvrir des places dans le réseau des services de garde éducatif », lance Louise Labrie, représentante des syndicats de CPE à la FSSS–CSN.

Le gouvernement forcé d’investir dans le personnel, mais continue de faire augmenter le manque à gagner

Face à l’ampleur de la crise du réseau de la santé et des services sociaux, le gouvernement Legault est forcé de répondre en partie aux demandes de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Mais comme il refuse de s’attaquer à la rémunération médicale et aux médicaments, il porte à 9 milliards de dollars le manque à gagner des établissements du réseau depuis 2013-2014. Il annonce de plus le retour à l’austérité dès l’an prochain.

Le gouvernement forcé de répondre aux demandes de la FSSS–CSN

La FSSS–CSN a soumis trois mesures à inscrire au budget 2019 pour mettre fin à la détresse du personnel du réseau. Le gouvernement Legault répond partiellement à ces trois mesures. L’ampleur de la crise et les interventions répétées de la FSSS–CSN ont forcé le gouvernement à agir. Si le gouvernement investit des sommes qui aideront à donner de l’air au personnel, une grande question demeure : comment s’y prendra-t-il ?

Pour la FSSS–CSN, le gouvernement doit maintenant miser sur des initiatives qui permettront d’attirer et de retenir le personnel dans le secteur public : amélioration des conditions de travail et salariales, formation à l’embauche et formation continue rémunérées, mesures de conciliation travail-famille-études, stabilisation des équipes, fin du recours aux heures supplémentaires obligatoires, rehaussement de postes, etc. La FSSS–CSN s’inquiète que le gouvernement profite plutôt de l’occasion pour accentuer le recours au privé, que ce soit dans le soutien à domicile ou encore avec les maisons des aîné-es. Le gouvernement doit intégrer ce projet de maisons des aîné-es dans le secteur public, aussi bien pour la gestion pour que la prestation de services.

Demandes de la FSSS–CSN pour le budget 2019 :
– Un montant de 500 millions de dollars pour l’embauche et l’amélioration des conditions de travail des préposé-es aux bénéficiaires;
– Un ajout immédiat de 500 millions de dollars dédiés à des mesures d’attraction et de rétention du personnel;
– Un financement récurrent de 500 millions de dollars en soins à domicile pour augmenter le personnel des CLSC et répondre aux besoins grandissants de la population.

Le gouvernement Legault annonce :

• 15 millions de dollars récurrents à compter de 2019-2020 pour former de nouveaux préposé-es aux bénéficiaires (PAB)
• 70 millions récurrents pour 900 places d’hébergement de longue durée
• L’embauche de PAB et de personnel, ce qui permettra de réduire la surcharge de travail
• 280 millions de dollars pour le soutien à domicile
• 10 millions pour la première ligne en CLSC
• 200 millions pour l’amélioration des services, notamment par l’ajout de personnel en CLSC, CH et CHSLD, pour améliorer les conditions de travail et ajouter des effectifs
• 18 millions pour la mission jeunesse
• 40 millions récurrents pour la consolidation des infirmières praticiennes spécialisées

« Si nous voulons vraiment maîtriser notre avenir, les investissements annoncés par le gouvernement Legault doivent servir à mettre en place des solutions dans le réseau public. Le gouvernement reconnaît l’essoufflement du personnel et l’échec de la réforme Barrette. Il faut maintenant s’assurer que les traitements nécessaires pour sauver le réseau sont les bons », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

Le manque à gagner depuis 2013-2014 se chiffre maintenant à 9 milliards

Le gouvernement hausse de 5,9 % les investissements en santé et services sociaux. Mais comme la rémunération médicale coûte maintenant près de 8 milliards de dollars et que le financement des établissements privés augmente de 6 %, la hausse réelle est de seulement 4 % pour les établissements publics du réseau. Cela est en deçà des besoins réels qui sont de 5,2 % par année, ce qui a pour conséquence d’augmenter de 1,5 milliard de dollars le manque à gagner cette année par rapport à 2013-2014.

« Le gouvernement avait promis de remettre de l’ordre dans la rémunération médicale. On a beau chercher, il n’y pas de trace du 1 milliard promis par le gouvernement dans le budget. Il faut revoir le mode de rémunération des médecins et instaurer une assurance médicaments 100 % publique pour assurer le financement adéquat de notre réseau public », poursuit Jeff Begley.

L’austérité au programme dès l’an prochain

Le gouvernement nous annonce un retour ferme à l’austérité dès l’année prochaine avec un taux de croissance des investissements en santé et services sociaux de 4,1 %. « On a un an pour convaincre le gouvernement de ne pas faire rejouer le mauvais film de l’austérité envers le personnel du réseau et les usagères et usagers », de conclure Jeff Begley.

La détermination du syndicat CSN permet d’obtenir une bonne convention au CISSS de Laval

Ce matin est intervenue une entente de principe dans la négociation locale du personnel affilié à la CSN au CISSS de Laval. Le syndicat est satisfait de cette entente et les travailleuses et travailleurs seront appelés à la voter dans les prochaines semaines. C’est la détermination du syndicat CSN qui a permis d’obtenir une bonne convention collective locale aussi bien pour le personnel que pour la population.

Le syndicat représentant le personnel paratechnique, des services auxiliaires et métiers et le personnel de bureau et de l’administration du CISSS de Laval a conclu une entente de principe ce matin dans le cadre du processus de médiation-arbitrage. Cette entente intervient après des mois de négociation avec l’employeur, le tout dans un contexte de crise de surcharge et d’épuisement du personnel. Le syndicat est parvenu à obtenir des gains pour accentuer la stabilité pour le personnel et la continuité des services pour la population.

« Le personnel du CISSS est surchargé depuis trop longtemps. Avec cette négociation locale, on a réussi à obtenir ce qu’il faut pour améliorer les choses à Laval. C’est une bonne convention pour les travailleuses et travailleurs et pour la population », explique Marjolaine Aubé, présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval–CSN.

Trois mesures pour redonner espoir au personnel surchargé

Le premier budget du gouvernement Legault doit être l’occasion de réparer les erreurs de l’ère libérale, selon la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). L’état de crise du réseau illustre l’urgence de mettre les sommes nécessaires pour combler le manque à gagner des dernières années. Pour donner une nouvelle impulsion au réseau, la FSSS–CSN suggère trois mesures phares à inscrire dans le budget.

Le gouvernement Legault déposera le 21 mars prochain son premier budget. Ce sera l’occasion de prendre acte de ce qu’il entend faire pour régler la crise de détresse du personnel engendrée par la réforme Barrette et des années d’austérité. Depuis 2013-2014, les établissements du réseau de la santé et des services sociaux doivent s’organiser avec un manque à gagner de 7,5 milliards de dollars, comme l’avait dévoilé la FSSS–CSN dans les suites du dépôt du budget de 2018.

Pour redonner espoir au personnel surchargé et aux usagères et usagers exaspérés par l’attente, la FSSS–CSN propose trois mesures à financer dans le budget du 21 mars :

  1. Un montant de 500 millions de dollars pour l’embauche et l’amélioration des conditions de travail des préposé-es aux bénéficiaires;
  2. Un ajout immédiat de 500 millions de dollars dédiés à des mesures d’attraction et de rétention du personnel;
  3. Un financement récurrent de 500 millions de dollars en soins à domicile pour augmenter le personnel des CLSC et répondre aux besoins grandissants de la population.

Pour la FSSS–CSN, ces trois mesures sont le minimum pour redresser le réseau. « Il suffit de parler avec n’importe qui qui travaille dans le réseau pour comprendre l’urgence de réinvestir. Pour que le personnel voit la lumière au bout du tunnel, ça prend des sommes pour aider les préposé-es aux bénéficiaires, pour agir de manière plus large sur la pénurie qui touche l’ensemble du personnel du réseau et un financement récurrent pour enfin prendre le virage vers les soins à domicile », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La première mesure doit permettre de trouver des solutions pour améliorer les soins dans les CHSLD et les conditions de travail des préposé-es aux bénéficiaires. Mais comme la pénurie de personnel et la surcharge touchent l’ensemble du personnel, des professionnel-les en soins, en passant par le personnel paratechnique, des services auxiliaires et métiers, au personnel de bureau, aux techniciennes/techniciens et professionnel-les, un financement distinct de 500 millions de dollars pour la valorisation des emplois permettrait d’améliorer les choses. Pour ce qui est des soins à domicile, une étude de l’IRIS identifiait récemment la nécessité d’un financement de 4 milliards de dollars pour élargir les services offerts à la population. Selon la FSSS-CSN, un financement récurrent de 500 millions de dollars permettra d’attirer le personnel et de le former pour améliorer l’offre publique de soins à domicile.

Le gouvernement ne doit pas provoquer de fermetures

Position de la CSN sur les maternelles 4 ans

Le plan de déploiement de places dans le réseau des services de garde annoncé par le ministre Lacombe ne permet pas de rassurer les travailleuses des CPE et du milieu familial régi qui craignent même des fermetures. Pour la CSN et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), il est inconcevable de continuer de miser sur les garderies privées alors que les responsables en service de garde (RSG) en milieu familial et les éducatrices en CPE donnent les meilleurs services à nos enfants. L’absence de plan détaillé pour le déploiement de 5000 classes de maternelle quatre ans n’a rien pour sécuriser ces milliers de femmes qui veillent au développement de nos enfants.

Le ministre Lacombe présente ce matin un plan de déploiement de 2500 places subventionnées et une relance de 11 000 places déjà annoncées par le passé. Le ministre ressort essentiellement des projets qui traînaient en longueur sous le gouvernement libéral. Malgré les nombreuses critiques sur les garderies privées, le ministre annonce que certaines de ces nouvelles places se feront dans le privé. Bien loin de donner une nouvelle direction au réseau des services de garde éducatifs, le gouvernement Legault poursuit dans la même logique que celle des libéraux.

« Le gouvernement sent la soupe chaude. Les critiques viennent de partout au sujet de son projet de maternelles 4 ans. Pour tenter de calmer les choses, il ressort des projets qui avaient été tablettés. Le gouvernement doit cependant tenir compte de l’impact de la création de places de maternelles 4 ans et de CPE dans chacune des régions du Québec », explique Jacques Létourneau, président de la CSN. Selon les études d’impacts faites par le ministère de l’Éducation, la mise en place de maternelles 4 ans pourrait entraîner la perte de 12 000 à 24 700 places d’enfants dans les services de garde en milieu familial.

Le président de la CSN demande par ailleurs au gouvernement d’accélérer la fin de la modulation des tarifs dans les services de garde subventionnés, ce qui pourrait améliorer le sort des RSG en incitant plus de parents à revenir vers les services régis et subventionnés plutôt que d’aller au privé. Plusieurs parents souhaitent que leur enfant, en particulier en très bas âge, se retrouve dans un milieu familial éducatif et encadré. Le plan du gouvernement ne semble pas tenir compte de cette demande pour le moment.

Le gouvernement Legault a refusé de dévoiler le plan détaillé sur cinq ans pour le déploiement annoncé des 5 000 classes de maternelle quatre ans. « Ce matin, le ministre Lacombe n’a aucun message pour rassurer les milliers de femmes en milieu familial régi. Le gouvernement doit mettre la pédale douce sur le déploiement de la maternelle quatre ans. La qualité des services donnés dans le réseau des services de garde éducatifs est reconfirmée étude sur étude et c’est sur ce réseau et les femmes qui y œuvrent que nous devons miser pour veiller au développement de nos enfants », de conclure Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

 

200 RSG de plus à la CSN

Quelque 200 responsables en service de garde (RSG) en milieu familial ont joint récemment les rangs de la CSN à la suite d’une période de maraudage qui s’est tenue du 30 octobre au 1er novembre dernier. Il s’agit des 120 RSG du bureau coordonnateur Les maisons enjouées, à Montréal, et des 80 RSG de celui de Vos touts petits, à Longueuil. Au total, le secteur compte aujourd’hui plus de 3200 RSG réparties dans 29 syndicats présents dans la plupart des régions.

« C’est avec beaucoup de fierté et d’enthousiasme que nous accueillons ces nouvelles venues, soulignent Karine Morisseau, RSG en Montérégie et représentante du secteur des services de garde en milieu familial à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Le respect de la démocratie et des décisions syndicales, mais surtout la proximité et la qualité des services offerts par la CSN et ses organismes, ont été au cœur de leur choix. Elles joignent un secteur très dynamique dont l’ambition est d’améliorer significativement leurs conditions de travail et de pratique. »

Les 3200 RSG vont amorcer leur troisième ronde de négociation nationale le 7 mars prochain en vertu d’une loi particulière qui encadre leur reconnaissance syndicale et leur régime de négociation avec le ministère de la Famille. Parmi leurs priorités figurent une hausse significative de leur rémunération globale, de même qu’une compensation pour parer aux nouveaux frais obligatoires d’inscription au guichet unique imposés par les libéraux en 2018.

En outre, elles réclament l’accès aux nouveaux congés payés consentis à l’ensemble des travailleuses et travailleurs en vertu de la Loi sur les normes du travail. Les autres revendications portent sur la reconnaissance des acquis et la rémunération du temps de formation et de perfectionnement, le harcèlement psychologique et sexuel, ainsi que l’amélioration des processus de règlement des litiges et les relations de travail avec les bureaux coordonnateurs.

La voix des membres entendue

Inverser la pyramide : voilà l’objectif ambitieux que s’étaient donné les fédérations du secteur public de la CSN en octobre 2018, en vue du renouvellement des conventions collectives.

Réunies au sein du comité de coordination des secteurs public et parapublic (CCSPP–CSN), les quatre organisations ont donc rapidement convenu de lancer une vaste consultation de leurs membres avant même de commencer à élaborer le cahier des demandes syndicales. L’idée est simple : commencer par entendre ce que les membres ont à dire.

Lancée le 23 novembre dernier, cette con­sultation qui prenait la forme d’un sondage en ligne et de consultations en assemblées s’est terminée le 14 janvier au petit matin. Au total, plus de 17 000 réponses ont été enregistrées. Sur le plan démographique, on compte 76 % de femmes et 24 % d’hommes, ce qui correspond approximativement aux données disponibles pour le secteur public dans son ensemble. La grande majorité, soit plus de 59 % des répondantes et répondants, est âgée de 35 à 54 ans. De leur côté, les moins de 35 ans représentent 21 % des répondants et les plus de 55 ans, 19 %. Fait intéressant à noter, plus de 46 % d’entre eux ont moins de 10 ans d’ancienneté.

La consultation, divisée en trois thèmes principaux, soit la négociation, la mobilisation et l’information, nous permet de tracer un portrait général de l’opinion des membres sur une variété de sujets et de développer des outils et des positions qui sont réellement à l’image des préoccupations vécues sur le terrain. Bien qu’au moment d’écrire ces lignes il soit un peu tôt pour tirer des conclusions, on constate au premier coup d’œil que pour 96 % des répondants, l’augmentation salariale est importante.

Malgré l’état préliminaire des travaux et des discussions, les répondants étaient également appelés à se prononcer sur leur préférence quant à la priorité de la prochaine négociation. Trois choix s’offraient à eux : l’amélioration des conditions de travail et de pratique, l’amélioration des conditions salariales, ou les deux. Force est de constater que, pour la grande majorité, la question salariale et celle des conditions de travail doivent être traitées avec autant d’importance, 73 % des participantes et participants ayant choisi « les deux » comme priorités.

Pour ce qui est de la mobilisation, les résultats nous permettent de constater que près de 60 % des membres sont déjà prêts à se mobiliser pour la prochaine négociation. Le niveau d’engagement envisagé varie, allant de la participation à des moyens de pression légers jusqu’à la volonté de faire la grève. Cela dit, comme les enjeux précis de la négociation ne sont pas encore établis, cet engagement est appelé à changer au fil du temps. Il n’en reste pas moins que nous pouvons compter sur des membres déjà prêts à faire entendre leur voix.

Sur le plan de l’information, les résultats préliminaires nous permettent d’établir que les membres préfèrent le courriel à tout autre moyen de communication. Ils ont également exprimé un fort appui aux tournées d’information des délégué-es syndicaux, démontrant que le travail de communication en personne sur le terrain a toujours la cote. Pour ce qui est du type d’outils souhaités par les membres, les bulletins d’information comme les info-négos sont très appréciés, suivis de près par les argumentaires détaillés sur les enjeux de négociation. Une vaste proportion des répondants a aussi signifié son intérêt pour les publications sur les réseaux sociaux, un outil de communication qui sera donc utilisé pour une seconde fois lors de la négociation du secteur public.

Fortes des résultats de cette vaste consultation et de leurs positions d’instance respectives, les fédérations du secteur public de la CSN se lancent maintenant dans la seconde phase de cette ronde de négociation, soit l’élaboration des cahiers de demandes. Ceux-ci seront soumis à la consultation au cours des prochains mois.

C’est maintenant officiel, nous sommes en marche vers la négociation du secteur public 2020.

Le gouvernement Legault doit prendre un pas de recul

Le gouvernement Legault doit prendre du recul avec son projet d’implanter des maternelles 4 ans partout au Québec, estime la CSN. Les parents, les commissions scolaires et le réseau de services de garde éducatifs en place ne pensent pas qu’il s’agisse de la meilleure option dans le contexte actuel au Québec.

En fait, si le gouvernement Legault veut offrir un service éducatif universel et gratuit aux enfants de 4 ans et favoriser le dépistage précoce de troubles de l’apprentissage, le meilleur moyen est de faciliter l’accès aux CPE et aux services de garde régis en milieu familial (RSG). « L’obligation qui est faite aux commissions scolaires d’offrir le service de maternelle 4 ans ne tient nullement compte des réalités régionales, des services déjà présents sur les territoires des commissions scolaires, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il y aura assurément des impacts négatifs importants sur les services en place, tant pour le milieu familial que pour les CPE. Le ministre suggère une approche mur à mur, tout à fait contraire aux engagements de son gouvernement de proposer un développement harmonieux et dans la complémentarité des services existants. »

Selon un récent sondage de l’AQCPE, trois fois plus de parents préféreraient avoir accès à un CPE ou une RSG plutôt qu’à la maternelle 4 ans si le coût était égal. « Pourquoi le gouvernement Legault veut-il offrir un service que la majorité des parents ne veulent pas avoir? », questionne Jacques Létourneau.

« L’arrivée de la maternelle 4 ans pourrait créer des pertes d’emploi dans les RSG et les CPE de certaines régions. Pendant ce temps, le réseau scolaire se demande comment il pourra trouver le personnel et les locaux pour toutes ces classes de maternelle. C’est un non-sens », affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN. Cette dernière déplore par ailleurs le fait que le gouvernement ne dispose pas d’un portrait juste de l’offre et de la demande pour les 0 à 5 ans. Le guichet unique en place pour les services de garde ne comptabilise pas tous les services.

La seule raison qui empêche les parents d’avoir accès au réseau actuel de services de garde éducatifs, c’est la disponibilité des places et la modulation des tarifs. Il faut donc, comme promis par le gouvernement, qu’il revienne au tarif unique le plus rapidement possible et qu’il développe et pérennise le réseau existant. Il s’agit de la solution la moins chère pour le gouvernement et qui pourra se réaliser plus rapidement.

Quatre raisons qui font des CPE et des RSG le meilleur choix

Voici quatre autres raisons pour favoriser l’accès aux CPE et aux RSG plutôt qu’aux maternelles 4 ans, tant pour le bien des petits que pour celui de leurs parents :

  • Le dépistage précoce des troubles de l’apprentissage commence bien avant 4 ans et est plus facile à faire dans un petit groupe. Or, le ratio éducatrice-enfants est de 1/17 dans une classe d’école contre 1/6 chez une RSG et 1/10 dans un CPE. La relation avec une seule éducatrice tout au long de la journée offre également une meilleure stabilité relationnelle pour les petits de 4 ans. À l’école, l’enfant doit souvent passer de la classe au service de garde. Les contacts entre les éducatrices et les parents sont quotidiens dans les CPE et les RSG, ce qui est plus favorable à un suivi de tous les problèmes que peuvent vivre les enfants. À l’école, il n’y a qu’une ou deux rencontres obligatoires par année entre l’enseignante ou l’enseignant et les parents.
  • La disponibilité des services de garde éducatifs s’étend sur 11 h par jour, 261 jours par année au CPE et 10 h par jour, 234 jours par année pour les RSG. À l’école, le service gratuit couvre 5 h par jour pendant 180 jours par année. Pour le reste, il faut prévoir l’inscription au service de garde à 8,35 $ par jour et trouver une solution pour la garde des enfants pendant tout l’été.
  • La formation collégiale des éducatrices est spécifique aux enfants de 0 à 5 ans, tandis que la formation universitaire des enseignantes et enseignants est axée sur les 5 à 12 ans. Les RSG ont également une formation spécifique à la petite enfance.
  • Les locaux et les jeux dans la cour extérieure sont adaptés aux tout-petits. Les objets sont à la bonne hauteur et la salle de bain est habituellement adjacente.

 

Renseignements : Thierry Larivière, Service des communications de la CSN

Cellulaire : 514 966-4380; bureau : 514 598-2139.

Pour la FSSS–CSN, il faut un déblocage de la négociation

En négociation depuis presque trois ans, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Clinique communautaire de Pointe-St-Charles (CSN) prend les moyens nécessaires pour que la situation débloque. Les travailleuses et travailleurs se sont dotés d’un mandat de grève pour parvenir à améliorer leurs conditions de travail et régler cette négociation qui traîne en longueur.

En pleine pénurie de personnel qui frappe de plein fouet l’ensemble des employeurs du Québec, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déplore l’entêtement de l’employeur dans cette négociation. La convention collective est échue depuis le 31 mars 2016. Après des mois de négociation, le seul élément qui reste à régler concerne les augmentations salariales pour les années 2016 à 2018. La demande des travailleuses et travailleurs est d’avoir les mêmes augmentations que celles accordées au secteur public.

Si les négociations ne reprennent pas rapidement, ce serait une première grève dans l’histoire de 50 ans d’existence de la clinique. La situation est très préoccupante d’autant plus que la présidente du conseil d’administration, selon des propos tenus par l’employeur à la table de négociation, juge qu’elle ne doit pas déranger le CA pour l’informer des derniers développements de la négociation. Espérons que le CA qui se réunira le 18 février prochain se penchera sur le sujet et donnera les mandats nécessaires pour que la négociation débloque.

« La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles est une institution importante dans l’histoire du réseau de la santé et des services sociaux au Québec. Elle est la mère des CLSC. Les gens qui y travaillent le font pour servir la population. La moindre des choses, c’est qu’ils soient reconnus pour leur travail. Souhaitons que l’employeur entende raison rapidement et que la négociation avance », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Syndicat des responsables en service de garde du BC Vos Tout-Petits–CSN

Le 29 janvier, le Syndicat des responsables en service de garde du BC Vos Tout-Petits–CSN a été reconnu pour représenter : « Toutes les personnes responsables d’un service de garde en milieu familial sur le territoire couvert par le bureau coordonnateur du CPE Vos Tout-Petits. »

À la suite de la période de maraudage, les responsables en service de garde de ce BC ont fait le choix de quitter l’Alliance des intervenantes en milieu familial de la Montérégie (CSQ) pour joindre la CSN.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central de la Montérégie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Association des Maisons de jeunes de Mirabel–CSN

À la suite du dépôt de la requête en accréditation le 20 décembre 2018, les travailleuses et travailleurs des six Maisons des jeunes de Mirabel ont été accrédités, pour représenter :

« Tous les salarié-es au sens du Code du travail »

Ils souhaitent se donner des outils pour répondre collectivement aux demandes de plus en plus insistantes du conseil d’administration de l’organisme.

Ce nouveau syndicat est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central des Laurentides et, bien entendu, à la CSN.

Ce que veut le personnel du réseau de la santé et des services sociaux, c’est servir la population

Un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) illustre que malgré une surcharge de travail constante, le personnel du réseau de la santé et des services sociaux ne demande qu’à améliorer les services à la population.

La FSSS–CSN a demandé au personnel du réseau quelle serait leur priorité si leur employeur leur donnait plus de temps. C’est 60 % des répondantes et répondants qui consacreraient ce temps à améliorer les services à la population. 43 % de ceux-ci profiteraient de ce temps pour donner des services plus humains aux usagères et usagers actuels alors que 17 % donneraient des services à des usagers qui n’en reçoivent pas actuellement.

En pleine crise de surcharge et d’épuisement, 25 % des répondantes et répondants en profiteraient plutôt pour prendre leurs pauses et leur heure de dîner et souffler un peu. 15 % utiliseraient ce temps pour remplir les nombreuses tâches administratives qui augmentent depuis la réforme Barrette, ce qui témoigne des dérives bureaucratiques de notre réseau. C’est 3216 personnes qui ont répondu au sondage de la FSSS–CSN entre le 28 janvier et le 7 février 2019.

« Ça fait des mois que le personnel du réseau tombe au combat. Et pourtant, quand on lui demande ce qu’il veut faire, la majorité souhaite donner de meilleurs services. Ça montre bien que ce qui sape le moral des troupes, c’est la déshumanisation des soins après des années d’austérité. Malgré la crise, le personnel pense d’abord aux autres. La population reconnaît leur contribution. Il est temps que le gouvernement en fasse de même! », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.