Facilitateur demandé par la FC–CSN

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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Les travailleurs oubliés des hippodromes

Facilitateur demandé par la FC–CSN

Dans l’incroyable saga des hippodromes, qui dure depuis trois ans et demi, il ne fait pas de doute que les grands oubliés de ce fouillis indescriptible demeurent les travailleurs. C’est pourquoi, dans la foulée du jugement rendu le 28 avril par la juge Chantal Corriveau de la Cour supérieure, qui proroge le délai de vente des actifs du propriétaire actuel des hippodromes (Montréal, Québec, Aylmer et Trois-Rivières), soit Attractions hippiques, et reconduit son ordonnance initiale du 26 juin 2008 au 3 juillet prochain, la Fédération du commerce (FC–CSN) tient à faire le point. Dans son nouveau plan de restructuration, l’entreprise du sénateur Paul Massicotte, qui s’est placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers en juin dernier, désire en effet vendre ses actifs pour se concentrer sur les hippoclubs. Ceux-ci diffusent actuellement sur écrans géants des courses ayant lieu à l’extérieur du Québec. Les hommes de chevaux du Québec, qui par la force des choses demeurent inactifs, sont en furie, tandis que les travailleurs, inquiets pour leur avenir, ne savent plus où donner de la tête. Bourbier juridique La FC–CSN, à laquelle sont affiliés les trois syndicats de l’hippodrome de Montréal (restauration, entretien, loteries et guichets), représente 150 personnes. En tout, ils sont près de 300 travailleurs à œuvrer dans les quatre hippodromes et les hippoclubs. Ceux-ci revendiquent le droit de se faire entendre dans cet imbroglio. Dans un premier temps, le président de la fédération, Jean Lortie, exhorte le gouvernement à nommer au plus tôt un facilitateur qui pourrait rapprocher les parties, tout en les extirpant du bourbier juridique dans lequel elles semblent s’enfoncer. M. Lortie précise : « Nous souhaitons que le ministre des Finances, Raymond Bachand, fasse preuve d’initiative en désignant un facilitateur qui aurait pour mandats, notamment, de trouver des solutions pour éviter une voie juridique sans fin et de préserver les emplois. Très insécures, les travailleurs font les frais de l’incapacité du propriétaire à relancer les opérations. Les solutions à venir ne doivent pas occulter les problèmes occasionnés par le jeu au Québec mais elles doivent tout de même protéger les conditions de travail des employé-es, durement acquises. » Au nom des deux présidents de syndicats, dont celui du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’hippodrome de Montréal (FC–CSN) qu’il préside, Luc Steben exprime toute la bonne volonté des travailleurs à relancer l’entreprise : « Nous ne voulons pas rester dans l’angle mort de tous ceux qui se bagarrent. Nous refusons qu’on nous oublie. Étant coincés dans cette tourmente, nous réitérons malgré toute notre volonté de collaborer à tout projet de relance susceptible de nous garantir des emplois qui protègent nos acquis. » Les présidents des syndicats souhaitent d’autre part que les travailleurs puissent bénéficier éventuellement de programmes d’aide ayant trait à la formation ou à la qualification. Rien ne va plus Par la voix du ministre des Finances de l’époque, Michel Audet, le gouvernement du Québec avait annoncé, le 14 décembre 2005, qu’il choisissait Attractions hippiques pour devenir l’unique propriétaire des quatre principaux hippodromes. L’entreprise du sénateur Massicotte avait acquis ces derniers et les hippoclubs pour un million de dollars alors que leur estimation était de 15 fois supérieure. Une pluie de millions devait alors tomber sur ces infrastructures et permettre de relancer l’industrie des courses, tandis que l’hippodrome de Montréal (anciennement Blue Bonnets) devait déménager dans la couronne Nord de la ville. Les syndiqués, âgés en moyenne d’une cinquantaine d’années, comptent approximativement 25 ans d’expérience. Ils ne peuvent compter sur une aucune prime de départ et, dans certains cas, pas même sur un fonds de pension. Au cours des prochains jours, les présidents de la fédération et des syndicats communiqueront avec le ministre Bachand pour lui demander formellement de nommer un facilitateur dans ce dossier.  

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