Nous défendons les droits des travailleuses
et travailleurs depuis 1921

décembre 2002 – CSN – S.O.S. pour les 42 familles de travailleurs de Cargill

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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décembre 2002 – CSN – S.O.S. pour les 42 familles de travailleurs de Cargill

En lock-out depuis 2 ans et 8 mois

S.O.S. pour les 42 familles de travailleurs de Cargill

Affiche, brochure, tournée provinciale : la CSN a lancé ce matin, à Sept-Iles, une campagne d’appui financier exceptionnel pour soutenir 42 familles de travailleurs de la compagnie Cargill, à Baie-Comeau, en lock-out depuis 2 ans et 8 mois.

L’annonce en a été faite par la vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Denise Boucher, alors qu’elle participait à l’assemblée générale du Conseil central du Nord-Est (CSN) au Centre socio- récréatif municipal. Denise Boucher était accompagnée de François Juneau, secrétaire général de la Fédération des employées et employés de services publics de la CSN (FEESP-CSN), organisation représentant les travailleurs des élévateurs à grain Cargill. Le président du Conseil central du Nord-Est, Gilles Belzile et celui du Syndicat national des employés de Cargill (CSN), Gilbert Saint-Laurent, ainsi que des travailleurs ont aussi participé à cet événement.

Sur le thème « S.O.S : 42 familles de Baie-Comeau en lock-out depuis 2 ans et 8 mois », la campagne de la CSN vise deux objectifs, a expliqué sa vice- présidente. D’abord, apporter un appui financier supplémentaire et régulier aux familles des travailleurs de Cargill, soutien qui viendra s’ajouter aux prestations régulières de 200 $ par semaine versées par le Fonds de défense professionnelle (FDP) de la CSN. Ensuite, ramener Cargill à la table de négociation pour conclure une convention collective.

« A la demande de ses différentes instances, la CSN se lance dans cette campagne pour que les travailleurs de Cargill aient tous les atouts entre leurs mains pour sortir gagnants de la lutte qu’ils mènent pour conserver leur emploi et maintenir leur syndicat », a déclaré la vice-présidente Denise Boucher de la CSN.

Cette campagne est aussi l’occasion pour la CSN d’exiger à nouveau du gouvernement fédéral qu’il adopte de façon urgente une loi claire et précise interdisant l’utilisation des briseurs de grève durant les conflits de travail (à l’exemple de la loi antibriseurs de grève du Québec).

Les relations de travail dans les installations portuaires relèvent du Code canadien du travail. Cette législation ne comprend pas de véritables dispositions antibriseurs de grève. L’entreprise américaine Cargill profite des faiblesses majeures du Code canadien du travail et peut poursuivre une importante partie de ses activités comme s’il n’y avait pas de conflit, au grand dam des travailleurs.

RAPPEL

En lock-out depuis le 28 mars 2000, les employés de Cargill se buttent à une entreprise qui a déposé un projet de convention collective menaçant leur emploi et diminuant leurs conditions de travail, plus particulièrement pour les jeunes travailleurs. Le syndicat accuse l’employeur de vouloir l’éliminer.

COMMENTAIRES

« Alors que le Québec s’est doté depuis fort longtemps, soit quelque 25 ans, d’une loi antibriseurs de grève qui a permis de civiliser les relations de travail, le Code canadien du travail ne contient toujours pas de telles mesures. Alors que les travailleuses et les travailleurs appartenant à des secteurs assujettis au Code du Québec peuvent exercer librement leur droit de grève en cours de négociation, ce même droit, acquis de haute lutte, est refusé à des pans entiers d’employé-es dont les relations de travail relèvent du Code canadien du travail. Le code canadien crée deux catégories de salarié- es. Alors qu’au Québec, la loi antibriseurs de grève favorise un rapport de force équilibré entre les employeurs et les syndicats durant un conflit, le Code canadien du travail mine le rapport de force des travailleuses et des travailleurs, au profit des entreprises de juridiction fédérale. C’est inacceptable. Ottawa doit adopter une loi antibriseurs de grève », a conclu la vice-présidente de la CSN.

Pour sa part, le secrétaire général de la FEESP-CSN, François Juneau, a déclaré : « Le syndicat a fait de nombreux efforts, a négocié de bonne foi et a modifié à plusieurs reprises ses positions dans le but d’en arriver à un règlement. Mais jusqu’ici, Cargill n’a pas négocié de bonne foi. Elle doit vraiment y mettre du sérieux pour que les parties en arrivent à un accord. Quant au Conseil canadien des relations industrielles, le CCRI, nous lui demandons d’agir avec diligence afin que des décisions soient rendues sur les nombreuses requêtes que nous avons déposées, notamment celle portant sur la plainte de négociation de mauvaise foi. »

LA CAMPAGNE

En plus des manifestations de visibilité pour dénoncer le comportement de Cargill et exercer une pression pour qu’Ottawa adopte une loi antibriseurs de grève, la campagne d’appui financier exceptionnel aux familles des travailleurs de Cargill se déroulera en deux temps :

1 – Participation des fédérations et des conseils centraux à la campagne des paniers de Noel de la CSN, « C’est Noel pour tout le monde »;

2 – Une résolution dans les syndicats locaux, en application à compter de janvier, établissant que chaque syndicat octroie un montant de 10 $ par mois pour un syndicat de 1 à 199 membres et un montant de 20 $ par mois pour un syndicat de 200 membres et plus.

HISTORIQUE DES NEGOCIATIONS

Les négociations entre Cargill et le syndicat CSN ont débuté en 1999. Plusieurs rencontres n’ont donné aucun résultat.

Spécialisée dans le marchandage du grain, la compagnie américaine Cargill veut réduire radicalement le nombre d’emplois réguliers syndiqués en confiant leurs tâches au personnel cadre, à ses sous-traitants, ou encore en utilisant des salariés temporaires. Des emplois syndiqués à la maintenance, aux tours marines et à la pesée sont en péril. De son côté, le syndicat demande plutôt l’intégration des employés temporaires aux effectifs permanents et une bonification du régime de retraite.

Le 21 mars 2000, les négociations sont rompues. Le 28 mars suivant, c’est le lock-out. Un conciliateur est nommé en vue de favoriser un rapprochement entre les parties. Six mois plus tard, soit le 3 octobre 2000, l’employeur et le syndicat se revoient en négociation pour la première fois depuis le 21 mars. Mais sans grand résultat.

En octobre 2001, les parties ont engagé un blitz de négociations auquel les représentants de l’employeur ont mis fin au cours du processus, n’ayant pas les mandats de négociation nécessaires pour poursuivre les discussions.

AUTRES ECHANGES INFRUCTUEUX

Après un an de silence et de nombreux efforts du syndicat pour relancer les négociations, les représentants de Cargill et ceux des travailleurs se sont finalement rencontrés, le 10 octobre 2002. Dans le but de dénouer les négociations, le syndicat a fait des concessions, notamment sur le régime de retraite et le nombre de postes syndiqués. Mais à la séance suivante, celle du 29 octobre dernier, les porte-parole de la multinationale ont ignoré l’essentiel des nouvelles positions du syndicat et déposé de nouvelles demandes.

NEGOCIATION DE MAUVAISE FOI

Le syndicat a déposé deux plaintes de négociation de mauvaise foi contre l’employeur. Il a aussi déposé une plainte d’outrage au tribunal pour forcer la compagnie à respecter l’ordonnance du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) rendue en juin 2000. Celle-ci force Cargill à se conformer aux articles 94 (2.1) et 87.7 du Code canadien du travail. Cette décision obligeait l’employeur à assurer les services essentiels pendant le conflit en ayant recours à de la main-d’oeuvre syndiquée. Depuis juin 2002, tirant avant avantage de l’inaction du CCRI qui néglige de rendre décision sur plusieurs requêtes syndicales, l’employeur applique sa propre interprétation du Code du travail.

LE SYNDICAT

Les travailleurs de la compagnie Cargill à Baie-Comeau font partie d’un syndicat affilié à la CSN depuis 1965. La CSN et la FEESP-CSN représentent cinq autres syndicats dans les installations portuaires, soit ceux de Port- Cartier, Trois-Rivières, Sorel et Montréal. Fondée en 1921, la CSN regroupe 270 0000 travailleuses et travailleurs.

CARGILL

Entreprise américaine oeuvrant dans le marchandage du grain et implantée au Canada depuis 70 ans, la compagnie américaine Cargill est un joueur majeur et un véritable « leader » dans le transport et la manutention des céréales. Son premier investissement canadien s’est fait à Baie-Comeau, en 1958, alors que cette entreprise a décidé d’y construire un centre majeur de manutention des céréales. En 1974, elle a développé son centre de Thunder Bay. En 1988 et 1989, Cargill a fait l’acquisition de Maple Leaf Mills et de Cyanamid Canada. En février 2002, Cargill a annoncé un investissement de 45 millions de dollars à Chambly pour la construction d’un atelier de transformation des viandes. Aujourd’hui, on estime entre 80 000 et 90 000 le nombre personnes à son emploi dans le monde. Son chiffre d’affaires est supérieur à 50 milliards de dollars annuellement.

(Source: CSN 06-12-2002 Renseignements: Marjolain Dufour, (418) 589-2069 et Michel Crête, (514) 598-2454

   


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