1500 travailleuses de 57 CPE en grève générale illimitée

Quelque 1500 travailleuses ont déclenché tôt ce matin une grève générale illimitée afin de faire débloquer les négociations et de tenter de contrer les reculs souhaités par l’Association patronale des CPE (APCPE) de Montréal-Laval et les directions de 57 CPE, qui comptent 88 installations. Le comité de négociation syndical tient à rappeler qu’il offre depuis plusieurs semaines sa pleine disponibilité, y compris la nuit et les fins de semaine, afin de régler les conventions collectives échues depuis près de 40 mois, soit depuis le 31 mars 2015.

« On déplore les inconvénients causés aux parents et à leurs enfants. On n’a jamais souhaité en arriver là. Mais la partie patronale nous y force, tant leurs demandes comportent des reculs inadmissibles dans les conditions de travail et de pratique des membres que nous représentons, explique Nathalie Fontaine, vice-présidente à la négociation pour le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et de Laval (STCPEML–CSN). On ne comprend toujours pas l’acharnement de l’APCPE et des directions de vouloir nous imposer des conditions inférieures à celles qui ont été négociées dans plus de 300 autres CPE dont les travailleuses sont membres de la CSN. »

Après plus de 40 séances de négociation, dont quelques-unes devant un conciliateur du ministère du Travail depuis le 1er juin dernier, les points en litige portent toujours sur le rôle décisionnel de l’équipe, le fractionnement des vacances et les congés sans traitement, les horaires de travail, la liste de rappel et l’application de l’ancienneté, la transparence des états financiers. « Il s’agit d’enjeux qui affectent directement le quotidien et surtout les revenus de toutes les catégories de travailleuses, des éducatrices aux responsables en alimentation, en passant par les adjointes administratives ou encore les préposées à l’entretien », ajoute la vice-présidente à la négociation.

Rappelons que les CPE membres de l’APCPE et de l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE), dont elle fait partie, se sont retirés du processus de la négociation nationale en quittant la table, à l’hiver 2016. Le 6 novembre dernier, une entente nationale est intervenue avec le gouvernement et plusieurs associations patronales, ce qui a permis de clore la négociation des clauses d’ordre pécuniaire et non pécuniaire. Outre ces travailleuses en CPE de Montréal et de Laval, pas moins de 600 autres collègues des CPE de l’Estrie et du Cœur du Québec font toujours face aux mêmes obstacles dressés par l’APNCPE.

« Le gouvernement a une responsabilité directe rdans la poursuite de ce conflit de travail par le fait qu’il se terre dans un silence douteux à quelques mois des élections d’octobre, dit Jeff Begley, président de la FSSS–CSN. Bien qu’il ait signé lui-même l’entente nationale avec une majorité de CPE, le ministère de la Famille agit comme si l’APCPE pouvait défaire et refaire à sa guise tout le processus de la négociation, sans rendre de comptes à personne. Plus de 9000 travailleuses membres de la CSN ont réussi à négocier leur convention collective. Aucun motif ne peut justifier que les 1350 travailleuses en CPE de Montréal et de Laval n’aient pas droit aux mêmes conditions de travail. »

Pour Manon Perron, secrétaire générale du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN : « La partie patronale et les directions locales des CPE devraient prendre exemple sur d’autres régions qui ont obtenu des ententes satisfaisantes. Pour notre part, nous allons soutenir à fond ces travailleuses pour qu’elles obtiennent gain de cause contre cette association patronale intraitable. »

À propos des CPE et de la CSN

Le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval–CSN représente près de 2500 travailleuses dans 107 CPE, totalisant 157 installations, dont 88 installations sont fermées en raison de la grève. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, qui regroupe quelque 11 000 travailleuses en CPE, de même qu’au Conseil central du Montréal métropolitain, qui compte près de 100 000 membres dans la région. Pour sa part, la CSN compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans douze autres conseils centraux au Québec.

Des demandes raisonnables

La société québécoise vieillit, c’est un fait. Selon les dernières données de l’Institut de la statis­tique du Québec, c’est plus de 20 % de la population qui aura 65 ans et plus en 2021. Cette tendance démographique, qui s’accentue d’année en année, entraîne des besoins particuliers, entre autres en matière de logement pour les aîné-es.

Au cours des dernières années, des gens d’affaires ont bien compris que le marché de l’hébergement des personnes âgées était des plus lucratif. La présence des grands groupes financiers dans ce secteur en constitue une preuve éloquente. Pendant que les propriétaires s’enrichissent, les employé-es des centres d’hébergement privés (CHP) se dévouent au quotidien pour une rémunération qui, souvent, ne dépasse pas le salaire minimum.

Une négociation coordonnée

Au cours du printemps, des milliers de travailleuses et de travailleurs des CHP membres de la FSSS–CSN ont choisi de s’engager à négocier de façon coordonnée à travers tout le Québec en adoptant une plateforme commune qui contient deux grandes revendications.

D’abord, la demande salariale qui prévoit pour la personne salariée dont le salaire était inférieur à 12 $ au 30 avril 2018, une augmentation de 1,75 % rétroactive au 1er avril 2018, en plus de la majoration prévue au salaire minimum ; et, pour tous les salarié-es, 0,50 $, ou une augmentation salariale équivalente à la majoration du taux du salaire minimum décrétée annuellement par le gouvernement, ou le plus avantageux des deux, rétroactivement à la date anniversaire de la convention collective.

Puis, la deuxième demande qui fixe l’échéance des conventions collectives au 31 mars 2021 pour les conventions se terminant en 2020.

On y offre le meilleur

Au Québec en 2018, les parents ont plus que jamais le choix entre les CPE, les milieux familiaux régis et les garderies commerciales. Malgré les preuves irréfutables démontrant la supériorité des services publics, nos politiciens hésitent toujours à donner de vrais moyens au réseau afin de permettre au plus grand nombre d’en bénéficier. Dans cette optique, la CSN lancera sous peu sa campagne « On offre le meilleur – Qualité, santé, égalité », dont l’objectif principal est de démontrer la supériorité des services de garde éducatifs publics.

Marie-Claude Laurin est éducatrice, responsable d’un service de garde depuis environ 20 ans. Les distinctions entre son milieu familial régi et subventionné et son pendant privé sont, selon elle, bien définies. « Le milieu familial correspond aux valeurs des familles et offre un environnement éducatif de qualité propice au développement de leurs enfants. Ses particularités (multiâge, fratrie privilégiée, petit groupe, souplesse, lien étroit, cuisine maison, soutien parental, etc.) favorisent l’épanouissement et la confiance de toute la famille ! L’ouverture, la flexibilité et la chaleur du milieu familial sont une richesse unique à ce mode de garde. »

Soutenues et encadrées

Les éducatrices responsables de service de garde en milieu familial subventionné et reconnu reçoivent annuellement trois visites de conformité à l’improviste. « Nous ne sommes pas laissées à nous-mêmes. Le bureau coordonnateur (BC) vient s’assurer du bien-être des enfants, de la sécurité des lieux, de l’hygiène, de la bonne alimentation, du respect de la réglementation, etc. Nos détecteurs de fumée sont-ils fonctionnels  ? Notre remplaçante répond-elle aux exigences ? Notre matériel éducatif propose-t-il des défis adaptés au niveau de développement des tout-petits qui nous sont confiés. Est-il accessible, varié et attrayant  ? Les enfants sortent-ils régulièrement à l’extérieur ? »

Le bureau coordonnateur est aussi présent pour apporter du soutien à une éducatrice qui en fait la demande. « Si j’ai épuisé toutes mes ressources personnelles pour aider un enfant, je peux demander conseil à l’agente de soutien pédagogique, celle-ci peut m’aider à développer mes compétences, et même me mettre en lien avec d’autres professionnel-les de l’éducation. Je sais également que je peux compter sur mes collègues RSG pour me ressourcer et briser l’isolement. »

La supervision des bureaux coordonnateurs constitue aussi un avantage pour le parent qui peut d’ailleurs s’impliquer au conseil d’administration. « Si le parent a des inquiétudes ou estime que la responsable ne répond pas adéquatement aux besoins de son enfant, il peut s’adresser au bureau coordonnateur pour être entendu et guidé dans la relation avec sa responsable. Il peut également déposer une plainte s’il juge que le développement ou la sécurité de son enfant est compromis. » Toutes les RSG doivent renouveler leur reconnaissance aux trois ans et définir leur approche éducative, en plus d’appliquer le programme éducatif du Ministère « Accueillir la petite enfance ». Avec le BC, il est aussi plus facile d’avoir accès aux services du CLSC (l’agente de soutien servant d’intermédiaire) dans le cas où un enfant présente des retards de développement ou d’autres problèmes.

Également formées

« Je dois suivre un minimum de six heures de perfectionnement chaque année, dont trois consacrées au développement de l’enfant. Je dois également suivre une formation de premiers soins et me soumettre à une vérification judiciaire. Hormis la formation de base de 45 heures, la responsable doit également suivre un cours exigé par le MAPAQ portant sur l’hygiène et la salubrité alimentaire. Plusieurs d’entre nous possèdent un diplôme d’études en éducation à l’enfance ou d’études universitaires dans un domaine connexe. »


Dans ce premier numéro, nous présentons les distinctions entre le milieu familial régi et son pendant privé. Le point sur les CPE et les garderies privées sera livré dans la prochaine édition.

Non monsieur Barrette, ce n’est pas la faute des syndicats !

Le ministre Barrette s’en est encore pris aux syndicats de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) hier pour tenter d’expliquer l’échec de sa réforme. Dans les derniers mois, il a souvent tenté de jeter la faute aux syndicats qui seraient trop négatifs pour expliquer la crise vécue par le personnel. Pour la FSSS-CSN, ce stratagème du ministre ne peut pas faire oublier les nombreux problèmes de sa réforme, de la qualité des services aux usagères et usagers à la surcharge de travail constante du personnel.

La semaine dernière, le ministre Barrette a laissé sous-entendre faussement qu’un syndicat CSN était d’accord avec son orientation dans les soins à domicile lors d’un débat télévisé. Cette semaine, il s’en prend au syndicat CSN du CISSS de Laval. Le syndicat a dénoncé les conditions dans lesquelles les résidentes et résidents du CHSLD Sainte-Dorothée vivent et les conditions de travail difficiles du personnel. Le ministre prétend alors que cette dénonciation est montée de toute pièce par le syndicat.

« Le ministre Barrette devrait s’habituer au militantisme effréné des membres de la FSSS-CSN, et ce, partout au Québec. Notre campagne Assez ! Personnel surchargé prend de l’ampleur. Le ministre utilise une de ces techniques favorites : il frappe sans cesse sur le messager. Comme le ministre fait la sourde oreille et refuse de mettre en place des solutions durables pour régler la crise vécue par le personnel, nous continuerons d’illustrer l’envers de la médaille de sa réforme », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

 

Assez ! Personnel surchargé

La FSSS-CSN lançait récemment la campagne Assez ! Personnel surchargé pour dénoncer les problèmes de surcharge, d’épuisement et de pénurie vécus par le personnel du réseau. Cette campagne met de l’avant des solutions pour mettre fin à la détresse du personnel. Plusieurs actions sont à prévoir dans les prochaines semaines.

 

 

La CSN souligne la semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) souligne la semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial régi qui se déroule du 27 mai au 2 juin 2018. Pour la CSN, cette semaine est l’occasion de rappeler l’importance du travail effectué chaque jour par des milliers de travailleuses et travailleurs dans le réseau des services de garde éducatifs.

La CSN représente des milliers de travailleuses dans les CPE et dans les services de garde en milieu familial régis. Dans les derniers jours, une nouvelle étude est venue rappeler la qualité supérieure des services donnés aux enfants dans les CPE et par les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial régi. Cette étude illustre l’urgence de mettre nos énergies à consolider notre réseau des services de garde éducatifs pour assurer le développement des enfants.

« Dans toutes les régions du Québec, les femmes et les hommes qui œuvrent dans les CPE et les services de garde en milieu familial régis sont aux petits soins des enfants. Notre réseau de services de garde éducatifs est un outil collectif incontournable pour réduire les inégalités sociales et pour aider les enfants à bien se préparer à entrer à l’école. Durant cette semaine, nous appelons les partis politiques à cesser de favoriser les garderies privées au détriment des services de garde éducatifs et à s’engager à miser sur les CPE et les RSG », affirme Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

Sit-in pour dénoncer la surcharge de travail

Des travailleuses et travailleurs de tous les titres d’emploi du CHU Sainte-Justine tiennent un sit-in symbolique aujourd’hui pour dénoncer leur surcharge de travail permanente. Ces membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) proposent plusieurs solutions durables pour donner de l’appui au personnel de l’établissement et lui permettre d’assurer véritablement un haut niveau de qualité de services qui font la renommée de l’établissement auprès des enfants et des familles du Québec.

Personnel en détresse
Les salarié-es du CHU Sainte-Justine dénoncent la surcharge de travail qui entraîne une augmentation notable des cas d’épuisement et de détresse psychologique menant à une hausse marquée des arrêts de travail pour cause de santé et de sécurité.

« On n’en peut plus. Des solutions, il en existe. Avec plus de stabilité et de meilleures mesures de conciliation travail-famille, nous pouvons améliorer les choses. Il faut que nos gestionnaires comprennent qu’il faut retourner toutes les pierres dans la recherche de solutions », explique la présidente du Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine, Sophie Leclair.

« À la veille des élections, le gouvernement Couillard voudrait mettre derrière lui les années d’austérité qu’il nous a imposées. Cependant, les conséquences sur le terrain demeurent bien réelles. Il est responsable d’une grande part de cette situation, car il a obligé le CHU Sainte-Justine à comprimer son budget au point où la situation est maintenant intenable pour le personnel », poursuit le Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine, Simon Bouclin.

« Le CHU Sainte-Justine, c’est un joyau pour toutes les Québécoises et les Québécois. Pour nous, qui nous consacrons au quotidien corps et âme au mieux-être des enfants et de leur famille, c’est extrêmement frustrant de terminer notre journée de travail avec le sentiment qu’on n’a pas donné tout ce qu’on pouvait, du aux surcharges de travail et au manque de personnel, explique la présidente du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et services sociaux du Québec (STEPSQ-FP–CSN), Évelyne Crépeau.

« Ce que le personnel vit à Sainte-Justine est vécu un peu partout au Québec, rappelle la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault. Le problème de rareté de main-d’œuvre touche tous les secteurs d’activité. Pour remettre notre réseau public sur les rails, il faudra impérativement valoriser davantage les emplois pour les rendre plus attrayants pour la relève, améliorer l’organisation du travail et favoriser la conciliation famille-travail. Pour la CSN, c’est une priorité! »

À propos de la CSN 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) regroupent plus de 110 000 travailleuses et travailleurs du réseau public de santé et de services sociaux dont l’ensemble des plus de 4500 salarié-es du CHU Sainte-Justine.

 

Vote à 91 % en faveur du recours à la grève générale illimitée

Environ 1350 travailleuses ont déclenché ce matin une quatrième journée de grève pour dénoncer la lenteur des négociations et les nombreux reculs souhaités par l’Association patronale des CPE de Montréal-Laval et les directions de 57 CPE. Elles ont profité de cette journée pour se réunir en assemblée générale extraordinaire afin de prendre connaissance des derniers développements à la table des négociations et pour voter à 91% un mandat de grève générale illimitée à être exercée au moment jugé opportun.

« Malgré des débrayages les 30 octobre, 18 et 19 avril derniers, explique Nathalie Fontaine, vice-présidente à la négociation du Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval–CSN, le recours à la grève d’aujourd’hui est devenu nécessaire pour se faire respecter par cette association patronale, qui ne veut surtout pas reconnaître notre savoir-faire. Dans les faits, les seuls retours de l’APCPE à la table de négociation sont souvent situés en dessous du statu quo. Il est plus que temps que les employeurs et les conseils d’administration des CPE concernés changent leur mandat afin que nous arrivions à un règlement satisfaisant très rapidement. »

Après 30 séances de négociation depuis octobre, la partie patronale tente toujours d’imposer ses vues et des reculs majeurs sur les questions d’organisation du travail, dont les horaires de travail, la liste de rappel et l’application de l’ancienneté. « Ce sont des aspects fort importants pour nos travailleuses, car c’est leur quotidien qui risque d’être affecté. Les employeurs veulent leur enlever des droits pour imposer leur seule vision patronale, ce qui est inacceptable pour nous », ajoute la vice-présidente du syndicat.

Pour Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN : « Il est invraisemblable de voir une association patronale mépriser de la sorte ces femmes qui se dévouent corps et âme depuis des années auprès des enfants, en leur demandant de sacrifier leur environnement et leurs conditions de travail. Nous allons continuer à les appuyer pour qu’elles obtiennent ce que plus de 9000 autres travailleuses de CPE membres de la CSN ont obtenu : une entente respectueuse et conforme à leurs attentes. »

Rappelons que les CPE membres de l’APCPE et de l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) dont elle fait partie se sont retirés du processus de négociation nationale en quittant la table, à l’hiver 2016. Le 6 novembre dernier, une entente nationale est intervenue avec le gouvernement et plusieurs associations patronales, ce qui a permis de clore la négociation de clauses d’ordre pécuniaire et non pécuniaire. Outre ces travailleuses en CPE de Montréal et de Laval, pas moins de 600 autres collègues des CPE de l’Estrie et du Cœur du Québec font face aux mêmes obstacles dressés par l’APNCPE.

À propos des CPE et de la CSN

Le Syndicat des travailleuses des CPE de Montréal et Laval–CSN, représente près de 2500 travailleuses dans 107 CPE, totalisant 157 installations, dont 86 installations sont fermées en raison de la grève d’aujourd’hui. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, qui regroupe quelque 11 000 travailleuses en CPE, de même qu’au Conseil central du Montréal métropolitain, qui compte près de 100 000 membres dans la région. Pour sa part, la CSN compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans douze autres conseils centraux au Québec.

La CSN salue le réinvestissement en soutien à domicile

« Les 95 millions d’investissements supplémentaires en soutien à domicile, annoncés ce matin par le ministre Barrette, devront impérativement servir à renforcer le rôle du secteur public et des équipes interdisciplinaires des CLSC si on souhaite améliorer durablement la situation. Nous saluons cette annonce qui va dans le bon sens et nous en appelons à toutes les directions des établissements pour qu’elles travaillent avec les syndicats afin de réunir les conditions nécessaires à rendre ces emplois plus attrayants afin qu’on puisse pourvoir ces postes et véritablement agir sur les surcharges de travail.»

Jean Lacharité a pris la parole notamment pour plaider en faveur du renforcement du réseau public et dénoncer le recours croissant au minutage des actes en soutien à domicile.

C’est ainsi que le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jean Lacharité, commente d’investissements faite en marge du Forum sur les meilleures pratiques : usagers, CHSLD et soutien à domicile, qui s’est tenu hier et aujourd’hui, à Québec. La CSN y a plaidé pour une plus grande place du personnel du réseau public dans la recherche de solutions.

Le 24 avril, la CSN tenait un forum provincial sur l’amélioration du soutien à domicile. Des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), des travailleuses et travailleurs sociaux, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des infirmières, notamment, ont pris part à ces échanges. Quant aux pistes d’amélioration à explorer en soutien à domicile, il en est ressorti qu’il faudra :

  • mieux définir l’offre de soins et de services à domicile;
  • investir à la hauteur des besoins;
  • stopper la privatisation;
  • favoriser le travail interdisciplinaire;
  • reconnaître et mieux soutenir les proches aidants.

Pour la CSN, qui a notamment présenté les les faits saillants de son propre forum du 24 avril, les salarié-es qui travaillent en soutien à domicile ont soif de contribuer à améliorer les services. « Les solutions, ils les connaissent, poursuit Jean Lacharité. Leur imposer le minutage des soins et une surcharge de travail est une mauvaise avenue, non seulement pour leur qualité de vie au travail, mais surtout pour la qualité des services auxquels les Québécoises et les Québécois ont droit. De même, la privatisation de ces services nuit à la prévention, car les agences privées de personnel ne font pas partie des équipes interdisciplinaires des établissements comme les ASSS. De plus, cela mine l’objectif d’assurer une continuité dans les soins. »

« Les techniciennes, les techniciens et les professionnel-les qui œuvrent en soutien à domicile vivent une détresse importante. La pression croissante, la surcharge de travail et le manque de moyens adéquats mènent à de l’insatisfaction au travail, car ils voient bien que le réseau public n’arrive pas à assurer à toutes et à tous un niveau de services suffisant pour améliorer leur qualité de vie et prévenir la détérioration de leur état de santé. L’investissement dans le soutien à domicile doit s’accompagner de mesurer structurantes pour enrayer la pénibilité du travail qui nuit à l’embauche et à la rétention des intervenants et intervenantes », ajoute Danny Roy, président du Syndicat des techniciennes, techniciens et professionnèles de la Capitale nationale (FP–CSN).

Relever les conditions de travail
La CSN ne croit pas qu’on pourra favoriser les meilleures pratiques en s’appuyant sur des salarié-es épuisés et mal rémunérés. En soutien à domicile, les travailleuses du secteur privé gagnent à peine plus que le salaire minimum. Dans le secteur public, les ASSS attendent toujours une véritable reconnaissance, car on leur a délégué plusieurs actes ces dernières années sans revoir leur rémunération.

Dans les CHSLD, les mauvaises conditions de travail — salaires, surcharge de travail, horaires compliqués, postes précaires — font en sorte que les établissements peinent à recruter des préposé-es aux bénéficiaires, et ce, malgré l’engagement formel du ministre Barrette. Par ailleurs, il faudra bien reconnaître un jour qu’il manque de places dans les CHSLD.

« Nous partageons le constat selon lequelle les préposés aux bénéficiaires sont au cœur des processus d’amélioration de la qualité dans les CHSLD tout comme les auxiliaires aux services de santé et sociaux le sont dans le soutien à domicile, poursuit le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion. Il importe aussi qu’ils soient placés dans des conditions qui leur permettent d’exercer pleinement leurs compétences, ce qui est souvent difficile, notamment en raison des surcharges de travail. Lorsque le personnel est reconnu et valorisé, et qu’il est appuyé par la direction, sa contribution est souvent de grande valeur en termes d’amélioration de la qualité des soins. »

Avec plus de 100 000 membres en santé et services sociaux, dans toutes les catégories professionnelles, la CSN est l’organisation syndicale la plus représentative du secteur de la santé et des services sociaux, notamment dans le soutien à domicile. Aux côtés de médecins, de cadres et d’usagers, la CSN prône une série de solutions pour remettre le réseau sur ses rails. Ces solutions peuvent être consultées au 15solutions.org.

Les travailleuses poursuivent les négociations

Réunis en assemblée générale spéciale, la cinquantaine de travailleuses et travailleurs du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin a adopté un protocole de suspension de la grève générale illimitée déclenchée le 26 avril dernier.

Au terme des journées de négociation des 4 et 5 mai derniers, les directions des CPE Multi-Gardes, et Au royaume des bouts de choux de Saint-Lin ainsi qu’Aux portes du matin de Lavaltrie et Lanoraie ont accepté de se soumettre à une démarche de transparence économique telle que l’exigeait la partie syndicale.

Les directions des trois CPE concernés ont accepté de transmettre à la firme comptable indépendante, MCE Conseils, toutes les données de l’annexe 4 nécessaires à l’analyse de leurs états financiers vérifiés, incluant les salaires du personnel de gestion. Cette démarche, totalement confidentielle, permettra à la firme comptable d’identifier des mesures à prendre pour redresser la situation financière précaire des 3 CPE, dont celle qui est catastrophique au CPE Multi-Gardes qui, rappelons-le, a atteint un déficit cumulé de plus de  300 000 $ au cours des dernières années.

« Depuis l’obtention des votes de grève à l’unanimité dans les trois CPE concernés, nous avons toujours tenu le même discours. Nous avions promis de sursoir à l’exercice de la grève si les directions acceptaient de se soumettre à une démarche de transparence économique avec toutes les données nécessaires pour le faire. Aucune concession de nos conditions de travail n’était possible autrement. Ça n’a pas été facile, mais notre message a été entendu et nous tenons notre promesse », déclare Lili Tremblay, présidente du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN.

En conséquence, la partie syndicale annule la grève des 7 et 8 mai au CPE Au royaume des bouts de choux et Aux portes  du matin. Les travailleuses du CPE Multi-Gardes quant à elles, ont adopté unanimement un protocole de suspension de la grève générale illimité.

Les travailleuses réintégreront leur travail dès le 8 mai au matin alors que la direction souhaitait un retour au travail le jeudi 10 mai. Pourtant, l’entente entre les parties est intervenue dimanche matin.

« C’est une première étape majeure de franchie pour les travailleuses du CPE Multi-Gardes. Les travaux de la firme MCE Conseils débuteront sous peu. Une fois leurs travaux terminés nous pourront reprendre la négociation et nous jugerons, au fil des rencontres,  la nécessité de reprendre ou non les moyens de pression et l’exercice de la grève. La bataille est loin d’être terminée, déjà, ce matin, les parents étaient avisés par la direction que le syndicat n’avait pas obtenu les données de l’annexe 4 dont notamment les salaires du personnel de gestion. Plus ça change, plus c’est pareil » souligne madame Tremblay.

En effet, les prochaines semaines seront consacrées aux analyses des états financiers. Une fois les résultats et les recommandations connus, les parties reprendront le processus de négociation. Il n’est pas exclu que des ententes puissent intervenir aux CPE Au royaume des bouts de choux et Aux portes du matin, sans pour autant compromettre le processus d’analyse financière. Cependant, compte tenu de la particularité de la situation, il n’y aura aucune rencontre de  négociation possible au CPE Multi-Gardes avant que les analyses ne soient complétées par la firme MCE Conseils.

Rappelons que la partie syndicale n’a aucune demande dans cette ronde de négociation. Seules les directions des trois CPE concernés ont formulé des demandes. Des demandes de reculs des conditions de travail des syndiqués, principalement à l’égard du temps de travail.

À propos du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN et du Centre de la petite enfance Multi-Gardes, Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux

Le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière-CSN regroupe plus de 400 membres et est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et au Conseil central de Lanaudière. Le CPE Multi-Gardes de Saint-Lin compte près d’une cinquantaine de travailleuses et travailleurs syndiqués répartie en deux installations situées au 55, Route 335 à Saint‑Lin‑Laurentides. Le CPE Au royaume des bouts de choux compte une soixantaine de syndiquées répartie en deux installations sur la rue St-Isidore à Saint-Lin et sur la rue Marie-Fournier à Saint-Calixte. Le CPE Aux portes du matin compte plus de 80 travailleuses réparties en 3 installations situées sur la rue Saint-Antoine et Notre-Dame à Lavaltrie et la rue Honoré-Beaugrand à Lanoraie.

Nouvelle grève des 350 travailleuses les 8 et 9 mai

Devant la lenteur extrême des négociations et de nombreux reculs souhaités par l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) en Mauricie et Centre-du-Québec et les directions de 13 CPE dans le Cœur du Québec, 350 travailleuses vont déclencher une nouvelle grève de deux jours, les 8 et 9 mai. Pour marquer leur impatience, elles manifesteront devant chaque installation pour réclamer une réelle accélération des pourparlers dans le but de conclure leurs conventions collectives, échues depuis plus de trois ans. La grève générale illimitée n’est pas exclue, un mandat ayant été voté à 90,2 % le 8 avril dernier.

« Malgré des débrayages les 30 octobre, 13 mars et les 19 et 20 avril derniers, constate Dominique Jutras, présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Cœur du Québec, les négociations demeurent extrêmement ardues alors que l’APNCPE a refusé de reconnaître l’entièreté de l’entente nationale du 6 novembre dernier, ce qui requière énormément de temps et d’énergie puisqu’on doit tout renégocier, de A à Z. C’est sans compter que l’APNCPE exige plusieurs reculs inacceptables. »

Après plusieurs séances de négociation, dont une a eu lieu le 4 mai devant une conciliatrice du ministère du Travail, la partie patronale tente toujours d’imposer ses vues et des reculs majeurs sur les questions d’organisation du travail, dont les horaires de travail, la liste de rappel et l’application de l’ancienneté. « Ce sont tous des éléments que les travailleuses ont à cœur », ajoute la présidente du syndicat.

Rappelons que les CPE membres de l’APNCPE se sont retirés du processus de négociation nationale en quittant la table nationale, à l’hiver 2016. Le 6 novembre dernier, une entente nationale est intervenue avec le gouvernement et plusieurs associations patronales, ce qui a permis de clore la négociation de clauses d’ordre pécuniaire et non pécuniaire. Outre ces travailleuses en CPE, pas moins de 1600 autres collègues des CPE de l’Estrie et de Montréal et Laval font face aux mêmes obstacles dressés par l’APNCPE.

Liste des CPE en grève dans le Cœur du Québec :

CPE Saute-Mouton, CPE Le Papillon enchanté, CPE coopératif Les P’tites Abeilles, CPE Fleur de soleil, CPE La Tourelle de l’Énergie, CPE Gripette, CPE Margo la Lune, CPE Le Manège des Tout-Petits, CPE La Maisonnée, Centre coopératif de la petite enfance La Maison des Amis – région 17, CPE La Clé des Champs, CPE L’arbre enchanté, CPE Jean-Noël Lapin.

À propos des CPE et de la CSN

Le Syndicat régional des travailleuses et des travailleurs en CPE du Cœur-du-Québec – CSN compte 25 centres de la petite enfance regroupant plus de 800 travailleuses. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ainsi qu’au Conseil central du Cœur du Québec. La CSN regroupe pour sa part quelque 300 000 syndiqué-es provenant de tous les secteurs d’activités tant publics que privés.

Plus de 1000 travailleuses et travailleurs se rassemblent pour faire avancer la négociation

Au terme d’une tournée d’assemblée générale dans plusieurs établissements, le syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale–CSN se dote d’un mandat de pression pour faire avancer la négociation locale actuellement en cours. C’est plus de 1000 travailleuses et travailleurs qui se sont rassemblés pour passer à l’action afin d’améliorer leurs conditions de travail difficiles. La FSSS–CSN mène actuellement la campagne Assez ! Personnel surchargé qui propose plusieurs solutions durables pour mettre fin à la détresse du personnel du réseau.

Un mandat clair pour une bonne convention locale négociée

À la suite de la fusion des accréditations syndicales dues au projet de loi 10, les conventions collectives locales doivent être négociées dans l’ensemble des syndicats touchés par les fusions. Dans la Capitale-Nationale, les négociations locales stagnent dans un contexte où la surcharge de travail et l’épuisement professionnel atteignent des sommets. L’employeur tente d’augmenter la flexibilité, notamment en voulant déplacer le personnel sur le territoire du CIUSSS.

C’est pour faire avancer cette négociation que plus de 1000 travailleuses et travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale ont participé à leur assemblée générale pour se doter d’un mandat de moyens de pression et d’action en appui à la négociation locale.

« Le personnel de la Capitale-Nationale en a assez ! Cela fait des mois que nous témoignons de l’état permanent de surcharge de travail. Et plutôt que de profiter de la négociation locale pour trouver des solutions à la détresse du personnel, l’employeur en rajoute une couche. Nous nous donnons maintenant les moyens que cette négociation avance pour améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui soignent la population chaque jour », explique Richard Boissinot, président du syndicat.

Assez ! Personnel surchargé

La FSSS–CSN lançait récemment la campagne Assez ! Personnel surchargé pour dénoncer les problèmes de surcharge, d’épuisement et de pénurie vécus par le personnel du réseau. Cette campagne propose des solutions pour mettre fin à la détresse du personnel. Plusieurs actions sont à prévoir dans les prochaines semaines.

À propos de la FSSS–CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Suspension des grèves

Les journées de négociation des 4 et 5 mai derniers ont permis des avancées significatives permettant l’annulation des journées de grève prévue les 7 et 8 mai aux CPE Au royaume des bouts de choux de Saint-Lin et Aux portes du matin de Lavaltrie et de Lanoraie.

Les travailleuses du CPE Multi-Gardes, quant à elles, se prononceront ce matin, en assemblée générale, sur une proposition permettant la possible suspension de la grève générale illimitée déclenchée le 26 avril 2018.

Un communiqué avec d’autres détails suivra sous peu.

À propos du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN et du Centre de la petite enfance Multi-Gardes, Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux
Le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN regroupe plus de 400 membres et est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et au Conseil central de Lanaudière. Le CPE Multi-Gardes de Saint-Lin compte près d’une cinquantaine de travailleuses et travailleurs syndiqués répartie en deux installations situées au 55, route 335 à Saint‑Lin‑Laurentides. Le CPE Au royaume des bouts de choux compte une soixantaine de syndiquées répartie en deux installations sur la rue Saint-Isidore à Saint-Lin et sur la rue Marie-Fournier à Saint-Calixte. Le CPE Aux portes du matin compte plus de 80 travailleuses réparties en 3 installations situées sur la rue Saint-Antoine et Notre-Dame à Lavaltrie et la rue Honoré-Beaugrand à Lanoraie.

Deux autres syndicats de CPE en grève d’un jour

La soixantaine de travailleuses du CPE Au royaume des bouts de choux de Saint-Lin et de Saint-Calixte ont choisi de déclencher une journée de grève le lundi 7 mai prochain. Outrées du comportement de la direction face aux négociations qui ne cessent de s’éterniser, elles joindront, le temps d’une journée, les grévistes du CPE Multi-Gardes en grève générale illimitée depuis le 26 avril dernier.

Le 8 mai, ce sera au tour de plus de 80 travailleuses du CPE Aux portes du matin de Lavaltrie et de Lanoraie d’exercer une première journée de grève en compagnie des grévistes du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin.

Au total, ce sont sept (7) installations de la région qui offrent entre 60 et 80 places qui seront privées des services de garde en début de semaine.

Ces 200 travailleuses syndiquées à la CSN sont toujours sans contrat de travail depuis plus de trois ans. Dans tous les cas, elles sont confrontées à des demandes de reculs de leurs conditions de travail sous prétexte de difficultés financières dans un contexte de totale absence de transparence de la part des directions. Le regroupement des douze (12) directions des CPE syndiquées à la CSN de la région s’est imposé un mandat de refus catégorique de divulgation de leurs salaires, même sous couvert de la confidentialité. Une façon d’éviter les questionnements sur leurs salaires et avantages qu’ils se sont eux-mêmes octroyés à même les subventions publiques du gouvernement.

À la veille du déclenchement de la grève générale illimitée au CPE Multi-Gardes, le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière – CSN avait encore une fois de plus essuyé un refus catégorique de sa proposition de surseoir à l’exercice de la grève en contrepartie d’un engagement de la direction d’entamer, sans délai, une démarche confidentielle de transparence économique. Cette démarche implique de transmettre sous couvert de la confidentialité, tous documents nécessaires à une analyse financière par une firme comptable indépendante. Une fois l’analyse terminée, des recommandations sont émises pour trouver des choix permettant le réaménagement tant des conditions de travail des travailleuses que des méthodes et des pratiques de gestion du personnel d’administration, le tout dans le but ultime de consolider irrémédiablement la pérennité financière de l’organisation.

C’est ce même soir que la partie syndicale a appris de la procureure du regroupement des employeurs que le refus de fournir tous les documents, incluant l’annexe des salaires du personnel de gestion, était en fait un mandat que les 12 directions se sont octroyé.

« Ils se sont, ni plus, ni moins, organisé en cartel. Il n’y a pas d’autres conclusions à tirer. Qu’est-ce qui nous dit qu’ils utilisent efficacement les budgets de fonctionnement de leur organisation respective? Qu’est-ce qui nous prouve que les sommes allouées par le gouvernement pour les services directs aux enfants, les subventions pour les enfants à défis particuliers et les subventions pour les milieux défavorisés sont bien utilisées et que ce sont les enfants qui en bénéficient et non leurs structures administratives? Ça me répugne juste d’y penser. Je me résonne en me disant que ça ne se peut pas, mais on n’a aucun moyen de le vérifier avec leur entêtement à vouloir tout cacher. Alors le doute subsiste et, dans ce contexte, aucune concession n’est possible », déclare madame Lili Tremblay, présidente du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière CSN.

En moyenne, dans les centres de la petite enfance, 80 % du budget global annuel de fonctionnement entièrement subventionné par le gouvernement sert à payer les salaires du personnel salarié et du personnel de gestion.

« Aucune firme comptable ne peut réaliser une démarche d’analyse qui se tient sans ces données. Nous ne sommes pas en mesure d’évaluer si le problème des difficultés financières se situe au niveau des salaires hors-normes du personnel de gestion et tant que nous ne serons pas en mesure d’en faire la vérification dans une perspective d’analyse globale et transparente, les travailleuses refuseront de concéder leurs conditions de travail », précise madame Tremblay.

Rappelons que depuis le début des négociations locales, seuls les employeurs sont en demande. Ils ne visent que des reculs importants des conditions de travail, dont des réductions d’heures de travail qui affecteront la disponibilité et la qualité des services.

Au-delà de la seule question des conditions de travail, les travailleuses souhaitent obtenir des garanties et des mesures qui assureront, à long terme, la protection de la qualité éducative et le maintien de l’établissement de ratios enfants/éducatrice qui permettent l’atteinte des objectifs éducationnels, dans un contexte de pérennité et de santé financière. Elles souhaitent également assurer le maintien de leurs emplois et la meilleure qualité possible de leurs conditions de travail tout en faisant partie de la solution. Pour elles, il est exclu qu’elles assument seules le fardeau du redressement des situations financières sans l’engagement et la participation du personnel de gestion.

Rappelons que dans ces trois CPE, la CSN s’est engagée à assumer la totalité des coûts reliée aux analyses financières.

Depuis sa nomination, il y a plus de deux semaines, le conciliateur du ministère du Travail au dossier des CPE Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux n’est toujours pas en mesure d’obtenir des disponibilités de la partie patronale afin de poursuivre les négociations. Pourtant, c’est la procureure patronale elle-même qui a demandé l’intervention d’un conciliateur.

Les travailleuses des CPE Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux souhaitent donc une reprise rapide des négociations dans un contexte de pleine et entière transparence, c’est pourquoi elles joignent le mouvement de grève initié par le CPE Multi-Gardes.

«  Il va de soi que le Conseil central de Lanaudière est en appui inconditionnel aux travailleuses et travailleurs qui souhaitent assurer la survie de leur milieu éducatif. Elles ont été claires avec nous, elles sont déterminées à aller jusqu’au bout et à déclencher d’autres journées de grève s’il le faut », ajoute Patricia Rivest, vice-présidente du Conseil central de Lanaudière—CSN.

Aujourd’hui, vendredi, s’entame une séquence de deux jours consécutifs de négociation pour les travailleuses du CPE Multi-Gardes. Elles manifesteront ce matin devant le Château Joliette, lieu des rencontres de négociation en présence du conciliateur du ministère du Travail.

Rappelons que dans la région, des ententes de principe ont été conclues à l’égard des conditions de travail nationales et régionales. Seules des impasses dans les négociations des dispositions locales perdurent dans 3 des 12 CPE de la région Lanaudière syndiqués à la CSN, dont celui du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin, Au royaume des bouts de choux à Saint-Lin et à Saint-Calixte et Aux portes du matin à Lavaltrie et à Lanoraie.

À propos du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière-CSN et du Centre de la petite enfance Multi-Gardes, Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux

Le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière-CSN regroupe plus de 400 membres et est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et au Conseil central de Lanaudière. Le CPE Multi-Gardes de Saint-Lin compte près d’une cinquantaine de travailleuses et travailleurs syndiqués répartie en deux installations situées au 55, Route 335 à St‑Lin‑Laurentides. Le CPE Au royaume des bouts de choux compte une soixantaine de syndiquées répartie en deux installations sur la rue St-Isidore à Saint-Lin et sur la rue Marie-Fournier à Saint-Calixte. Le CPE Aux portes du matin compte plus de 80 travailleuses réparties en 3 installations situées sur la rue St-Antoine et Notre-Dame à Lavaltrie et la rue Honoré-Beaugrand à Lanoraie.

Des ASSS rencontrent le ministre Barrette

Une délégation de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a rencontré ce matin le ministre Gaétan Barrette pour discuter des enjeux du soutien à domicile. Les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) ont profité de l’occasion pour rendre compte des difficultés qu’elles vivent dans la prestation des soins à domicile. La FSSS–CSN mène actuellement la campagne Assez ! Personnel surchargé qui propose plusieurs solutions durables pour mettre fin à la détresse du personnel du réseau.

Vers un véritable réseau de soutien à domicile

Il y a quelques semaines, la CSN tenait un forum sur l’amélioration du soutien à domicile au Québec. À cette occasion, des dizaines de travailleuses et travailleurs des soins à domicile ont témoigné des obstacles qu’elles rencontrent pour répondre aux besoins de la population. Les ASSS du CISSS de la Montérégie-Centre qui ont rencontré ce matin le ministre Barrette ont présenté les nombreux manques dans l’offre de soins alors que les besoins de la population augmentent. Il faut dire que les compressions des dernières années et la réforme Barrette n’ont rien fait pour améliorer les choses. Elles ont parlé d’enjeux importants comme la valorisation de leur emploi, les conditions d’exercice difficiles et le maintien de l’équité salariale, en plus de remettre un dépliant au ministre.

Cette rencontre a permis de sensibiliser le ministre à la réalité du personnel qui chaque jour donne des soins à domicile à la population québécoise. Elle a aussi permis de lancer le débat en vue du Forum sur les meilleures pratiques : usagers, CHSLD et soutien à domicile qui se tiendra dans les prochaines semaines. Le ministre Barrette s’est engagé à assurer un suivi sur les éléments mis de l’avant par les ASSS. La FSSS–CSN a finalement fait part de ses préoccupations sur l’exigence de permis du bureau de la sécurité privée pour certains titres d’emploi.

« Le soutien à domicile n’a pas été soutenu adéquatement par les gouvernements qui se sont succédé. Les dernières années d’austérité ont fait très mal aux usagères et usagers qui ont plus de difficultés à obtenir des services et au personnel qui subit une pression accrue. Plus que jamais, il est temps de prendre le virage des soins à domicile. C’est le message que nous avons lancé au ministre Barrette aujourd’hui », explique Guy Laurion, vice-président de la FSSS–CSN.

Assez ! Personnel surchargé

La FSSS–CSN lançait récemment la campagne Assez ! Personnel surchargé pour dénoncer les problèmes de surcharge, d’épuisement et de pénurie vécus par le personnel du réseau. Cette campagne met de l’avant des solutions pour mettre fin à la détresse du personnel. Plusieurs actions sont à prévoir dans les prochaines semaines.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Grève de 200 travailleuses de sept CPE dans Lanaudière

La soixantaine de travailleuses du CPE Au royaume des bouts de choux de St-Lin et de St-Calixte ont choisi de déclencher une journée de grève le lundi 7 mai prochain. Outrées du comportement de la direction face aux négociations qui ne cessent de s’éterniser, elles joindront, le temps d’une journée, les grévistes du CPE Multi-Gardes en grève générale illimitée depuis le 26 avril dernier. Le 8 mai, ce sera le tour de plus de 80 travailleuses du CPE Aux portes du matin de Lavaltrie et de Lanoraie d’exercer une première journée de grève en compagnie des grévistes du CPE Multi-Gardes de St-Lin. Au total, ce sont sept (7) installations de la région variant entre 60 et 80 places qui seront privées des services de garde en début de semaine.

Ces 200 travailleuses syndiquées à la CSN sont toujours sans contrat de travail depuis plus de trois ans. Dans tous les cas, elles sont confrontées à des demandes de reculs de leurs conditions de travail sous l’égide de difficultés financières dans un contexte de totale absence de transparence de la part des directions. Le regroupement des douze (12) directions des CPE syndiquées à la CSN de la région s’est imposé un mandat de refus catégorique de divulgation de leurs salaires, même sous le couvert de la confidentialité. Une façon d’éviter les questionnements sur leurs salaires et avantages qu’ils se sont eux-mêmes octroyés à même les subventions publiques du gouvernement.

La veille du déclenchement de la grève générale illimitée au CPE Multi-Gardes, le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière – CSN avait encore une fois de plus essuyé un refus catégorique  de sa proposition de sursoir à l’exercice de la grève en contrepartie d’un engagement de la direction d’entamer, sans délai, une démarche confidentielle de transparence économique. Cette démarche implique de transmettre sous couvert de la confidentialité, tous les documents nécessaires à une analyse financière par une firme comptable indépendante. Une fois l’analyse terminée, des recommandations sont émises pour trouver des alternatives permettant le réaménagement tant des conditions de travail des travailleuses que des méthodes et des pratiques de gestion du personnel d’administration, le tout dans le but ultime de consolider définitivement la pérennité financière de l’organisation.

C’est ce même soir que la partie syndicale a appris de la procureure du regroupement des employeurs que le refus de fournir tous les documents, incluant l’annexe des salaires du personnel de gestion, était en fait un mandat que les 12 directions se sont octroyé.

« Ils se sont, ni plus, ni moins, organisé en cartel. Il n’y a pas d’autres conclusions à tirer. Qu’est-ce qui nous dit qu’ils utilisent efficacement les budgets de fonctionnement de leur organisation respective? Qu’estce qui nous prouve que les sommes allouées par le gouvernement pour les services directs aux enfants, les subventions pour les enfants à défi particuliers et les subventions pour les milieux défavorisés sont bien utilisées et que ce sont les enfants qui en bénéficient et non leurs structures administratives? Ça me répugne juste à y penser. Je me résonne en me disant que ça ne se peut pas, mais on n’a aucun moyen de le vérifier avec leur entêtement à vouloir tout cacher. Alors le doute subsiste et dans ce contexte aucune concession n’est possible », déclare madame Lili Tremblay, présidente du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière – CSN.

En moyenne, dans les centres de la petite enfance, 80 % du budget global annuel de fonctionnement entièrement subventionné par le gouvernement sert à payer les salaires du personnel salarié et du personnel de gestion.

« Aucune firme comptable ne peut réaliser une démarche d’analyse qui se tient sans ces données. Nous ne sommes pas en mesure d’évaluer si le problème des difficultés financières se situe au niveau des salaires hors-normes du personnel de gestion et tant que nous ne serons pas en mesure d’en faire la vérification dans une perspective d’analyse globale et transparente, les travailleuses refuseront de concéder leurs conditions de travail », précise Madame Tremblay.

Rappelons que depuis le début des négociations locales, seuls les employeurs sont en demande. Ils ne visent que des reculs importants des conditions de travail dont, notamment, des coupures d’heures de travail qui affecteront la disponibilité et la qualité des services.

Au-delà de la seule question des conditions de travail, les travailleuses souhaitent obtenir des garanties et des mesures qui assureront, à long terme, la protection de la qualité éducative et le maintien de l’établissement de ratios enfants/éducatrice qui permettent l’atteinte des objectifs éducationnels, dans un contexte de pérennité et de santé financière. Elles souhaitent également assurer le maintien de leurs emplois et la meilleure qualité possible de leurs conditions de travail tout en faisant partie de la solution. Pour elles, il est exclu qu’elles assument seules le fardeau du redressement des situations financières sans l’engagement et la participation du personnel de gestion.

Rappelons que dans ces trois CPE, la CSN s’est engagée à assumer la totalité des coûts reliée aux analyses financières.

Depuis sa nomination, il y a plus de deux semaines, le conciliateur du ministère du Travail au dossier des CPE Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux n’est toujours pas en mesure d’obtenir  des disponibilités de la partie patronale afin de poursuivre les négociations. Pourtant, c’est la procureure patronale elle-même qui a demandé l’intervention d’un conciliateur.

Les travailleuses des CPE Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux souhaitent donc une reprise rapide des négociations dans un contexte de pleine et entière transparence, c’est pourquoi elles joignent le mouvement de grève initié par le CPE Multi-Gardes.

«  Il va de soi que le Conseil central de Lanaudière est en appui inconditionnel aux travailleuses et travailleurs qui souhaitent assurer la survie de leur milieu éducatif. Elles ont été claires avec nous, elles sont déterminées à aller jusqu’au bout et à déclencher d’autres journées de grève s’il le faut », ajoute Patricia Rivest, vice-présidente du Conseil central de Lanaudière – CSN.

Aujourd’hui vendredi s’entame une séquence de deux jours consécutifs de négociation pour les travailleuses du CPE Multi-Gardes. Elles manifesteront ce matin devant le Château Joliette, lieu des rencontres de négociation en présence du conciliateur du ministère du Travail.

Rappelons que dans la région, des ententes de principe ont été conclues à l’égard des conditions de travail nationales et régionales. Seules des impasses dans les négociations des dispositions  locales perdurent dans 3 des 12 CPE de la région Lanaudière syndiqués à la CSN, dont celui du CPE Multi-Gardes de St-Lin, Au royaume des bouts de choux à St-Lin et à St-Calixte et Aux portes du matin à Lavaltrie et à Lanoraie.

À propos du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière-CSN et du Centre de la petite enfance Multi-Gardes, Aux portes du matin et Au royaume des bouts de choux

Le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière-CSN regroupe plus de 400 membres et est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et au Conseil central de Lanaudière. Le CPE Multi-Gardes de St-Lin compte près d’une cinquantaine de travailleuses et travailleurs syndiqués répartie en deux installations situées au 55, Route 335 à St‑Lin‑Laurentides. Le CPE Au royaume des bouts de choux compte une soixantaine de syndiquées répartie en deux installations sur la rue St-Isidore à St-Lin et sur la rue Marie-Fournier à St-Calixte. Le CPE Aux portes du matin compte plus de 80 travailleuses réparties en 3 installations situées sur la rue St-Antoine et Notre-Dame à Lavaltrie et la rue Honoré-Beaugrand à Lanoraie.

Note : la page Facebook officielle des travailleuses en CPE membres de la CSN peut être consultée à l’adresse suivante : https://www.facebook.com/Faconnonsnotreavenir/ 

Le prochain grand chantier

Le 24 mars dernier, près d’une centaine de travailleuses et de travailleurs du secteur du soutien à domicile se sont réunis, à Montréal, à l’occasion d’ un forum sur l’amélioration du soutien à domicile au Québec.  Pour la CSN, cet exercice visait à alimenter la réflexion sur le contenu d’une plate-forme de revendications sur le soutien à domicile à soumettre aux instances délibérantes de la confédération dans les prochains mois.

Le soutien à domicile, c’est un ensemble de soins et de services dispensés au domicile d’une personne.  Il peut s’agir, par exemple, d’une personne aînée en perte d’autonomie, d’une personne en situation de handicap en raison d’une déficience physique ou intellectuelle, ou d’un trouble du spectre de l’autisme.  L’objectif de ces services est de permettre à ces personnes de pouvoir demeurer dans leur domicile au lieu de devoir, par exemple, s’installer dans un centre d’hébergement pour une longue durée.  Ces services incluent non seulement des services professionnels, des soins médicaux ou d’hygiène, mais également des services domestiques tels que l’aide à la cuisine et l’entretien ménager.  Le soutien à domicile joue un rôle crucial afin de permettre à ces personnes de demeurer autonomes et de favoriser leur intégration sociale.

Malheureusement, le soutien à domicile, au Québec, n’a jamais été soutenu adéquatement par les gouvernements qui se sont succédé.  Les dernières années d’austérité ont fait très mal aux usagères et aux usagers qui ont plus de difficultés à obtenir des services et aussi aux travailleuses et aux travailleurs qui subissent une pression accrue pour être «productifs».  Tout cela alors que les emplois dans le domaine du soutien à domicile sont de plus en plus relayés au secteur privé, notamment aux  agences de placement.  Ces dernières n’offrent toutefois pas les mêmes conditions de travail à leur personnel qui souvent, est moins bien formé que le personnel du réseau  public.

Bref, alors que les besoins augmentent de façon exponentielle avec entre autres le vieillissement de la population, le statu quo semble intenable.  C’est dans ce contexte que la CSN entend relancer le débat collectif sur la nécessité d’assurer à l’ensemble de la population l’accès à des services de qualité en soutien à domicile, et ce, de façon universelle.

Une préoccupation de longue date

En ouverture du forum, le président de la CSN, Jacques Létourneau a souligné que cet enjeu fait partie des préoccupations syndicales depuis très longtemps. Il se rappelle du débat sur le Virage ambulatoire de la fin des années 90, une réforme visant à prioriser des alternatives au séjour en centre hospitalier.  Déjà à l’époque, la CSN craignait que les économies ainsi réalisées dans les budgets des hôpitaux ne soient pas réinvesties à une hauteur suffisante pour répondre adéquatement aux besoins hors hôpitaux.

De fait, le chercheur Guillaume Hébert, de l’IRIS conférencier invité lors du forum, a exposé que les services sont de moins en moins disponibles.  Par exemple, plus de 100 000 aîné-es sur un total de 400 000 présentant une incapacité sévère ou légère ne reçoivent actuellement aucun service de soutien à domicile.  Au rythme actuel des investissements de l’État, il faudra encore 92 ans pour arriver à couvrir 40 % de leurs besoins en soutien à domicile.

Dès la création de l’assurance-maladie, le soutien à domicile devait pourtant faire partie intégrante des services.  Le Québec était à l’heure des grandes réformes et de la mise en place des grands réseaux universels.  Et le Québec était jeune. On tenait pour acquis, à l’époque, que le développement de ces services suivrait les grands chantiers découlant de la Révolution tranquille.  Guillaume Hébert rappelle la position du Parti québécois, au pouvoir en 1979 : Miser sur les CLSC pour offrir des services gratuits et universels sur tout le territoire, administrés localement et dispensés par des auxiliaires familiales et sociales, qu’on nomme aujourd’hui les auxiliaires en santé et services sociaux (ASSS), salariées de l’État.

Deux décennies de néolibéralisme plus tard, un autre gouvernement du même Parti québécois décide, en 1996, de mettre fin à la gratuité. De plus, il choisit de miser davantage sur des organismes privés ou à but non lucratif, notamment en créant les entreprises d’économie sociale d’aide à domicile (EÉSAD), de confier plus de tâches à la sous-traitance et de restreindre le déploiement des ASSS. Ces 20 dernières années, le glissement vers des services privés n’a fait que s’accentuer et rendre de moins en moins accessibles les services de soutien à domicile.  La situation est la même pour les services professionnels dispensés par des travailleuses sociales, ergothérapeutes,  physiothérapeutes, infirmières, et autres professionnel-les.

Une lutte à poursuivre
Pour la CSN, l’accès aux services de soutien à domicile pour toutes les personnes qui en ont besoin est une priorité.  C’est ce qu’a souligné la conseillère syndicale au Service des relations du travail de la CSN, Marjorie Houle, en début de forum.  La CSN fait campagne depuis une dizaine d’années pour un continuum de services globaux et intégrés aux aîné-es (hyperlien Vieillir dans la dignité)., une longue chaîne de services dont le soutien à domicile est un maillon important.

Cette fois, la CSN entend relancer le débat sur l’aspect spécifique du soutien à domicile, pris globalement, non seulement pour les aîné-es, mais également pour toutes les personnes vivant avec un handicap nécessitant du soutien à domicile.  Jusqu’à maintenant, les axes d’intervention de la CSN ont été :

  • d’agir sur la définition de l’offre de services dans le contexte d’une grande diversité de prestataires de services et des moyens de financement ;
  • de réinvestir dans le réseau ;
  • de stopper la privatisation ;
  • de favoriser le travail en équipes interdisciplinaires ;
  • de reconnaître, accompagner et soutenir les proches aidantes.

Marjorie Houle rappelle que la tenue du forum permettra de raffiner l’argumentaire et de réfléchir à des moyens d’intervenir de façon proactive dans ce débat, au moment où la situation sur le terrain devient critique, car les usagères et les usagers ont de moins de moins de services alors que les salarié-es croulent sous la charge de travail et la pression induite par le minutage des soins.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, après trois années de cure d’austérité, le moment est peut-être bien choisi pour relancer ce débat.  Guillaume Hébert a mené une recherche sur le soutien à domicile (hyperlien).  Pour lui, tous les indicateurs pointent vers la mise en place d’un véritable réseau.  Il n’y a pas vraiment d’alternative, souligne-t-il, au développement du système actuel.  Plusieurs constats convergent en effet.

  • Le soutien à domicile est la clé de notre capacité à nous adapter au vieillissement de la population ;
  • Le soutien à domicile est le meilleur vecteur de prévention : c’est en quelque sorte mettre des antennes du réseau dans toutes les résidences pour prévenir la détérioration de l’état de santé et pour soutenir l’autonomie ;
  • Le Québec consacre moins de ressources au soutien à domicile que la moyenne canadienne et le Canada se trouve lui-même loin derrière la plupart des pays industrialisés ;
  • Les urgences demeurent engorgées et les ressources ne sont pas utilisées de façon optimale ;
  • D’un point de vue financier, les services de soutien à domicile constituent une option plus intéressante que l’hébergement, lorsque cela est possible et souhaitable.
  • La volonté claire de sortir de l’hospitalocentrisme et de poursuivre le virage ambulatoire, même si la réforme du Dr Barrette tend à recentraliser les services autour des grands hôpitaux ;
  • L’explosion des besoins alors que, selon la Protectrice du citoyen, il y a moins de services, plus d’attente, plus de critères d’exclusion, de grandes disparités entre les régions ;
  • L’épuisement des proches aidants qui assurent pas moins de 80 % des services, avec un soutien inadéquat de l’État. Au Québec, on compte quelque 638 000 personnes prenant soin quotidiennement d’un parent ou d’un proche à domicile, soit 277 millions d’heures de travail ;

Enfin, Guillaume Hébert perçoit une initiative à saisir pour mettre en place un véritable réseau maintenant.  Il rappelle que le rapport de la commission Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada, en 2002, établissait qu’après l’assurance-hospitalisation, l’assurance-maladie et l’assurance-médicaments, le prochain défi à relever serait celui du soutien à domicile.  Depuis ce rapport, il y a eu très peu de progression malheureusement.

 

Ramener la justice sociale au-devant de la scène
Professeure à l’UQO, Louise Boivin étudie la transformation des services d’aide à domicile et la précarisation des emplois depuis plus de 25 ans.  Elle était conférencière au retour des ateliers du matin.  Dans un premier temps, elle a présenté quelques résultats préliminaires des recherches qu’elle mène actuellement avec sa collègue Marie-Hélène Verville sur l’augmentation du recours au secteur privé depuis cinq ans.  À partir des appels d’offres et des contrats qui sont octroyés par un CIUSSS montréalais et dans Lanaudière, elle constate une tendance claire vers une augmentation importante du recours au secteur privé.

Comme on pourrait s’y attendre, il s’avère que les exigences en matière de formation sont largement inférieures à celles du secteur public.  De même, les salaires y sont beaucoup moins élevés ; les travailleuses et les travailleurs ont peu d’avantages sociaux et la syndicalisation y est très difficile, particulièrement pour les employé-es d’agences. Quant aux personnes embauchées directement par les bénéficiaires à l’aide du programme du Chèque emploi-service, elles sont considérées comme des travailleuses salariées mais les emplois sont tellement atypiques que plusieurs de nos lois sociales et du travail, comme la Loi sur les normes du travail, ne peuvent pas s’appliquer intégralement.  En outre, ces salarié-es subissent une très forte pression au rendement et ne font pas partie des équipes multidisciplinaires des établissements publics : elles ne peuvent jouer le rôle de prévention que jouent les ASSS du secteur public dont  la mission est de faire le lien entre une personne usagère et toute l’équipe de professionnel-les du réseau public.

Pour Louise Boivin, le développement de services dans le secteur privé a entraîné une véritable concurrence entre le privé et le public.  Cette concurrence est néfaste, car elle tire les conditions de travail vers le bas. De plus, la pression au rendement a fait son chemin jusque dans le secteur public où le minutage des tâches est dorénavant une pratique fort répandue.

Pour faire face à la situation, madame Boivin propose plusieurs pistes d’intervention, qu’il s’agisse de recours légaux, d’organisation en syndicats là où ils ne sont pas présents, de lobbying et de mobilisation.  Par exemple, l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars l’heure contribuerait à ce rééquilibrage des forces.  Elle insiste beaucoup sur la responsabilité d’une organisation comme la CSN de réunir les forces de toutes les personnes intéressées qui ne disposent ni de nos moyens ni de notre voix. C’est le cas de toutes ces femmes qui travaillent pour une agence ou encore des bénéficiaires de services à domicile pour qui il peut être difficile de se mobiliser.

Solidarité
Ce n’est pas le cas de Claude Prévost. Bénéficiaire de services à domicile depuis plus de 20 ans, cet homme est grandement impliqué dans la communauté malgré son handicap. Il est d’ailleurs l’un des administrateurs du Groupe d’aide Ex Aequo. Au forum, il a témoigné de sa situation et notamment de ce qu’il a vécu au cours des dernières années.  En 2015, ses services ont été coupés sans crier gare par le CLSC.  Depuis 1995, il recevait des services de soutien pour l’aider à faire ses repas et son ménage. Claude explique que préparer un seul repas peut lui demander plusieurs heures dans une journée.  En perdant ces services, c’est tout son univers social qui s’effondre puisqu’il ne peut plus faire rien d’autre que de préparer ses repas et tenter de faire un peu de ménage dans son appartement.  Avec le soutien de l’organisme Ex Aequo qui soutient les personnes vivant avec un handicap, il a finalement retrouvé ses services en 2017.  Toutefois, il souligne que de nombreuses personnes aîné-es ou en situation d’handicap ne seront jamais capables de se battre comme il a pu le faire.

Simon Philippe Caron, qui travaille chez Ex Aequo comme agent de défense des droits, a enchaîné en soulignant que la réalité vécue par Claude est la même pour tous : toute coupe de service, même une seule heure, a énormément de répercussions  dans la vie des personnes.  Simon souligne que le soutien à domicile permet non seulement d’assurer une certaine qualité de vie, mais également de favoriser l’insertion sociale de ces personnes qui, autrement, vivraient encore davantage dans l’isolement. Chez Ex Aequo, la question des conditions de travail inadéquates du personnel ainsi que le minutage des tâches font maintenant partie des préoccupations importantes.  Il rappelle que les personnes vivant avec un handicap veulent que les personnes qui prennent soin d’elles bénéficient de bonnes conditions de travail.

Ce qu’il voit ces dernières années :

  • Des gens qui se voient retirer leurs services du jour au lendemain parce que leur enfant vient d’avoir 18 ans ;
  • Une augmentation du niveau de stress et de désespoir chez les usagers et usagères ;
  • La persistance des préjugés à l’égard des personnes en situation de handicap ;
  • Le cas d’un homme qui est retourné aux études pour se trouver un nouvel emploi pour ensuite perdre ses services d’hygiène quotidiens. Comment pourra-t-il continuer de progresser dans sa vie sociale sans soins d’hygiène ?
  • Un plus grand roulement de personnel. « C’est une personne étrangère à chaque fois ! »
  • Une dame avait besoin d’aide pour marcher 10 minutes par jour, afin de conserver sa motricité (mobilité?) le plus longtemps possible. Ce n’est plus possible, car il n’y a plus de place pour ce type d’«extra» dans les interventions minutées.

Simon Philippe Caron a conclu son intervention par un vibrant appel à la solidarité.  « Je pense qu’on peut s’allier et travailler ensemble.  J’espère que dans vos stratégies, vous penserez à nous » a-t-il lancé aux différents acteurs et intervenants présents dans la salle.

Ensuite ?
Dans les prochains mois, la CSN terminera la compilation de tout ce qui a été relevé dans les ateliers.  Une plate-forme de revendications sera développée, puis un plan d’action sera déployé.  C’est un vaste et important chantier qui s’ouvre : doter le Québec d’un véritable réseau universel de soutien à domicile !

 

Négocier ensemble, dans tout le Québec, pour des conditions de travail décentes

Le secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) annonce aujourd’hui le lancement national de sa négociation coordonnée, qui réunira près de 2000 employé-es de résidences pour aîné-es. Ces travailleuses et ces travailleurs, qui proviennent d’une quarantaine d’accréditations de toutes les régions du Québec, ont choisi de s’unir pour se donner un meilleur rapport de force et réussir à améliorer leurs conditions de travail trop souvent déplorables.

« Demain, c’est la fête des travailleuses et des travailleurs. Voilà un bon moment pour se rappeler qu’il y a encore des secteurs d’emploi où certains patrons traitent les salarié-es de façon inacceptable. Au Québec, c’est notamment le cas du secteur des centres d’hébergement privés », lance Dany Lacasse, vice-président des secteurs privés de la FSSS–CSN. « C’est complètement aberrant que celles et ceux qui se dévouent tous les jours pour prendre soin de nos parents et de nos grands-parents aient de la difficulté à joindre les deux bouts en travaillant à temps plein. »

Actuellement, le salaire moyen d’un employé de résidence privée tourne autour de 12,75 $ l’heure. La plateforme de revendications communes de la négociation coordonnée lancée aujourd’hui réclame des augmentations salariales équivalentes aux augmentations du salaire minimum ou

0,50 $ par année, selon la proposition la plus avantageuse.

Avec le vieillissement de la population et les compressions gouvernementales des dernières années dans les services publics, particulièrement en santé, les résidences privées ont connu une croissance exponentielle. « Quand de grands groupes financiers s’intéressent à un secteur d’activité, c’est habituellement parce qu’il y a de l’argent à faire », affirme Gilles Gagné, représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

M. Gagné souligne que, pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées en résidence, les propriétaires doivent investir dans le capital humain. « Les employé-es des centres d’hébergement privés, en plus d’accomplir leurs tâches quotidiennes, assurent une présence réconfortante auprès des résidents. La stabilité du personnel est donc très importante et celle-ci passe par des conditions de travail respectueuses qui valorisent les employé-es », ajoute M. Gagné.

Pour Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN), il est important de faire connaître la dure réalité de ces salarié-es. « Dans la région, c’est plus de 336 membres, dans quatre centres d’hébergement et une institution religieuse qui se joignent à la négociation coordonnée. Ces travailleuses et ces travailleurs, à qui l’on demande une polyvalence insensée et qui vivent de graves problèmes de surcharge, doivent composer avec une rémunération qui frôle souvent le seuil de pauvreté. Les employeurs doivent répondre positivement aux demandes plus que raisonnables qui sont sur la table. »

La majorité des conventions collectives des accréditations qui participent à la négociation coordonnée arrivant à échéance ce printemps, les projets de négociation seront déposés au cours des prochaines semaines.

À propos
La Fédération de la santé et des services sociaux–CSN compte quelque 3500 travailleuses et travailleurs de centres d’hébergement privés, répartis dans 9 régions du Québec. Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN) regroupe plus de 10 000 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de 100 syndicats. La CSN compte au total plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Les travailleuses en grève générale illimitée

Réunis en assemblée générale d’urgence le mercredi soir 25 avril, la cinquantaine de travailleuses et travailleurs du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin ont choisi unanimement de déclencher la grève générale illimitée dès le jeudi matin 26 avril.

Dans la dernière semaine, les travailleuses ont exercé deux journées de grève sans que l’employeur ait pris l’engagement de poursuivre les négociations dans un contexte de transparence économique.

Rappelons que depuis le début des négociations locales, seul l’employeur est en demande. Ses revendications ne visent que des reculs importants des conditions de travail dont, notamment, des coupures d’heures de travail qui affecteront la disponibilité et la qualité des services.

La partie syndicale dénote des problèmes majeurs et des irrégularités importantes à l’égard de l’administration et de la gestion des deux installations du CPE. Notamment les rapports comptables annuels des années 2014 à 2017 démontrent un déficit annuel moyen accumulé de 70 000 $. Au terme de l’exercice financier de 2017, déjà le déficit accumulé avait franchi la barre des 300 000 $ avec une seule installation puisque la deuxième n’a ouvert ses portes qu’en début d’année 2017.

« Une situation incompréhensible et inacceptable. Le financement et les subventions annuelles provenant du ministère de la Famille assurent la rentabilité des CPE à partir de 60 places disponibles. Dans notre cas, la première installation compte 80 places, déjà plus de 300 000 $ de déficit a été accumulé par la direction. On n’a pas encore les chiffres de la deuxième installation qui a ouvert l’an dernier. On s’attend à un désastre », souligne madame Lili Tremblay, présidente du syndicat régional des travailleuses du CPE Multi-Gardes.

Déjà dans les rapports comptables de 2017, on notait de graves avertissements à la direction en soulignant l’absence de mesure de contrôle des dépenses. Une règle fondamentale que tout gestionnaire compétent s’efforce de rencontrer afin d’assurer une saine gestion.

Depuis la nomination de la personne conciliatrice du ministère du Travail, les parties se sont entendues pour poursuivre les négociations les 4 et 5 mai prochains. D’emblée, la partie syndicale a indiqué à l’employeur son désir de contribuer à la recherche de solutions afin de pallier aux graves problèmes financiers sans pour autant se limiter à ne sabrer que dans les conditions de travail des syndiquées.

La CSN s’est engagée à assumer la totalité des coûts reliée à l’analyse financière du CPE par une firme comptable externe et indépendante. Le processus entièrement confidentiel et qui a fait ses preuves dans la région en sauvant des centaines d’emplois permettra d’identifier des mesures de corrections autant au niveau administratif qu’au niveau des conditions de travail. L’objectif ultime est d’assurer la rentabilité de l’organisation dans un contexte de pérennité des emplois et d’une qualité exemplaire des services.

Au moment de déterminer des dates de négociation, le syndicat a indiqué à l’employeur son désir de sursoir à l’exercice de la grève en contrepartie du dépôt à la firme comptable indépendante de  tous les documents nécessaires à la démarche d’analyse. À ce jour, l’employeur refuse de fournir une grande partie des documents essentiels dont, notamment, les échelles de rémunération du personnel de gestion.

« Pour nous, il est clair maintenant que l’entêtement de la directrice du CPE à ne pas divulguer les informations de notre organisation publique et subventionnée cache des réalités qu’elle ne souhaite pas voir révéler au grand jour. Ce qui est encore plus odieux, c’est que la procureure des employeurs de la région nous indique qu’il s’agit d’une position régionale du regroupement des directions », précise Madame Tremblay.

Hier mercredi, au moment de recevoir leur paie hebdomadaire, les travailleuses et travailleurs du CPE ont constaté que la directrice du CPE avait retenu du salaire en réaction à l’exercice de moyens de visibilité en appui à leur négociation. Il n’en fallait pas plus pour que la situation se dégrade davantage au point tel que les syndiquées ont décidé de déclencher la grève générale illimitée.

« La détermination et la motivation de ces femmes et de ces hommes sont remarquables. Depuis des années, elles portent à bout de bras la qualité des services dans un milieu  de travail mal géré, mal administré. C’est d’autant plus remarquable qu’au-delà de la question de leurs conditions de travail, ces femmes et ces hommes ont décidé de se battre pour assurer la survie de leur CPE et le maintien de leurs emplois. Elles n’ont aucune autre demande que celle-là dans cette négociation. Le Conseil central de Lanaudière et ses 81 syndicats seront là pour les soutenir et les appuyer jusqu’au bout », souligne Francine Ranger, présidente du Conseil central de Lanaudière–CSN.

Aucune autre date de négociation n’est prévue d’ici le 4 mai, malgré le fait que la partie syndicale s’est rendue disponible tous les jours, soirs et fins de semaine.

Rappelons que dans la région, des ententes de principe ont été conclues à l’égard des conditions de travail nationales et régionales. Seules des impasses dans les négociations des dispositions  locales perdurent dans 3 des 12 CPE de la région Lanaudière syndiqués à la CSN, dont celui du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin.

À propos du Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN et du CPE Multi-Gardes de Saint-Lin
Le Syndicat des travailleuses en service de garde de Lanaudière–CSN regroupe plus de 400 membres et est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) et au Conseil central de Lanaudière. Le CPE Multi-Gardes de Saint-Lin compte près d’une cinquantaine de travailleuses et travailleurs syndiqués répartie en deux installations situées au 55 route 335 à Saint‑Lin‑Laurentides.

La FSSS-CSN témoigne de la surcharge de travail au CA du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Dans le cadre de la campagne Assez ! Personnel surchargé, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), des représentants du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et professionnels de l’administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent vont prendre part à la séance du conseil d’administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent cet après-midi pour tenter d’obtenir des réponses aux problèmes vécus par ses membres.

Des représentants du syndicat, de la fédération et du conseil central prendront part à la séance du CA du CISSS du Bas-Saint-Laurent. Ils vont demander aux administrateurs de la région ce qu’ils comptent faire pour mettre un terme à la surcharge de travail, à l’épuisement professionnel et à la pénurie de personnel qui touche la région. Les membres épuisés, actuellement au travail, veulent notamment savoir comment le plan du service de dotation va à court terme leur permettre de prendre des vacances cet été, à moyen terme éliminer les surcharges quotidiennes et stabiliser les équipes de travail.

Un peu partout au Québec, les syndicats de la FSSS-CSN interpellent les CA pour que des solutions soient mises en application pour améliorer la situation. Plusieurs solutions sont d’ailleurs ciblées dans la campagne en cours, notamment l’importance d’un réinvestissement pour combler le manque à gagner dans le financement du CISSS, une accélération des négociations locales pour une grande stabilité dans les conditions de travail et des projets d’organisation pour réduire la charge de travail.

« C’est l’ensemble du personnel du réseau qui vit les effets de la réforme Barrette. C’est le cas du personnel de bureau et de l’administration du Bas-Saint-Laurent comme ailleurs au Québec. Ce sont ces femmes qui les premières ont subi la réforme hypercentralisée du ministre Barrette. Trois ans plus tard, il est temps d’admettre que c’est un échec et qu’il faut apporter des changements majeurs dans l’organisation du réseau », lance Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.

« Cela fait des mois qu’on interpelle l’employeur et le gouvernement. Aujourd’hui, on dit, c’est assez ! À un moment donné, il faut qu’ils fassent quelque chose. Ils ne peuvent rester les bras croisés face à la détresse du personnel de la région. Ils doivent se mettre en mode solution avec nous pour qu’on sorte de cette crise et qu’on améliore le sort du personnel du réseau. Ils doivent rapidement se mettre à l’écoute du personnel pour améliorer l’organisation du travail et réduire la charge de travail », explique Denis Ouellet, vice-président régional de la FSSS-CSN.

« Le CA de la région doit prendre ses responsabilités. Trois ans après la réforme Barrette, rien ne va plus. Nous allons continuer d’agir dans les prochaines semaines pour forcer l’employeur et le gouvernement à appliquer des solutions durables pour mettre un terme à la crise actuelle dans le réseau de santé et de services sociaux », de conclure Nancy Legendre, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.