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5 avril 2006 – Augmentations salariales ridicules – appauvrissement des employé – es de l’État

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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5 avril 2006 – Augmentations salariales ridicules – appauvrissement des employé – es de l’État

Augmentations salariales ridicules – appauvrissement des employé-es de l’État

À compter de cette semaine, plusieurs centaines de milliers d’employé-es de l’État vont recevoir une première augmentation salariale depuis 2003. Mais que l’État n’en fasse pas des gorges chaudes… en moyenne, chaque salarié verra sur son chèque de paie la mirifique somme de 1.63 dollar de plus par jour.

Les employé-es de l’État ne roulent pas sur l’or. Avec cette hausse, leur salaire annuel moyen sera de 32 538 dollars (brut) et, contrairement aux préjugés véhiculés par le gouvernement, cela n’est pas « compensé par la sécurité d’emploi » : plus de la moitié des employé-es de l’État ont un statut précaire.

Depuis plusieurs années, les employés de l’État s’appauvrissent. Le décret du 15 décembre 2005, qui impose les conventions collectives de juin 2003 jusqu’au 31 mars 2010, est venu aggraver cette situation. Ce décret comporte un gel de salaire pour les deux premières années de la convention collective. Donc, en 2004 et en 2005, il y a eu 0 % d’augmentation de salaire alors que le coût de la vie a augmenté de 4,2 %. Autrement dit, le pouvoir d’achat des 500 000 personnes qui travaillent en santé, en services sociaux, en éducation et dans les ministères a baissé d’autant.

Des calculs faits à partir de récentes données de Statistique Canada démontrent que, depuis 10 ans, les hausses salariales obtenues par les employé-es de l’État n’ont pas couvert l’augmentation du coût de la vie. Alors qu’en 10 ans la croissance des salaires des employé-es de l’État a été de 14,2 %, l’augmentation de l’indice des prix à la consommation a été de 21,3 %. En comparaison, la croissance des salaires du secteur privé syndiqué a été de 23,8 % pour cette même période. On constate facilement l’appauvrissement des salarié-es de l’État après 10 ans !

Les études de l’Institut de la statistique du Québec font d’ailleurs état d’un recul salarial important du secteur public par rapport aux autres secteurs. En 2005, le salaire des employé-es de l’État était, pour des emplois comparables, de 15 % inférieur à l’ensemble des autres salariés québécois et de 22 % inférieur à celui des salariés du secteur privé syndiqué.

En fait, depuis 2003, les salarié-es de l’État paient deux fois. Comme salarié-es, ils subissent la baisse de leur pouvoir d’achat et ils ont eu le coup de massue du décret en 2005. Et comme contribuables, ils absorbent les hausses de plusieurs services : les frais de garde des centres de la petite enfance sont passés de cinq à sept dollars, les tarifs d’Hydro-Québec ont grimpé de 10,9 %, le coût des transports en commun s’est également accru. C’est sans compter les autres hausses éventuelles comme celles de la SAAQ.

Un double standard pour le gouvernement

Alors qu’il respecte si peu ses salariés, le gouvernement Charest permet le versement de généreuses primes aux cadres. Le Journal de Montréal révélait, il y a peu de temps, que les directeurs généraux des commissions scolaires avaient reçu des bonis au rendement qui atteignaient jusqu’à 6 % de leur salaire annuel. L’an dernier, année de gel pour les salarié-es, 100 des 160 directeurs généraux ou directeurs adjoints de commission scolaire, qui y étaient admissibles, ont reçu une prime. En plus de celle-ci, le gouvernement a discrètement modifié les échelles salariales des directeurs généraux, ce qui fait que leur plafond salarial est désormais supérieur de 12 % à ce qu’il était l’an dernier. Un directeur général de commission scolaire peut gagner jusqu’à 147 000 dollars, avant les primes.

Dans les cégeps, 64 % des directeurs généraux et des directeurs des études ont touché un boni d’une valeur moyenne de 5700 dollars. Le salaire d’un directeur général varie de 110 000 dollars à 130 000 dollars. Là aussi, tout se fait dans la plus grande discrétion. Les journalistes et les citoyens doivent faire des pieds et des mains pour obtenir les informations. Par exemple, au cégep de Sherbrooke, les enseignantes et les enseignants doivent faire appel à la Commission d’accès à l’information pour connaître les primes qui sont versées aux cadres et au directeur général alors que ces informations sont d’intérêt public ; il s’agit de savoir si cela procède d’un bon usage des fonds publics ? La Commission a nommé un procureur au dossier.

En santé, c’est le même portrait. En septembre dernier, La Presse nous apprenait que 80 % des cadres avaient obtenu une prime. Elles peuvent atteindre jusqu’à 10 % du traitement. Pour le directeur général d’un gros hôpital, on parle d’un salaire de 150 000 dollars par année. Pour justifier ces bonis aux cadres et aux directeurs généraux, la porte-parole du ministère de la Santé, Cathy Rouleau, rétorquait que « si on est parvenu à réduire les déficits, c’est qu’il y a des gens quelque part qui ont travaillé… »

Il faut ajouter qu’en plus de ces primes et d’autres majorations, les cadres de tous les réseaux ont habituellement droit aux mêmes hausses que ce qu’obtiennent les salarié-es en vertu des ententes avec le gouvernement.

Ce double discours et le traitement que l’État réserve à ses employé-es sont méprisants. La réduction des déficits et le maintien de services de qualité pèsent davantage sur les épaules des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs de l’État que sur celles des cadres. De plus, le gouvernement sert comme argument que les traitements dont ils jouissent permettent de recruter et de garder des cadres compétents. Pourquoi ne tient-il pas le même raisonnement pour celles et ceux qui offrent directement les services à la population ? Le Québec est à l’aube de problèmes importants de pénurie pour plusieurs emplois dans le secteur public. Les jeunes aussi ont droit à des conditions de travail motivantes pour occuper les emplois du secteur public.

La CSN considère que reconnaître les employé-es de l’État, c’est reconnaître l’importance de leur travail et l’importance des services publics.


Source : CSN – 5 avril 2006

Pour renseignement : Sylvie Joly, secteur public CSN, 514 598-2428 Le vice-président de la CSN, Louis Roy, est disponible pour des interviews.

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