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La CSN et le Conseil central de l’Estrie organisent une grande assemblée publique sur l’avenir du système de santé public au Québec le mardi 4 décembre à Sherbrooke

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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La CSN et le Conseil central de l’Estrie organisent une grande assemblée publique sur l’avenir du système de santé public au Québec le mardi 4 décembre à Sherbrooke

La Confédération des syndicats nationaux et le Conseil central de l’Estrie-CSN invitent la population à une grande assemblée publique sur l’avenir de notre système public de santé. Cette assemblée se déroulera le mardi 4 décembre, à compter de 19 heures, à l’Hôtel Delta de Sherbrooke, et réunira le Dr Réjean Hébert, professeur et doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke ainsi que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Au cours des dernières semaines, de nombreuses voix se sont unies pour défendre le système de santé public, et ce, à quelques semaines du dépôt du rapport du Comité Castonguay qui doit faire des recommandations au gouvernement sur le financement de notre système de santé, en février prochain. La CSN est très inquiète compte tenu des prises de position du président du groupe de travail, l’ancien ministre Claude Castonguay, en faveur du privé.

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Jean Lacharité, rappelle que la CSN mène depuis le début de l’automne une campagne qui a pour thème : Le public, c’est la santé pour tout le monde!« Nous croyons fermement que les solutions se trouvent à l’intérieur même du système de santé public, d’affirmer M. Lacharité. Un projet pilote sur lequel nous fondons beaucoup d’espoir est actuellement en cours dans la région et devrait nous fournir des réponses concrètes. »

Ce projet sur l’organisation du travail réunit le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), le CSSS-IUGS, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Granit et une équipe de chercheurs universitaires. Il s’agit d’une approche terrain, où les communautés stratégiques de base sont interpellées. Les travailleuses et les travailleurs ainsi que les organisations syndicales sont étroitement associés à toutes les étapes du processus. « Les conclusions de ce projet pilote devraient nous amener à modifier nos façons de faire pour devenir plus efficients dans nos pratiques et améliorer les services de santé publics offerts à la population. La réorganisation du travail viendra contrer la privatisation », croit Jean Lacharité.

Faire face au vieillissement

« Pour faire face au vieillissement de la population, on a besoin plus que jamais de renforcer le système public de santé », estime le Dr Réjean Hébert. Pour lui, le vieillissement de la population est une opportunité de renforcer le système de santé public en l’adaptant pour mieux dispenser des soins continus et à long terme à une population aux prises surtout avec des maladies chroniques. « Dans ce contexte, le système doit être centré autour du domicile des personnes et prendre pour assise les soins à domicile et les soins de première ligne. »

Le doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke croit qu’un investissement majeur est nécessaire dans les soins à domicile pour diminuer la pression sur l’hôpital et les institutions d’hébergement. « Les services doivent être assurés peu importe le lieu de résidence de la personne et une prestation de soutien à domicile basée sur les besoins doit être mise en place. Pour éviter la fragmentation des interventions et assurer la continuité des services, une intégration est nécessaire et il importe de généraliser des modèles novateurs de coordination qui ont démontré leur efficacité au Québec. »

NON à plus de financement privé

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime quant à elle que le gouvernement doit prendre acte du large consensus en faveur du financement public intervenu au Sommet de la santé du Collège des médecins, et ce, alors qu’il a mis le groupe de travail Castonguay sur la piste du financement privé.

Selon le dernier rapport sur les soins de santé de l’OCDE, le financement privé représente 30 % au Québec et au Canada, alors que la contribution publique atteint 70 %. Elle est de 73 % pour la moyenne des pays de l’OCDE. « Lorsqu’on se compare aux autres, on se rend compte que le privé pèse plus lourd chez nous qu’ailleurs. Dans certains pays, c’est un vent contraire à la privatisation qui souffle. Plusieurs ont même accru la part de leur financement public, parce qu’ils se rendent compte qu’un système public de santé génère des économies appréciables sur les coûts », argue la présidente de la CSN.

« C’est un leurre de penser que l’introduction d’assurances privées duplicatives réglera les problèmes d’accès », estime Claudette Carbonneau. Une autre étude de l’OCDE démontre que l’introduction de l’assurance maladie privée a eu pour effet d’augmenter les dépenses totales en santé, sans toutefois diminuer les coûts des régimes publics. Plusieurs facteurs contribuent à ce constat : les gens consomment davantage de soins et de services; le gouvernement exerce moins de contrôle sur les activités et les prix montent en flèche; la recherche de profits des cliniques privées et des assureurs augmente les coûts; les cas lourds demeurent aux frais du régime public.

De plus en plus de travailleuses et de travailleurs n’ont même plus les moyens de se payer un régime d’assurance collective devenu trop coûteux. Chez SSQ, la prime annuelle moyenne pour une assurance maladie comprenant les médicaments est passée de 495 $ en 1996 à 1043 $ en 2006 : une augmentation de 111 % en dix ans. Cela laisse bien peu d’espace pour ajouter de nouvelles protections.

« Ouvrir la porte à de nouvelles assurances ne fera qu’augmenter la pénurie de personnels. Les professionnel-les seront attirés par des cliniques privées qui offrent des conditions plus avantageuses rendues possibles par la capacité de payer de leur clientèle et par le fait qu’ils ne prennent que des cas légers », de poursuivre la présidente de la CSN.

« L’injection d’argent frais dans le système public de santé et de services sociaux est une condition essentielle pour que celui-ci assume efficacement sa mission tout en améliorant l’accessibilité. La CSN croit qu’il faut élargir la gamme des services offerts, particulièrement dans les soins de longue durée et les soins à domicile. Elle est prête à faire le débat sur de nouvelles sources de financement à condition que certains principes soient respectés dont la progressivité en fonction des revenus et un apport équitable des individus et des entreprises », de conclure la présidente de la CSN.

La Confédération des syndicats nationaux compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE) regroupe quelque 13 000 membres répartis dans plus d’une centaine de syndicats.

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