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15 mars 2007 – Campagne électorale – La crise forestière absente du discours des partis

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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15 mars 2007 – Campagne électorale – La crise forestière absente du discours des partis

Campagne électorale

La crise forestière absente du discours des partis

Alors que l’industrie forestière québécoise traverse l’une des pires crises de son histoire et pousse vers le chômage des milliers de travailleurs, aucun des partis politiques impliqués dans la campagne électorale n’est encore intervenu sur cette question cruciale pour notre économie. La Fédération des travailleurs et des travailleuses du papier et de la forêt (FTPF-CSN) déplore ce mutisme et interpelle les formations politiques sur ce qu’elles entendent faire pour soutenir les travailleurs touchés par les fermetures d’usine, pour relancer ce secteur névralgique et pour s’assurer de la pérennité de la ressource qui est, faut-il le rappeler, publique.

« La crise forestière peut s’expliquer de multiples façons, mais c’est lorsqu’on regarde les drames humains qui en découlent que nous pouvons le mieux mesurer son ampleur, a indiqué Sylvain Parent, président de la FTPF-CSN. Depuis deux ans, plus de 10 000 travailleurs ont perdu leur emploi au Québec et 118 usines ont fermé leurs portes de façon temporaire ou définitive. Comment expliquer le silence de partis politiques qui prétendent vouloir former le prochain gouvernement ? »

Ce mutisme s’explique d’autant plus mal que plus de 250 municipalités québécoises vivent de l’industrie forestière et que 31 d’entre elles sont aujourd’hui privées de leur principale activité économique, causant insécurité et inquiétude dans les communautés concernées.

Lorsqu’une scierie est en difficulté, la compagnie est davantage pressée de transférer le contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF), octroyé par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, dans une autre de ses usines plutôt que de laisser l’opportunité à la communauté de développer des projets créateurs d’emplois dans la région touchée. Les échanges entre le ministère et l’entreprise se déroulent en catimini, une situation d’autant plus inacceptable que la forêt est publique. La transparence serait plutôt de mise, considère la FTPF-CSN.

Transparence demandée

Cette dernière réclame entre autres l’adoption d’une procédure d’information et de consultation comprenant notamment l’obligation faite au ministère d’informer les travailleurs ainsi que les communautés de tous les mouvements de bois les concernant lors de fermeture ; l’obligation faite au ministère de rendre publique toute demande de transfert de CAAF dès le moment où celle-ci est faite ; la possibilité pour tout groupe intéressé de déposer des projets pour l’exploitation des volumes de bois libérés qui impliquent les communautés et les travailleurs.

La FTPF estime que l’État doit également voir à ce que les entreprises présentent un plan de main-d’œuvre lorsqu’elles envisagent une fermeture d’usine. « Dès le moment où une compagnie demande au ministère un transfert de CAAF, il faudrait exiger de cette dernière qu’elle indique ce qu’elle entend faire avec les travailleurs de chacune de ses usines, explique Sylvain Parent. S’il y a des mises à pied, peut-on penser à une réduction par attrition ? La relocalisation des travailleurs est-elle envisageable dans d’autres de ses usines et comment ?

« Les entreprises ont peu de responsabilités sociales au Québec. Il est temps que les choses changent, surtout dans une industrie comme la nôtre où la gestion de la forêt publique est donnée au secteur privé », précise le porte-parole syndical.

Des questions légitimes

À l’occasion de la campagne électorale, les candidates et les candidats en lice doivent avoir à l’esprit que le secteur forestier est vital pour l’économie québécoise. Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation qu’elle mène auprès d’eux, et pour s’assurer que le dossier de la crise forestière trouve sa place dans la campagne électorale, la FTPF-CSN leur a envoyé un dossier qui fait état de la situation et explique les grandes revendications qu’elle porte. Voici quelques questions que la fédération a adressées aux candidates et candidats.

  • Allez-vous modifier la Loi sur la forêt pour y intégrer un processus d’information et de consultation des travailleuses et des travailleurs dans les cas de mouvement de bois ?
  • Dans les cas de fermeture, de fusion, d’acquisition d’usine impliquant des volumes de bois public, allez-vous vous servir du levier que représentent les droits de coupe pour exiger des entreprises exploitantes le dépôt de plan prévisionnel de main-d’oeuvre ?
  • Quelles politiques mettrez-vous en place pour changer les méthodes de sylviculture au Québec ?
  • Allez-vous améliorer les dispositions légales en matière de licenciement collectif ? De quelles façons ?
  • Quel est votre plan pour redresser l’industrie forestière ?

La population québécoise, et en particulier celle vivant de l’industrie forestière, est en droit d’obtenir des réponses aux questions fondamentales qui se posent pour soutenir ce secteur vital au développement du Québec et de ses régions, autant que les travailleurs qui y œuvrent.

La FTPF-CSN regroupe quelque 13 000 travailleuses et travailleurs du secteur du papier, de la forêt et des imprimeries, dans 185 syndicats.

Plus de 10 000 emplois perdus en deux ans
  • Bas-Saint-Laurent 466
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean 989
  • Québec-Chaudière-Appalaches 770
  • Outaouais 670
  • Estrie 334
  • Montréal 1228
  • Abitibi-Témiscamingue-Ungava 1170
  • Côte-Nord 449
  • Nord-du-Québec 783
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine 750
  • Laval 430
  • Lanaudière 346
  • Laurentides 532
  • Montérégie 330
  • Coeur-du-Québec 843

Source : CSN – 15 mars 2007

Pour renseignements : Louis-Serge Houle, Service des communications de la CSN, 514 598-2157

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