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La CSN–Construction plaide pour un ménage chez les employeurs

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SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

La CSN–Construction plaide pour un ménage chez les employeurs

Au lendemain de la publication d’un important rapport sur le fonctionnement de l’industrie de la construction qu’elle a accueilli favorablement, la CSN-Construction rappelle à la ministre du Travail, Lise Thériault que, pour améliorer l’industrie, un ménage devra être fait du côté des employeurs. Le salut de l’industrie ne passe pas simplement par l’accroissement du droit de gérance des employeurs.

Pour le président de la CSN-Construction, Aldo Miguel Paolinelli, le succès des mesures présentées hier dépendra de la volonté du gouvernement de faire le ménage chez les employeurs de l’industrie, notamment en réformant la Régie du bâtiment et en exigeant de leur part le respect de règles aussi rigoureuses que celles qui régissent les syndicats.

« Ça peut sembler incroyable pour les gens qui ne font pas partie de l’industrie mais, au Québec, il est beaucoup plus facile pour un employeur d’obtenir une licence d’entrepreneur que pour son salarié d’obtenir sa carte de compétence. C’est insensé. Ce laxisme a ouvert toute grande la porte aux abus du système, dont les travailleurs et les consommateurs font les frais», dénonce-t-il.

Encadrement plus rigoureux En 2009, 24 050 entreprises du secteur de la construction détenaient une licence auprès de la Régie du bâtiment. Il y a clairement trop d’entrepreneurs, particulièrement de sous-traitants dans l’industrie. À l’évidence, bon nombre de ces licences ne servent que de paravent pour des activités autres. Par exemple, la Régie reconnaît 1314 entreprises spécialisées en tirage de joints mais il n’y a que 3000 tireurs de joints au Québec ! Il y a perte totale de contrôle et cela fait de l’industrie un terreau fertile pour la corruption, la collusion, la fraude fiscale et le travail au noir.

Par exemple, ces lacunes donnent lieu parfois à un système de sous-traitance à outrance. Une entreprise, le donneur d’ouvrage, obtient un gros contrat dont les coûts tiennent compte des conditions de travail négociées. Mais une pyramide de sous-traitants peu transparente s’installe ensuite sous ce donneur d’ouvrage qui découpe le contrat en plusieurs parties. Chaque entreprise se paie au passage. Au bas de la pyramide, des travailleuses et des travailleurs se voient forcés au travail clandestin, dans des conditions difficiles, inférieures à celles prévues aux conventions collectives.

À l’évidence, les compagnies sont incapables de s’autodiscipliner. Toute amélioration dans l’industrie passe par un encadrement plus rigoureux.En outre, non seulement la Régie du bâtiment émet trop de licences mais, en plus, elle est incapable d’intervenir pour sortir de l’industrie les entreprises délinquantes, même lorsqu’elles plaident coupables à des accusations de fraudes fiscales ou d’autres activités criminelles. En ce sens, la CSN-Construction appuie la ministre du Travail Lise Thériault, qui dit souhaiter réformer la Régie du bâtiment et faire le ménage du côté des entrepreneurs. Mais il faudra plus que des vœux pieux à cet égard.

Groupe de travail Et il y a matière à inquiétude compte tenu de la part belle faite aux employeurs dans le rapport du groupe de travail sur le fonctionnement de l’industrie de la construction présenté hier. Le gouvernement souhaite-t-il sérieusement faire le ménage où préfère-t-il faire reposer tout le poids sur les organisations syndicales et les travailleurs, en espérant que la population oubliera tous les problèmes de l’industrie révélés au grand jour ?

Pour Aldo Miguel Paolinelli, les employeurs devraient être tenus au respect de règles aussi strictes que les syndicats. À cet égard, le rapport du groupe de travail a raté un peu la cible. « Il n’y a rien dans le rapport sur la responsabilité des employeurs, par exemple, en ce qui a trait au placement. C’est l’employeur qui doit répondre de la discrimination en emploi puisque l’embauche est sa responsabilité exclusive. Or, on vise beaucoup les syndicats dans le discours public mais très rarement voit-on les employeurs pointés du doigt. »

« Notre première responsabilité sur les chantiers, c’est de défendre les droits des travailleurs et leur santé et leur sécurité. Des fois, il y a des employeurs qui trouvent que la CSN-Construction est plus fatigante que d’autres sur ces questions. Qu’est-ce qui les empêcherait, par exemple, de boycotter nos membres, en représailles ? Rien. Nous sommes prêts à faire notre grand bout en travaillant à une refonte en profondeur des relations de travail dans l’industrie mais si on veut des résultats positifs pour les travailleuses et les travailleurs et pour les citoyennes et citoyens, il va falloir que les entreprises soient assujetties à un code d’éthique aussi strict que celui auquel nous acceptons d’adhérer. »

Fondée en 1924, la CSN-Construction regroupe aujourd’hui quelque 18 000 travailleuses et travailleurs. Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux qui représente 300 000 salarié-es de tous les secteurs d’activité.

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