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Négociation à la STM

Les employé-es d’entretien en colère manifestent devant la STM

  • 13 Sep 2018
Montreal, Québec, Canada - 13 septembre 2018: Les employé-es d’entretien manifestent devant la STM contre les demandes de recul injustifiés Photo Normand Blouin

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Le Point syndical (hiver 2026)

Le Point syndical

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  • Si l’employeur n’arrive pas à donner les services à la population, il est le seul responsable - Gleason Frenette, président du Syndicat du transport de Montréal

Les travailleuses et travailleurs du Syndicat du transport de Montréal (STM), qui représente plus de 2400 membres, se sont réunis aujourd’hui devant les bureaux de la STM afin de condamner l’attitude de l’employeur à la table de négociation et sur la place publique. « La STM nous accuse de réduire le nombre d’autobus sur les routes, s’exclame le président du syndicat, Gleason Frenette. Mais nos membres n’ont fait aucun moyen de pression cet été! Si l’employeur n’arrive pas à donner les services à la population, il est le seul responsable. Après tout, c’est lui qui a récemment augmenté le nombre de lignes de bus sans accroître le nombre de véhicules ni celui des employé-es d’entretien pour répondre à la demande. C’est lui aussi qui s’est privé de personnel en procédant à un gel d’embauche de 2014 à 2017 », a-t-il ajouté.

Demande sur les horaires
Les manifestantes et manifestants ont aussi dénoncé la demande de la STM qui exige plus de flexibilité dans les horaires pour pouvoir créer ou augmenter des quarts de soir, de nuit et de fin de semaine. « L’employeur prétend faussement qu’il ne peut pas réparer les autobus durant le jour, puisqu’ils sont sur les routes. Mais les véhicules immobilisés pour bris ne le sont justement pas! Depuis plus de 15 ans, leur nombre varie entre 20 et 25 % de la flotte. Actuellement, il y en a plus de 500 qui sont immobilisés pour cause de bris ; c’est énorme. Ce nombre tournait autour de 560 à la mi-juillet. Cette explication est incompréhensible, car de nombreux équipements et ateliers sont disponibles le jour pour réparer les autobus », explique-t-il.

« Le manque d’autobus sur les routes relève d’abord et avant tout des mauvaises décisions de gestion de la STM. Avant de demander à ses employé-es d’augmenter leur disponibilité et de modifier leur horaire, pourquoi la STM ne commence-t-elle pas plutôt par maximiser la productivité en pourvoyant les postes actuellement budgétés qui sont vacants sur les trois quarts de travail ? Poser la question, c’est y répondre », enchaîne Gleason Frenette.

Embauches nécessaires
Bon an mal an, c’est environ 500 000 heures supplémentaires qui sont travaillées par les employé-es d’entretien de la STM. Un budget de plusieurs millions est d’ailleurs prévu chaque année par la Société des transports pour payer ces heures supplémentaires. Un budget qui n’est d’ailleurs jamais respecté. « Si on prend seulement le réseau des autobus, c’est 10 % de la charge de travail qui est basée sur les heures supplémentaires, illustre aussi la présidente de la fédération. Or, les heures supplémentaires ne sont pas obligatoires dans la convention collective. Avec les horaires réguliers, l’employeur est incapable d’assurer les services normaux à la population. La solution est simple : il faudrait créer plus de 250 postes à 40 heures semaine. Et c’est un minimum », poursuit-elle.

Nathalie Arguin et Gleason Frenette déplorent d’ailleurs la récente décision du Tribunal administratif du travail (TAT) qui a statué sur les services essentiels. « La décision du juge obligeait les membres à faire des heures supplémentaires alors que la convention ne l’exige pas. Le TAT leur demandait de fournir plus d’heures que ce que l’employeur est capable de fournir en temps normal, malgré toutes les heures supplémentaires qu’ils effectuent déjà. Cette décision limite de façon injustifiée leurs droits et nous allons la contester », affirment-ils tous les deux.

« La conciliation famille-travail est au cœur des préoccupations des employé-es, particulièrement chez les jeunes, enchaîne la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain CSN, Dominique Daigneault. Ceux-ci ne veulent plus travailler de soir ou de nuit durant huit ans et une fin de semaine sur deux. Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, l’employeur a donc tout intérêt à développer une meilleure attitude envers son personnel d’entretien. Avec le prolongement de la ligne bleue, les nouvelles voitures de métro, le REM qui risque d’amener de la clientèle supplémentaire et possiblement une ligne rose un jour, il n’aura pas le choix d’y voir. »

« Le syndicat est pris dans un cadre très serré avec la loi 24, alors qu’un grand nombre d’enjeux fondamentaux font encore l’objet d’une quarantaine de demandes de reculs importants de la part de l’employeur. Cette loi bafoue le droit fondamental de négocier librement et risque d’envenimer la négociation et les relations de travail plutôt que de faciliter un règlement harmonieux au bénéfice de tous. C’est vraiment déplorable, déclare pour sa part le président de la CSN, Jacques Létourneau. Tous les membres du Syndicat de transport de Montréal peuvent compter sur la CSN afin de les soutenir dans la lutte ardue qu’ils mènent pour de meilleures conditions de travail », a-t-il conclu.

  • Négociation, Secteur public, Travail et emploi
  • Conciliation famille-travail-études, Conditions de travail, Droits des travailleurs, Emploi, Manifestation, Moyens de pression, Services essentiels, Services publics, Transports
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

Pour information :Ariane Gagné Service des communications 514 349-1300

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