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Nous défendons les droits des travailleuses
et travailleurs depuis 1921

Homme de cœur et de paroles

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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Décès de Michel Chartrand (1916–2010)

Homme de cœur et de paroles

Michel Chartrand, militant d’exception, défenseur acharné des travailleurs, chrétien humaniste, pacifiste, patriote, syndicaliste, indépendantiste, socialiste et anticapitaliste engagé, père, grand-père et arrière grand-père tant aimé, est décédé à Montréal, le 12 avril 2010 à l’âge de 93 ans. Fils de Louis Chartrand et d’Hélène Patenaude, il était le 13e de 14 enfants d’une modeste famille de Montréal.  Après de brèves études classiques et un séjour comme moine de chœur à la trappe des moines cisterciens d’Oka, il s’engage dans l’action sociale, d’abord avec la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), puis dans le mouvement coopératif. À 25 ans, en 1942, il épouse Simonne Monet (décédée en janvier 1993), dont il sera épris jusqu’à sa mort; ensemble ils auront sept enfants qu’ils élèveront sur la Rive-Sud. Dans la trentaine  il commence ses activités syndicales et, en 1949, il participe à la fameuse grève des mineurs d’Asbestos. Il travaille à la syndicalisation et à l’organisation de travailleurs et de travailleuses dans différents secteurs : aluminium et commerce, textile et vêtement en Abitibi, dans la région de Montréal, en Estrie et en Mauricie, notamment. En 1952, il soutient activement les grévistes du magasin à rayons Dupuis et Frères et les ouvriers du textile de Louiseville. En 1957, il est aux côtés des mineurs de Murdochville sur les lignes de piquetage et il appuie les réalisateurs de Radio-Canada en 1959. De 1950 à 1957, il sera employé de la CTCC, ancêtre de la CSN. Son action pour la justice sociale et les droits des travailleurs lui vaudra d’avoir été harcelé et emprisonné sept fois sous le régime duplessiste, sans jamais avoir été reconnu coupable. Conjointement à son action syndicale, il participe à la vie politique en militant dans divers partis d’opposition démocratique: le Bloc populaire canadien,  le Cooperative Commonwealth Federation (CCF, ancêtre du NPD), le Parti social-démocratique (PSD), le  Parti socialiste du Québec. En 1960, comme il n’est pas réembauché par la CTCC, il fonde une imprimerie, Les Presses Sociales, qui imprimera des poètes dont Gilles Vigneault, Claude Péloquin et Denier Vanier, des revues engagées comme Socialisme québécois, des documents  de formation syndicale et de luttes politiques. En 1967, il retourne à l’action syndicale comme permanent du Syndicat de la construction de la CSN, puis, l’année suivante, il est élu président du Conseil central de Montréal de la CSN, poste qu’il occupera jusqu’en 1978. Il organise et dirige alors des luttes sur divers fronts : les droits sociaux des non-syndiqués, la consommation, la défense de la langue française, la condition féminine, l’indépendance du Québec, la solidarité internationale ouvrière.  Il sera très actif dans les mouvements de solidarité avec les résistances du peuple vietnamien contre l’agression des États-Unis d’Amérique, des peuples d’Amérique latine, en particulier ceux de Cuba et du Chili. Il s’engagera également auprès du peuple palestinien contre l’oppression et la dépossession sionistes. Par ce militantisme, son nom est associé à différentes organisations comme la Caisse populaire des syndicats nationaux, l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF), le journal Québec Presse, le magasin Cooprix, le Comité Québec-Palestine, le Comité Québec-Chili, la CISO (Conférence internationale de solidarité ouvrière). Durant la Crise d’octobre, en vertu de la Loi des mesures de guerre votée par le Parlement fédéral,  il sera, comme plus de 500 personnes, injustement emprisonné durant plus de quatre mois (octobre 1970-février 1971), puisqu’il sera acquitté. À 67 ans, en 1983, il crée la Fondation pour l’aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés (FATA) pour venir en aide aux travailleurs syndiqués et non syndiqués victimes d’accidents et de maladies du travail, injustement traités par la CSST. À 82 ans, il termine sa vie active par une tournée d’information et d’éducation sur le droit à un revenu de citoyenneté et par une campagne électorale comme candidat indépendant dans Jonquière (1998) contre le premier ministre d’alors, M. Lucien Bouchard. Ce dernier, fidèle au capitalisme le plus pur, n’hésita pas à sabrer dans les revenus des travailleurs et des plus démunis plutôt que dans ceux des grandes corporations pour atteindre l’illusoire déficit zéro. Homme de paroles, au courage exemplaire, à la générosité proverbiale, d’une très grande sensibilité malgré ses allures parfois rustres et brutales, il a eu tout au long de sa vie une capacité d’indignation et de révolte peu commune contre les injustices. Chrétien, il a tenté de mettre en œuvre le message qu’il trouvait dans les Évangiles : la foi en l’humanité, la compassion,  la défense des opprimés et la quête de la justice de façon pacifique.  Il laisse dans le deuil ses enfants Micheline, Hélène, Alain, Suzanne-G., Madeleine, Dominique, et leurs conjoints; douze petits-enfants : Philippe, Katerine, Anne-Marie, Vincent, Marie, Maïa, Olivier, Maud, Florence, Léo, Marion, Romane et six arrières-petits-enfants avec lesquels il entretenait des liens d’affection soutenus. Il laisse également sa compagne des dernières années, Colette Legendre, sa sœur cadette Jacqueline Cornellier, plusieurs neveux et nièces, de nombreux amis et admirateurs sincères. Puisse sa vie demeurer un exemple de courage et de détermination pour tous ceux et celles qui sont épris de  justice sociale et de liberté!

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