Nous défendons les droits des travailleuses
et travailleurs depuis 1921

Homme de cœur et de paroles

Du même SUJET

Entente de principe pour les employé-es de la SQDC syndiqués à la CSN

Entente de principe pour les employé-es de la SQDC syndiqués à la CSN

Une entente de principe est intervenue entre le Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN…
Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour que cessent les bris de services?

Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour que cessent les bris de services?

Le syndicat du préhospitalier de Montréal et de Laval interpelle le gouvernement Legault quant à la…
Vote de moyen de pression à l’unanimité

Vote de moyen de pression à l’unanimité

Insatisfaits du climat de travail et du manque d’ouverture de l’employeur, les chauffeurs d’autobus urbain du…
Oldcastle à Candiac – Les salarié-es en lock-out

Oldcastle à Candiac – Les salarié-es en lock-out

Le lundi 20 juin, l’entreprise Oldcastle Solutions Enclosure de Candiac a mis ses travailleuses et ses…
Des briseurs de grève chez Viandes du Breton

Des briseurs de grève chez Viandes du Breton

Le 15 juin dernier, le Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu un jugement indiquant que…
SQDC : les syndiqué-es enfument le Conseil du trésor

SQDC : les syndiqué-es enfument le Conseil du trésor

Les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC–CSN ont profité d’une autre journée…

SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

Décès de Michel Chartrand (1916–2010)

Homme de cœur et de paroles

Michel Chartrand, militant d’exception, défenseur acharné des travailleurs, chrétien humaniste, pacifiste, patriote, syndicaliste, indépendantiste, socialiste et anticapitaliste engagé, père, grand-père et arrière grand-père tant aimé, est décédé à Montréal, le 12 avril 2010 à l’âge de 93 ans. Fils de Louis Chartrand et d’Hélène Patenaude, il était le 13e de 14 enfants d’une modeste famille de Montréal.  Après de brèves études classiques et un séjour comme moine de chœur à la trappe des moines cisterciens d’Oka, il s’engage dans l’action sociale, d’abord avec la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), puis dans le mouvement coopératif. À 25 ans, en 1942, il épouse Simonne Monet (décédée en janvier 1993), dont il sera épris jusqu’à sa mort; ensemble ils auront sept enfants qu’ils élèveront sur la Rive-Sud. Dans la trentaine  il commence ses activités syndicales et, en 1949, il participe à la fameuse grève des mineurs d’Asbestos. Il travaille à la syndicalisation et à l’organisation de travailleurs et de travailleuses dans différents secteurs : aluminium et commerce, textile et vêtement en Abitibi, dans la région de Montréal, en Estrie et en Mauricie, notamment. En 1952, il soutient activement les grévistes du magasin à rayons Dupuis et Frères et les ouvriers du textile de Louiseville. En 1957, il est aux côtés des mineurs de Murdochville sur les lignes de piquetage et il appuie les réalisateurs de Radio-Canada en 1959. De 1950 à 1957, il sera employé de la CTCC, ancêtre de la CSN. Son action pour la justice sociale et les droits des travailleurs lui vaudra d’avoir été harcelé et emprisonné sept fois sous le régime duplessiste, sans jamais avoir été reconnu coupable. Conjointement à son action syndicale, il participe à la vie politique en militant dans divers partis d’opposition démocratique: le Bloc populaire canadien,  le Cooperative Commonwealth Federation (CCF, ancêtre du NPD), le Parti social-démocratique (PSD), le  Parti socialiste du Québec. En 1960, comme il n’est pas réembauché par la CTCC, il fonde une imprimerie, Les Presses Sociales, qui imprimera des poètes dont Gilles Vigneault, Claude Péloquin et Denier Vanier, des revues engagées comme Socialisme québécois, des documents  de formation syndicale et de luttes politiques. En 1967, il retourne à l’action syndicale comme permanent du Syndicat de la construction de la CSN, puis, l’année suivante, il est élu président du Conseil central de Montréal de la CSN, poste qu’il occupera jusqu’en 1978. Il organise et dirige alors des luttes sur divers fronts : les droits sociaux des non-syndiqués, la consommation, la défense de la langue française, la condition féminine, l’indépendance du Québec, la solidarité internationale ouvrière.  Il sera très actif dans les mouvements de solidarité avec les résistances du peuple vietnamien contre l’agression des États-Unis d’Amérique, des peuples d’Amérique latine, en particulier ceux de Cuba et du Chili. Il s’engagera également auprès du peuple palestinien contre l’oppression et la dépossession sionistes. Par ce militantisme, son nom est associé à différentes organisations comme la Caisse populaire des syndicats nationaux, l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF), le journal Québec Presse, le magasin Cooprix, le Comité Québec-Palestine, le Comité Québec-Chili, la CISO (Conférence internationale de solidarité ouvrière). Durant la Crise d’octobre, en vertu de la Loi des mesures de guerre votée par le Parlement fédéral,  il sera, comme plus de 500 personnes, injustement emprisonné durant plus de quatre mois (octobre 1970-février 1971), puisqu’il sera acquitté. À 67 ans, en 1983, il crée la Fondation pour l’aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés (FATA) pour venir en aide aux travailleurs syndiqués et non syndiqués victimes d’accidents et de maladies du travail, injustement traités par la CSST. À 82 ans, il termine sa vie active par une tournée d’information et d’éducation sur le droit à un revenu de citoyenneté et par une campagne électorale comme candidat indépendant dans Jonquière (1998) contre le premier ministre d’alors, M. Lucien Bouchard. Ce dernier, fidèle au capitalisme le plus pur, n’hésita pas à sabrer dans les revenus des travailleurs et des plus démunis plutôt que dans ceux des grandes corporations pour atteindre l’illusoire déficit zéro. Homme de paroles, au courage exemplaire, à la générosité proverbiale, d’une très grande sensibilité malgré ses allures parfois rustres et brutales, il a eu tout au long de sa vie une capacité d’indignation et de révolte peu commune contre les injustices. Chrétien, il a tenté de mettre en œuvre le message qu’il trouvait dans les Évangiles : la foi en l’humanité, la compassion,  la défense des opprimés et la quête de la justice de façon pacifique.  Il laisse dans le deuil ses enfants Micheline, Hélène, Alain, Suzanne-G., Madeleine, Dominique, et leurs conjoints; douze petits-enfants : Philippe, Katerine, Anne-Marie, Vincent, Marie, Maïa, Olivier, Maud, Florence, Léo, Marion, Romane et six arrières-petits-enfants avec lesquels il entretenait des liens d’affection soutenus. Il laisse également sa compagne des dernières années, Colette Legendre, sa sœur cadette Jacqueline Cornellier, plusieurs neveux et nièces, de nombreux amis et admirateurs sincères. Puisse sa vie demeurer un exemple de courage et de détermination pour tous ceux et celles qui sont épris de  justice sociale et de liberté!

Partager cette page sur Facebook Twitter LinkedIn Reddit Pinterest WeChat Mix Pocket