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et travailleurs depuis 1921

décembre 2002 – CSN – Bilan 2002 et perspectives 2003

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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décembre 2002 – CSN – Bilan 2002 et perspectives 2003

Bilan 2002 et perspectives 2003

La présidente de la CSN fait le point

42 FAMILLES EN LOCK-OUT DEPUIS 2 ANS ET 9 MOIS A BAIE-COMEAU

« L’année 2002 aura été marquée par un véritable scandale sur le front syndical. L’absence d’une véritable loi fédérale antibriseurs de grève prive 42 travailleurs de tout rapport de force avec la multinationale Cargill, qui prolonge indûment un conflit qui devrait être réglé depuis longtemps », observe la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, en dressant le bilan de l’année qui se termine. « Dans le cas de Cargill, on ajoute l’insulte à l’injure car il s’agit d’un lock-out où on met à la porte des employés syndiqués pour les remplacer par des briseurs de grève », ajoute la présidente de la CSN qui rappelle que le Bloc québécois a déposé cet automne un projet de loi visant à amender la législation actuelle. « Tant qu’Ottawa n’aura pas adopté une loi antibriseurs de grève, le gouvernement se fera le complice des employeurs qui bafouent les droits des travailleuses et des travailleurs. Ottawa doit adopter de façon urgente une loi claire et précise et la CSN sera là pour le lui rappeler en 2003. »

Au total, la CSN compte un peu plus de 1100 travailleuses et travailleurs en grève ou en lock-out, comparativement à une moyenne annuelle de 700 personnes. Des conflits perdurent toujours à la fonderie Horne de Rouyn- Noranda, à Radio-Nord en Abitibi-Témiscamingue, au Super C de Chicoutimi, chez Polystar et Polyfilm à Montréal ainsi qu’au centre de distribution Jean Coutu de Longueuil.

DES SUCCES EN 2002

Les membres du syndicat des salarié-es des Croustilles Yum Yum à Warwick ont obtenu une convention collective innovatrice à plusieurs égards qui comprend notamment la mise en place d’une politique pour contrer la violence en milieu de travail et la possibilité d’une retraite progressive plus avantageuse que celle prévue par la loi. Dans le domaine de l’hôtellerie, les négociations coordonnées se sont soldées par une victoire éclatante. Plus de 5000 employé-es syndiqués dans 33 hôtels ont obtenu des gains substantiels soit une augmentation salariale de 10 pour cent sur trois ans, une augmentation de 4 % de la participation de l’employeur au REER collectif, une 6e semaine de vacances après 22 ans de service et la diminution de la charge de travail pour les préposées aux chambres. D’autres négociations coordonnées auront lieu en 2003 notamment dans le secteur des caisses populaires et celui du transport scolaire. « Si on se fie à la mobilisation obtenue le 8 décembre dernier, « le Québec risque de voir jaune en 2003 », selon Claudette Carbonneau. Près de la moitié des 1100 chauffeuses et chauffeurs d’autobus scolaire syndiqués à la CSN se sont réunis dans une atmosphère électrisante à Trois- Rivières pour revendiquer une négociation nationale avec le gouvernement et les autres intervenants de l’industrie, un financement adéquat et l’élaboration d’une véritable politique de sécurité.

Au chapitre de la syndicalisation, notons une percée dans le secteur des brasseries, avec le changement d’allégeance des 950 travailleuses et travailleurs de Labatt.

« Dans un monde où les emplois atypiques se développent à un rythme inquiétant, il est crucial de rallier des travailleurs qui jusqu’ici étaient presque sans protection », soutient la présidente de la CSN qui rappelle les difficultés auxquelles sont confrontées les éducatrices en milieu familial et les ressources intermédiaires de type familial qui accueillent des personnes âgées ou des bénéficiaires ayant des problèmes de santé mentale ou de déficience intellectuelle. « Dans les deux cas, le gouvernement conteste le droit de ces travailleuses et travailleurs à se syndiquer. L’attitude du gouvernement n’est pas des plus progressistes. Plutôt que de consacrer ses efforts à contrer le droit à la syndicalisation de ces travailleuses et travailleurs, il devrait s’employer à relever les conditions de travail de ces personnes, en grande majorité des femmes, qui sont parmi les plus exploitées », de conclure Claudette Carbonneau. Plusieurs causes ont été portées en appel et la CSN attend des décisions au cours des prochains mois.

L’ACTION DES GOUVERNEMENTS ET LES PRIORITES DE LA CSN POUR 2003

2003 : ANNEE DE L’EQUITE SALARIALE

« Après 15 ans d’efforts, nous sommes plus près du but que jamais. Tout est en place pour la conclusion d’une entente. 2003 sera sans conteste l’année de l’équité salariale dans le secteur public », affirme la présidente de la CSN. Fin décembre, les cinq chefs de l’intersyndicale (CSN, CSQ, FIIQ, FTQ, SFPQ) ont convenu avec Québec d’accélérer les travaux pour enfin conclure la gigantesque enquête amorcée en juin. Pour y parvenir, les parties ont également convenu d’augmenter les ressources. « Nous croyons que cette entente permettra d’en arriver au meilleur règlement possible, et ce, dans un délai rapproché », selon Claudette Carbonneau.

L’ACTION POLITIQUE

L’ADQ de Mario Dumont promet à la population un changement, un changement de cap majeur. Taux d’imposition unique, médecine à deux vitesses, bons d’éducation et de garde, abolition de la sécurité d’emploi dans la fonction publique, le paysage québécois risque de changer considérablement si l’ADQ prend le pouvoir. Lors de son conseil confédéral de décembre, la CSN a lancé un vaste débat dans ses rangs, un débat qui va d’ailleurs se poursuivre au prochain conseil de mars. « Nous allons sensibiliser nos membres sur le terrain dans chaque syndicat et leur expliquer les dangers du néolibéralisme. La CSN sera très active lors de la prochaine campagne électorale. Nous ne pouvons être indifférents devant la montée de la droite. » L’action politique à la CSN retiendra l’attention en 2003. Une priorité s’impose : la réforme du mode de scrutin en vue d’une représentation proportionnelle mixte.

JETER LES BASES D’UN QUEBEC SANS PAUVRETE

Dans la catégorie des bonnes nouvelles, signalons l’adoption unanime par l’Assemblée nationale de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Reste à voir comment le plan d’action mettra en oeuvre les énoncés de principe contenus dans la loi. « Nous souhaitons des mesures immédiates et urgentes », affirme la présidente de la CSN qui rappelle les résultats d’une étude récente réalisée pour le Centre canadien de politiques alternatives. « Cette étude montre que l’écart entre les Canadiens très riches et ceux très pauvres rivalise avec tout ce que l’on peut voir au tiers-monde. Dans son discours du trône, le premier ministre Jean Chrétien a réitéré son intention de combattre la pauvreté. Les résultats se font toujours attendre. »

La CSN se réjouit, par ailleurs, de la révision de la Loi sur les normes du travail qui reconnaît, dorénavant, le harcèlement psychologique et la violence au travail. La santé mentale au travail constitue une des priorités de la CSN en 2003. « Nous avons pris les devants en présentant cet automne une politique qui propose la création d’un comité dans chaque milieu pour sensibiliser, informer, prévenir et assurer un suivi auprès des victimes. Nous sommes, dans l’ensemble, très satisfaits de cette révision, même si nous avons suggéré quelques amendements qui n’apparaissent pas dans le texte de loi. Nous aurions notamment souhaité que la loi prévoit un mécanisme d’indexation automatique, et ce, dans une perspective d’élimination de la pauvreté. » La CSN sera particulièrement vigilante lorsque le comité d’experts chargé d’étudier les situations de travail atypique remettra ses recommandations. La CSN a souligné ce manque de synchronisme en commission parlementaire et le ministre s’est montré sensible à l’importance d’une réouverture de la loi, de façon à offrir une meilleure protection à ces travailleuses et ces travailleurs. « La CSN sera là pour le lui rappeler », conclut la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

ASSURANCE-EMPLOI : UN APPUI DE TAILLE

« L’accumulation des surplus de la caisse de l’assurance-emploi frise l’illégalité selon la vérificatrice générale, Sheila Fraser, qui a accusé, cet automne, le gouvernement Chrétien de violer la loi. Nous prétendons la même chose », rappelle Claudette Carbonneau. La CSN a déposé une requête en 1999 devant la Cour supérieure en ce sens. Elle sera entendue du 22 avril au 30 mai prochains au Palais de justice de Montréal. La présidente de la CSN affirme que « l’ampleur des surplus qui atteindront 43 milliards à la fin du présent exercice, devrait plutôt amener le gouvernement à bonifier le régime d’assurance-emploi. Le gouvernement doit rétablir la durée et le niveau des prestations. »

LA SANTE

Dans le domaine de la santé, le plan d’action déposé par le ministre Legault reconnaît enfin le sous-financement chronique de notre système, tout en affirmant vigoureusement la nécessité de conserver son caractère public. « Le ministre Legault devra faire ses devoirs et démontrer comment il va financer son ambitieux plan estimé à 1,8 milliard de dollars. A cet égard, le manque de cohérence du gouvernement est inquiétant. Caisse-santé, hausse de la TVQ ou de l’impôt des contribuables, le premier ministre Bernard Landry a finalement rabroué les ministres Legault et Marois en indiquant qu’il n’y aurait aucune hausse d’impôts pour financer la santé », rappelle la présidente de la CSN qui poursuit ainsi : « le rapport Romanow reconnaît lui aussi le sous- financement du système de santé mais il commet l’erreur de placer les changements qu’il propose dans le giron des problèmes constitutionnels. Ottawa ne finance que 14 % des dépenses de santé et continue d’engranger des surplus de façon scandaleuse. « C’est le versement sans conditions des sommes préconisées par le rapport Romanow que nous exigeons », réaffirme Claudette Carbonneau, et ce, de façon à préserver l’originalité de notre système de santé. La CSN souhaite donc que l’année commence du bon pied et que la rencontre des premiers ministres, à la fin janvier, permette la conclusion d’une entente satisfaisante pour toutes les provinces canadiennes.

LA POLITIQUE DE L’EAU, KYOTO ET LA ZLEA

Sur le plan environnemental, la CSN salue la politique québécoise de l’eau et la ratification par le gouvernement fédéral du protocole de Kyoto. « Après des années d’alerte sur la détérioration de la planète et de ses ressources, il était grandement temps que les gouvernements considèrent la question des changements climatiques. Ottawa et Québec nous ont cependant oubliés. Nous réclamons la participation des organisations syndicales tant au sein des organismes de bassin versant que des rondes de consultation en vue de négocier les modalités d’application du protocole de Kyoto, puisque c’est de nos emplois qu’il s’agit. »

Pour ce qui est de la ZLEA, la CSN et les membres du Réseau québécois sur l’intégration continentale lanceront en janvier une grande consultation populaire, la Consulta, qui devrait culminer au mois d’octobre. La CSN est particulièrement préoccupée des volte-face du ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, qui semble avoir bel et bien l’intention d’étendre au plus grand nombre de pays possible la disposition accordant aux investisseurs le droit de poursuivre les Etats (le controversé chapitre 11 de l’ALENA).

AGROALIMENTAIRE, DROIT ET DEVOIR D’ALERTE

Un autre dossier prendra de l’importance en 2003. La CSN lance un vaste chantier de réflexion sur le droit et le devoir d’alerte des travailleuses et travailleurs dans l’industrie agroalimentaire. « Ces travailleuses et travailleurs doivent avoir non seulement le devoir d’alerte, mais également le droit d’en exiger l’exercice lorsqu’ils considèrent que les aliments qu’ils produisent ou transforment constituent un risque pour la santé et l’environnement. C’est un devoir de citoyen avant tout, un devoir de respect envers la communauté, d’affirmer Claudette Carbonneau. De plus en plus de cas nous sont rapportés. Des travailleurs sont congédiés à la suite d’une dénonciation. Récemment encore, un travailleur a refusé d’utiliser de la farine contaminée pour confectionner des produits de boulangerie. L’employeur lui a dit de faire son travail ou de quitter s’il n’était pas content. Nous voulons une protection, soit dans les conventions collectives, soit dans la réglementation, pour ces travailleuses et ces travailleurs qui se soucient de la santé des consommateurs. Cette question fera l’objet d’un large débat dans nos rangs au cours de la prochaine année. »

NEGOCIATIONS DANS LE SECTEUR PUBLIC

L’année 2003 marquera enfin le début d’une nouvelle ronde de négociations dans le secteur public pour renouveler les conditions de travail des 300 000 salarié-es des services publics, dont 145 000 sont membres de la CSN. Une négociation qui, à plus d’un titre, sera déterminante.

Indépendamment du parti politique qui, à l’issue des élections, formera le prochain gouvernement, le défi restera le même : opérer un changement de logique. D’abord et avant tout en misant sur le savoir-faire public, ce qui signifie arrêter de brandir des épouvantails en faisant miroiter que la privatisation des services publics permettra des économies d’envergure. Deuxièmement, en relevant de manière substantielle les conditions de travail des salarié-es de l’Etat. Les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et les organismes gouvernementaux sont devenus des « tue- monde ». Il y a des limites à demander aux salarié-es du secteur public de faire toujours plus et mieux avec moins. Il faut ajouter des ressources, alléger les charges de travail et faire une place aux différents personnels dans l’organisation du travail et des services. Troisièmement, le secteur public doit être attrayant. Environ 40 pour cent de la main-d’oeuvre devra être renouvelée d’ici sept ans. Non seulement faut-il attirer les jeunes travailleuses et travailleurs à y servir, mais aussi faire en sorte que ceux et celles qui y oeuvrent déjà aient le goût d’y rester. Cela est possible si on leur offre des avantages sociaux, des conditions de retraite et des salaires avantageux. Ces dernières années, la rémunération globale des salariés du secteur public n’a cessé de se dégrader. La prochaine négociation doit être une occasion d’inverser cette tendance.

Aussi, la négociation en cours sur l’équité salariale ne dispose d’aucune manière des augmentations salariales à négocier à l’occasion du renouvellement des conventions collectives.

« L’exercice du droit à la libre négociation est l’ingrédient qui est le plus en mesure de garantir que l’objectif ultime de mieux servir la population ne reste pas un objectif vain », de conclure la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Source: CSN 27-12-2002 Renseignements: Michelle Filteau, (514) 598-2155

   


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