13 septembre 2002

Un pari impossible à relever

Plate-forme électorale du PLQ

Un pari impossible à relever

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a qualifié de “pari impossible à relever” le programme politique du Parti libéral du Québec, dévoilé hier par son chef Jean Charest. “Réduire les impôts d’une part, et d’autre part augmenter considérablement les investissements en santé et en éducation, il y a là une contradiction évidente dans la conjoncture économique et budgétaire du Québec des années 2000”, a-t- elle commenté.

“M. Charest a du rôle de l’Etat une conception ratatinée, étriquée et réductrice, a-t-elle poursuivi. C’est bien de cibler la santé, l’éducation et la réduction des impôts, mais que fait-on, entre autres, des responsabilités collectives qui relèvent de tout Etat qui se respecte, dont le soutien aux familles, la protection de l’environnement, l’amélioration des relations de travail, l’accès au logement pour les familles à faible revenu et la redistribution de la richesse? Une telle vision est non seulement simpliste, mais elle relève de la plus pure utopie en prenant pour acquis qu’il est possible de geler, sur une période de cinq ans, les budgets de tous les autres ministères. De plus, la réduction des effectifs globaux du secteur public que prône le Parti libéral nous apparaît comme porteuse de situations difficiles, voire dramatiques, comme celles que nous avons connues dans la poursuite du déficit zéro.”

IL N’Y A PAS DE SOLUTIONS MIRACLES

La plate-forme électorale du PLQ mise gros dans un secteur, la santé. La CSN reconnaît d’emblée que ce secteur mérite une attention toute particulière mais déplore que le programme libéral passe à côté des vraies questions. “La pensée magique fait souvent office de plan d’action, dans ce programme libéral où transpire la simplification abusive des problèmes, poursuit la présidente de la CSN. En santé, tout est orienté vers la prestation de services par le secteur privé, comme s’il s’agissait là d’une panacée, d’une solution miracle au problème des listes d’attente ou à celui du rôle et de la rémunération des médecins dans le système de santé. Nous craignons plutôt que ce glissement vers le privé ne constitue essentiellement qu’un cadeau aux entreprises, vers qui on déplacera des ressources humaines déjà existantes dans le secteur public, ce qui n’augmentera en rien les services disponibles à la population. C’est un leurre de penser que l’on peut régler les problèmes d’accessibilité aux soins de santé de cette façon.” La centrale syndicale salue par ailleurs l’annonce de l’établissement d’une véritable “politique du médicament” dans le programme libéral.

BAISSE DES IMPOTS : BEAUCOUP DE TAPE-A-L’OEIL

“N’oublions pas, déclare la présidente de la CSN, que la population québécoise a déjà bénéficié de réductions de 20 % du fardeau fiscal depuis deux ans. N’est-ce pas un peu suicidaire que de promettre une nouvelle baisse de 27 %, tout simplement pour ramener la fiscalité au niveau de la moyenne canadienne? A quel prix va se faire cette baisse d’impôts?, à qui profitera-t- elle? a-t-elle demandé. Allons-nous brader tous les acquis sociaux qui caractérisent la société québécoise tout simplement pour ressembler parfaitement au reste du Canada?” La CSN questionne aussi l’approche privilégiée en matière de développement régional dans le programme du PLQ. Alors qu’on se targue de redonner le pouvoir aux citoyens dans toutes les régions du Québec, on propose d’abolir les régies régionales de la santé. “On ne s’étouffe décidément pas avec la cohérence, au PLQ, a commenté la présidente de la CSN. Il en va de même avec le développement durable. Pas une seule mention de la position du Parti libéral concernant la ratification du Protocole de Kyoto.”

EDUCATION

En ce qui a trait au secteur de l’éducation, la CSN salue la volonté libérale d’augmenter le nombre de professeurs permanents dans les universités. Elle souligne cependant que c’est tout le réseau des cégeps, les parents pauvres de notre système d’éducation, qui a besoin d’investissements majeurs, et non pas seulement les cégeps en région comme le prône le programme libéral, bien que ceux-ci méritent le soutien particulier qui y est prôné. Enfin, la CSN accueille favorablement l’engagement du PLQ d’augmenter de 20 pour cent le personnel d’encadrement dans le réseau, mais souligne que cela ne nous ramène même pas au niveau d’effectifs qui existait avant les coupures de personnel de 1997. “De façon générale, analyse Claudette Carbonneau, nous restons sur notre appétit en ce qui concerne des mesures concrètes pour améliorer la réussite scolaire, en particulier chez les garçons.”

LA SOUS-TRAITANCE

La CSN s’inquiète par ailleurs des quelques lignes du programme libéral qui traitent des lois du travail. “A ce chapitre, le PLQ fait miroiter aux yeux de ses amis naturels du patronat des changements qui leur permettront de disposer plus facilement du sort de leurs employés, notamment en cédant leur travail, et donc leur gagne-pain, à la sous-traitance, en s’engageant à affaiblir de nouveau l’article 45 du Code du travail. On voit présentement chez Videotron, même si cette entreprise est de juridiction fédérale, à quels drames de toutes sortes et à quels bourbiers sociaux peuvent nous conduire les patrons quand ils disposent de cette liberté”, a conclu la présidente de la CSN.

(Source: CSN 13-09-2002 — Renseignements: Jean-Pierre Paré, 514 598-2159)

   


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