Le gouvernement s’apprête à adopter une des pires lois de l’histoire du Code du travail

La CSN, la CSQ et la FTQ déplorent l’adoption prochaine du projet de loi 3 par le gouvernement caquiste, alors que se terminait hier l’étude détaillée. À quelques mois des élections, le gouvernement préfère déséquilibrer davantage les relations de travail pour des motifs essentiellement idéologiques plutôt que de répondre aux priorités de la population, comme la crise du coût de la vie et l’accès aux services publics.

Si l’adoption de certains amendements vient clarifier sa portée, la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail demeure une nouvelle attaque de ce gouvernement contre les droits des travailleuses et des travailleurs. Ironiquement, l’ajout de nombreuses contraintes administratives qu’engendrerait le projet de loi 3 coûterait cher aux syndiqué-es. Cette bureaucratisation inutile de l’organisation syndicale nuira nécessairement à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Pour les trois grandes centrales, c’est au rôle d’acteur social des organisations syndicales que s’en prend le gouvernement qui souhaite les empêcher de lutter pour des gains profitant à la population.

Rappelons que le projet de loi 3 du ministre Jean Boulet s’ajoute à la loi 14, qui freine le droit de grève des salarié-es. En plus de ces atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement met de l’avant plusieurs projets de loi préoccupants, comme le projet de loi 1 et le projet de loi 9, au point où le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) s’inquiètent publiquement d’une dérive autoritaire et d’un effritement de l’État de droit.

« Ce gouvernement laissera deux choses derrière lui : les pires lois contre les travailleuses et les travailleurs adoptées depuis des décennies et une inaction incompréhensible face aux enjeux qui préoccupent la population. Avec la démission de François Legault, nous aurions souhaité que ce gouvernement change de cap et se concentre sur les priorités des citoyennes et des citoyens. Il a plutôt préféré faire plaisir aux patrons en allant de l’avant avec ce projet de loi que nous jugeons inconstitutionnel », déclarent Caroline Senneville, présidente de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, et Magali Picard, présidente de la FTQ.

« Les organisations syndicales ont toujours été au rendez-vous pour améliorer la vie des Québécoises et des Québécois. Est-il besoin de rappeler que les luttes syndicales ont permis le développement des CPE, la mise en place de l’équité salariale et le déploiement de nos services publics, notamment en éducation et en santé ? Avec ces projets de loi qui attaquent les travailleuses et les travailleurs, la CAQ tente de museler les contre-pouvoirs. Nos organisations demandent aux candidats à la succession de François Legault de s’engager à ne pas adopter ce projet de loi. Dans les derniers jours, ils se sont distancés de certaines mauvaises décisions du gouvernement, notamment quant à l’abolition du PEQ. Il n’est pas trop tard pour en faire autant avec le projet de loi 3. Les autres partis politiques doivent aussi s’engager à retirer cette loi », de conclure les présidences des trois grandes centrales syndicales.

Les organisations syndicales dénoncent une discrimination envers les travailleuses du Québec

Les organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation déposent aujourd’hui devant la Cour supérieure des contestations constitutionnelles visant à faire invalider les dispositions discriminatoires de la Loi 28, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail, issue du projet de loi 101.  

Cette loi exclut les travailleuses et les travailleurs de ces secteurs du régime général de prévention en santé et sécurité du travail, pourtant prévu pour l’ensemble des milieux de travail du Québec, les reléguant à des mesures de prévention inférieures. Les porte-paroles des organisations syndicales dénoncent d’une même voix une décision qui perpétue un désavantage historique envers les femmes, puisque cette exclusion frappe de plein fouet des secteurs où elles sont largement majoritaires. 

« Le gouvernement sait très bien que ce sont les travailleuses de ces secteurs qui subissent les risques les plus élevés en santé et sécurité. Le ministre du Travail reconnaissait et dénonçait lui-même cette discrimination historique en 2021. Et pourtant, quatre ans plus tard, il choisit de les exclure du régime général de prévention. Cette discrimination et cette atteinte directe au droit à l’égalité ne peuvent être tolérées », déclarent conjointement les porte-paroles syndicaux Robert Comeau (APTS), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ), Mélanie Hubert (FAE), Julie Bouchard (FIQ) et Olivier Carrière (FTQ).  

Rappelons qu’en 2021, le Québec avait enfin modernisé son régime de santé et sécurité du travail grâce à la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST), permettant aux travailleuses de secteurs historiquement négligés d’obtenir les mêmes protections que celles offertes depuis 1979 aux milieux industriels. Le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement devait compléter ce déploiement en 2025, en tenant compte des risques réels et des réalités propres aux femmes. Or, en adoptant la Loi 28, le gouvernement a choisi de retirer les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation du régime, les reléguant à des mesures de prévention nettement inférieures, même à celles prévues pour les secteurs les moins à risque de l’économie. Et ce, malgré le fait qu’en 2024, plus du tiers de tous les accidents du travail reconnus au Québec provenaient des secteurs de l’éducation, des soins de santé et de l’assistance sociale. Et pourquoi ? Parce que ça coûterait trop cher au gouvernement. 

« Nous refusons que les femmes qui soignent, enseignent, accompagnent et soutiennent notre société soient reléguées à un régime de seconde zone. Nous nous devons de dénoncer, de contester et de nous battre pour les travailleuses que nous représentons, pour notre société, mais aussi pour les patients, les enfants et l’ensemble de la population qui ont besoin de nos réseaux publics. » 

Les organisations syndicales réaffirment leur détermination à obtenir justice et à faire reconnaître que l’exclusion imposée par la Loi 28 est non seulement injustifiée, mais qu’elle est aussi inconstitutionnelle. Elles réclament que l’article 46 de la Loi soit invalidé et que les travailleuses de la santé, des services sociaux et de l’éducation bénéficient enfin des protections auxquelles elles ont droit. 

Organisations contestant la Loi 28 et prenant part au dépôt coordonné des recours : 

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)   

Confédération des syndicats nationaux (CSN) 

  • Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN)
  • Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
  • Fédération des professionnèles (FP-CSN)
  • Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

Centrale des syndicats du Québec (CSQ) 

  • Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
  • Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
  • Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ)
  • Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)
  • Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ)
  • Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)

Fédération autonome de l’enseignement (FAE) 

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) 

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) 

  • Syndicat canadien de la fonction publique, SCFP (FTQ)Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, SEPB (FTQ)
  • Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298, SQEES-298 (FTQ)
  • Union des employés et employées de service, UES 800 (FTQ)

Santé Québec – Un constat d’échec qui ne surprend personne

Lors de la création de Santé Québec, l’ancien ministre Christian Dubé assurait que la nouvelle agence permettrait de rendre le système de santé plus efficace et d’améliorer l’accessibilité du réseau. Après un peu plus d’un an, les résultats d’un récent sondage Léger rendu public dans La Presse démontrent clairement que le gouvernement et son agence ont échoué sur toute la ligne. Le jugement des Québécoises et des Québécois est sans appel : Santé Québec est un monstre bureaucratique inefficace, centralisateur et inutile.

Affamer les services pour enrichir les cadres et le secteur privé

Ce constat d’échec n’est guère surprenant. Plus des trois quarts des personnes interrogées estiment que les soins offerts par les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux sont de bonne qualité, mais que le réseau fonctionne mal. Pourtant, le gouvernement et les têtes dirigeantes de Santé Québec ont plutôt décidé de sabrer dans les services pour ériger une nouvelle mégastructure, lourde et gourmande.

Depuis sa mise en œuvre, Santé Québec impose systématiquement un régime minceur au personnel et aux services directs à la population, tout en multipliant les postes de cadre et les contrats accordés à des firmes privées à but lucratif.

De façon concrète, cela s’articule en un cercle vicieux particulièrement pervers. D’un côté, on abolit des postes sur le terrain et on coupe dans les services à la population, ce qui encourage la main-d’œuvre et la patientèle à migrer vers le secteur privé. De l’autre, on crée des postes de cadre généreusement rémunérés et on ouvre de plus en plus grand la porte aux cliniques privées, qui peuvent désormais s’enrichir sans vergogne en vendant à fort prix les services qui étaient auparavant accessibles gratuitement dans le réseau public.

La boucle est ainsi bouclée. Le réseau public continue de s’appauvrir à mesure qu’on lui impose des compressions et que le secteur privé le vampirise de son personnel et de son expertise. Il n’est alors plus en mesure de fournir les services dont la population a besoin, laissant ainsi toute la place au privé, qui continue de s’enrichir avec la maladie.

Donner un coup de barre avant de frapper l’iceberg

À la lumière de ce constat d’échec et du verdict populaire sans équivoque, il est évident qu’un changement de cap radical s’impose. Heureusement, en ce moment et pour les prochains mois, le contexte politique québécois est propice aux recalibrages et aux prises de positions courageuses et innovantes.

Par conséquent, nous demandons à toute personne et à tout parti politique aspirant à gouverner le Québec de s’engager à écouter la population et à renverser cette tendance qui menace notre système de santé et de services sociaux.

Les Québécoises et les Québécois veulent d’un gouvernement qui investit dans le personnel soignant plutôt que dans les structures administratives. Elles et ils veulent des soins et des services accessibles et gratuits, plutôt que des bris de services et des entreprises qui s’enrichissent grâce à leur maladie.

Donnons-leur maintenant, avant que notre réseau public ne soit réduit à une coquille vide.

David Bergeron-Cyr, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ;
Françoise Ramel, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ);
Luc Beauregard, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ);
Sonia Bureau
, présidente par intérim du Conseil provincial des affaires sociales du Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP) ;
Émilie Charbonneau, première vice-présidente de l’Alliance de personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ;
Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ;
Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ;
Déreck Cyr, président de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) ;
Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES) ;
et Martin Trudel, troisième vice-président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Consultez le sondage Léger

Santé et services sociaux – Des organisations syndicales sensibilisent les partis de l’opposition lors d’une journée de lobbyisme

Alors que le réseau de la santé et des services sociaux ne cesse de se dégrader et peine à offrir des soins et des services de qualité, les organisations syndicales présentes dans ce même réseau unissent aujourd’hui leurs voix lors d’une journée de lobbyisme. Elles seront présentes dans les murs de l’Assemblée nationale afin de rencontrer les partis de l’opposition pour leur proposer des solutions porteuses pour un réseau public, gratuit et universel.

Quatre grands thèmes à l’ordre du jour

Les organisations syndicales exposeront à certain-e-s élu-e-s des groupes d’opposition leurs pistes de solutions à mettre en place sur quatre thèmes précis : la décentralisation et la valorisation des CLSC, le soutien à domicile, l’assurance médicaments publique universelle et la souveraineté numérique. « Préoccupées par les lois et les orientations politiques ayant des conséquences directes sur les conditions de travail et d’exercice de nos membres de même que sur la dispensation des soins et services à la population, nos organisations entreprennent cette démarche qui se veut constructive. Ça fait près de trois ans que nous travaillons ensemble sur une base régulière. Représentant une multitude de travailleur‑euse‑s du réseau qui sont issu-e-s de domaines variés, nous avons fait le choix d’unir nos forces afin de ramer dans le même sens et porter la voix des membres et, ultimement, celles des patient-e-s », de déclarer Émilie Charbonneau, 1ère vice-présidente de l’APTS, David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN, Luc Beauregard, secrétaire‑trésorier de la CSQ, Déreck Cyr, président de la FSQ-CSQ, Réjean Leclerc, président de la FSSS-CSN, Marie-Michèle Doiron, vice-présidente de la FP-CSN, Françoise Ramel, vice-présidente de la FIQ, Sonia Bureau, présidente par intérim du CPAS-SCFP, Martin Trudel, troisième vice-président du SPGQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Changer la recette

Pour les organisations syndicales, un constat d’échec se dégage des réformes successives imposées au réseau de la santé et des services sociaux depuis des dizaines d’années : l’accès aux soins et services pour la population ne s’est jamais amélioré. « Alors que le Québec est plongé dans une instabilité politique et que les élections provinciales se pointent à l’horizon, nous sommes d’avis que le moment était tout désigné pour rappeler aux parlementaires qu’il est grand temps de changer la recette. On ne peut pas penser utiliser, année après année, les mêmes ingrédients et espérer un résultat différent. Écouter les propositions de celles et ceux qui sont au cœur de ce réseau, voilà la seule et unique voie pour espérer réellement renverser la vapeur », de poursuivre les porte-parole.

 

Les organisations syndicales déplorent que ni la voix des citoyen-ne-s ni celles des travailleur‑euse‑s ne sont prises en compte actuellement par le gouvernement. L’offre de soins et de services, les listes d’attente, les problèmes de pénurie de main‑d’œuvre doivent revenir au cœur des priorités. « À cela s’ajoute la centralisation accrue qui éloigne la prise de décisions, l’insuffisance des mécanismes de reddition de compte pour les décideur-eure-s et l’ouverture de plus en plus grande au privé. Profondément attachées au réseau public de la santé et des services sociaux, c’est dans cet état d’esprit que nos organisations réitéreront aujourd’hui aux parlementaires l’importance d’être à l’écoute de solutions qui pourraient grandement améliorer le réseau ».

S.O.S. CAQ à la dérive

Après avoir perdu sa boussole, la CAQ navigue désormais à vue, ayant perdu également son capitaine, François Legault, qui a annoncé sa démission le 14 janvier dernier.

Malgré ce qu’il continuait de marteler sur toutes les tribunes avant le congé des Fêtes, M. Legault a dû se rendre à l’évidence : il n’était plus l’homme de la situation.

Ce n’est pourtant pas d’hier que le navire de la CAQ prend l’eau. Fustigé par l’opposition et par les groupes de la société civile, le gouvernement de François Legault s’est enlisé dans une inquiétante dérive autoritaire depuis son dernier remaniement ministériel, pourtant censé relancer son parti.

Pendant que des milliers de ménages peinent à se loger et à joindre les deux bouts, le gouvernement a préféré gérer à courte vue, laissant les inégalités se creuser.

— Caroline Senneville, présidente de la CSN

Après des mois à s’attaquer aux contre-pouvoirs avec, au premier chef, les organisations syndicales, le gouvernement était certain qu’il ferait bouger l’aiguille des intentions de vote en sa faveur. Or, lorsqu’on regarde les derniers coups de sonde qui placent la CAQ en troisième position, voire en quatrième position, derrière le Parti conservateur d’Éric Duhaime, le constat d’échec est encore plus retentissant.

Déconfiture et déconnexion

Cette sinistre déconfiture met aussi en lumière la déconnexion totale de ce gouvernement à l’égard des besoins réels de la population. Crise du logement hors de contrôle, explosion du coût de la vie, cafouillage en immigration avec la fin du Programme de l’expérience québécoise. Les signaux d’alarme se sont multipliés, sans jamais provoquer un véritable changement de cap. Pendant que des milliers de ménages peinent à se loger et à joindre les deux bouts, le gouvernement a préféré gérer à courte vue, laissant les inégalités se creuser.

La course à la succession de François Legault n’a cependant rien de rassurant. Le duel qui s’annonce entre Christine Fréchette et Bernard Drainville se déroule dans un climat de surenchère et de calcul politique, bien loin des préoccupations des travailleuses, des travailleurs et de la société en général.

Le cas de Drainville est particulièrement révélateur : à force de vouloir flatter les bas instincts, il verse dans un populisme élémentaire, n’hésitant pas à relayer de fausses informations pour discréditer le mouvement syndical. L’épisode de l’ambulance prétendument vandalisée lors d’une récente manifestation à Québec – alors qu’elle était destinée à la ferraille – illustre jusqu’où peut aller cette dérive quand on est prêt à tout pour nourrir ses ambitions personnelles.

Faire front, tant qu’il le faudra

Heureusement, devant un tel mépris, la CSN, de concert avec ses alliés de la société civile, continue de faire front. Le 29 novembre dernier, nous étions plus de 50 000 personnes dans les rues de Montréal pour dénoncer cette déconcertante dérive de la CAQ et exiger un véritable changement de direction. Ce rassemblement mémorable n’était pas un point final, mais bien un point de départ. Notre campagne Faire front se poursuit et s’intensifiera au cours des prochains mois.à

Au menu : escalade des moyens de pression et renforcement de nos alliances avec nos partenaires des mouvements sociaux pour converger autour du 1er mai, moment fort de la mobilisation. Nous porterons également plusieurs revendications sur la place publique afin d’interpeller l’ensemble des formations politiques pour connaître leur positionnement. À l’approche des élections d’octobre 2026, il est urgent d’adresser à tous les partis politiques un message clair : ils doivent écouter la société civile, y compris les syndicats, et exiger des engagements concrets de la part de celles et ceux qui aspirent à diriger le Québec.

Mais dans l’intervalle, en attendant de connaître celui ou celle qui reprendra la barre de ce gouvernement en fin de piste, une chose est certaine : la CSN ne baissera pas les bras et continuera à se mobiliser… tant qu’il le faudra.

Petit S.O.S. afin d’éviter le naufrage : per­sister dans la même veine de confrontation avec les organisations syndicales ne sera jamais payant. La seule chose sensée à faire dans les circonstances est d’abandonner les projets de loi liberticides, à commencer par le projet de loi 3.

Insécurité alimentaire: des solutions novatrices

En décembre 2025, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs en intervention communautaire (STTIC) ont voté une résolution novatrice. Celui-ci permettra au syndicat de rembourser à l’avance les dépenses reliées aux repas des salarié-es libérés pour activités syndicales.

Un coup de pouce qui aide grandement, dans un contexte d’insécurité alimentaire, alors que ce fléau touche de plus en plus la classe moyenne selon l’Observatoire québécois des inégalités.

Entre 2019 et 2023, la proportion de la population, dite de la classe moyenne, en situation d’insécurité alimentaire est passée de 8 % à 18,5 %. Ce dernier pourcentage représente 322 000 personnes.

« Notre monde œuvre en intervention communautaire, nos travailleurs et travailleuses ne font pas de gros salaires, relate la présidente par intérim du STTIC, Rosalie Bezeau-Faucher. Ils sont de la classe moyenne. »

« Le syndicat a constaté qu’avec la hausse du coût de la vie des dernières années, il était difficile de joindre les deux bouts, poursuit-elle. Certains membres justifiaient qu’ils ne mangeaient pas lors de libérations syndicales en prétextant ne pas avoir faim ou en disant qu’ils allaient manger plus tard. »

Ne voulant pas rendre les gens inconfortables en abordant cette situation encore taboue dans la société, cette solution d’avance de fonds vient régler efficacement le problème.

« Nous ne voulions pas que les gens se sentent mal à l’aise. C’est malheureux que ça soit tabou, ça ne devrait pas l’être », plaide la présidente.

Cette initiative est venue s’ajouter à une autre déjà mise en place par le syndicat en 2023, soit le tirage de cartes-cadeaux d’épiceries dans les assemblées générales et lors d’événements syndicaux. Un incitatif qui, d’autre part, leur a permis de régler le problème de quorum.

Le droit de grève dans l’œil de la Cour suprême

Le ministre Boulet l’admet d’emblée : sa nouvelle loi vise à élargir la notion de « services essentiels » afin que le Tribunal administratif du travail (TAT) s’éloigne d’une interprétation trop restrictive des limitations pouvant être apportées au droit de grève. « Il faut penser à de nouveaux critères de détermination de ce qui constitue un service à maintenir [lors d’un conflit de travail] », exprimait-il quelques semaines avant de déposer son projet de loi 89, sanctionné depuis comme loi 14.

Ces nouveaux critères, la loi les définit ainsi : des services devront être « minimalement requis pour éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité ».

« Il s’agit d’un virage à 180 degrés, y compris pour Jean Boulet lui-même », souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. En 2019, lors du dépôt de son projet de loi 33, rendu nécessaire pour corriger les balises au droit de grève du secteur public à la suite de l’arrêt Saskatchewan de la Cour suprême, le ministre du Travail avait à l’époque déclaré que seule « la protection de la santé ou de la sécurité publique » devait être retenue comme critère général acceptable pouvant entraver le droit de grève, dorénavant hissé au statut de droit fondamental.

Le ministre avait raison… en 2019

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, souligne à grands traits la contestation juridique de la CSN. Non seulement l’arrêt Saskatchewan identifiait clairement les limites acceptables au droit de grève (la santé et la sécurité de la population ; une urgence nationale extrême ; ou encore à l’endroit de salarié-es de la fonction publique qui exercent un pouvoir au nom de l’État), celles-ci sont également reconnues par le droit international comme étant les seules restrictions admissibles.

Lorsque des restrictions au droit de grève sont possibles en regard des trois critères mentionnés plus haut, les balises se doivent d’être serrées, de façon à porter « le moins possible » atteinte au droit de grève, stipulent tant le droit canadien que le droit international. En ce sens, les mesures ne doivent être ni arbitraires, ni inéquitables, ni fondées sur des considérations irrationnelles.

À la lecture de cette loi, dont l’objectif est de ne pas affecter « de manière disproportionnée la sécurité sociale, économique ou environnementale, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité », force est de constater que la loi s’appuie sur « une définition très large référant à des concepts encore plus larges et peu juridiques », pourfend le recours juridique de la CSN.

« Mais d’ici à ce que cette loi soit invalidée, le TAT devra l’appliquer… et rendre des décisions qui sont contraires à la jurisprudence établie par l’arrêt Saskatchewan », s’inquiète Caroline Senneville.

L’arbitrage de différends obligatoire

Un deuxième mécanisme de la loi 14 pourrait difficilement passer le test de la Cour suprême : le pouvoir que s’accorde le ministre de mettre fin à une grève, par simple décret, s’il estime que celle-ci « cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population ». Dans de telles situations, aux contours des plus flous, le ministre pourrait alors imposer un arbitrage pour se substituer à la négociation.

La jurisprudence est pourtant claire : lorsqu’un droit fondamental est entravé, le mécanisme de rechange se doit d’être juste, adéquat, indépendant et impartial. Ici, l’arbitrage n’est pas imposé par un tiers neutre et impartial, mais bien par un ministre dans l’exercice d’un pouvoir discrétionnaire fort peu encadré qui court-circuite les processus habituels et démocratiques d’adoption d’une loi.

Aux yeux de la jurisprudence, l’arbitrage obligatoire ne peut s’avérer un substitut valide, puisqu’il « sera toujours à l’avantage de la partie patronale, il aura pour effet de briser tout le rapport de force d’un syndicat, l’empêchant d’obtenir des gains », précise le recours de la CSN en Cour supérieure.

Un effet paralysant sur toutes les négociations

L’impact de cette possibilité d’être visé par un décret créera un effet paralysant sur toutes les négociations : nombre de syndicats seront confrontés à la possibilité toujours latente de voir sa grève être complètement arrêtée. Les débrayages les plus impopulaires risqueront d’être jetés à la vindicte populaire. Une véritable épée de Damoclès pour les syndicats qui voudraient envisager la grève dans la construction de leur rapport de force.

Et l’indépendance des tribunaux, dans tout ça ? Qu’arrivera-t-il lorsque le ministre, insatisfait d’une décision du TAT sur les services essentiels, décidera d’assujettir le même syndicat aux services minimalement requis pour assurer le bien-être de la population ?

Pour la présidente de la CSN, il s’agit clairement d’un « droit d’appel détourné dans les mains du ministre », qui risque de mettre à mal la stabilité des décisions du TAT.

Le gouvernement prend le mauvais virage

Les entreprises privées ou encore d’économie sociale jouent déjà un rôle dans le soutien à domicile. À l’origine, la contribution de ces entreprises devait être complémentaire aux soins du réseau public, offerts par les ASSS. Mais au fil du temps, ces organisations ont pris de plus en plus de place. On leur confie davantage de responsabilités qui devraient revenir aux ASSS, beaucoup mieux formées et surtout, complètement intégrées aux équipes multidisciplinaires en soutien à domicile.

« Nous avons suivi une formation professionnelle rigoureuse sur plus d’un an, explique Alexandra. Le personnel externe reçoit un enseignement qui se donne sur trois mois. C’est le temps que ça prend juste pour le bloc concernant le déplacement sécuritaire des patients ! C’est nous, les ASSS du CLSC, qui sommes appelées à compléter la formation des employées externes, parce qu’elles ne peuvent faire face à toutes les situations ».

La loi confie aux ASSS des actes médicaux autrefois réservés au personnel infirmier. Leur travail comporte également une forte dimension sociale alliant écoute et conseils, tant pour les bénéficiaires eux-mêmes que pour leurs proches et leur famille. « Parfois, on doit intervenir dans des situations de crise. Nous avons été formées pour faire face à toutes sortes de conditions psychosociales. Ce n’est pas nécessairement le cas des intervenantes du privé. »

La plus grande valeur ajoutée des ASSS dans le réseau, c’est qu’elles sont complètement intégrées à l’équipe multidisciplinaire du CLSC. « On collabore étroitement avec toutes les personnes professionnelles. Chaque semaine, on fait le point avec toute l’équipe. On échange sur les besoins de chaque bénéficiaire et on s’entend sur une marche à suivre. On développe des connaissances cliniques. Ce n’est pas le cas du personnel externe », déplore Alexandra Charland.

Les gens en perte d’autonomie peuvent recevoir une allocation de l’État, à dépenser auprès d’une entreprise pour recevoir de l’aide à domicile. Initialement, leur rôle devait se limiter à de l’aide domestique, comme l’entretien ménager ou la préparation de repas. Avec le temps, et le manque d’investissement dans les services publics, le rôle du privé s’est considérablement élargi. Aujourd’hui, l’apport du privé ne se limite plus au ménage et aux repas : il englobe aussi les soins fournis aux bénéficiaires. Or, ce ne sont pas toutes les usagères et tous les usagers qui ont les moyens de se payer ces services.

Alexandra note d’ailleurs que les problèmes socio-économiques sont de plus en plus criants pour une grande part de la clientèle, dont les besoins sont fréquemment plus lourds qu’avant. « On observe plus de pauvreté, plus de détresse sociale. On relève plus souvent des milieux de vie insalubre. Clairement, en misant sur le concept d’utilisateur-payeur, de plus en plus de gens auront de la difficulté à débourser pour les services requis. »

Le 29 janvier, le gouvernement de la CAQ a dévoilé une nouvelle politique nationale de soutien à domicile. Il entend miser, plus que jamais, sur les entreprises privées ou d’économie sociale pour offrir les services, y compris des soins à la personne, au détriment des services publics déjà existants dans les CLSC, grandement sous-financés. Pour la CSN, le gouvernement fait fausse route : il faudrait bien davantage renforcer le rôle des CLSC et miser notamment sur les 7 000 auxiliaires aux services de santé et sociaux, mieux formées et complètement intégrées aux équipes pluridisciplinaires, qui assurent un véritable continuum de soins.

Les universités n’arrivent plus

Le sous-financement des universités, depuis plusieurs années, est manifeste. Mais la récente compression de 4 % du budget de fonctionnement pour l’ensemble des établissements dans le dernier cadre budgétaire du Québec fait mal. Cette décision survient alors que les coûts de système explosent et que les infrastructures se détériorent.

Les récents resserrements appliqués au Programme des étudiants étrangers affectent également le financement de la majorité des universités. C’est particulièrement vrai pour les programmes de deuxième et troisième cycles, pour lesquels les frais de scolarité y sont de quatre à cinq fois plus élevés pour les étrangers que pour les résidents et résidentes du Québec.

« Il faut investir dans l’avenir de notre société et ne pas brimer toute une génération. Si l’on veut être un chef de file en innovation, nous devons former des diplômé-es du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat », indique la vice-présidente de la FNEEQ–CSN et responsable politique des syndicats de chargé-es de cours universitaires, Christine Gauthier.

« Si les budgets ne sont pas suffisants pour couvrir les salaires et les autres frais d’exploitation, les universités vont être déficitaires. Il faudrait ajuster le montant alloué par étudiant », affirme pour sa part Ryan William Moon, vice-président de la FP–CSN, qui représente plus de 2000 professeur-es d’université. Ce dernier cite d’ailleurs en exemple Concordia, qui affiche à elle seule un déficit de 100 millions de dollars.

L’impact des déficits

Les universités qui déclarent un déficit budgétaire doivent négocier des arrangements avec le gouvernement pour retrouver rapidement l’équilibre. Il y a donc un risque d’influence externe sur l’offre de cours et l’agrandissement des groupes.

L’instauration de gels d’embauche et la diminution de services aux étudiantes et étudiants, en orientation ou en appui psychologique, par exemple, sont aussi relevées dans un contexte de compression. Ryan William Moon s’inquiète par ailleurs que cette précarité universitaire augmente le nombre de partenariats avec le privé, ajoutant ainsi à la menace qui pèse déjà sur la liberté académique. Ce dernier rappelle que le président Trump ne se gêne pas pour lier le financement des universités à certaines de ses orientations idéologiques. Le déficit crée une vulnérabilité dans le processus de ce genre d’interventions.

Le personnel du soutien scolaire victime de violence

«Le jeune charge la technicienne en éducation spécialisée, la fait basculer et lui saute dessus jusqu’à ce qu’elle hurle de douleur. » « J’ai été frappée à l’œil et j’ai perdu la vue, je suis toujours suivie par un ophtalmologue, je vois flou. » « Coups de poings, morsures, claques au visage, coups de pied, insultes… j’ai craqué, je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois : stress post-traumatique dû aux agressions. » Ce ne sont là que quelques extraits des centaines d’histoires qu’a reçues le secteur du soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Ces cris du cœur collectés par la fédération font suite à l’annonce, en octobre 2025, des résultats d’un sondage sur les risques psychosociaux mené auprès de plus de 6 000 travailleuses et travailleurs du soutien scolaire. Les résultats sont troublants : 52 % disent avoir été victimes de violence physique directe. Si, dans la majorité des cas, on parle de cris avec colère (61 %) ou de langage grossier (62 %), on relève aussi des proportions alarmantes d’attaques avec objets (24 %), de conduites déplacées à caractère sexuel (propos 18 %, gestes 9 %) et même, dans 14 % des cas, de menaces de mort.

En marge du dévoilement de ces statistiques effarantes lors d’un colloque regroupant les syndicats, Annie Charland, présidente du secteur, ne mâche pas ses mots. « Ça n’a juste pas de sens qu’on tolère un tel niveau de violence. Et c’est pire qu’avant. On a sondé les membres avec les mêmes questions qu’avait posées l’Institut national de santé publique du Québec en 2022 et tous les chiffres sont plus élevés. Les membres sont à bout, on en a un sur quatre qui songe à quitter son emploi ! »

Forte d’une longue expérience syndicale, Annie témoigne sans hésitation de l’envergure de la crise. « Ce n’est pas mêlant, dénonce-t-elle, on n’a jamais vu ça. Plus de 60 % de notre monde rentre au travail malgré des problèmes de santé. L’appui des supérieurs est au plus bas et il n’y a aucune reconnaissance, ni pour le travail accompli ni de la violence qu’on subit. Le ministère de l’Éducation, les commissions scolaires et les centres de services scolaires doivent s’asseoir et trouver des solutions pour protéger la santé et la sécurité du personnel de soutien. »

« On l’a souvent répété et on sait que l’image est forte, conclut Annie, mais est-ce que ça prendra un mort pour que le gouvernement agisse ? On se le demande pour vrai. »

Quand l’esprit de solidarité fait la différence

À la table de négociation, l’employeur refuse de considérer les contre-propositions financières du syndicat, pénalisant les éducatrices, mais aussi des centaines de parents de la région.

Plutôt que d’ouvrir la discussion avec le comité de négociation, la direction a préféré déposer une demande au Tribunal administratif du travail (TAT) pour forcer la fin de la grève et la reprise des services minimaux au CPE, et ce, dès le premier jour de l’entrée en vigueur de la loi 14. Le 6 février, le gouvernement a finalement accepté la demande patronale, en adoptant un décret en ce sens. Au moment d’écrire ces lignes, le TAT n’avait pas encore rendu de décision. Toute la CSN suit ce dossier de près. Il s’avère le premier cas d’application de cette loi, dont nous avions dénoncé l’adoption, car elle menace l’équilibre du rapport de force, au détriment des salarié-es.

Depuis trois mois, les employées du Jardin de Robi paient très cher pour l’entêtement acharné de leur employeur. Lors des derniers conseils fédéraux de la FSSS–CSN et de la FEESP–CSN, et aussi lors du conseil confédéral de décembre, les travailleuses ont pu compter sur un généreux élan de solidarité de la part du mouvement. Au terme de ces trois événements, une somme frisant les 25 000 $ a été amassée, leur permettant ainsi de se tenir debout, fortes et fières, jusqu’à l’obtention d’un règlement satisfaisant.

« La générosité de nos camarades nous touche beaucoup », souligne Nathalie Duperré, présidente du Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Grâce aux sous récoltés, les travailleuses peuvent tenir la minute de plus. Les appuis qu’elles reçoivent quotidiennement durant cette importante lutte sont très précieux. »

Hommage à une militante d’exception

Actuellement membre du comité confédéral LGBT+ de la CSN et fondatrice du comité de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres de la FNEEQ–CSN, Dominique conçoit le syndicalisme et la défense des droits de la personne comme deux combats indissociables. Au sein de son syndicat local, elle a mis pendant plusieurs années son engagement au service de l’avancement des droits et de la reconnaissance des minorités sexuelles.

Pour Dominique, « l’essence même du syndicalisme est la recherche de la justice. C’est une force structurante qui nous donne les moyens de mener nos luttes jusqu’au bout.

C’est grâce à la volonté de la confédération de lutter sur tous les fronts qu’on parvient à faire avancer la société et à mettre en place des mesures concrètes pour défendre les droits des minorités sexuelles », affirme-t-elle.

Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN et responsable politique du comité LGBT+, souligne que l’impact social de la CSN va de pair avec l’engagement de militante comme Dominique Dubuc. « La CSN a eu de l’influence dans le respect des libertés des communautés LGBT+, notamment grâce à l’implication de personnes aussi brillantes que Dominique. C’est cette diversité de perspectives et de luttes qui fait la force de notre mouvement aujourd’hui », affirme-t-elle.

Dominique constate toutefois avec inquiétude que, malgré des avancées importantes, les minorités sexuelles se retrouvent de plus en plus dans la ligne de mire de discours démagogiques. « Les minorités sexuelles, au sens large, servent aujourd’hui de boucs émissaires pour tout ce qui ne fonctionne pas dans notre société. Nous nous sommes battus pendant des décennies pour que nous et nos enfants ayons les mêmes droits que tout le monde. Or, on observe maintenant qu’il est politiquement payant de stigmatiser et de marginaliser davantage certaines communautés », déplore-t-elle.

TOP 5: les pires employeurs de 2025

1. Amazon

Champion poids lourd de l’antisyndicalisme. Un premier entrepôt se syndique au Québec. Résultat, Amazon ferme tout et jette 4500 personnes à la rue. Punir, intimider, enrayer les syndicats : une multinationale prête à tout pour écraser les droits des travailleuses et des travailleurs. Le TAT tranchera et, souhaitons-le, la solidarité vaincra.

2. Béton Provincial

Acheter, verrouiller, appauvrir. Béton Provincial a mis 50 salariés en lock-out, fin 2024, en pleine saison morte, après l’acquisition des installations de Demix. La récompense pour plusieurs années de service : la rue. Gel salarial, retraite abolie, assurances charcutées. Un manuel du parfait mauvais boss. Malgré cela, les gars demeurent déterminés à se faire respecter !

3. Renaud-Bray

Le mépris patronal en format poche. Déjà reconnue coupable de négociation de mauvaise foi, l’entreprise Renaud-Bray s’entête : rémunération à peine au-dessus du salaire minimum, briseurs de grève, refus de négocier et fermeture. Plus d’un an de conflit et une seule stratégie : user, décourager, fermer, pour tenter de faire taire les voix syndicales. Inadmissible. Point.

4. Société de transport de Montréal

Plus de 120 rencontres, zéro volonté. La STM a sciemment joué la montre, comptant sur les lois spéciales et le recul des droits syndicaux pour bloquer toute entente. Négocier ? Non. Éterniser le processus et compter sur l’affaiblissement des droits des travailleuses et travailleurs ? Oui. Une société publique qui se comporte comme le pire des employeurs privés.

5. Gouvernement du Québec

Salaires gelés en services préhospitaliers, en milieu correctionnel ou à l’aide juridique. Primes fantômes, droits piétinés… Comme employeur, force est de constater que Québec fait piètre figure. Il laisse traîner les négociations dans plusieurs secteurs parapublics et affaiblit la prévention en santé et sécurité du travail. Donner l’exemple ? Raté. Exploiter par des politiques anti-travailleuses et anti-travailleurs ? Réussi.

Spécial 8 mars: féminisme tout terrain

Pensons aux congés parentaux, à la santé et sécurité du travail – à travers des luttes contre le harcèlement – ou encore au salaire minimum. D’abord et avant tout des enjeux d’équité pour les femmes, tout le monde bénéricie aujourd’hui des fruits des luttes féministes.
À la CSN, le féminisme a autant de visages qu’il y a de membres. À l’occasion du 8 mars, le Point syndical s’est entretenu avec deux travailleuses pour prendre le pouls de l’engagement féministe en 2026.

Féminisme dans un métier non traditionnel

Catherine travaille chez Énergir depuis six ans. Elle fait partie des 16 % de femmes dans l’entreprise parmi le groupe CSN et des 25 % de femmes chez les techniciennes de l’exploitation du réseau. Elle est également vice-présidente de la condition féminine de son syndicat. Si le distributeur d’énergie démontre une certaine maturité en matière d’équité normative, des angles morts liés au genre peuvent toutefois persister. Catherine donne l’exemple des uniformes. Les modèles pour femmes sont inconfortables alors que la majorité des travailleuses sur le terrain ont besoin de bouger facilement. Elles finissent souvent par se procurer le modèle pour hommes, plus ample.

Les enjeux d’équité font leur chemin jusqu’à la table de négociation. Des gains en conciliation travail-famille ont récemment permis une plus grande flexibilité des horaires, un avantage apprécié par l’ensemble des employé-es.

L’arrivée de femmes dans l’entreprise a notamment contribué à améliorer la santé et la sécurité. Les travailleurs se blessaient souvent en ouvrant et fermant des vannes de gaz. « Ils devaient forcer pour manipuler les vannes à la main et finissaient par se blesser au dos », explique la déléguée. Avec l’arrivée des travailleuses, un outil offrant un meilleur levier a été développé, pour le bien de toute la force de travail.

Féminisme en temps de grève

Pour le CREW, syndicat qui représente les auxiliaires d’enseignement de l’Université Concordia, le féminisme est la racine de leur affiliation avec la CSN. Les personnes militantes qui ont organisé le maraudage entre 2023 et 2024 se mobilisaient contre un professeur accusé de harcèlement sexuel. Elles cherchaient une centrale qui les appuierait dans leurs démarches. Ainsi, le comité féministe du syndicat joue le rôle de gouvernail politique de l’organisation, s’assurant que chaque auxiliaire, dans son travail ou sa militance syndicale, a des opportunités similaires. Le comité remplit donc une mission éducative, mais aussi une fonction de chien de garde, pour faire en sorte que le réflexe d’inclusion intersectionnelle soit constant.

Pendant la grève du printemps 2025, la majorité des membres du comité se dirigent vers celui de la négociation. « Nos priorités se sont déplacées, mais notre approche féministe est demeurée transversale, explique Tyisha Murphy, qui milite au comité. Pendant cette période, on s’assure de mettre en place des services de garde pour que les parents puissent participer au même titre que les autres membres. Alors que les lignes de piquetage peuvent être drainantes, on s’assure que tous les grévistes demeurent hydratés, nourris et au chaud. C’est le fameux “ prendre soin ” ».

Dans les prochaines semaines, le comité organisera sa militance autour de la Journée internationale des droits des femmes et tâchera de multiplier les liens et les connexions avec d’autres syndicats. L’objectif est de bâtir une communauté de travailleuses et de travailleurs plus résiliente.

Deux ententes à la PDA

Deux syndicats CSN ont conclu des ententes avec la Place des Arts (PDA) cet automne, dans des contextes de négociation aux atmosphères bien différentes. La Place des Arts, complexe culturel majeur à Montréal, où l’on retrouve diverses salles de spectacles, est gérée par une société d’État québécoise.

Deux jours de grève

Le Syndicat des préposé-es au stationnement de la Place des Arts a dû tenir deux jours de grève pour que leur employeur entende raison. Les travailleuses et travailleurs étaient sans contrat de travail depuis mars 2022. À l’automne 2025, ils ont perdu patience jusqu’à débrayer les 4 et 14 septembre, soir du gala des Prix Gémeaux, célébré à la PDA.

Ils revendiquaient des hausses salariales équivalentes à celles obtenues dans le secteur public. Les membres réclamaient aussi la protection de leur plancher d’emploi, en réaction aux nouvelles technologies implantées par l’employeur.

Grâce à leur mobilisation, ils ont réussi à gagner 28 % d’augmentation sur sept ans, une bonification de l’indemnité de maladie, la reconnaissance de l’indemnité des jours fériés non travaillés, l’octroi de jours de libérations syndicales et des mesures d’atténuation des impacts des nouvelles technologies. Les membres ont adopté l’entente à 92 %, le 11 octobre dernier.

Même pas 20 séances

Du côté du syndicat des placeurs et des ouvreuses, la nouvelle convention collective s’est réglée en moins de 20 séances de négociation.

« La négo portait principalement sur les enjeux salariaux. Les deux parties ont été très efficaces. Nous étions en mode exploratoire. Le ton à la table était très positif », affirme la nouvelle présidente du syndicat, Jennifer Dharmaratnam.

Les travailleuses et travailleurs ont atteint les paramètres salariaux du secteur public, incluant une clause de protection du pouvoir d’achat indexée sur l’IPC, des primes pour les repas et la double affectation. Ils ont voté à 95 % en faveur de l’entente de principe le 12 novembre dernier.

Chapeau !

Édition hiver 2026: des nouvelles en rafale

Paramédics renversés par l’inaction de Québec

Les 3300 paramédics CSN sont sans convention collective depuis le 31 mars 2023. Au cœur du litige : un juste salaire pour cet emploi et une réduction de la surcharge de travail. Les négociations se poursuivent avec le Conseil du trésor. Le 3 février, de nombreux paramédics se sont donné rendez-vous derrière l’Assemblée nationale pour accueillir les député-es lors de la rentrée parlementaire. En grève, avec maintien des services essentiels depuis le 6 juillet, ils n’entendent pas baisser les bras. Tenez-vous-le pour dit, M. Drainville !

Les membres du Massif acceptent la recommandation du conciliateur

Le 22 janvier 2026, après trois semaines de grève générale illimitée, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Massif de Petite-Rivière-Saint-François ont accepté à 91 % la recommandation du conciliateur. La nouvelle convention collective prévoit, sur une période de cinq ans, des augmentations salariales totalisant 5, 4, 3, 3 et 4 %. S’ajoute à ces augmentations une protection contre l’inflation, si l’indice des prix dépasse les hausses négociées. Ce mécanisme s’appliquerait au cours des trois dernières années de la convention et pourrait élever les salaires jusqu’à 5 % par année. Malgré cette issue positive, le syndicat ne peut passer sous silence les interventions politiques des dernières semaines. Les prises de position de Kariane Bourassa, députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré à l’Assemblée nationale, ont clairement favorisé l’employeur, sans égards aux conditions des travailleuses et des travailleurs de son propre territoire.

Enfin un syndicat à la garderie Unik

Les travailleuses de la Garderie Unik à Gatineau peuvent crier victoire ! Le Tribunal administratif du travail a reconnu leur syndicalisation après six mois de contestations patronales. Durant cette période, la direction n’a pas cessé de miner la mobilisation de ses employées en multipliant les cas d’ingérence, d’intimidation et de représailles pour activités syndicales. Heureusement, ces salariées pourront désormais compter sur leur syndicat et sur la force de la CSN pour les appuyer dans leur quête d’équité et de respect. Prochain arrêt : une première convention collective qui améliorera concrètement leurs conditions de travail.

Victoire pour le syndicat de Kruger

Après quatre semaines de grève, dont trois en grève générale illimitée, les 150 travailleuses et travailleurs de Kruger à LaSalle ont approuvé, le 31 janvier, une entente de principe à 73,5 % des voix. L’accord prévoit une hausse salariale de 19 % sur cinq ans, dont 8 % dès la première année, ainsi que divers gains supplémentaires : une prime pour les opérateurs, une septième semaine de vacances après 30 ans de service et une augmentation de 0,5 % de la part de l’employeur dans le régime de retraite. La grève, déclenchée le 12 janvier, s’est terminée le 1er février. Respect camarades !

Fin du lock-out chez Ortec Environnement

À la surprise générale, l’entreprise de pompage et de nettoyage industriel de Saint-Rémi, en Montérégie, a mis en lock-out ses 22 travailleurs le 7 janvier dernier. L’employeur les a mis à la rue en pensant qu’ils allaient rentrer à genoux, à temps pour la grosse saison du printemps. Après cinq semaines, la direction a bien vu que les travailleurs n’allaient pas plier. Têtes hautes, les syndiqués ont manifesté leur mécontentement, malgré les grands froids de janvier et février. Leur ténacité leur a donné raison. Ils ont adopté à 71 % un règlement proposé par le conciliateur. Ainsi, ils obtiennent 9,5 % d’augmentation salariale sur trois ans, un régime de retraite amélioré, l’accès à six congés mobiles et une bonification des vacances et de certaines primes. Leur dernière convention collective s’était étirée sur onze ans. Ils demandaient donc un rattrapage, puisqu’ils ont subi de plein fouet l’inflation des dernières années.

70e Congrès de la CSN–Construction

Sous le thème L’union fait la suite, le congrès s’est tenu du 3 au 5 février 2026 à Montréal. À la suite de débats et d’échanges tenus en plénière et en ateliers, les membres ont défini plusieurs orientations qui guideront l’action de l’organisation pour les quatre prochaines années. Le nouveau comité exécutif est composé de Félix Ferland, de Jennie-Claude Lafontaine Morin, et de Richard Galarneau. Bonne suite, camarades !

8 mars 2026: Générations deboutte !

Au cours des derniers mois, la CSN a amorcé un important mouvement de mobilisation avec sa campagne Faire front. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, un appel est lancé à toutes les femmes : Générations deboutte ! Être « deboutte », ce n’est pas une posture physique, mais politique. Plus qu’un slogan, c’est un appel à l’action, un cri de ralliement pour une société plus juste et plus libre.
Tout au long de son histoire, la CSN a mené des luttes, et les femmes y ont contribué depuis le tout début. Afin de poursuivre l’action collective pour une véritable égalité des genres, la CSN vous invite à participer aux activités du 8 mars, qui se tiendront partout au Québec. Contactez le conseil central de votre région pour en connaitre les détails.

Marche-don, Cours-don : 4e édition

Le 29 mars prochain, de nombreuses personnes s’activeront lors de la quatrième édition du Marche-don, Cours-don, dans le but d’amasser des fonds pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN. Cette activité de marche ou de course à relais joint l’utile à l’agréable : se rassembler autour d’un événement sportif hivernal, tout en aidant les familles dont les enfants sont touchés par le cancer.
L’année dernière, près de 150 000 $ ont été amassés pour le camp. Il est encore temps de s’inscrire et de faire un don, dans le cadre de cette belle initiative.
Nous soulignons cette année le 30e anniversaire de la collaboration de la CSN avec Leucan pour la tenue du camp d’été. La générosité des militantes et des militants a permis de recueillir plus de cinq millions de dollars à travers les années. La CSN s’engage d’ailleurs à continuer d’agir dans la communauté dans les futures années.

Édition hiver 2026: bienvenue à la CSN!

CŒUR DU QUÉBEC

  • STT de la Micro-Brasserie le Trou du Diable | Section entretien ménager (FC–CSN)
  • STT de la Coopérative funéraire J.N. Donais (FC–CSN)
  • SE de l’École nationale de police du Québec (FEESP–CSN)
  • STT en santé animale de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FP–CSN)

ESTRIE

  • Syndicat des travailleuses et travailleurs du Partage Notre-Dame (FSSS–CSN)

LANAUDIÈRE

  • STT de la garderie le P’tit nid d’amour (FSSS–CSN)
  • MONTÉRÉGIE
  • STT de la Gardienne (FSSS–CSN)

MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN

  • STT des centres de la petite enfance de Montréal et Laval | Section CPE du Manoir (FSSS–CSN)
  • STT du réseau express métropolitain (REM) (FEESP–CSN)
  • STT de maintenance du Complexe Desjardins (FEESP–CSN)
  • STT de l’Atelier textile (FNEEQ–CSN)
  • SP de l’économie sociale et de l’action communautaire | Section RIOCM (FP–CSN)
  • SP de l’économie sociale et de l’action communautaire | Section ROJAQ (FP–CSN)
  • STT du Regroupement des services d’habitation du Québec (FEESP–CSN)
  • STT en intervention communautaire |Section Le Projet harmonie (FSSS–CSN)
  • Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce | Section Digi Canada (FC–CSN)

OUTAOUAIS

  • STT des garderies de l’Outaouais | Section Garderie Imagine (FSSS–CSN)
  • STT des garderies de l’Outaouais | Section Garderie Unik (FSSS–CSN)
  • SP de l’économie sociale et de l’action communautaire | Section Accompagnement des femmes immigrantes de l’Outaouais (AFIO) (FP–CSN)

QUÉBEC–CHAUDIÈRE-APPALACHES

  • Syndicat des travailleuses du Centre Femmes aux 3 A de Québec (FSSS–CSN)
  • STT d’Autobus des Érables Ltée (FEESP–CSN)
  • STT de Transco Québec (FEESP–CSN)

 

Des milliards que le gouvernement doit aller récupérer

Au moment où l’économie québécoise est secouée par la guerre tarifaire américaine et où les services publics sont en crise, le gouvernement Legault doit récupérer les sommes astronomiques dont il se prive afin de redresser les finances publiques et répondre aux besoins de la population.

C’est le message envoyé aujourd’hui par la CSN, qui rencontrera, avec les autres centrales syndicales cet après-midi, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires menées par celui-ci.

« Au cours des sept dernières années, le gouvernement de François Legault a fait des choix budgétaires qui ont gravement nui à la société québécoise », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Des baisses d’impôts, qui ont profité surtout aux mieux nantis, une ouverture toujours plus grande au secteur privé qui englouti des sommes colossales, des millions perdus dans la filière batterie sans même qu’un seul emploi ne soit créé, sans parler de cet entêtement à rembourser la dette du Québec coûte que coûte, malgré les indicateurs révélant que celle-ci est sous contrôle… Ces choix ont un coût, et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais. »

« Alors qu’il termine son dernier tour de piste, le premier ministre Legault a l’occasion de réparer certaines erreurs de son gouvernement. Qu’il la saisisse », ajoute la leader syndicale.

Dans le mémoire qu’elle présentera au ministre Girard, la CSN rappelle que la baisse d’impôt octroyée dans le budget de 2023, qui a surtout favorisé les contribuables gagnant plus de 100 000 $, représente aujourd’hui un manque à gagner annuel de 1,8 G$. En vue du prochain budget du Québec, la CSN met de l’avant plusieurs recommandations : un renforcement de la progressivité de l’impôt sur les revenus des particuliers, une amélioration de la fiscalité sur le patrimoine et l’interruption des versements au Fonds des générations.

Ces sommes doivent être dévolues à la consolidation de nos réseaux publics, notamment en matière de santé et d’éducation. Rappelant que l’interruption du recours aux agences de placement a permis d’économiser près de 700 millions en un peu plus d’un an, la CSN invite le gouvernement à freiner l’ouverture toujours plus grande au secteur privé mise de l’avant par Santé Québec.

Alors que les établissements de santé et d’enseignement font couramment les manchettes en raison de leur vétusté, le gouvernement doit accroître ses investissements dans les infrastructures publiques. Cependant, l’aventure électoraliste du 3e lien, qui a déjà mené à la perte de millions en deniers publics et qui pourrait engloutir jusqu’à 11 milliards de dollars, ne reflète aucunement les besoins réels du Québec et doit être rayée du prochain budget, estime la CSN.

D’autres mesures figurent dans le mémoire présenté par la centrale syndicale : le retour à 2030, plutôt qu’à 2035 pour l’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, jumelé à une augmentation des budgets alloués au transport collectif, permettront au Québec de faire face aux défis posés par la crise climatique.

Enfin, la CSN urge le gouvernement du Québec à mettre en place une politique structurante pour sauver l’industrie des médias et de la culture, ainsi qu’une seconde pour le secteur forestier, qui a déjà coûté des milliers d’emplois en région. La mise en branle d’un plan ambitieux de chantier en habitation, priorisant le logement social, lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, estime la centrale syndicale.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Mobilisation historique: une trentaine d’organisations unies pour exiger des mesures urgentes en immigration

À l’invitation du président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, monsieur Guillaume Tremblay, plus d’une trentaine d’organisations se sont réunies pour réaffirmer un message sans équivoque aux gouvernements du Québec et du Canada : le Québec ne peut pas se priver des personnes immigrantes déjà bien établies sur son territoire.

Ces organisations, qui portent la voix des municipalités, du monde économique, des travailleuses et travailleurs, du milieu de l’enseignement supérieur ainsi que de plusieurs secteurs clés de notre économie, dénoncent les conséquences importantes des récentes décisions des gouvernements du Québec et du Canada en immigration.

Des mesures urgentes réclamées

  • Gouvernement du Québec : mettre en place dès maintenant une clause de droits acquis pour les orphelins du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
  • Gouvernement du Canada : réduire la pression en renouvelant les permis temporaires des personnes déjà au Québec, notamment ceux du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) tout en permettant de recruter des personnes dans les secteurs où les besoins sont critiques.

« Le mouvement des cœurs bleus rassemble des voix de partout au Québec pour dire que les personnes immigrantes font partie de nos communautés et qu’elles sont indispensables. Cette mobilisation est un moment historique. On ne peut pas les laisser dans l’incertitude actuelle et sans solution. Les impacts se font déjà sentir dans nos milieux de vie. Les deux gouvernements doivent collaborer et agir avec responsabilité, car le temps est compté pour des milliers de personnes. On demande des solutions maintenant pour donner de l’oxygène à tout le monde »
– Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.

« Nos régions ne peuvent se permettre de perdre celles et ceux qui contribuent déjà à leur vitalité; dans un contexte de déclin démographique, le devoir du gouvernement est de leur offrir des perspectives claires, de respecter la parole donnée en mettant fin à l’incertitude quant à leur avenir dans nos communautés. »
– Jacques Demers, président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog.

« Les restrictions au PTET imposées par Ottawa ainsi que la baisse des seuils d’immigration et l’abolition du PEQ par Québec ont plongé les entreprises qui emploient des travailleurs étrangers dans l’incertitude. Restreindre l’accès à ces travailleurs qualifiés alors que 1,4 millions de postes deviendront vacants d’ici 2033 au Québec est un non-sens économique. Cela force déjà des entreprises à annuler des contrats, suspendre des investissements et réduire leur production, faute de main-d’œuvre disponible. Les deux gouvernements doivent agir rapidement pour éviter de plomber l’économie du Québec et de ses régions. »
– Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.

« Ce sont des travailleuses et des travailleurs déjà parmi nous depuis des mois, parfois des années. Ils s’intègrent, parlent ou apprennent le français, paient des impôts, s’impliquent dans leur communauté et contribuent activement à la vitalité de nos régions. Les forcer à partir serait non seulement injuste, mais profondément contre-productif. »
– Robert Comeau, président de l’APTS, Martin Trudel, troisième vice-président du SPGQ, Luc Vachon, président de la CSD, Michel Girard, vice-président du SFPQ, Caroline Senneville, présidente de la CSN, Daniel Cloutier, vice-président de la FTQ et directeur québécois du syndicat Unifor, Mélanie Hubert, présidente de la FAE et Isabelle Trépanier, secrétaire générale de la FIQ.

« Selon un sondage récent de la FCEI, 56 % des PME s’inquiètent des effets d’une baisse de l’immigration sur leur région. Elles sont quasi unanimes à demander que Québec et Ottawa adoptent une meilleure collaboration. C’en est assez de voir les deux gouvernements adopter des restrictions, se renvoyer la balle et repousser les décisions pouvant mettre à risque des emplois. C’est le moment de mettre en place un véritable pont vers la résidence permanente pour les travailleurs qui sont déjà ici et qui contribuent à notre société ».
– François Vincent, vice‑président pour le Québec à la FCEI.

« Jean‑François Roberge a réussi un tour de force : rassembler maires, milieu de l’entrepreneuriat, syndicats et personnes étudiantes pour dénoncer sa réforme en immigration mal ficelée. Même les candidats à la chefferie de son parti l’ont désavouée. Ces personnes, déjà intégrées, qui étudient, travaillent, parlent français et renforcent le Québec, méritent mieux. Il doit réparer les torts causés, agir maintenant et offrir une immigration plus humaine avec le PEQ et une clause de droit acquis. » – Flora Dommanget, présidente de l’Union étudiante du Québec.

« Mettre fin au PEQ – volet Diplômés, a affaibli un levier qui fonctionnait. Chaque année, des étudiantes et des étudiants choisissaient le Québec, apprenaient le français, s’intégraient dans nos cégeps et s’enracinaient dans nos régions notamment grâce à l’accès au PEQ – volet Diplômés. Ils répondaient à des besoins bien réels de main-d’œuvre et contribuaient à la vitalité économique, sociale et culturelle de nos milieux. Leur retirer, en cours de route, une voie claire pour poursuivre leur parcours professionnel ici a créé de l’instabilité et brisé la confiance. Nous demandons le rétablissement du PEQ – volet Diplômés et la mise en place de mesures transitoires justes, pour celles et ceux qui ont fait le choix du Québec. »
– Marie Montpetit, présidente-directrice générale, Fédération des cégeps.

« Les restrictions récentes au Programme des travailleurs étrangers temporaires fragilisent directement la productivité, la compétitivité et la croissance des PME québécoises. En privant les entreprises de travailleurs spécialisés essentiels, on ralentit la production, on met en péril des contrats et on affaiblit l’économie régionale, tout en plongeant inutilement des travailleurs déjà établis dans l’incertitude. Sans clause de droits acquis ni mesures transitoires, le Québec s’expose à des pertes économiques majeures. Il est urgent d’offrir un cadre prévisible et adapté à la réalité des entreprises ».
– Jennifer Poiré, présidente-directrice générale du Groupe Castech/Plessitech et porte-parole de l’Alliance main-d’œuvre étrangère.

« L’économie sociale repose sur des principes d’inclusion, de solidarité et de prise en charge par les communautés. La réforme du PEQ proposée va à l’encontre de ces valeurs fondamentales, et des efforts par une diversité d’acteurs de la société civile qu’ils soient ceux qui développent du logement abordable, assurent des soins aux personnes vulnérables, offrent des lieux d’animation de la communauté ou contribuent autrement à la pleine intégration de nouveaux arrivants au Québec. »
– Béatrice Alain, Directrice générale, Chantier de l’économie sociale.

« Aujourd’hui, Éducation internationale se joint à cette mobilisation parce que la cohérence des politiques d’immigration est essentielle à la réussite de la mission du réseau scolaire et des centres de formation professionnelle : former des travailleurs qualifiés dont ont besoin les employeurs dans toutes les régions du Québec. »
– Lysiane van der Knaap, directrice générale d’Éducation internationale.

« L’hôtellerie québécoise fait face à une crise à la fois opérationnelle et humaine. Ces personnes immigrantes intégrées dans nos établissements sont au cœur de nos équipes, de notre capacité d’accueil et de la qualité des services offerts dans toutes les régions du Québec. Les maintenir dans l’incertitude fragilise nos opérations, freine notre développement et accentue la pression sur des équipes déjà fortement sollicitées. Il faut leur offrir des perspectives claires, humaines et durables pour la stabilité de notre industrie et la force de l’économie touristique québécoise. Il est urgent d’agir pour protéger ces talents qui contribuent déjà pleinement au Québec. »
– Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’Association Hôtellerie du Québec.