8 novembre 2002

CSN - Une politique d'achat du MSSS conduit à la perte d'une importante expertise en génie biomédical

Une politique d’achat du MSSS conduit à la perte d’une importante expertise en génie biomédical

” Devenir dépendants des multinationales de l’appareillage médical est un mauvais choix technique et économique “, déclare Johanne Turbide, représentante du Secteur professionnel des technologies médicales à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, en commentant le contenu d’ une lettre que vient de faire parvenir aux directions des régies régionales le sous-ministre Pierre Gabrièle.

Ce document a fait connaître le cadre de gestion des achats regroupés en radiologie. Les caractéristiques des devis d’appel d’offres, mentionnées dans la lettre du 17 octobre du sous-ministre, excluent la formation du personnel des services du génie biomédical des hôpitaux.

” Cette omission est lourde de conséquences et nous en appelons au ministère pour que les devis soient revus avant qu’il ne soit trop tard, a poursuivi Johanne Turbide. Il serait dramatique pour le réseau hospitalier que l’entretien d’équipements stratégiques comme ceux de l’imagerie médicale soit confié aux grands fabricants d’appareils. Aller dans cette voie de privatisation augmentera les coûts et privera nos hôpitaux d’une importante expertise interne. Nos équipes du génie biomédical sont capables, lorsqu’ils ont reçu la formation, d’intervenir sur le champ lors de bris d’appareils. Leur compétence n’a jamais été mise en doute.

Un récent rapport du vérificateur général a fait état que le MSSS n’a pas de stratégie globale qui lui permette de prendre en charge les différents aspects de l’imagerie médicale, qu’il ne dispose pas d’un portrait complet du parc d’équipements et n’a pas non plus de plan d’acquisition d’équipements.

” Il faut s’inquiéter que le ministère et l’Association des radiologistes du Québec s’entendent seuls pour procéder à des achats de groupe. Il est malheureux qu’après s’être doté d’un processus rigoureux d’acquisition d’équipements, on assiste maintenant à un retour en arrière, puisque les médecins, avec des fonds publics, transigeront directement avec les compagnies “, se préoccupe la représentantes du secteur des technologies à la FSSS.

Les achats regroupés en imagerie médicale ne sont pas synonymes d’économie. Les contrats de service sont généralement de l’ordre de 10% du coût d’achat. Comme le prix des appareils d’échographie haute gamme, oscille entre 250 000 et 300 000 $ le coût d’entretien peut se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de dollars par année.

” Comme aucune formation n’est prévue au devis, selon la lettre du sous-ministre, l’entretien de ces appareils doit nécessairement être confié à des compagnies externes. Ainsi, le MSSS pelletterait pour une période de cinq ans soit la durée de vie utile de tels appareils, des montants importants dans la cour des hôpitaux et ce, sans égard à l’expertise de leur service du génie médical et sans budget additionnel. Tous les budgets d’opération seront en effet aux frais des hôpitaux “, analyse Johanne Turbide.

” Nous avons comparé les budgets de différents hôpitaux et nous nous sommes rendu compte que d’importantes économies sont réalisées lorsque l’entretien des équipements est confié à l’équipe du génie biomédical. Les frais annuels sont de l’ordre de 6,5% du coût d’achat des appareils lorsque l’équipe interne du génie biomédical prend en charge l’entretien. Dans les hôpitaux qui n’ont pas de service interne en génie biomédical les coûts d’entretien sont de l’ordre de10 pour cent. La dépense supplémentaire peut atteindre un million de dollars pour un hôpital qui recourre uniquement au secteur privé “, soutient Johanne Turbide, à la suite d’une étude réalisée par son secteur.

Selon le représentante du Secteur professionnel des technologies médicales, la lettre du sous-ministre Gabrièle, compte tenu de la situation budgétaire des hôpitaux, risque d’occasionner d’importantes difficultés. L’achat d’appareils d’échographie n’est que le premier d’une série d’autres achats regroupés. ” Sachant que le coût des équipements des nouvelles technologies en imagerie médicale peut atteindre 2,5 millions, n’y a-t-il pas lieu d’avoir une consultation plus large afin d’impliquer tous ceux qui peuvent directement être concerné par leur entretien comme par leur utilisation ? ”

La majorité des établissements du réseau lorsqu’ils négocient l’achat d’équipements en imagerie médicale prennent soin d’impliquer leur service du génie biomédical qui, selon le cas, inclut de la formation pour les techniciens du service. Et mentionnons que les compagnies multinationales et les établissements sont en concurrence directe pour cette main-d’oeuvre en pénurie que sont les techniciens du service du génie biomédical.

” Dans un établissement de soins de santé, le service du génie biomédical est probablement un des rares services où l’on fait de réelles et substantielles économies. C’est pourquoi nous demandons au ministère d’inclure la formation pour le personnel du génie médical dans ses appels d’offre et ainsi protéger une expertise qui a amplement fait ses preuves “, conclut Johanne Turbide.

(Source: FSSS-CSN 08-11-2002 — Pour renseignements : Claude Saint-Georges. 514-258-7124)

   


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