Domtar augmente la pression, Québec doit résister

C’est maintenant clair, Domtar menace de fermer au moins une usine, probablement celle de Kénogami, même si la multinationale ne donne aucun échéancier précis. Aujourd’hui même, Domtar en remet une couche en annonçant à tous ses employé-es au Canada, par visioconférence, un plan pour aller chercher pas moins de 600 M$ de flux de trésorerie supplémentaire par rapport à 2025 au Canada et aux États-Unis.

« Malgré toute cette pression exercée par Domtar, Québec doit résister. Nous avons des leviers entre les mains pour forcer ce géant industriel à s’assoir et à trouver la meilleure solution d’avenir pour le Québec et pour nos travailleuses et nos travailleurs », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elle rappelle par ailleurs que, si Domtar ne respecte pas les conditions prévues à la loi 50, à savoir les investissements et l’ouverture des usines, le gouvernement pourrait résilier les baux des barrages et des centrales et prendre possession des installations. Rappelons aussi que Domtar compte non seulement sur l’eau de nos rivières, mais aussi sur le bois de nos forêts publiques pour faire rouler ses usines. « On peut et on doit se faire respecter. Un homme d’affaires étranger comme Jackson Wijaya doit tenir compte du territoire où il souhaite mener des affaires et pas seulement presser le citron à distance », ajoute la présidente.

Rencontre d’urgence

La CSN demande donc une rencontre avec le premier ministre actuel du Québec et Jackson Wijaya, le propriétaire indonésien de Domtar. Notons que ce dernier a récemment été convoqué au parlement fédéral, mais qu’il a préféré y envoyer un haut dirigeant de son entreprise.

Des obligations qui remontent à la nationalisation de l’électricité

Rappelons que Domtar dispose d’une autorisation à opérer des centrales électriques privées au Saguenay, malgré la nationalisation de l’électricité en 1963. Ce privilège venait et vient toujours avec des obligations, notamment celle de continuer à utiliser cette énergie pour faire rouler les usines régionales. Le renouvellement des baux hydrauliques, chaque 25 ans, venait aussi avec des obligations d’investissements.

Le transfert des titres des centrales par Domtar à une société qui appartient à son propriétaire ne change pas la donne sur le fond. L’entreprise a changé de mains et de nom plusieurs fois depuis 1963 et l’obligation a été maintenue pendant tout ce temps. La réforme de la gouvernance énergétique de l’ancien ministre Fitzgibbon, laquelle permet maintenant la vente d’électricité par des centrales privées de 100 MW ou moins, ne devrait pas servir de prétexte pour contourner ces engagements historiques.

« Nous demandons aux candidats au poste de premier ministre, Mme Fréchette et M. Drainville, de prendre position rapidement et d’exiger de Domtar qu’elle respecte ses obligations. Nous demandons également aux partis qui aspirent à diriger le Québec de prendre position dans le même sens, avant que le mal ne soit fait et que l’énergie ne soit vendue à une autre entreprise », lance le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN, Gilles Vaillancourt. Ce dernier estime que Domtar doit sécuriser les emplois et s’engager dans un plan d’avenir prometteur soutenu par des investissements.

Politique industrielle manquante

 « Le cas des usines d’Alma et de Kénogami illustre le laisser-aller de nos gouvernements du Québec et du Canada quant à la nécessaire transformation de l’industrie forestière. On laisse notre forêt publique et nos rivières à des industriels lointains qui se fichent trop souvent des emplois, de la forêt et de l’avenir de cette industrie importante dans plusieurs régions. Les tarifs de Trump sur le bois d’œuvre mettent plus que jamais en lumière l’absence de plan de diversification et de modernisation. On ne devrait pas continuer à donner libre accès à nos ressources naturelles sans une meilleure contrepartie exigée à l’industrie, et à Domtar en particulier », explique le président de la FIM–CSN, Kevin Gagnon.

Nombreux appuis au Saguenay–Lac-Saint-Jean

« Nous sommes fiers de constater que le Saguenay–Lac-Saint-Jean en entier ne se laisse pas faire par une multinationale étrangère. De plus en plus d’acteurs régionaux comprennent que les centrales privées de la région ne peuvent pas devenir de simples vaches à lait pour l’entreprise qui les opèrent aujourd’hui », affirme la présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Manon Tremblay.

Notons que des représentants du PQ, du PLQ et de députés caquistes de la région ont donné leur appui à la démarche de la CSN afin de sauvegarder des emplois en région. Le maire de Saguenay, Luc Boivin, et le préfet Yanick Baillargeon, qui préside aussi Alliance forêt boréale, ont également donné un appui moral aux travailleuses et aux travailleurs de Domtar en danger. Ajoutons à cette liste l’association des retraité-es de Résolu (maintenant Domtar), qui compte plus de 4 000 membres et qui se préoccupe du maintien de ses obligations par le propriétaire actuel de la plus grande entreprise forestière du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

À propos
La CSN est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. Elle représente notamment les usines de Kénogami et d’Alma.

Le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN regroupe quelque 160 syndicats de la région et représente 16 000 membres issus de tous les secteurs d’activité.

 

Victoire majeure pour la fonderie Bibby-Ste-Croix dans une cause antidumping

La CSN salue une décision déterminante du Tribunal canadien du commerce extérieur, laquelle confirme le bien-fondé d’une plainte de dumping visant des importations de tuyaux d’évacuation en fonte en provenance de la Chine. Des droits antidumping et compensateurs allant jusqu’à 472 % seront imposés sur les importations des marchandises en cause.

Dans son mémoire présenté au Tribunal, le Syndicat des travailleurs et travailleuses de Bibby-Ste-Croix-CSN, a notamment soutenu que les importations chinoises, vendues à des prix injustement bas, ont entraîné une baisse des ventes et de la part de marché de Bibby-Ste-Croix, qui embauche présentement près de 300 travailleuses et travailleurs, dont 200 sont syndiqués. Depuis 2021, les salarié-es ont subi des mises à pied, une réduction des heures supplémentaires et une pression constante sur la rétention de la main-d’œuvre qualifiée, explique la CSN.

« Les pratiques commerciales déloyales menacent directement nos emplois et la vitalité économique de notre région. Cette victoire devant le Tribunal aura des impacts à long terme pour notre communauté à Sainte-Croix », souligne le président du syndicat, Jean-François Laliberté, qui a livré un vibrant témoignage lors des audiences.

La fonderie Bibby-Ste-Croix joue un rôle économique central dans la région de Lotbinière, où les occasions d’emploi comparables sont peu courantes. D’autres pertes d’emplois dans le secteur manufacturier avaient déjà fragilisé la région, notamment chez Meubles South Shore, dans le même village.

Pour le syndicat, il s’agit d’un pas crucial pour stabiliser la production et protéger les emplois existants.

« À travers leur combat pour sauver leur entreprise des effets destructeurs des pratiques commerciales déloyales, les syndiqué-es de Bibby-Ste-Croix font une poignante démonstration qu’un syndicat, c’est bon pour les affaires ! », s’exclame la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Difficile de rivaliser avec d’autres lorsque les dés sont pipés. Cette décision vient remettre de l’ordre dans le marché et enfin offrir une possibilité au secteur de prospérer », explique le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon.

« Dans Lotbinière, les entreprises comme la fonderie sont de véritables moteurs économiques, je salue la décision du Tribunal qui a su prendre la mesure des impacts du dumping sur la communauté pour mieux la protéger », conclut la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches-CSN, Barbara Poirier.

À propos 
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) rassemble quelque 252 syndicats et plus de 22 000 travailleuses et travailleurs de toutes les régions du Québec. Le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) a été fondé en 1918. Il regroupe près de 200 syndicats représentant, sur une base régionale, quelque 45 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

Entente de principe adoptée par les travailleuses et travailleurs de General Dynamics

Réunis en assemblée générale, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de General Dynamics–CSN ont adopté l’entente de principe intervenue entre les deux parties. Cette entente prévoit une augmentation salariale totale de 29 % sur cinq ans.

« C’est le résultat de la solidarité et de la détermination des travailleuses et des travailleurs. Rien n’a été donné : chaque gain a été arraché par la mobilisation », indique le président du Syndicat, Dominic Jobin. « Cette entente nous permet d’avancer concrètement sur la reconnaissance de notre travail et l’équité avec les autres usines du groupe », poursuit-il.

Du côté du conseil central, on salue une victoire qui dépasse l’usine. « Chaque gain salarial obtenu par la lutte fait avancer l’ensemble de la classe ouvrière. Cette entente démontre encore une fois que lorsqu’on s’organise et qu’on se tient debout, on peut faire reculer les inégalités », souligne Pierre Émond, vice-président au Conseil Central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN.

« Cette entente, ce n’est pas un cadeau. C’est le résultat d’un rapport de force clair et assumé. Les membres ont tenu bon et aujourd’hui, elles et ils récoltent une partie de ce pour quoi on s’est battu collectivement », affirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

Rappelons que les travailleuses et les travailleurs étaient sous le coup d’un lock-out décrété par l’Employeur depuis le 10 novembre dernier. Après plusieurs semaines de négociation marquées par des enjeux majeurs, notamment la question du rattrapage salarial, les membres ont maintenu la pression jusqu’à l’obtention d’une entente de principe.

 

À propos 

Le Syndicat des salarié-es de General Dynamics Produits de défense et Systèmes tactiques Canada–CSN | Usine Saint-Augustin regroupe près de 125 membres affiliés au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), qui compte 45 000 membres dans 240 syndicats de toutes provenances. La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats. Pour sa part, la CSN compte plus de 330 000 membres syndiqués provenant tant du secteur privé que public. 

Fonderie Horne : la CSN estime qu’une entente est à portée de main

La CSN estime qu’une entente entre le gouvernement du Québec et Glencore pour assurer la production de cuivre au Canada est possible et qu’elle est à portée de main.

La CSN a appris que des discussions ont eu lieu avec le cabinet de premier ministre Legault. Ce dernier a d’ailleurs récemment fait savoir cette semaine qu’il était prêt à devancer d’un an le processus d’autorisation environnementale. Cela permettrait donc de déterminer quels seront les critères exigés à long terme afin d’amortir les investissements de 1 G$ – dont 300 M$ pour des raisons environnementales –, qui étaient prévus par Glencore avant l’annonce, cette semaine, d’arrêt des investissements.

« Il doit y avoir moyen de fixer un seuil pour l’arsenic avec des échéanciers réalistes en fonction des travaux nécessaires et de prévoir un nombre d’années suffisant pour qu’on ne revive pas la saga actuelle dans un avenir rapproché et qu’on lève enfin l’incertitude actuelle », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière demande une rencontre d’urgence avec le premier ministre Legault, qui est aussi responsable de la région, pour aider à sécuriser les emplois en jeu et rassurer la population de l’Abitibi-Témiscamingue.

« On demande au gouvernement du Québec et à Glencore de se parler à nouveau et de faire un compromis acceptable pour le bien des travailleuses et des travailleurs et pour le bien de notre région. Il faut trouver une norme qui ne soit ni idéaliste ni laxiste. Il y a des gars qui ne dorment plus, il y a des arrêts de travail, ça devient dangereux. Ça ne peut plus durer ! », indique le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith.

 

Un enjeu interministériel

« On sait qu’un comité interministériel est en place pour le dossier de la Horne – comité dont fait notamment partie le ministre Jean Boulet. On souhaite que notre région et notre premier ministre puissent bénéficier de tout l’appui interne nécessaire pour aboutir enfin et rassurer la population locale quant aux emplois et à la modernisation de l’usine », répète le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.

 

Achat canadien en jeu

Cette saga survient au moment où le gouvernement Carney tente de mettre en place un programme d’achat canadien. Or, la Fonderie Horne est la seule productrice de cuivre au Canada. « On se demande si le gouvernement canadien a les moyens et l’intérêt d’aider à régler le dossier de la Fonderie Horne pour qu’on puisse continuer d’acheter du cuivre canadien. C’est toujours le silence du côté d’Ottawa, malgré nos appels précédents », réitère Kevin Gagnon, président de la FIM–CSN. Ce dernier rappelle qu’il serait important que les deux gouvernements se concertent rapidement et utilisent tous les moyens nécessaires pour régler ce dossier et sécuriser les emplois et l’approvisionnement en cuivre au Canada.

 

À propos

 Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.

Toujours sans entente, les lock-outés de Béton Provincial interpellent l’industrie

Mis en lock-out par leur employeur il y a plus d’un an, les employés de Béton Provincial à Longueuil et à LaSalle ont manifesté leur exaspération, mercredi, en marge d’un 5 à 7 qui réunissait les bonzes de l’industrie québécoise du béton.

Alors que l’Association béton Québec tient ces jours-ci sa semaine du béton, les lock-outés ont profité de l’événement pour dénoncer l’intransigeance de la compagnie Béton Provincial et de son propriétaire, André Bélanger, après que celui-ci ait racheté les usines du groupe Demix. Quatre mois après l’acquisition, en avril 2024, Béton Provincial a exigé de ses employés qu’ils acceptent un gel salarial de quatre ans, l’abolition de leur régime de retraite et la réduction substantielle de leurs assurances.

« Béton Provincial se targue d’être le chef de file de l’industrie, mais offre des conditions de misère à ses employés et refuse de négocier. Ce n’est pas ce qu’on appelle une saine concurrence. Ça se fait sur le dos de la cinquantaine d’employés de LaSalle et de Longueuil, ainsi que sur celui de leurs familles. Ça fait plus d’un an que Béton Provincial nous a jeté à la rue, nous privant de notre gagne-pain, sans même tenter de relancer la table de négociation. Cette posture est totalement inacceptable ! », de lancer Jean-François Gagné, opérateur de bétonnière et porte-parole du syndicat.

Le 26 janvier dernier, un rapport d’enquête du ministère du Travail avait conclu à la présence de briseur de grève à l’usine de LaSalle, en pleine violation du Code du travail. Il s’agit de la deuxième infraction en la matière constatée par les enquêteurs du ministère.

Pour la présidente de la CSN, Caroline Senneville, présente à la manifestation, cette attitude intransigeante porte ombrage aux autres joueurs de l’industrie. « En général, l’industrie bétonnière s’efforce de respecter ses employés. Nous avons été en mesure de négocier plusieurs conventions collectives dans le secteur. Ce n’est pas toujours facile, mais nous sommes en mesure de convenir d’ententes satisfaisantes pour les deux parties, sans même que les conflits de travail deviennent la norme. Voilà pourquoi nous sommes de plus en plus étonnés du mépris de Béton Provincial envers ses employés : 14 mois de lock-out, sans même changer d’un iota sa position à la table de négociation, c’est du jamais-vu. Il est temps que la direction revoie sa façon de faire et mette tout en œuvre pour en arriver à un règlement. »

Après avoir acheté l’entreprise Demix en avril 2024, Béton Provincial a déposé une offre financière au syndicat qui représente les employés de LaSalle et Longueuil : un gel salarial de quatre ans, suivi d’augmentations annuelles de 2 % en 2028 et 2029. L’employeur exige aussi la fin de sa contribution au régime de retraite, laquelle correspond à 5,5 % du salaire gagné, pour la remplacer par une « prime » de 0,50 $ l’heure travaillée. Béton Provincial souhaite également réduire sa contribution au régime d’assurance collective pour le substituer par un nouveau régime modulable beaucoup moins avantageux.

Le Syndicat des travailleurs de Béton Provincial (LaSalle-Longueuil)–CSN représente les 50 opérateurs de bétonnières, mécaniciens et hommes de cour de ces deux sites. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), au Conseil central de la Montérégie–CSN et au Conseil central du Montréal métropolitain–CSN. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Domtar-Résolu laisse tomber le Saguenay avec l’appui tacite du gouvernement

La CSN craint sérieusement que la transaction qui vise les barrages de Résolu au Saguenay entraîne la fermeture de l’usine de Kénogami et que cela n’augure rien de bon pour les autres usines de l’entreprise dans la région. Ces barrages représentaient en effet un actif majeur et ils étaient liés à des baux hydrauliques, imposant ainsi à l’entreprise de continuer à opérer ses usines associées et à y investir de l’argent.

Selon l’information obtenue par la ville de Saguenay, laquelle est en partie confirmée par l’employeur, les barrages de Résolu au Saguenay auraient été cédés à une société en commandite du milliardaire indonésien Jackson Wijaya, qui est également propriétaire de Résolu et de Domtar.

La Fédération de l’industrie manufacturière–CSN redoute que cette transaction permette à l’entreprise de se soustraire à ses obligations d’investissement et d’emplois puisque la réforme de la gouvernance énergétique du Québec (projet de loi 69) assouplit ces contraintes pour les centrales de 100 MW et moins, comme le sont les centrales de Résolu au Saguenay. Rappelons que cette réforme, adoptée sous bâillon en juin 2025, a été initiée par l’ex-ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec, Pierre Fitzgibbon, et terminée par sa successeure, la ministre Christine Fréchette. La transaction permet aussi des avantages économiques importants puisque l’électricité peut ensuite être vendue, plutôt qu’utilisée à Kénogami ou à Alma.

Selon l’information disponible, l’électricité des barrages qui appartenaient à Résolu serait désormais vendue à une tierce industrie importante dans la région. Il faut que ce soit une entreprise adjacente qui a besoin d’énergie. La réforme Fitzgibbon-Fréchette permet justement ce type de vente en dehors du monopole d’Hydro-Québec. L’argent de la vente d’électricité servirait ensuite à financer un investissement très important de Résolu hors de la région, soit à l’usine de Domtar de Gatineau.

« On demande au gouvernement d’intervenir pour empêcher la transaction visant les barrages de Résolu et s’assurer du respect des conditions qui prévalaient pour Résolu envers ses usines du Saguenay–Lac-Saint-Jean », affirme le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN, Gilles Vaillancourt. Par ailleurs, ce dernier ne digère pas que l’ancien ministre Pierre Fitzgibbon soit maintenant conseiller de Domtar-Résolu, après avoir élaboré le projet de loi 69.

Contrat moral brisé après la nationalisation de l’électricité

Rappelons que les barrages privés du Saguenay avaient été exclus de la nationalisation de la production d’électricité par Hydro-Québec – réalisée par René Lévesque dans les années 1960. L’entreprise forestière, qui a changé de mains depuis, était tenue de contribuer au développement économique de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Le contrat moral serait brisé si l’argent de la vente d’électricité sortait de la région. Le gouvernement perdrait ainsi son rapport de force face à Résolu », fait valoir la présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Manon Tremblay.

Rencontre demandée avec le gouvernement de la CAQ

 « On demande une rencontre immédiate avec le ministre de l’Énergie, Jean Boulet, pour voir s’il est possible d’agir en faveur du développement régional du Saguenay, malgré les dispositions du projet de loi 69. Le gouvernement a encore le pouvoir d’aider le développement économique du Saguenay », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière interpelle aussi le premier ministre Legault ainsi que les aspirants premiers ministres, Fréchette et Drainville, pour connaître leur vision du développement régional et de la production privée d’électricité. « On veut parler au bon responsable gouvernemental pour régler ce dossier à l’avantage des travailleurs et de la région », précise la présidente.

« Le projet du maire de Saguenay de racheter les barrages pourrait être intéressant pour le développement régional, mais on ne connait pas tous les détails et les intentions de Luc Boivin. L’important aujourd’hui, c’est de sécuriser les emplois », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon, qui souhaite avant tout stopper la vente et maintenir les emplois.

Rappelons qu’en cas de non-respect des conditions liées aux baux hydrauliques, le gouvernement pouvait jusqu’à récemment récupérer les barrages sans indemnité ni compensation. C’est ce même contrat moral qui avait permis à l’entreprise d’échapper à la nationalisation à l’époque. Rio Tinto a d’ailleurs récemment subi des pressions en raison du non-respect des conditions liées à sa production d’électricité au Saguenay.

À propos
La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. Elle représente notamment des travailleuses et travailleurs de l’industrie forestière.

 

Une première délégation de travailleurs de la Davie s’envole vendredi pour un transfert de savoirs en Finlande

Une première délégation de travailleurs du chantier Davie s’envolera vendredi pour la Finlande dans le cadre d’un projet pilote rendu possible grâce à une lettre d’entente intervenue entre le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN) et leur employeur.

Quatre soudeurs-monteur, accompagnés du président du syndicat, d’un contre-maître et d’une directrice sont du voyage d’un mois. « Notre délégation va travailler pendant un mois avec les équipes du Helsinki Shipyard dans une perspective de transfert de savoirs », explique Jessy Piché, président du syndicat, « entre 60 et 70 travailleurs auront la chance de participer à ce programme d’ici 2027 ».

Rappelons que la Davie a acheté le Helsinki Shipyard Oy (HSO) en novembre 2023 et qu’elle a conclu un contrat de construction d’un brise-glace polaire avec le gouvernement du Canada. « Ce navire sera construit en partie au Canada, au Chantier Davie, et en partie en Finlande, au Chantier Helsinki », explique Jessy Piché, « c’est important dans ce contexte de pouvoir aller voir sur place comment travaillent les équipes finlandaises et échanger avec elles ».

Le programme de transfert de savoirs négocié entre le Syndicat et l’Employeur prévoit que toutes les dépenses des travailleurs sont payées et qu’une prime de 15% s’applique aux salaires. « C’est l’une des ententes, sinon l’entente la plus généreuse de l’industrie », explique Kevin Gagnon, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) qui négocie plusieurs ententes de ce type, on peut penser par exemple au programme d’échange avec le Brésil de Alstöm, à La Pocatière.

« On va se le dire, c’est une très belle opportunité qui est offerte aux ouvriers syndiqués de la Davie », poursuit Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « c’est un bon coup du syndicat et de la CSN qui vaut la peine d’être souligné ». La syndicaliste ne cache pas sa fierté de voir l’expertise et le savoir-faire lévisien s’exporter à l’international. « On est déjà le meilleur chantier naval en Amérique du Nord, imaginez après! », conclue la présidente du conseil central.

Grève générale illimitée chez Kruger à LaSalle : les travailleuses et les travailleurs de Kruger à Crabtree en appui à leurs collègues

Les 150 employé-es de Kruger à LaSalle, qui ont déclenché le 12 janvier une grève générale illimitée, manifestent aujourd’hui devant l’usine de leur employeur à Crabtree, avec le soutien du syndical local de la CSN.

« Nous déplorons que Kruger refuse catégoriquement de faire un bout de chemin supplémentaire, alors que le syndicat a fait plusieurs propositions pour faire débloquer la négociation. L’impasse persiste sur la question des salaires », affirme le président du Syndicat des employé-es de Kruger LaSalle–CSN, Benoit St-Cyr.

Notons que la grève à LaSalle a un impact sur le groupe Kruger puisque des produits d’autres usines de l’entreprise (Cashmere, Scotties, Sponge Towels) sont habituellement emballés dans des boîtes en carton de LaSalle avant d’être expédiés chez les différents distributeurs comme des chaînes de pharmacies ou d’épiceries. Certaines marchandises agroalimentaires de marques connues sont aussi mises en boîte grâce à LaSalle.

« Nous avons fait une première grève en plus de 30 ans à Crabtree en 2024 et nous avons réussi à faire bouger notre employeur. Cela a quand même duré un mois ! On souhaite maintenant que Kruger ne laisse pas les travailleuses et les travailleurs de LaSalle dehors aussi longtemps que nous, en plein hiver, avant d’arriver à un compromis raisonnable », ajoute Christian Cardin, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers de Crabtree–CSN (STTPPC–CSN)

Kruger et les grèves

« Il semble de plus en plus difficile d’obtenir des salaires justes chez Kruger sans avoir recours à la grève. On a remarqué ça à Crabtree, mais aussi à Trois-Rivières. C’est pourtant possible d’arriver à des règlements sans grève. C’est d’ailleurs le cas dans la grande majorité des négociations », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

Solidarité entre les usines de Kruger

« C’est important de se tenir debout et la tête haute pour les personnes qui travaillent chez Kruger. Nous l’avons montré à Crabtree en 2024 et c’est maintenant le tour de nos camarades à LaSalle. Nous leur donnons tout notre appui et nous invitons les autres syndicats d’usines de Kruger à faire de même », conclut la présidente du Conseil central de Lanaudière–CSN, Patricia Rivest, qui est elle-même issue des rangs de Kruger à Crabtree.

À propos

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec.

Le Conseil central de Lanaudière-CSN regroupe 81 syndicats représentant plus de 14 000 membres sur l’ensemble du territoire de Lanaudière.

 

 

 

 

Rejet unanime des offres patronales dites « finales » chez Lavo

Réunis en assemblée générale ce samedi 17 janvier, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Lavo ltée–CSN ont rejeté à l’unanimité, par voie de scrutin secret, les dernières offres, qualifiées de « finales » par la partie patronale.

« Après plus de 50 rencontres, nos négociations traînent toujours. L’employeur n’est pas à l’écoute et il persiste à ne pas déposer des offres à la hauteur. Les demandes de reculs sont encore nombreuses et les membres tenaient à envoyer un message clair à la direction : la détermination des membres à régler cette négociation reste entière et l’employeur doit en saisir la juste mesure s’il veut éventuellement qu’on en arrive à une entente de principe », souligne le président du syndicat, Sébastien Sylver.

« Ça fait plus d’un an que les négociations sont difficiles avec Lavo. Les salarié-es sont conscients que leur employeur ne les respecte pas et leurs dernières offres, qualifiées de “finales”, sont très révélatrices à cet égard. À la table de négociation, de simples clauses qui demandent généralement peu de temps à régler nécessitent plusieurs rencontres pour trouver un terrain d’entente. À l’issue de ce vote, la balle est dans son camp : si elle veut régler, Lavo n’aura pas le choix d’offrir de meilleures conditions de travail et de partager une plus grande part de ses profits avec celles et ceux qui les génèrent », ajoute le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.

« À la suite de ce rejet clair et net, nous invitons à nouveau l’employeur à négocier de bonne foi en tenant compte des demandes légitimes du syndicat. La direction s’entête à étirer inutilement la négociation, ce qui nuit au retour d’une paix industrielle souhaitable à un bon climat de travail. Actuellement, la partie patronale fait face à une vérité incontournable : pour en arriver à une entente avec ses salarié-es, ils devront sérieusement refaire leurs devoirs et revoir leurs positions », conclut le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

À propos

Le STTL–CSN compte environ 130 membres sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2024. La Fédération de l’industrie manufacturière–CSN regroupe plus de 320 syndicats affiliés représentant environ 25 000 membres qui œuvrent dans le secteur industriel québécois. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN rassemble 110 000 membres dans 400 syndicats de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fonderie Horne : le premier ministre Legault doit terminer le travail avant son départ

La CSN et les Métallos (FTQ) estiment qu’il est minuit moins une pour conclure une entente entre le gouvernement du Québec et la Fonderie Horne (Glencore), afin d’assurer la pérennité de la filière du cuivre. Rappelons que le début de la procédure de fermeture est prévu pour le 31 janvier prochain.

« Le premier ministre Legault, qui est aussi responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, doit finaliser une entente acceptable avec Glencore avant de quitter son poste. Sinon, le possible changement de gouvernement en octobre va faire perdre beaucoup de temps. On jouerait alors avec le feu pour l’avenir de la seule fonderie de cuivre au Canada », soutient Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Incertitude interminable

Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN ainsi que la section locale 6887 des Métallos à l’affinerie CCR de Montréal-Est tiennent à rappeler que la période d’incertitude sur l’avenir des emplois pèse lourdement sur la santé psychologique des travailleuses et travailleurs des deux usines ainsi que de l’ensemble de la communauté.

« Nos membres vivent avec une pression constante depuis 2018, et même depuis plus longtemps encore. Lorsque surviennent des événements hors de notre contrôle, comme l’annonce du premier ministre cette semaine, cela peut amplifier le stress, l’inquiétude et le sentiment d’insécurité face à l’avenir », soulignent le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith, ainsi que celui de la section locale 6887 des Métallos à l’affinerie CCR de Montréal-Est, Stéphane Côté.

Soulignons qu’à l’heure actuelle, la Fonderie Horne compte un peu plus de 50 travailleuses et travailleurs de moins qu’à pareille date l’an dernier. La polarisation médiatique et politique entourant le dossier n’est pas sans conséquences : presque aucun nouveau curriculum vitae n’est reçu, alors que l’usine doit continuer de produire au même rythme. Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les équipes en place. « C’est intenable à moyen terme », précise Shawn Smith.

L’importance du cuivre

 Si la Fonderie Horne disparaît, l’usine CCR de Montréal fermerait aussi ses portes, puisqu’elle s’approvisionne principalement à l’usine de Rouyn-Noranda. « La norme de 15 nanogrammes d’arsenic permet d’assurer un équilibre entre la santé de la population et la pérennité des emplois et des communautés. Le Québec et le Canada au complet ont besoin de cuivre et ces deux usines sont essentielles au recyclage des batteries. Le suspense a assez duré, le gouvernement doit faire son lit », plaide le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.

« Le cuivre est essentiel pour la transition énergétique, puisqu’il est une composante de tout appareil électrique ou électronique, de même que des lignes de transport d’électricité. Et c’est possible de produire du cuivre selon des normes environnementales comparables à celles du reste du Canada ou de l’Europe. Il ne s’agit pas de donner une passe gratuite à Glencore, simplement d’être réaliste sur les objectifs », soutient Kevin Gagnon, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN).

Ce dernier ajoute que l’immense chantier prévu par Hydro-Québec dans les prochaines années nécessitera plusieurs tonnes de cuivre et qu’il serait hasardeux de dépendre complètement des importations en ces temps incertains.

Les discussions sur le rachat de Glencore par Rio Tinto ajoutent à l’incertitude. Si cette fusion de deux grandes multinationales advient, le géant qui en résulterait pourrait prendre de nouvelles décisions en fonction de l’ensemble de ses nombreuses usines partout dans le monde, surtout si l’incertitude persiste sur le droit de produire à la Fonderie Horne. « Il est donc urgent de régler si l’on veut que l’intérêt du Québec et du Canada compte dans la décision finale sur l’avenir de la Fonderie Horne », font valoir le président de la FIM-CSN, Kevin Gagnon, ainsi que le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.

Instabilité politique pour la région

Depuis la fin du premier mandat de la CAQ en 2022, aucun député régional n’a occupé le poste de ministre responsable de la région. Pendant cette période, Mathieu Lacombe, Jean Boulet et François Legault se sont succédé dans ce rôle. Ce dernier va quitter à son tour et il n’a pas encore terminé ce mandat. « Cette instabilité n’envoie pas un signal positif, tant pour l’attractivité de Rouyn-Noranda que pour celle de l’ensemble de la région. », souligne Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central d’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec.

À propos

 Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.

 

 

 

 

 

Grève générale illimitée chez Kruger à LaSalle : plusieurs produits connus affectés

Les 150 employé-es de Kruger à LaSalle ont déclenché ce matin une grève générale illimitée, devant l’impasse dans les négociations. L’employeur a en effet refusé l’ultime proposition du conciliateur, qui était pourtant jugée acceptable par le comité de négociation syndical. Plusieurs marques très connues seront affectées, puisqu’elles sont normalement emballées à LaSalle avant d’être expédiées chez différents distributeurs.

« Partir en grève n’est pas une décision facile à prendre, mais les travailleuses et les travailleurs de Kruger LaSalle ont voté cette grève à 99 %. Ils ont ensuite maintenu leur détermination dans deux assemblées, notamment en rejetant les dernières offres de l’employeur et une proposition insuffisante soumise par le conciliateur. Nos membres se tiennent la tête haute et c’est comme ça qu’ils vont obtenir le respect de l’employeur », affirme François Enault, 1er vice-président de la CSN, venu soutenir les grévistes sur la ligne de piquetage aujourd’hui à LaSalle.

« On le répète encore une fois, les offres patronales doivent permettre d’éviter l’appauvrissement des travailleuses et des travailleurs, considérant la hausse de l’inflation pour la durée de la dernière convention collective. Il n’y a aucune raison non plus que notre pouvoir d’achat ne profite pas des succès de Kruger dans son ensemble », affirme le président du Syndicat des employé-es de Kruger LaSalle–CSN, Benoit St-Cyr. Rappelons qu’une première grève de 36 heures a eu lieu les 21 et 22 novembre derniers en plus d’une autre de sept jours, tenue en décembre passé.

Des produits essentiels touchés

Des produits bien connus des consommateurs sont emballés chez Kruger LaSalle et la livraison se compliquera dans les jours et semaines à venir. Notamment pour des produits de papier à usage domestique fabriqués au Québec par Kruger comme Cashmere, Sponge Towels ou Scotties. Certaines marchandises agroalimentaires sont aussi mises en boîte à LaSalle.

Kruger est rentable et en expansion

« On ne comprend pas comment Kruger, une compagnie rentable qui a réalisé, ou prévoit réaliser, de nouveaux chantiers importants au Québec : à Sherbrooke, à Gatineau et à Trois-Rivières. Kruger a également commencé à moderniser son usine de LaSalle. Clairement, ce fleuron québécois peut maintenir le niveau de vie de ses travailleuses et de ses travailleurs ou même l’améliorer », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

Solidarité

« Les travailleuses et travailleurs de Kruger peuvent être fiers de la détermination, du courage et de la solidarité dont ils font preuve dans ce conflit. Tous les syndicats CSN de la région les appuient sans réserve. C’est grâce à leur combativité et à leur solidarité que les membres du syndicat amélioreront leurs conditions de travail, et nous les appuierons jusqu’à ce qu’un règlement satisfaisant survienne », conclut le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.

À propos

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec.

Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) rassemble tous les syndicats de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James. Il compte près de 400 syndicats représentant plus de 110 000 membres œuvrant dans tous les secteurs d’activités.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

LM Wind Power : la CSN demande à Ottawa de stopper les expulsions de TET

Quelque 140 travailleuses et travailleurs philippins expérimentés sont menacés d’expulsion en 2026 et 2027, en raison de nouvelles règles fédérales plus strictes et qui se resserrent sans cesse. En effet, la nouvelle exigence imposée aux entreprises pour qu’elles puissent conserver tous ses travailleurs étrangers temporaires (TET) implique des seuils salariaux élevés. Le seuil, qui permet de se conformer à la catégorie des hauts salaires, avait déjà été haussé de 20 % en 2024 et il a été fixé à près de 35 $ l’heure en juin 2025.

La CSN estime que le resserrement des règles en immigration ne devrait pas nuire à l’économie canadienne et québécoise. Plusieurs des TET philippins chez LM Wind Power ont plusieurs années d’expérience et jouent un rôle essentiel dans cette usine de pales d’éoliennes. « On demande à la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, d’éviter les expulsions de travailleurs essentiels à l’économie des régions. On veut maintenir les TET qui sont déjà établis au Québec. Ils et elles jouent un rôle crucial dans la transition écologique et dans l’économie régionale », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« On est d’accord avec ce principe de seuil salarial. On demande justement à LM Wind Power d’augmenter nos salaires et avantages à hauteur de 35 $ l’heure dans la prochaine convention collective, mais on craint que ça ne suffise pas pour conserver nos employé-es. Ce barème a été augmenté ces dernières années. Même si on atteint le seuil actuel, on risque de seulement gagner du temps puisqu’il pourrait de nouveau être haussé significativement en cours de convention », explique le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de LM Wind Power–CSN, Jean-Éric Cloutier. Le syndicat demande donc au gouvernement fédéral de maintenir le seuil à 35 $ et d’établir une simple indexation annuelle prévisible en fonction de l’inflation. L’usine compte plus de 400 travailleuses et travailleurs au total.

Une multinationale qui paye moins bien ses travailleurs

LM Wind Power est une filiale de GE, une très grande multinationale américaine active notamment dans le secteur des énergies renouvelables. « Il est inadmissible qu’une entreprise comme GE paye ses travailleuses et ses travailleurs moins que les autres entreprises du secteur. Plusieurs gagnent seulement 28 $ l’heure, alors qu’ils sont dans un secteur de pointe », lance le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

Une hausse des salaires dans cette usine est d’autant plus faisable que les nombreux projets de développement d’énergie éolienne d’Hydro-Québec (10 000 MW de plus d’ici 2035), devraient être favorables à LM Wind Power au Québec. « On demande justement au gouvernement provincial et à Hydro-Québec de faire le maximum pour utiliser des composantes québécoises d’éoliennes. À cet égard, notre voisin du Sud ne se gêne pas pour favoriser son pays », ajoute Kevin Gagnon.

Gaspé peut accueillir des travailleurs

« Il y a un nouvel écoquartier en préparation qui accueillera 320 logements à Gaspé en 2026. On a aussi 86 logements abordables déjà en construction dans la ville. On peut continuer de recevoir les Philippins et les Philippines. Les politiciens ne devraient pas aller contre la volonté des régions quand la capacité d’accueil est respectée », affirme le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madelaine–CSN, Pierre-Luc Boulay. Ce dernier craint qu’on restreigne trop radicalement la possibilité d’engager des TET en Gaspésie et que la main-d’œuvre locale ne suffise pas pour assurer un développement économique dans la région.

À propos

Le CCGIM–CSN regroupe environ 4500 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité. Celui-ci compte plus de 85 syndicats affiliés.

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

 

La CSN publie son palmarès des pires employeurs du Québec

Conflits de longue durée, absence de volonté de négocier sérieusement, usage de briseurs de grève, fermetures entraînant des milliers de pertes d’emplois : nombreux sont les gestes antisyndicaux qui ont ponctué l’année 2025, faisant reculer les droits des travailleuses et des travailleurs québécois. Voilà les raisons qui amènent la CSN à publier son palmarès annuel des pires employeurs du Québec.

« Les pires employeurs sont ceux qui ne daignent même pas respecter le cadre légal des relations de travail que nous avons au Québec. Les pires boss sont ceux qui bafouent la liberté fondamentale de se syndiquer et de négocier collectivement pour améliorer ses conditions de travail. Sans oublier ceux qui, une fois au pouvoir, voudraient modifier les lois du travail à leur avantage », de déclarer la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

La palme du pire employeur de l’année revient sans conteste à la multinationale Amazon. En représailles à la syndicalisation d’un premier centre de distribution au Canada, Amazon n’a pas hésité, le 22 janvier dernier, à fermer l’ensemble de ses entrepôts situés au Québec, entraînant la perte de plus de 4500 emplois. La multinationale doit aujourd’hui se défendre devant le Tribunal administratif du travail (TAT) à la suite de la contestation de ces fermetures par la CSN.

« Jour après jour, les audiences du procès nous apprennent comment Amazon, dès la syndicalisation des employé-es de l’entrepôt DXT4, a réorganisé l’ensemble de ses opérations au Québec afin d’annihiler toute présence syndicale. Un geste totalement condamnable qui a eu des répercussions sur des milliers de vies », affirme Caroline Senneville.

Les entreprises québécoises ne sont pas en reste, la compagnie Béton Provincial et les librairies Renaud-Bray se partageant les 2e et 3e positions du palmarès.

À peine six mois après avoir acquis les usines de LaSalle et Longueuil, Béton Provincial a mis ses 50 employés en lock-out le 5 décembre 2024, les privant de prestations d’assurance-emploi à l’aube de la saison morte. Alors que certains revendiquent jusqu’à 30 années de service à ces usines, les employés sont toujours dans la rue après plus d’un an et refusent les conditions exigées par l’entreprise d’André Bélanger : un gel salarial de quatre ans, l’abolition de leur régime de retraite et la révision à la baisse de leur assurance collective.

Le groupe Renaud-Bray, déjà sanctionné par le TAT pour négociation de mauvaise foi et usage de briseurs de grève, refuse toujours de négocier autre chose qu’un salaire fixé à 15 sous au-dessus du salaire minimum. En grève depuis plus d’un an, les employé-es des succursales Laurier Québec et des Galeries de la Capitale avaient rejeté, en juillet, les dernières offres de l’employeur après que celui-ci ait demandé au ministère du Travail d’ordonner un vote sur celles-ci. Depuis, l’employeur n’a pas daigné se représenter à la table de négociation, préférant envoyer un avis de fermeture pour la succursale des Galeries de la Capitale.


Les attaques aux lois du travail en trame de fond

En maintenant une position inflexible à la table de négociation pendant plus de 120 rencontres, la Société de transport de Montréal (STM) a amplement mérité sa présence au palmarès des pires employeurs du Québec.

« Nous avions prédit en début d’année que la révision des balises sur les services essentiels du ministre Boulet allait avoir un effet paralysant sur une multitude de négociations. La STM avait tout intérêt à jouer le calendrier : elle savait qu’une nouvelle loi allait entrer en vigueur ; elle est restée campée sur ses positions et refuse toujours de s’entendre avec l’ensemble de ses employé-es », fait valoir Caroline Senneville.

À titre d’employeur, le gouvernement du Québec se hisse aussi parmi les pires du Québec.

« Que ce soit en services préhospitaliers, en milieu correctionnel ou à l’aide juridique, des milliers de travailleuses et de travailleurs n’ont eu aucune augmentation de salaire depuis 2022 : le gouvernement n’a aucune raison valable de laisser traîner ces négociations. Il n’y a aucune raison non plus que des milliers de travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux ne reçoivent toujours pas les primes qui ont été négociées il y a maintenant deux ans », ajoute-t-elle.

En matière de santé et sécurité du travail, le ministre Boulet s’est encore une fois démarqué au cours de l’année en retirant, au sein des réseaux de santé, de services sociaux et d’éducation, les mécanismes de prévention pourtant prévus pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois. Sans parler de sa responsabilité directe dans le recul des droits des travailleuses et des travailleurs par l’entremise de la loi 14 et du projet de loi 3.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Deuxième grève chez Kruger à LaSalle

Les employé-es de Kruger à LaSalle ont déclenché ce matin une grève de sept jours pour faire aboutir leur négociation. Les travailleuses et les travailleurs ont rejeté à 92,5 % les dernières offres sur la table, à la suite d’un compromis proposé par le conciliateur. Ce vote s’est tenu samedi dernier.

Cette usine de Kruger est responsable de l’emballage carton de plusieurs produits connus dont certains sont fabriqués par Kruger même : Cashmere, Scotties et Sponge Towels. D’autres entreprises connues traitent avec l’usine de LaSalle, notamment dans les secteurs agroalimentaires et pharmaceutiques.

« On le répète, les offres de l’employeur doivent permettre d’éviter l’appauvrissement des travailleuses et des travailleurs, si l’on considère l’inflation élevée pendant la durée de la dernière convention collective. Il n’y a aucune raison que notre pouvoir d’achat ne profite pas des succès de Kruger. Nous sommes un maillon important de la chaîne, essentiel à l’expédition des produits d’autres divisions de Kruger », affirme le président du syndicat de Kruger à LaSalle, Benoit St-Cyr. Rappelons qu’une première grève de 36 heures a eu lieu les 21 et 22 novembre dernier.

Kruger, le milliardaire

« Le grand patron milliardaire, Joseph Kruger II, devrait être en mesure de bien payer ses employé-es. Aujourd’hui, c’est une demande de négociation, mais c’est aussi une question de justice quant à la redistribution de la richesse. C’est d’autant plus pertinent que l’entreprise Kruger bénéficie d’importantes subventions de l’État québécois depuis plusieurs années. Ces subventions proviennent des impôts payés par toute la population, y compris par ses travailleurs et travailleuses. M. Kruger peut mettre fin à cette grève rapidement s’il le décide », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Kruger procède à l’expansion de sa production à Sherbrooke et construira une nouvelle usine aux États-Unis. Les affaires vont bien, il est possible de régler ce conflit rapidement si la volonté est là, » ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

Une semaine de grève

« Je tiens à saluer le courage des travailleuses et des travailleurs qui ont décidé de se tenir debout, de ne pas plier et de continuer la bataille jusqu’à l’obtention d’une convention satisfaisante », conclut le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.

À propos

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec.

Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) rassemble tous les syndicats de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James. Il compte près de 400 syndicats représentant plus de 110 000 membres œuvrant dans tous les secteurs d’activités.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

Fonderie Horne : mobilisation syndicale à l’hôtel de ville

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda–CSN accompagné d’autres syndicats régionaux ainsi que de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda seront présents ce soir à l’hôtel de ville pour défendre l’avenir de la seule fonderie de cuivre au Canada. L’objectif : éviter l’imposition d’une norme irréaliste qui entraînerait la fermeture de l’usine.

« Il nous faut une norme environnementale réaliste qui va atteindre des standards plus élevés que par le passé, tout en garantissant les emplois dans l’usine et ceux de plusieurs fournisseurs dans la région. Il est temps que cesse la menace de fermeture et que le gouvernement du Québec s’entende avec Glencore sur une solution durable », affirme le président du Syndicat de la mine Noranda–CSN, Shawn Smith.

Enjeu québécois

« Nous avons récemment interpellé le premier ministre Legault, responsable de la région d’Abitibi-Témiscamingue, pour qu’il établisse une cible d’émission d’arsenic atteignable, conciliant santé publique et maintien des emplois. Nous souhaitons le rencontrer rapidement afin de conclure ce dossier à l’avantage des travailleuses, des travailleurs et de la population de Rouyn-Noranda. Nous devons mettre fin à l’incertitude », ajoute la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Notons d’ailleurs que le premier ministre Legault est attendu à Rouyn-Noranda mardi le 9 décembre.

Enjeu canadien

Kevin Gagnon, président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN rappelle : « Il est essentiel de préserver la production de cuivre au Canada, dans un marché mondial instable. C’est d’autant plus important que notre économie québécoise et canadienne doive procéder à l’électrification du transport et à la transition énergétique. »

Enjeu régional

« Les syndicats CSN de la région ont voté une résolution d’appui au syndicat de la fonderie et des représentants de certains autres syndicats sont venus à l’hôtel de ville ce soir. Il faut que ce dossier avance enfin », conclut le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.

À propos

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.

 

 

 

Les membres de General Dynamics rejettent l’offre finale globale

Réunis aujourd’hui en assemblée, les membres du Syndicat des salarié-es de General Dynamics Produits de défense et Systèmes tactiques-Canada–CSN – Usine Saint-Augustin ont rejeté massivement l’offre finale globale imposée par l’employeur. Cette procédure exceptionnelle, prévue au Code du travail, a été utilisée par l’entreprise pour forcer le vote, alors que les membres sont en lockout depuis le 10 novembre. 

Aucun rattrapage et des changements inacceptables aux horaires

Après des mois de négociation et 37 ans sans conflit majeur, l’offre déposée ne répond pas aux demandes principales du syndicat ; aucun rattrapage avec les usines de Valleyfield et de Le Gardeur ainsi que des modifications majeures aux horaires, imposées au détriment des familles et des conditions de vie. 

Pour Dominique Jobin, président du syndicat, le message des membres est clair : « On nous présente une offre finale sans rattrapage, alors que c’est le cœur du conflit. On nous demande d’accepter de gagner moins que les autres et de sacrifier nos horaires. C’est non. Les membres se tiennent debout, ensemble, pour l’équité. » 

Alors que General Dynamics profite d’une croissance record, alimentée par l’explosion des dépenses militaires du gouvernement canadien et une hausse spectaculaire de l’action boursière, l’entreprise refuse encore de reconnaître la valeur réelle du travail de l’usine de Saint-Augustin. 

Pour Kevin Gagnon, président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, l’attitude de l’employeur est incompréhensible : « On parle de travailleuses et de travailleurs qui produisent le même matériel stratégique, avec les mêmes qualifications, mais à moindre salaire. Et l’entreprise veut en plus bouleverser leurs horaires, c’est la logique inverse du respect. » 

Le rejet de l’offre démontre que les membres ne plieront pas devant une procédure unilatérale, même dans un contexte de lockout agressif. Leur position est cohérente depuis le début : obtenir le rattrapage salarial historique que l’employeur refuse d’assumer. 

Pour Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec—Chaudière-Appalaches–CSN, le mouvement dépasse les murs de l’usine : « Les membres de Saint-Augustin envoient un message fort à toute la région : personne ne mérite d’être traité comme une main-d’œuvre de deuxième classe. Leur refus est courageux, leur solidarité est inspirante. Nous les appuierons tant qu’il le faudra. » 

Le syndicat réitère sa volonté de négocier, mais rappelle que la solution passe par le rattrapage salarial et le respect des conditions de travail. Le conflit se poursuit et la mobilisation des membres ne faiblit pas.  

À propos 

Le Syndicat des salarié-es de General Dynamics Produits de défense et Systèmes tactiques-Canada–CSN – Usine Saint-Augustin regroupe près de 125 membres affiliés au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), qui compte 45 000 membres dans 240 syndicats de toutes provenances ainsi qu’à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats. Pour sa part, la CSN compte plus de 330 000 membres syndiqués provenant tant du secteur privé que public. 

Béton Provincial, de glace après un an de lock-out

Il y a un an jour pour jour, la direction de Béton Provincial, chef de file de l’industrie au Québec, mettait ses 50 employés de Longueuil et de LaSalle en lock-out, les privant ainsi des prestations de chômage auxquelles ils auraient eu droit la semaine suivante pour traverser la saison froide.

Depuis ce jour, l’entreprise de l’homme d’affaires de Matane, André Bélanger, n’a toujours pas changé de position à la table de négociation : laisser ses employé-es à la rue tant qu’ils n’accepteront pas un gel salarial de quatre ans, une abolition de leur régime de retraite et une réduction substantielle de la couverture de leur assurance collective.

« Rien ne semble émouvoir la direction de Béton Provincial. Un véritable cœur de pierre », déplore le premier vice-président de la CSN, François Enault. « Le syndicat a multiplié les relances à la table de négociation, des gestes concrets ignorés les uns après les autres par Béton Provincial. Malheureusement ce type de lock-out, qui prive les travailleurs de leurs revenus depuis un an, ne semble pas faire partie des priorités du ministre du Travail… »

Une manifestation de solidarité envers la cinquantaine de lock-outés a eu lieu ce midi aux abords du pont Jacques-Cartier.

« Il n’y a rien qui va nous casser, a lancé Jean-François Gagné, opérateur de bétonnière et porte-parole du syndicat. Si les gars sont encore dans la rue aujourd’hui, à tenir une ligne de piquetage devant l’usine jour après jour, c’est qu’ils tiennent à leurs conditions de travail. On ne demande pas la lune, on veut juste maintenir nos acquis. »

Le président du Conseil central du Montréal métropolitain, Bertrand Guibord, a témoigné de la grande solidarité du mouvement CSN. « Partout où ils vont, les gars de Béton Provincial reçoivent un grand appui des syndicats qu’ils rencontrent. Et ça, André Bélanger le sait. Ce n’est pas vrai qu’on abandonne un des nôtres, surtout pas quand une entreprise se met à acheter ses concurrents et entreprend de niveler les conditions de travail de tout un secteur vers le bas. »

Car c’est ce dont il s’agit : après avoir acheté l’entreprise Demix en avril 2024, Béton Provincial a déposé une offre financière au syndicat qui représente les employés de LaSalle et Longueuil : un gel salarial de quatre ans, suivi d’augmentations annuelles de 2 % en 2028 et 2029. L’employeur exige aussi la fin de sa contribution au régime de retraite, laquelle correspond à 5,5 % du salaire gagné, pour la remplacer par une « prime » de 0,50 $ l’heure travaillée. Béton Provincial souhaite également réduire sa contribution au régime d’assurance collective pour le substituer par un nouveau régime modulable beaucoup moins avantageux.

Le Syndicat des travailleurs de Béton Provincial (LaSalle-Longueuil)–CSN représente les 50 opérateurs de bétonnières, mécaniciens et hommes de cour de ces deux sites. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), au Conseil central de la Montérégie–CSN et au Conseil central du Montréal métropolitain–CSN. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Fonderie Horne : le premier ministre doit sécuriser les emplois

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda–CSN souhaite vivement que le premier ministre François Legault, qui est aussi responsable de la région au gouvernement, règle enfin la question du permis d’opérer de la Fonderie Horne.

« La rumeur persistante de fermeture est insupportable pour les travailleuses et les travailleurs. On croit qu’il est possible d’assurer l’avenir de l’usine de Rouyn-Noranda tout en garantissant la sécurité de la population et de l’environnement. Le premier ministre a toute l’autorité nécessaire pour faire en sorte que ça aboutisse enfin », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Comment se fait-il qu’on n’ait pas accès au premier ministre Francois Legault, ministre responsable de la région, alors que les rumeurs qui menacent les emplois circulent ? Le droit de produire de la fonderie doit être assuré avec des conditions claires et techniquement atteignables. Les échanges en cours entre le gouvernement et Glencore doivent pouvoir se conclure », ajoute le président du Syndicat, Shawn Smith.

Un cas concret de transition juste

« Faire avancer l’industrie vers une production plus respectueuse de l’environnement et de la santé de la population est primordial. C’est ça la transition juste dans un dossier concret. Il faut absolument le faire avec les travailleuses et avec les travailleurs, pas contre eux. Pour y arriver, monsieur Legault doit cesser de nous éviter et il doit commencer à prendre ses responsabilités », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

« Le premier ministre, comme responsable de notre région, est bien placé pour ficeler ce dossier difficile et le régler pour plusieurs années. L’Abitibi-Témiscamingue doit pouvoir tourner cette page et avancer », conclut le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.

À propos

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.