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31 mars 2005 – Le Front commun s’oppose à la décentralisation de la négociation en santé

Le Front commun s’oppose à la décentralisation de la négociation en santé

Aujourd’hui, des membres de la CSN et de la FTQ provenant de syndicats de la santé et des services sociaux ont manifesté devant l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal. Ils y ont déposé des bouteilles de médicaments périmés pour signifier, de manière originale, leur opposition à la décentralisation de la négociation imposée par le gouvernement Charest et par les associations patronales dans la santé.

Les syndiqué-es ont ainsi suivi la recommandation du ministère de la Santé et des Services sociaux invitant, dans une récente annonce publicitaire, les Québécoises et les Québécois à faire le ménage de leur pharmacie pour se débarrasser de leurs vieux médicaments. Louis Roy, vice-président de la CSN, et Raymond Forget, vice-président de la FTQ, ont rappelé au gouvernement les effets négatifs de la décentralisation de la négociation.

S’il y a un médicament périmé, c’est bien celui de la négociation locale. Celle-ci fait régresser de 40 ans le réseau québécois de la santé. En effet, une grève de trois semaines, menée en 1966, avait permis de centraliser la négociation de la convention collective. Cela avait contribué grandement à abolir les disparités entre les travailleurs des différentes régions et des divers établissements, à améliorer progressivement les conditions de travail et à assurer le développement d’un réseau public de santé et de services sociaux au bénéfice de la population.

Le gouvernement Charest leurre tout le monde en prétendant que des économies sont possibles avec la loi 30. En étant appliquée telle quelle, elle imposera la négociation de plus de 1 000 conventions collectives locales, en plus de la négociation nationale qui se poursuivra pour tous les autres objets de la convention. On compte actuellement 81 conventions collectives dans le réseau.

Le résultat de 40 années d’efforts et d’organisation des relations de travail sera détruit ; cela n’améliore en rien les services aux citoyens, ni ne règle les problèmes budgétaires du réseau. Ce gouvernement a forgé une arme législative sans précédent – la loi 30– qui vise notamment à diminuer le pouvoir de négociation du personnel pour des pans majeurs de la convention collective. La négociation de 26 sujets de convention est transférée au niveau local.

Ce faisant, le gouvernement libéral pervertit le processus de négociation en imposant des mécanismes qui ne permettront plus d’améliorer les conditions de travail et qui exposeront les travailleuses et les travailleurs à des reculs majeurs :

  • le règlement de la convention collective ne devra pas générer de nouvelles dépenses à l’employeur, ce qui anéantit toute possibilité d’améliorer une part importante des conditions de travail ; si les deux parties ne parviennent pas à s’entendre, les syndicats pourraient se faire imposer les décisions d’un médiateur-arbitre qui devra trancher entre l’offre finale de l’employeur ou les demandes syndicales. Mais cet arbitre doit choisir la proposition qui est à coût nul ;
  • les syndiqué-es n’ont pas droit de grève pour les matières négociées localement.

Telle qu’elle est rédigée, la loi 30 incite les employeurs à négocier de mauvaise foi en proposant une kyrielle de reculs aux conditions de travail tout en sachant, qu’éventuellement, un médiateur-arbitre pourra trancher en leur faveur.

La CSN et la FTQ sont en outre convaincues que la mise en œuvre de la loi 30 alourdira les mécanismes de relations de travail et générera des dépenses supplémentaires aux établissements, notamment en honoraires professionnels. Bref, la négociation locale n’est surtout pas une panacée pour le réseau de la santé et des services sociaux; c’est un remède de cheval qui va affaiblir davantage le malade !


Source : Front commun – 31 mars 2005

Pour renseignements : Sylvie Joly, secteur public CSN, 514 598-2428 Alexandre Boulerice, information FTQ, 514 668-7148

   


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