Rassemblés en assemblée générale le 26 avril, les employé-es d’entretien de la STM ont voté à 86 % en faveur de la recommandation du médiateur, mettant ainsi fin à une longue négociation avec la société de transport. Si la négociation a permis de freiner plusieurs demandes de recul de l’employeur, la lutte pour un financement adéquat du transport collectif doit se poursuivre pour assurer la pérennité des infrastructures de la STM.
Une négociation marquée par le sous-financement gouvernemental
La recommandation soumise aux parties par le médiateur, le 24 mars dernier, prévoit une augmentation salariale de 17,5 % sur 5 ans pour le groupe des métiers et de 16 % sur 5 ans pour le groupe de soutien, de même qu’une bonification du système de cumul et de reprise de temps et une amélioration du processus de grief et d’arbitrage. Le syndicat parvient aussi à freiner la majorité des demandes de recul de la STM, notamment en ce qui concerne la sous-traitance. La négociation des 2400 employé-es d’entretien aura duré plus de deux ans et aura nécessité la tenue de plusieurs jours de grève pour faire cheminer la STM. Cette négociation a été particulièrement difficile en raison du sous-financement chronique du transport collectif par le gouvernement.
« Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette négociation n’a pas été de tout repos. Notre mobilisation a permis de freiner bien des demandes de recul dans nos conditions de travail. Nous avons été confrontés à la fermeture de l’employeur et au désintérêt du gouvernement envers le transport collectif tout au long de la négociation. On doit maintenant poursuivre la bataille pour l’avenir du transport collectif », explique le président du Syndicat du transport de Montréal–CSN, Bruno Jeannotte.
« Alors que les infrastructures de la STM ont tellement besoin d’amour, il est pour le moins surprenant de voir à quel point cette négociation a été difficile. Le syndicat s’est tenu debout du début à la fin pour aller chercher la meilleure convention collective possible », de poursuivre la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Stéphanie Gratton.
Faire front pour une bonification du financement public du transport collectif
À quelques mois des élections, la CSN exige des engagements des partis politiques sur plusieurs enjeux, dont celui du transport collectif. La campagne Faire front pour le Québec se poursuit partout au Québec pour exiger des gestes concrets afin d’enclencher la transition juste. Les 1er et 2 mai prochain, des actions se tiendront un peu partout pour revendiquer un autre Québec.
« La négociation des employé-es d’entretien nous montre à quel point il est urgent de rehausser le financement du transport collectif. Plus de la moitié des stations du métro sont en mauvais état. Les gouvernements vont devoir en faire plus pour donner les moyens aux employé-es de la STM de bien entretenir les infrastructures et ainsi agir pour l’avenir de la planète », ajoute le président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Bertrand Guibord.
« Le gouvernement caquiste a une grande part de responsabilité dans cette négociation qui s’est prolongée. En menaçant d’utiliser sa Loi 14, il a invité la STM à s’asseoir sur ses mains plutôt que de négocier avec le syndicat. Par son manque d’intérêt pour le transport collectif, il a montré qu’il n’était pas à la hauteur. Pour la CSN, il est temps que les partis politiques s’engagent à bonifier le financement public du transport interurbain et du transport en commun des villes », de conclure la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
À propos
Le Syndicat du transport de Montréal–CSN, affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), regroupe près de 2400 travailleuses et travailleurs de la Société de transport de Montréal.
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.






