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UCCO – SACC Une nouvelle étude de grande envergure leur donne raison

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SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

UCCO – SACC Une nouvelle étude de grande envergure leur donne raison

UCCO-SACC-CSN – Une nouvelle étude de grande envergure leur donne raison

Profession à haut risque : les agents correctionnels du Canada sont tout à fait justifiés de revendiquer l’amélioration de leur régime de retraite et notamment le droit à la pleine pension après 25 années de service.

Le syndicat souhaite l’intervention du solliciteur général

Le travail des agents correctionnels des pénitenciers canadiens est celui d’une profession à haut risque : le contact quotidien avec des détenus dans un environnement carcéral extrêmement stressant entraîne inévitablement de lourdes conséquences pour la santé physique et mentale des agents correctionnels de même que dans leur vie privée. C’est que les agents correctionnels pratiquent l’une des professions les plus stressantes qui existent. Et plus que dans tout autre type d’emploi, ils risquent de contracter des problèmes de santé reliés au stress tels que des troubles cardiovasculaires et des maladies infectieuses. Ils sont exposés à des situations traumatisantes, violentes et sont sujets à des dépressions dans une mesure beaucoup plus importante que la population en général ou les membres d’autres catégories d’emploi.

Aussi, les agents correctionnels des pénitenciers canadiens sont-ils tout à fait justifiés de revendiquer l’amélioration de leurs conditions de travail. L’étude justifie pleinement la revendication du syndicat concernant l’obtention du droit à la retraite avec pleine pension après 25 ans de service, et ce dès l’âge de 50 ans, un des enjeux majeurs de la négociation pour le renouvellement de leur convention collective.

Le syndicat souhaite l’intervention du solliciteur général

Fort d’une étude bien documentée de près de 60 pages portant sur la relation entre les conditions de travail de 5700 agents correctionnels et leur état de santé physique et mentale, le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) est allé exposer les aspects fondamentaux de ses revendications au solliciteur général du Canada, M. Wayne Easter, à son bureau d’Ottawa, le 3 novembre.

Dirigée par le président national de UCCO-SACC-CSN, Sylvain Martel, la délégation syndicale était aussi composée de l’auteur de l’étude, Qussai Samak, du Service des relations du travail de la CSN. Une actuaire et un économiste de la CSN, Nathalie Joncas et Claude Rioux, ont aussi participé à la rencontre avec le solliciteur général.

« Nous avons demandé au solliciteur général d’intervenir auprès de notre employeur, le Service correctionnel du Canada (SCC) et le Conseil du Trésor, pour faire débloquer les négociations portant sur notre régime de retraite », a expliqué le président de UCCO-SACC-CSN au Québec, Pierre Mallette.

L’étude

La rencontre a aussi permis aux représentants syndicaux de sensibiliser M.Easter aux importantes difficultés rencontrées par les agents correctionnels dans l’accomplissement de leur travail, difficultés qui ont fait l’objet d’une grande étude, par le syndicat, sur la santé et la sécurité. Selon l’étude, le stress des agents correctionnels s’accroît plutôt que de diminuer avec le nombre d’années de service, contrairement à ce qui se produit dans d’autres types d’emploi. Selon les résultats de l’étude, entre 70 et 80 % des agents correctionnels affirment que leur travail est « stressant » ou très stressant ». De plus, l’étude démontre que les agents correctionnels sont sujets à la dépression dans des proportions qui dépassent celles rencontrées dans d’autres types d’emplois et dans la population en général. « Entre 20 et 30 % des agents correctionnels ont été diagnostiqués pour dépression au moins une fois au cours des dix dernières années. C’est beaucoup ! C’est deux à trois fois plus élevé que les taux observés dans la population en général », a expliqué le représentant de UCCO-SACC-CSN.

Selon le spécialiste de la CSN en matière de santé et de sécurité, « devant des résultats de cet ordre, la conclusion est évidente : il n’est ni dans l’intérêt des agents correctionnels, sur le plan de leur bien-être, ni dans l’intérêt du SCC, sur le plan de sa capacité à remplir adéquatement son mandat, de faire travailler des agents correctionnels au-delà de 25 années de service continu dans cet environnement de travail extrêmement stressant et dur. »

Par ailleurs, l’étude de la CSN confirme les énoncés de différentes recherches tendant à démontrer que les conditions de travail des agents correctionnels ont un impact négatif sur leur santé. En effet, parmi ces études, celle publiée par le Service correctionnel du Canada affirme que « 17 % des agents correctionnels participant à l’étude avaient souffert à la suite de ces expositions (à des incidents traumatisants) à un point tel qu’ils avaient été cliniquement diagnostiqués de souffrir de névrose post-traumatique. Selon l’auteur de l’étude, à un taux d’incidence de névrose post-traumatique de 17 %, les agents correctionnels se placent très loin du taux de 1 % rencontré parmi la population en général et très proche du taux de 20 % rencontré chez les anciens combattants de la guerre du Vietnam ayant subit des blessures. »

Des revendications légitimes

Selon le responsable syndical, « cette étude vient appuyer nos revendications sur l’amélioration des horaires et de l’organisation du travail, ainsi qu’en ce qui a trait à notre régime de retraite. Nous voulons accéder à la retraite en santé. Notre régime doit nous permettre de partir à la retraite après 25 années de service, 50 ans d’âge et avec 70 % de notre salaire. Nous souhaitons maintenant que notre employeur entende notre message. Il doit accorder une attention plus importante à nos demandes en santé-sécurité au travail. Les pourparlers sur ce sujet doivent débloquer en négociation », de dire également le dirigeant syndical.

Autres faits saillants

L’étude révèle également que :

  • le stress engendré par les conditions de travail se répercute dans la vie familiale et privée ;

  • près de 40 % des agents correctionnels estiment « mauvaise » la formation technique et l’encadrement qu’ils reçoivent ;

  • entre 30 et 40 % des agents correctionnels affirment avoir utilisé le programme d’aide aux employé-es ( PAE ) ;

  • le harcèlement envers les agents correctionnels provenant des supérieurs, des détenus, des collègues est loin d’être pris en charge correctement dans les établissements ;

  • entre 30 et 40 % des répondants évaluent que les exigences physiques du travail ont « beaucoup augmenté » ou « légèrement augmenté » ;

  • entre 37 et 45 % des répondants rapportent une augmentation considérable des exigences psychologiques reliées au travail ;

  • les conditions de travail des agents correctionnels se révèlent peu compatibles avec le rôle et responsabilités familiales.

Méthodologie

5000 exemplaires du questionnaire ont été distribués, en avril dernier, aux agents correctionnels des cinq régions administratives du Service correctionnel du Canada : Atlantique, Québec, Ontario, Prairies et Pacifique.

UCCO-SACC-CSN a reçu 2432 questionnaires, soit plus de 49 % de réponses.

Vers un projet pénitentiaire

Il s’agit de la deuxième étude que la CSN et UCCO-SACC-CSN produisent en appui à la négociation de ce groupe de travailleuses et de travailleurs. En effet, en août dernier, la centrale et le syndicat avaient procédé au lancement d’une brochure de 50 pages intitulée Vers un projet pénitentiaire. Le document dresse l’historique et trace « L’évolution du système carcéral canadien et la transformation du rôle des agents correctionnels (1950-2002) ». Ce résumé d’une recherche de la CSN est un outil permettant d’amorcer un débat portant sur la valorisation du rôle des agents correctionnels.

Moyens de pression ?

Réunis en assemblée générale dans leurs régions respectives, les membres de UCCO-SACC-CSN se sont prononcés en faveur de l’exercice des moyens de pression, à l’exception de la grève, si les négociations ne débloquent pas.

Une décision attendue

Le syndicat s’attend à ce que la Cour d’appel fédérale rende une décision à compter du 25 octobre dernier concernant une demande d’injonction déposée exigeant de l’employeur qu’il cesse de donner des ordres illégaux et de s’ingérer dans la vie syndicale, et qu’il cesse de négocier de mauvaise foi.

Repères

UCCO-SACC-CSN a été accrédité en mars 2001. La convention collective des agents correctionnels du Canada est échue depuis le 31 mai 2002. Les négociations ont débuté en avril 2002. À ce jour, il y a eu 62 séances de négociation. Une quinzaine de rencontres sont prévues en novembre et en décembre.


Source : UCCO-SACC-CSN  – 12-11-2003

Pour renseignements : Michel Crête – CSN-Information, (514) 598-2454 Pierre Mallette, président de la région du Québec, UCCO-SACC-CSN, 418-254-4905 Qussaï Samak, Auteur de l’étude, 514-529-4956

   


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