Santé : le Québec, un modèle!

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Santé : le Québec, un modèle!

Chronique
par Claude Picher

Le ministre Philippe Couillard a beau faire son possible pour rassurer les Québécois sur l’état de leur système de santé, il a encore du pain sur la planche. Les gens ne le croient pas, et pour cause. Presque chaque jour, les médias rapportent des histoires d’horreur : engorgement des urgences, délais d’attente en chirurgie, épuisement chronique des médecins et des infirmières, impéritie des services ambulanciers.

Pourtant, M. Couillard n’a pas tout à fait tort. La détérioration du réseau québécois de santé est évidente, mais la chose est aussi vraie partout ailleurs au Canada. Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console, dit l’adage. En fait, selon une récente étude, « le système de santé québécois peut servir de modèle aux autres provinces ». Et qui affirme cela ? Nul autre que Nadeem Esmail, un des économistes les plus en vue de l’Institut Fraser, organisation que l’on ne peut certainement pas soupçonner de complaisance à l’égard des politiques publiques québécoises.

L’auteur commence par constater un paradoxe.

De toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui se montre le plus pingre en matière de dépenses publiques de santé.

Les chiffres les plus récents montrent que ces dépenses atteignent 2853 $ par habitant, assez loin derrière l’Île-du-Prince-Édouard, qui occupe l’avant-dernier rang avec 3010 $.

Non seulement le Québec dépense-t-il moins que les autres, mais il n’est en aucun façon en mode rattrapage. Si on jette un coup d’oeil sur une plus longue période, on s’aperçoit que le Québec arrive loin derrière les autres provinces. Entre 1996 et 2004, les croissance annuelle moyenne des dépenses de santé (publiques et privées) se situe à 5,7 % au Québec ; la moyenne des autres provinces est de 6,8 %. Cet écart semble insignifiant. Pourtant, sur une période de huit ans, il représente 2,7 milliards de dollars.

En principe, si le Québec dépense moins que les autres, les soins devraient être de moindre qualité. Or, ce n’est pas ce qui se passe. À ce sujet, le document étudie l’évolution des délais d’attente entre 1993 et 2007. À chaque année, l’Institut Fraser mène une vaste enquête sur le sujet auprès des médecins spécialistes. Il ne s’agit pas ici de mesurer l’engorgement des urgences, mais les délais entre le moment où un patient consulte l’omnipraticien, celui où il est référé au spécialiste, et la date effective du traitement. Il s’agit d’un excellent indicateur de la qualité des soins de santé, d’autant plus que la taille de l’échantillonnage est respectable : cette année, plus de 3200 médecins spécialistes à travers (sic)le Canada ont participé à l’enquête.

Comme il faut s’y attendre, la situation se détériore partout au Canada depuis 1993. Mais ce qu’il est important de noter, c’est que le Québec, systématiquement, réussit à faire mieux que les autres. En 14 ans, il est arrivé 11 fois que les délais observés au Québec soient plus courts que dans l’ensemble du Canada. Pas mal du tout.

D’où antinomie. Le Québec dépense moins que les autres, mais obtient de meilleurs résultats.

Comment cela se peut-il ?

M. Esmail avance une explication originale, voire surprenante : l’explication se trouverait, du moins en bonne partie… dans le prix des médicaments!

Au Québec, les médicaments accaparent 20 % des dépenses publiques et privées de santé. C’est, d’assez loin, la proportion la plus élevée au Canada. Au Manitoba, la province la moins dépensière à ce chapitre, la proportion dépasse à peine 13 %.

Les Québécois sont-ils plus malades que les autres Canadiens ? Non. Les médicaments coûtent-ils plus cher au Québec ? Pas assez pour expliquer les écarts. Est-ce parce que les Québécois vieillissent plus rapidement ? Ce n’est pas évident ; après tout, le Manitoba vieillit encore plus rapidement que le Québec. Les Québécois sont-ils sujets à la surconsommation ? Oui, mais on observe la même chose ailleurs.

Le « secret » des Québécois, c’est qu’ils achètent des médicaments de meilleure qualité, c’est-à-dire plus récents. À la vitesse où évolue la recherche pharmaceutique, un médicament mis en marché il y a deux ans a de grosses chances d’être plus efficace qu’un autre vendu depuis dix ans.

Cela a un impact important sur les dépenses de santé. Un patient qui prend un médicament plus efficace consulte son médecin moins souvent. N’a pas besoin de se rendre aux urgences aussi souvent. Est hospitalisé moins longtemps. Le document parvient même à chiffrer tout cela.

Certes, les médicaments récents coûtent plus cher. Prenons le cas d’un patient qui prend le même médicament depuis 15 ans. Son médecin lui recommande de le remplacer par un nouveau produit, sur le marché depuis cinq ans et demi. Pour ce genre d’intervalle, le prix de la prescription grimpera en moyenne de 18 $. Or, toujours en moyenne, un médicament plus récent réduit le nombre de séjours à l’hôpital (six hospitalisations de moins pour chaque tranche de 1000 prescriptions). Il contribue également à réduire la durée des séjours. Au total, l’ensemble du système épargne ainsi 71 $, même si le médicament coûte plus cher.

Et c’est sans compter la qualité de vie fournie par de meilleurs médicaments.


Source : La Presse, cahier Affaires – 20 novembre 2007

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