Signature de la toute première convention collective locale avec le CISSS régional

C’est aujourd’hui à 12 h 30 que les représentantes du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et professionnels de l’administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent – CSN procéderont à la signature de la toute première convention collective locale avec le CISSS régional.

Une première convention à couvrir l’ensemble du Bas-Saint-Laurent
Rappelons que c’est à la suite de la création du CISSS que cette négociation avait été lancée. Elle prenait pour la première fois une dimension régionale devant mener à l’uniformisation des clauses et des façons de faire de l’ensemble des services sur le vaste territoire du Bas-Saint-Laurent.

La gestion du quotidien
Le contrat de travail des 1 158 syndiqué-es, membres du syndicat affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, encadre 26 matières ayant un impact direct sur le quotidien des personnes salariées, par exemple : les horaires de travail, l’attribution de postes, la formation, les mouvements de main d’œuvre, la gestion des congés et des vacances ainsi que des remplacements.

Des balises et des conditions de travail sécurisantes
Les syndiqué-es connaîtront désormais 7 jours à l’avance pour une période de 4 semaines leur horaire de travail. Les personnes de la liste de rappel ne seront pas obligées d’accepter de travailler à plus de 50 km de leur domicile et pourront, si elles le désirent, se limiter à un seul port d’attache ou exprimer leur disponibilité sur l’ensemble du territoire du CISSS.

Des conditions maintenant uniformisées pour tous les membres
Appelée à commenter, la présidente du syndicat, madame Annie Hudon, a déclaré : « Nos membres vont maintenant avoir les mêmes conditions dans toute la région et bénéficieront des mêmes droits peu importe où ils travaillent. Cela devrait faciliter la compréhension et le respect des droits de tout le monde. Nos membres sont contents et nous sommes fiers du résultat ».

La FSSS–CSN salue la nomination des nouveaux ministres de la Santé et des Services sociaux et de la Famille

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) salue la nomination de Danielle McCann et Mathieu Lacombe à titre de ministres du gouvernement Legault. La FSSSCSN profite de l’occasion pour rappeler l’importance d’améliorer le réseau public de santé et de services sociaux et le réseau des services de garde éducatifs et d’appuyer davantage le personnel.

Du pain sur la planche pour les nouveaux ministres
Avec ces nominations, la FSSSCSN annonce ses priorités pour le début du mandat du gouvernement Legault. En santé et services sociaux, la ministre doit agir en priorité :

  • Sur la crise d’épuisement et la pénurie de personnel qui affaiblit l’offre de services à la population ;
  • Pour mettre derrière nous l’austérité libérale en réinvestissant dans le réseau ;
  • Pour s’assurer que l’ensemble des CISSS et CIUSSS parviennent à régler les négociations locales en misant sur la stabilité et des mesures de conciliation travail-famille.

« Tout le monde sait à quel point le réseau de la santé et des services sociaux a fait les frais de la réforme Barrette et des années libérales. On ne peut plus se permettre de répéter les mêmes erreurs en pensant obtenir d’autres résultats. Il faut miser sur notre réseau public et appliquer les solutions que nous proposons depuis des années. Il est grand temps d’améliorer les conditions de travail du personnel épuisé. J’espère que la ministre McCann aura ces priorités dans ses cartons », lance Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

Pour ce qui est des services de garde éducatifs et à contribution réduite, le ministre doit :

  • Rétablir la tarification unique et annuler la modulation des tarifs dans les CPE et services de garde en milieu familial ;
  • Continuer à développer le secteur des services de garde à contribution réduite ;
  • Annuler la décision absurde et inéquitable d’imposer des frais pour le guichet unique dans les milieux familiaux régis et subventionnés.

« J’ai bien hâte de connaitre les intentions du ministre Lacombe pour les services de garde éducatifs et à contribution réduite. Il nous fera plaisir de rappeler au ministre que toutes les études démontrent que la qualité est au rendez-vous dans le réseau des services de garde éducatifs régis et que c’est là que nous devons mettre nos énergies », poursuit Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSSCSN.

En campagne électorale, la CAQ indiquait vouloir mettre fin à l’opacité du précédent gouvernement et tendre la main aux groupes de la société civile. La FSSSCSN espère que le gouvernement Legault tiendra parole et qu’il nous rencontrera dans les meilleurs délais.

Syndicat des travailleuses et travailleurs du CPE des Butineurs (FSSS–CSN)

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 6 septembre 2018, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CPE des Butineurs – CSN a été accrédité pour représenter : « Toutes et tous les salarié-es au sens du Code du travail »

Ce groupe de travailleuses et de travailleurs, oeuvrant dans le domaine de la petite enfance, a décidé majoritairement de se joindre à la CSN dans le but de se faire respecter dans leur milieu de travail.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Quel avenir pour les travailleuses et les travailleurs des services publics?

Réunis à Québec pour un forum de consultation en préparation de la prochaine ronde de négociation, près de 500 travailleuses et travailleurs du secteur public, membres de la CSN, se sont rassemblés aujourd’hui sur la colline Parlementaire pour interpeller l’ensemble des élu-es de l’Assemblée nationale sur l’état de nos services publics à la suite des compressions budgétaires des dernières années.

Ces femmes et ces hommes, qui ont choisi de travailler dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et dans les organismes gouvernementaux, sont venus témoigner de la détérioration importante de leurs conditions de travail et des graves impacts des politiques d’austérité sur les services à la population. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire au nouveau gouvernement que l’opération de démantèlement de l’État, entreprise par Jean Charest en 2003, doit cesser. L’élu qui sera nommé demain à la présidence du Conseil du trésor devra se rappeler que les mesures d’austérité sont en grande partie responsables de la défaite cuisante des libéraux. Tout au long de la campagne électorale, la CAQ a affirmé qu’elle incarnait le changement. Maintenant, qu’elle le prouve en réinvestissant massivement dans les services publics », a lancé Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN, responsable de la négociation des secteurs public et parapublic.

Une restructuration catastrophique
Dans le réseau de la santé et des services sociaux, les conséquences désastreuses de la réforme Barrette ne sont plus à démontrer. « La création de mégas structures découlant des fusions d’établissements a entraîné une réelle et malheureuse déshumanisation des services. Le travail n’est plus le même, l’autonomie professionnelle s’est érodée. Nous demandons à l’éventuel ministre de la Santé de considérer l’expertise des professionnel-les et des techniciennes et techniciens, afin que leur travail reprenne tout son sens », a ajouté Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Au cours de la dernière année, de nombreux cris du cœur ont été lancés par des travailleuses et des travailleurs du réseau. Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), a dit espérer que le nouveau gouvernement réalise rapidement l’ampleur de la crise. « La détresse du personnel est bien réelle. Elle résulte d’une accumulation de problèmes : pénurie de personnel, surcharge, dévalorisation du travail, etc. Nous avons des solutions concrètes à proposer au nouveau gouvernement. En espérant qu’il ait plus d’écoute que le précédent envers celles et ceux qui sont au cœur des services. »

Des idées qui inquiètent
Les coupes budgétaires de l’ère libérale ont aussi fait mal dans les organismes gouvernementaux et dans le réseau de l’éducation. Les effets se font toujours sentir, en particulier chez le personnel de soutien dans les écoles et les cégeps qui ont vu une dégradation importante de leurs conditions de travail. « Avec l’accroissement de la précarité et la multiplication des tâches, il devient de plus en plus difficile de recruter des personnes pour travailler dans les établissements d’enseignement. Une chose est sûre : le déséquilibre qui résulterait d’une éventuelle abolition des commissions scolaires ne ferait qu’aggraver la situation. Nous ne voulons surtout pas d’une réforme Barrette en éducation », a affirmé Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Pour Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), la grande proximité de la CAQ avec l’entrepreneuriat et son penchant avoué pour le secteur privé engendrent aussi leur lot d’inquiétudes. « Dans le réseau de l’éducation, particulièrement dans les cégeps, la question de la précarité des enseignantes et des enseignants est criante et nous dénonçons, depuis quelques années, les pressions exercées pour subordonner la formation aux « besoins du marché ». Nous croyons, au contraire, que la force des cégeps réside dans le caractère national de ses programmes et de ses diplômes. Cette cohésion est soutenue par l’expertise et la compétence de nos enseignantes et de nos enseignants. »

Avant de quitter la colline Parlementaire, les manifestants ont tenu à rappeler au nouveau gouvernement que le secteur public a grandement contribué et contribue toujours au développement du Québec et que les travailleuses et les travailleurs des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et des organismes gouvernementaux seront là pour défendre les services à la population au cours des prochains mois et des prochaines années.

Les centres jeunesse, parents pauvres de la réforme Barrette

Le bilan annuel des DPJ fait une fois de plus état des défis à relever pour aider les jeunes vulnérables. Alors que les signalements augmentent, les centres jeunesse subissent les contrecoups d’années d’austérité et les dédales de la réforme Barrette. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) demande au nouveau gouvernement de prendre acte des ratés de la gouverne libérale et d’agir pour les jeunes vulnérables.

Chaque année, la sortie du bilan annuel des DPJ est un triste moment où l’on constate l’ampleur du travail à faire pour répondre aux besoins des jeunes vulnérables. Depuis l’année 2015-2016, le nombre de signalements traités a augmenté de 9,4 % et le nombre de signalements retenus, de 11,6 %, sans qu’on assiste à une hausse du financement des centres jeunesse. Au contraire, ils ont subi des millions de coupes budgétaires.

  • Le financement prévu pour l’année en cours est nettement insuffisant. L’augmentation des crédits budgétaires pour le volet des jeunes en difficulté est de seulement 1,8 % en 2018-2019 ;
  • Il y a encore des coupes qui sont prévues en 2018-2019 à Montréal dans certains centres d’activités (par exemple dans le soutien aux services de santé mentale et dans les unités de vie pour jeunes) ;
  • Le tout dans un contexte où la population des jeunes de 0 à 17 ans augmente de 2 % de 2011 à 2017 ;
  • Le personnel des centres jeunesse et du réseau est surchargé comme jamais. Un récent sondage rendu public par la FSSS-CSN illustre que près de 80 % des répondantes rapportent que leur charge de travail s’est alourdie dans les trois dernières années, ce qui occasionne souvent des compromis dans la qualité des services.

« Sous le gouvernement Couillard, les centres jeunesse comme tous les services sociaux ont été frappés de plein fouet. Ces décisions gouvernementales mettent des centaines de jeunes à risque, abandonnent leurs familles et affaiblissent le personnel. Ça ne peut plus durer ! », lance Marie Pagès, représentante des technicien-nes et professionnel-les à la FSSS-CSN.

Des solutions pour améliorer le sort du personnel et des jeunes vulnérables

Dans les dernières semaines, la FSSS-CSN a mis de l’avant plusieurs solutions pour régler la crise vécue par le personnel du réseau. Ces solutions s’appliquent aussi au personnel des centres jeunesse.

  • Réinvestir dans notre réseau public de santé et de services sociaux, notamment pour mettre fin à la pénurie de personnel ;
  • Lier un port d’attache à chaque poste, pour s’assurer que le personnel des centres jeunesse soit plus stable ;
  • Reconnaître le secteur de la santé et des services sociaux comme un secteur prioritaire en santé et sécurité au travail pour donner des outils concrets pour freiner l’explosion des arrêts de travail ;
  • Miser sur le personnel administratif pour assurer une organisation du travail efficace et libérer les équipes de ces tâches ;
  • Uniformiser les affichages pour pouvoir compter sur l’expertise du personnel.

« Le nouveau gouvernement de François Legault aura beaucoup de pain sur la planche s’il veut améliorer les choses en santé et services sociaux. Le rapport d’aujourd’hui démontre qu’il devra se mettre au travail pour que les services sociaux cessent d’écoper. Nous avons plusieurs solutions à lui proposer pour améliorer les services aux jeunes vulnérables. Il faut assurer un financement conséquent c’est certain, mais il faut aussi répondre à la surcharge du personnel. C’est par là que ça passe pour se donner les moyens de veiller à l’intégration sociale de ces jeunes », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

De thème à valeurs fondamentales

On consacre souvent beaucoup de temps à leur création, on y réfléchit longuement, on en discute en équipe, on pèse chacun des mots utilisés, on essaie de les rendre significatifs, mobilisateurs, encourageants et uniques : les thèmes.

Au printemps dernier, les fédérations de la CSN tenaient leur congrès. Et au cœur de ces instances, on retrouvait un thème central autour duquel tournaient les propositions et les recommandations. Parfois, même l’ambiance et les activités des congrès sont guidées par le thème choisi. Mais ces fameux thèmes, que veulent-ils dire exactement ? Qu’essaie-t-on de communiquer aux membres et aux délégué-es ? Sont-ils de simples « lignes » de communication ou ont-ils un rôle plus important ? Les fédérations se sont prêtées au jeu de lever le voile sur les questions entourant ces fameux thèmes.

David Bergeron-Cyr (FC–CSN), Ginette Langlois (FP–CSN), Caroline Quesnel (FNEEQ–CSN), Jeff Begley (FSSS–CSN), Pierre Brassard (CSN-Construction). Derrière : Nathalie Arguin (FEESP–CSN), Louis Bégin (FIM–CSN), Pascale St-Onge (FNC–CSN) | Photo : Michel Giroux

FEESP : Mon quotidien, j’y vois. Mon syndicat, j’y crois.
« Le choix de notre thème de congrès est le fruit de la consultation interne de plus d’une centaine de per­son­nes, du comité exé­cutif aux militantes et militants des secteurs et comités, en passant par le bureau fédéral et des salarié-es de l’équipe, explique Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Notre thème est bien ancré dans le présent et dans l’action. Il reflète notre approche collective et inclusive dans la dispensation de nos services, démontre le travail quotidien des militantes et militants auprès des membres. Finalement, il exprime la rigueur dans le travail et la confiance en l’action syndicale comme le meilleur moyen pour faire avancer les droits des travailleuses et travailleurs. Nous voulions un thème dynamique, qui fait ressortir le fait que nous sommes en mouvement et sur le terrain. »

FIM : Nos membres au cœur  de nos actions
« Notre thème ? Je crois qu’il dit tout, rigole André Miousse, vice-président à la vie syndicale de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN). Mais je vais quand même essayer de l’expliquer. La FIM existe grâce aux membres qu’elle représente. Et j’insiste sur le choix du mot “représente”. Pour moi, l’objectif premier de la fédération, ce doit être les services aux membres. Nous devons nous assurer de répondre à leurs attentes et non l’inverse, d’où l’importance de l’idée de “représentation”. Pour la partie “au cœur de nos actions”, nous avons constaté que trop souvent les structures deviennent lourdes. Il était donc important de retourner vers la base, notre base, parce que nous sommes toutes et tous des militants avant toute chose. Nous avons décidé d’arrêter le dédoublement des structures et de nous concentrer sur les services directs aux membres. En bref, ce qui est “au cœur de notre action”, c’est l’amélioration des conditions de vie des travailleuses et travailleurs. Il ne faut jamais oublier d’où on vient si on veut savoir où on s’en va. Pour la partie “nos membres”, nous avions le souhait que tous les membres s’approprient leur fédération. »

Visuels des congrès de la FIM, de la FNEEQ, de la FP, et de la FSSS

FC : Combattre à vos côtés
« Dans un contexte de morosité syndicale, et même de cynisme à l’égard du mouvement ouvrier, notre fédération a choisi de se recentrer sur ses racines, soit le syndicalisme de combat, explique David Bergeron-Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). La combativité est une caractéristique qui distingue depuis longtemps la CSN d’autres organisations syndicales. Pour la FC–CSN, le syndicalisme de combat doit privilégier l’action collective par rapport au traitement individuel des dossiers. L’action collective qui nous caractérise est présente lors des négociations des conventions, mais une fois réglées, toute l’action syndicale est principalement dirigée vers la défense individuelle. Nous voudrions axer le militantisme syndical vers le développement du “savoir être” des camarades, afin qu’ils écoutent les problèmes de leurs membres et développent la solidarité dans leurs milieux de travail. Tous les problèmes vécus par nos membres ne se régleront pas par l’action collective, et tous les syndicats n’ont pas la capacité de régler leurs problèmes par l’action collective. C’est pourquoi la FC–CSN sera “à vos côtés” et accentuera sa présence sur le terrain. Car pour elle, le syndicalisme de combat est le moyen privilégié pour développer une conscience de classe et un sentiment d’appartenance des camarades envers leur syndicat. »

FNEEQ : Élargir l’horizon des possibles
« Lorsqu’est venu le moment de choisir le slogan du con­grès, nous voulions réunir dans une même formule deux dimensions, indique Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) : la portée du travail quotidien des enseignantes et des enseignants dans leur milieu, ainsi que le sens de leur engagement dans la vie syndicale. Le thème retenu témoigne de notre volonté de travailler ensemble afin de concevoir une alternative crédible et applicable aux propositions de la droite politique et économique. Nous voulons trouver d’autres “possibilités” pour contrer les idéologies dominantes qui imposent un système politique injuste et inéquitable et qui privilégient les finances au détriment de l’humain. Finalement, ce thème est surtout une invitation à se retrousser les manches et à trouver des solutions qui tiennent compte des préoccupations des femmes et des hommes, de leurs idées et de leur environnement. Les congrès sont des lieux privilégiés pour développer ces réflexions, pour ensuite les faire vivre au sein des syndicats qui les transmettront à leurs membres qui, à leur tour, les partageront avec leur famille et leurs proches. Ainsi, nous arriverons véritablement à “élargir l’horizon des possibles”. »

FNC : Des libertés à défendre
« Nous avons choisi ce thème, car les travailleuses et les travailleurs que nous représentons œuvrent dans des secteurs protégés par des droits et libertés inscrits dans nos chartes, soit la liberté de presse, le droit du public à l’information et la liberté d’expression, explique Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN). Or depuis plusieurs années, la culture et les médias vivent de graves difficultés économiques et structurelles. Les plateformes numériques étrangères dévalorisent nos productions journalistiques et artistiques, en les offrant gratuitement aux usagers, le plus souvent sans aucune forme de rétribution, en plus de capter les revenus, qui autrefois finançaient nos productions. Alors, au-delà des emplois à défendre, ce sont les fondements même de notre société qui sont en péril. Qui seront nos yeux et nos oreilles dans les lieux de pouvoir d’où nous sommes autrement exclus si le journalisme professionnel continue de dépérir faute de moyens ? Comment vivrons-nous notre culture, si nos institutions culturelles, nos artistes et nos artisans continuent d’être sous-financés ? Ainsi, la FNC–CSN doit mener ces importants combats pour défendre des libertés et des droits fondamentaux que notre société tient trop souvent pour acquis. »

Visuels des congrès de la CSNConstruction, de la FC, de la FEESP, et de la FIM

FP : Ma profession. Ma fédération. Notre force collective.
« Comme fédération multisectorielle, nous représentons une grande et belle diversité de professionnels œuvrant dans différents milieux de travail, présente Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Ce qui nous unit, c’est justement cette condition “professionnelle”, que l’on soit techniciens, bacheliers, maîtres ou docteurs. Tous ensemble nous cumulons une somme importante d’expertises différentes qu’il nous faut à tout prix mettre à profit lors de notre action syndicale. Cette diversité constitue une richesse pour notre action collective, de la même façon que notre identité professionnelle influence et teinte notre action collective. Nous avons aussi souhaité un congrès tourné vers les préoccupations qui touchent nos membres dans leur pratique professionnelle et qui leur permet, par l’action collective, de sortir de l’isolement afin qu’ensemble nous puissions faire avancer nos conditions. Une large majorité des professionnels ont tendance à s’isoler et à ne pas voir la pertinence de l’action syndicale, percevant leurs connaissances et leurs compétences comme les principaux outils de négociation de leurs conditions de travail. Ainsi, notre thème porte le message que la FP peut être un lieu de mise en commun et le vecteur de leur action collective porteuse de changement. »

FSSS :Déterminées
« Au courant des quatre dernières années, nous avons tous été témoins de la détermination des docteurs Couillard et Barrette et de l’équipe du gouvernement libéral à démanteler le réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que celui des services de garde, souligne Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Du même coup, à la FSSS, nous avons constaté que le rempart face à leurs attaques reposait sur la résilience exceptionnelle du personnel qui continue jour après jour de faire un travail exceptionnel dans des conditions qui varient entre difficiles et exécrables. Dans ce contexte, les délégués-es du congrès ont amorcé des discussions pour que nos voix soient entendues et respectées. Nous sommes déterminés à remettre nos réseaux sur les rails. Pour y arriver, les dirigeants des réseaux et le gouvernement doivent faire preuve d’une réelle écoute. Nous avons des solutions pour la pénurie de main-d’œuvre, pour les problèmes criants de santé et sécurité au travail, pour le manque de prévention dans nos établissements, pour retrouver la satisfaction du travail bien accompli. Nos vis-à-vis doivent renouer avec le dialogue et avec la négociation. Ainsi, nous nous promettons d’être déterminés à nous mettre en mode transformation, pour nous et pour nos réseaux de travail. »

Viser juste avec la CSN–Construction
« Ça bouge dans l’industrie de la construction, annonce Pierre Brassard, président de la CSN–Construction. La nette augmentation des heures travaillées par l’ensemble des salarié-es de l’industrie en témoigne. Dans ce contexte en effervescence, les travailleuses et les travailleurs ont besoin d’une fédération à leur image. Une fédération proche de ses membres. Une fédération qui comprend leurs besoins et qui sait y répondre efficacement. Avec la nouvelle CSN–Construction, ils ne se trompent pas. C’est ça que traduit notre thème de congrès 2018. »

François Legault doit prendre soin du réseau de la santé

Le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) cite la santé comme une de ses trois priorités. Il doit maintenant passer de la parole aux actes.

Sans intervention efficace à très court terme du nouveau gouvernement, le réseau public de la santé et des services sociaux risque la rupture à brève échéance. De multiples problèmes qui minent les conditions de travail du personnel pourraient pourtant être évités.

« La crise ne peut plus durer. On demande un investissement d’urgence de 50 millions de dollars pour intervenir dans les établissements qui font face à des problèmes criants de pénurie de main-d’œuvre », insiste Jeff Begley, président de la FSSS–CSN, qui suggère notamment que l’on puisse accélérer les embauches ou même la réembauche de personnel retraité.

François Legault dit s’intéresser plus particulièrement au sort des aîné-es. « Ça tombe bien parce que la FSSS–CSN exige une rencontre d’urgence avec les représentants du nouveau gouvernement pour proposer  des solutions concrètes, particulièrement pour les CHSLD et les services à domicile », propose Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Des problèmes qui s’accumulent

L’argent n’est pas la seule solution. Toute la semaine précédant celle des élections, la FSSS–CSN a exposé une série de problèmes du réseau public : exigence d’une mobilité exagérée du personnel dans les immenses établissements régionaux, pénurie de main-d’œuvre, surcharge de travail pour les travailleuses et les travailleurs en place, sous-utilisation d’une partie du personnel qui permettrait pourtant aux infirmières de se consacrer aux soins et exclusion sans raison valable de personnes prêtes à travailler en établissant de façon arbitraire des exigences pour l’accès aux postes. La FSSS–CSN a proposé des solutions concrètes pour chacun de ces problèmes qui ont malheureusement été aggravés par la réforme libérale du réseau de la santé. « La CAQ s’est engagée, lors de notre congrès en juin dernier, à nous interpeller pour trouver des solutions possibles aux problèmes pressants laissés en héritage par Gaétan Barrette. Le nouveau gouvernement commencera bien son mandat en nous interpellant avant d’imposer des solutions concoctées loin du terrain, dans une tour sur la rue Sainte-Foy à Québec. », conclut Jeff Begley..

Choc culturel dans le réseau de la santé du Grand Nord

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) estime que le gouvernement du Québec peut et doit faire mieux pour améliorer les relations avec les Autochtones qui reçoivent des services publics dans le Grand Nord.

La FSSS–CSN a déposé un mémoire contenant 32 recommandations à la demande de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès.

« Il ne manque que la volonté politique et l’adoption d’un plan d’action interministériel afin de redresser la situation et s’attaquer à l’ensemble des déterminants de la santé des Autochtones. Il faudra prévoir des changements concrets et mesurables », affirme Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La fédération a décidé de faire une enquête approfondie dans la région du Grand Nord, basée sur 10 grandes entrevues. Plusieurs constats ont été établis, comme le fait que les gestionnaires allochtones, majoritairement blancs, n’ont pas toujours d’expérience préalable dans le Nord et doivent conjuguer avec des différences culturelles importantes qui affectent les relations de travail. Une expérience préalable ou une formation serait de mise. Il serait également très pertinent de favoriser l’arrivée de gestionnaires autochtones. En plus de recommander de limiter les contrats de courte durée, la FSSS–CSN propose un meilleur accueil et de l’encadrement afin que tous les corps d’emploi dans le réseau puissent acquérir de l’expérience. Faciliter les interventions syndicales dans le Grand Nord serait également une des clés.

Choc culturel
Un des constats de l’enquête de la FSSS–CSN est que les normes professionnelles sont inadaptées au contexte du Nord et le modèle de la nouvelle administration publique l’est également. Sans préparation adéquate et sans ajustements des protocoles, cette dissonance entraîne une diminution de la qualité du service en raison de leur inadéquation avec la culture autochtone, le rythme de travail et les contraintes locales.

Un shaptuaan traditionnel devant l’hôpital de Chisasibi

« Il est donc difficile d’introduire une vision plus inclusive et plus souple fondée sur des notions telles que la réduction des méfaits, le savoir traditionnel, les pratiques spirituelles, sans remettre en question certains dogmes normatifs et déontologiques », ajoute Marie Pagès, représentante des technicien-es et professionnel-les à la FSSS–CSN et auteure du rapport qui sera bientôt disponible sur le site de la Commission. 

Entente de principe pour le personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie CHUS–CSN

Ce matin, le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS et l’Estrie CHUS–CSN (SPACEC–CSN) et la direction du CIUSSS de l’Estrie ont paraphé les dernières matières qui complètent l’entente de principe survenue aux termes des discussions le samedi 29 septembre dernier vers 22 h.

« La négociation a été longue et parfois houleuse, mais nous sommes toutefois heureux et fiers de cette entente qui nous apparaît à la hauteur des mandats qui nous ont été confiés par l’assemblée générale », déclare Vicky Ouellet, présidente du SPACEC–CSN. « Les gains qui, concrètement, bénéficieront au personnel administratif, aux techniciens et aux professionnels de l’administration sont notamment l’aménagement de l’horaire de travail, l’amélioration de l’accès aux postes et un cadre limitatif quant aux déplacements », ajoute madame Ouellet.

« Le comité de négociation syndical a travaillé ardemment afin d’obtenir un règlement répondant aux principales attentes du personnel, l’entente sera présentée aux membres dans les prochaines semaines et nous saurons à ce moment le degré de satisfaction », mentionne M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN).

« Nous savons qu’il n’a pas été possible pour nos collègues des catégories 2 et 4 d’obtenir une entente de principe avant l’échéance du délai prescrit par la Loi 10 et nous leur souhaitons la meilleure des chances pour obtenir un règlement en médiation », conclut madame Ouellet.

Le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie CHUS–CSN (SPACEC–CSN) compte environ 2300 membres répartis sur un territoire de 12 820 km2 et est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à la FSSS et au CCSNE.

 

Il faut 50 millions de dollars pour éviter la rupture du réseau de la santé

Toute la semaine, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a exposé une série de problèmes du réseau public et proposé à chaque fois des solutions. Pour résoudre la crise à court terme, la FSSS-CSN estime toutefois qu’il faudra agir sans tarder.

Les problèmes : La crise du réseau de la santé et des services sociaux touche plusieurs aspects : pénurie généralisée, surcharge de travail, épuisement. « Le personnel est parfois désespéré de devoir travailler dans des équipes où il manque systématiquement 5, 8 ou même 10 personnes. La qualité des services et la sécurité du personnel sont en jeu », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

La solution : « On demande un investissement d’urgence de 50 millions de dollars pour intervenir dans les établissements qui font face à des problèmes criants de pénurie de main-d’œuvre », déclare Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, qui suggère notamment que l’on puisse accélérer les embauches ou même la réembauche de personnel retraité. Des compensations seraient également requises pour retenir le personnel qui doit constamment travailler en équipe réduite.

La FSSS-CSN demande par ailleurs de ramener au niveau national certaines négociations locales qui achoppent sur des éléments importants et qui risquent d’aggraver la crise actuelle. La question de la mobilité sur de grandes distances exigée au personnel dans certains établissements est un exemple patent.

La FSSS-CSN et ses syndicats offrent également de s’assoir avec l’employeur dans les jours qui suivent l’installation d’un nouveau gouvernement pour identifier les mesures qui auront un impact réel à court et à moyen termes.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Réseau de la santé : des personnes qualifiées écartées sans raison

D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) exposera un problème du réseau public par jour, accompagné d’une piste de solution.

Le problème : Il n’y a pas que les médecins immigrants qui peinent à faire reconnaître leurs qualifications dans le réseau de la santé et des services sociaux. Des travailleuses et des travailleurs qui sont nés ici se voient bloquer l’accès à toute une série de titres d’emploi dans le réseau de la santé, et ce, sans raison valable. « Il n’y a aucune uniformité dans les exigences d’accès aux postes et ça laisse place à des critères déraisonnables et à de l’arbitraire », critique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN, qui n’accepte pas qu’on aggrave inutilement la pénurie de main d’œuvre.  

Dans un établissement en Outaouais, par exemple, un affichage pour le poste de préposé-e aux bénéficiaires exigeait d’être à la maîtrise en ergothérapie ou en physiothérapie ou encore être au collégial en soins préhospitaliers d’urgence. Pourtant, le ministère de l’Éducation n’offre qu’un diplôme d’études professionnelles (DEP) pour accéder à cette profession.

Autre exemple, une secrétaire médicale qui est qualifiée par le ministère de l’Éducation et qui détient un diplôme devra parfois passer un nouveau test pour occuper un emploi de secrétaire médicale dans le réseau de la santé.

La solution : « Il est urgent que le ministère de la Santé corrige cette situation en précisant les qualifications justes et raisonnables pour chaque titre d’emploi dans la convention collective, comme cela se fait dans le secteur de l’éducation », affirme Jeff Begley, président de la FSSS-CSN. Il ajoute qu’il faudrait aussi reconnaître les attestations d’études collégiales de même que faciliter la possibilité pour des personnes déjà en emploi de concilier famille-travail-études dans le but de compléter leurs qualifications.

Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé.

Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS-CSN.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Les préposé-es aux bénéficiaires peuvent décharger les infirmières

Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs des partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs.

D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) va exposer un problème du réseau par jour, accompagné d’une piste de solution. Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau et il y a urgence d’agir », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS-CSN.

Le problème : La mauvaise organisation du travail dans le réseau de la santé provoque une surcharge pour plusieurs professionnel-les parce que les tâches ne sont pas distribuées de façon optimale entre les différents métiers et professions. « Les préposé-es aux bénéficiaires ne sont tout simplement pas assez nombreux. Ils et elles sont débordés », souligne Jeff Begley, président de la FSSSCSN. En conséquence, les soins et les services ne peuvent pas toujours être accomplis de façon satisfaisante et en temps voulu. Les heures supplémentaires obligatoires augmentent.

La solution : « Plusieurs chefs parlent de dégager les médecins de tâches qui peuvent être confiées à d’autres professionnels, mais on pourrait faire la même chose pour les infirmières », insiste Jeff Begley, qui pense que le réseau serait plus efficace et plus attractif si les tâches étaient mieux réparties. La FSSSCSN propose de mettre en place des ratios entre le nombre de préposé-es et d’infirmières. Il faudrait aussi prévoir plus de ressources sur le plan administratif pour assurer une organisation du travail efficace et l’utilisation optimale des compétences des uns et des autres. Avec ces deux mesures, on pourrait dégager les infirmières et les infirmiers pour qu’ils se consacrent à des tâches qui correspondent vraiment à leur expertise. Selon une récente étude, pas moins de 46 % du temps de travail de ce dernier corps d’emploi est consacré à des tâches administratives.

La pénurie de main-d’œuvre en santé ne peut plus durer

Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs des partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs.

D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) va exposer un problème par jour, accompagné d’une piste de solution. Le prochain gouvernement devra réagir pour faire face à l’important problème de pénurie de personnel. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS–CSN. Si nous n’améliorons pas les conditions salariales et de travail rapidement, nous risquons de voir de plus en plus de travailleuses et travailleurs tourner le dos au réseau.

Le problème : Le manque de personnel

La mauvaise planification de la main-d’œuvre par les autorités entraîne des problèmes criants sur le terrain. Il manque de plus en plus de personnel en santé et services sociaux dans tous les titres d’emploi et dans tous les établissements. Les équipes sont constamment à effectifs réduits et le personnel est épuisé. L’instabilité des horaires et des lieux de travail rend le milieu peu attractif et plusieurs personnes quittent le réseau, songent à le quitter ou à aller travailler pour le privé. Pour pallier la pénurie, les employeurs doivent avoir recours aux heures supplémentaires obligatoires ou faire appel à des agences de personnel. C’est un cercle vicieux.

De plus, comme l’Institut de la statistique du Québec le montre, les salaires pour des postes comparables sont inférieurs dans le secteur public par rapport au secteur privé. C’est un problème majeur. De plus en plus de travailleuses et de travailleurs choisissent de quitter le réseau et le recrutement de nouvelles personnes devient de plus en plus difficile. Le secteur de la santé n’est pas épargné par la pénurie de main-d’œuvre qui touche le Québec. « Si on ne retient pas le personnel dans le réseau, la surcharge ne fera que s’aggraver pour ceux qui restent et encore plus de gens vont partir », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

La solution : « Il faut arrêter de s’occuper seulement des médecins, il va falloir améliorer le salaire rapidement et offrir de la stabilité à l’ensemble des personnes qui permettent au réseau de la santé de fonctionner », lance Jeff Begley. Ce dernier demande notamment que les salaires dans le réseau de la santé et des services sociaux soient bonifiés sans tarder comme le gouvernement vient de le faire pour les cadres scolaires.

« Il faut aussi mettre en place des incitatifs efficaces qui permettront de combler les quarts de travail la fin de semaine sur une base volontaire. Cela permettrait du même coup aux autres membres du personnel d’être libérés de l’obligation de travailler les fins de semaine et de faire des heures supplémentaires obligatoires. Il faut que le réseau public soit plus attractif », conclut le président de la FSSS–CSN.

Le personnel de la santé ne veut pas se faire barouetter

Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs des partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs.

D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) va exposer un problème par jour, accompagné d’une piste de solution. Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS–CSN.

Le problème : une mobilité exagérée

Dans le cadre des négociations locales en cours, l’employeur exige une mobilité du personnel, qui travaille dans les immenses centres de santé et de services sociaux (CISSS), pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres.

« La stabilité du lieu de travail est essentielle. Ne pas savoir où l’on travaille dans les prochaines semaines, c’est stressant et c’est un casse-tête pour la conciliation famille-travail », insiste Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

La solution : un port d’attache

Pour régler ce problème, la Fédération propose de lier un port d’attache à chaque poste, comme cela se fait généralement lorsque n’importe quel autre employeur affiche un poste.

« La création des mégaétablissements fait en sorte que les directions demandent au personnel de se déplacer sur de grands territoires pour aller travailler à des endroits qui changent constamment. Plusieurs employées disent vouloir aller travailler ailleurs plutôt que de répondre à cette nouvelle exigence. Cette situation ne fait que surcharger ceux qui restent. C’est un cercle vicieux duquel il faut absolument sortir », conclut Jeff Begley.

Cap sur l’emploi, les services publics et l’environnement

Alors que la campagne électorale bat son plein, les porte-parole de la FTQ, de la CSN et de la CSQ ont tenu à interpeller les différents partis politiques sur la base des priorités mises de l’avant par les travailleuses et les travailleurs du Québec. Les défis en matière d’environnement, de développement économique, de financement de nos services publics et des conditions de travail des Québécoises et des Québécois figurent au centre de leurs préoccupations.

« Le développement économique du Québec fait face à de nombreux défis qui doivent être conjugués de façon cohérente, indique Daniel Boyer, président de la FTQ. La situation de l’emploi se porte plutôt bien, mais les problèmes de pénuries de main-d’œuvre menacent notre économie. Une politique proactive en matière de francisation et d’intégration au marché du travail des populations immigrantes est primordiale pour le maintien des emplois actuels et pour l’essor du Québec. Le prochain gouvernement devra également adopter les mesures nécessaires afin de nous sortir de l’industrie des hydrocarbures. Nous avons, au Québec, l’expertise et le savoir-faire nécessaires à cette transition énergétique, laquelle est urgente et devra être planifiée et mise en œuvre afin d’être juste pour les communautés et les travailleuses et les travailleurs. Pour ce faire, le prochain gouvernement devra soutenir ces derniers, notamment en matière de formation professionnelle. Il devra aussi s’engager, selon nous, à mettre en place un véritable régime d’assurance médicaments public et universel. »

L’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleuses et des travailleurs québécois ne doit pas se résumer à un slogan électoral, estime le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Tous les partis politiques semblent faire de la classe moyenne et des familles leur clientèle électorale privilégiée, souligne-t-il. Pourtant, au-delà de micromesures électoralistes ultra-ciblées, nous constatons un manque d’envergure flagrant de la part des partis. On parle très peu d’un salaire minimum qui permettrait à quelqu’un travaillant à temps plein de se sortir de la pauvreté. Pour nous, ça passe par le 15 $ l’heure. La conciliation famille-travail, ça ne peut se résumer qu’à un slogan : il nous faut des mesures concrètes afin de faciliter la vie des familles de la classe moyenne, particulièrement en termes d’horaires de travail et de prise de congé. Et que dire de la question environnementale? Il est désolant de constater, en 2018, à quel point l’environnement est le grand absent de la présente campagne. La lutte contre le réchauffement climatique passe entre autres par un plan de transport collectif cohérent pour l’ensemble de nos régions — et non pas en fonction des gains électoralistes de telle ou telle couronne de Montréal ou de Québec, laissant les autres régions du Québec sur l’accotement en matière de mobilité durable. »

D’autre part, les dirigeants des centrales syndicales réaffirment la nécessité d’un réinvestissement massif dans nos services publics. « Nous sortons d’une période d’austérité qui a mis à mal l’ensemble de la population québécoise, rappelle Sonia Éthier, présidente de la CSQ. Le prochain gouvernement du Québec devra assurer un financement stable de nos services publics. Afin de pallier le manque à gagner engendré par le sous-financement des dernières années, la croissance de ce financement devra être supérieure à celle des coûts de système. Les effets désastreux de la dynamique du financement en yo-yo, on les a constatés, particulièrement auprès de nos aînés et de nos jeunes ayant des difficultés d’apprentissage. Le personnel œuvrant dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des services sociaux et des services éducatifs à la petite enfance réclame depuis des années un allégement de leur charge de travail et les ressources nécessaires afin d’assurer de bons services publics. Ça ne peut passer autrement que par l’embauche de personnel supplémentaire afin d’alléger les tâches des salarié-es du secteur public. Non seulement la situation financière du Québec le permet, mais d’autres revenus doivent être récupérés par le gouvernement, notamment par une politique proactive face aux paradis fiscaux. »

En plus de réitérer leur volonté de voir le mode de scrutin révisé afin de renforcer notre système démocratique, notamment par l’adoption d’un système proportionnel mixte, les porte-parole des centrales syndicales invitent les partis à s’engager à instaurer des mesures tangibles visant le soutien à la presse écrite, dans un contexte où les médias d’information vivent des moments particulièrement difficiles.

Occupation de 24 heures à l’hôpital Pierre-Janet

Une centaine de membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais–CSN (STTSSSO–CSN) vont occuper le terrain de l’hôpital Pierre-Janet durant 24 heures, les 5 et 6 septembre. Ceux-ci ont d’ailleurs été placés devant une demande d’injonction de l’employeur qui a tenté de faire annuler l’événement. Heureusement, le syndicat a pu contrer cette manœuvre odieuse de l’employeur. « Cette tentative de nous faire taire n’est guère surprenante compte tenu de l’attitude du CISSSO envers nous depuis de nombreuses années », a souligné d’entrée de jeu Josée McMillan, présidente du STTSSSO–CSN.

Depuis plusieurs années, les préposé-es aux bénéficiaires et les auxiliaires en santé et services sociaux demandent à la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) de reclasser leur titre d’emploi en leur octroyant celui d’agent d’intervention en milieu psychiatrique (AIMP). Rappelons qu’ils revendiquent depuis longtemps la reconnaissance de leur expertise professionnelle.

C’est en avril 2011 que le titre d’emploi d’agent d’intervention en milieu psychiatrique (AIMP) a été créé par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Depuis ce jour, les préposé-es aux bénéficiaires qui travaillent en milieu psychiatrique ont le titre d’agent d’intervention en milieu psychiatrique (AIMP) dans la majorité des établissements du Québec. Or, ce n’est pas encore le cas ici en Outaouais, car la direction du CISSSO refuse de normaliser la situation sur son territoire.
« Alors que dans d’autres régions du Québec où plusieurs CISSS et CIUSSS ont reclassé ce type de travail, le CISSSO s’entête. C’est inadmissible de la part du CISSSO de ne pas reconnaître le travail de nos membres ! Nous avons justement un problème de rétention de main-d’œuvre dans ce secteur et l’employeur refuse d’entendre les solutions que nous proposons », a affirmé Jeremy Berthiaume, vice-président du STTSSSO–CSN.

Le syndicat a entrepris des discussions avec les différents intervenants patronaux, mais ces discussions n’ont apporté aucun résultat à l’heure actuelle. L’occupation du terrain de l’hôpital Pierre-Janet s’inscrit dans le cadre d’une campagne d’action et de mobilisation des membres pour faire entendre raison à l’employeur. « Si l’employeur ne veut pas entendre raison par la voie de nos moyens diplomatiques, il devra s’habituer au son de nos manifestations, car nos membres sont déterminés ! » a lancé Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais – CSN.

 

 

 

La détresse du personnel atteint des sommets inégalés selon la FSSS-CSN

Montréal, le 21 août 2018 — La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) rend publics les résultats d’un vaste sondage sur la satisfaction au travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Ce sondage illustre l’ampleur des problèmes de surcharge de travail et d’épuisement professionnel qui ont tant fait les manchettes dans les derniers mois. À l’aube de la campagne électorale, la FSSS-CSN demande aux partis politiques d’agir pour améliorer le sort du personnel.

Le sondage réalisé en mai dernier a permis de recueillir les réponses de près de 13 000 travailleuses et travailleurs du réseau. Une participation si massive démontre à quel point le personnel du réseau souhaite témoigner des problèmes qu’il vit. Le profil des répondantes est représentatif du portrait du personnel du réseau, ce qui permet de prétendre que les résultats de ce sondage représentent l’état d’esprit du personnel en général.

« La détresse du personnel du réseau est connue depuis plusieurs mois. Mais les résultats du sondage que nous dévoilons illustrent à quel point la situation est dramatique. Quand 94 % des gens qui ont répondu au sondage disent qu’elles ne voient pas le bout, c’est qu’on a tout un problème ! Tout porte à croire que la santé occupera une place importante dans la campagne qui débute sous peu. Espérons que nous entendrons parler de la détresse du personnel et des solutions pour régler la situation ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

Les résultats du sondage en bref

  • La surcharge de travail (65 % des répondantes), le manque de personnel (62 %), le manque de reconnaissance (57 %), les problèmes de gestion (52 %) et la pression au travail (42 %) sont ciblés comme les problèmes principaux.
  • Près de 80 % des répondantes rapportent que leur charge de travail s’est alourdie dans les trois dernières années.
  • La surcharge de travail occasionne de la fatigue durant ou à la fin de leur quart de travail (75 % des répondantes), des compromis sur la qualité des services (62 %), des impacts négatifs sur leur vie personnelle et familiale (53 %), des délais dans les services à la population (50 %) et de la douleur physique durant ou à la fin de leur quart de travail (50 %).
  • 63 % des répondantes se situent à un niveau de détresse modéré à élevé et la majorité des répondantes se situent dans le niveau élevé.
  • Plus du tiers des répondantes se sont absentées du travail au cours des 12 derniers mois en lien avec des manifestations de détresse psychologique.
  • 42 % des répondantes se sont retrouvées en arrêt de travail durant les 3 dernières années.
  • Depuis l’entrée en vigueur de la réforme Barrette, 44 % des répondantes ont songé à quitter leur emploi, 37 % ont demandé de changer de département ou de secteur dans leur établissement et 32 % ont demandé un congé de maladie.
  • 94 % des répondantes sont d’avis que la réforme Barrette n’améliorera pas leur situation professionnelle sur un horizon de 3 à 5 ans.
  • 94 % des répondantes considèrent que leur travail n’est pas suffisamment reconnu par le gouvernement.
  • 43 % des répondantes disent qu’elles ne recommanderaient pas à un proche de venir travailler dans le réseau, alors que 41 % le feraient seulement dans de meilleures conditions.
  • Qu’est-ce qui devrait être fait pour résorber la crise actuelle vécue par le personnel ? 72 % des répondantes ciblent une amélioration dans la gestion de leur établissement, 57 % l’embauche de personnel, 46 % parlent d’une meilleure reconnaissance de l’autonomie professionnelle et 33 % demandent aux employeurs de miser davantage sur les mesures de conciliation travail-famille-études.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le syndicat CSN de la santé des Laurentides à la rencontre de Gaétan Barrette

Le STTLSSS–CSN a profité de la visite à l’hôpital régional de Saint-Jérôme du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, pour faire un suivi des deux dernières rencontres et pour le sensibiliser sur certaines questions, notamment au sujet de la privatisation des services publics et de l’engagement de son parti à améliorer la buanderie de l’hôpital de Rivière-Rouge.

« Le parti libéral du Québec s’est engagé il y a déjà trois ans à procéder à la mise à niveau de la buanderie de l’hôpital de Rivière-Rouge. Il est temps que les promesses se concrétisent réellement. De plus, lorsque les travaux seront terminés, le résultat sera bénéfique pour les travailleuses et les travailleurs de l’hôpital de Rivière-Rouge, mais également pour la population et pour l’économie de la région. Nous allons profiter de chacune des occasions pour rappeler au ministre l’importance et l’urgence d’agir dans ce dossier », a dénoncé Steve Bouchard, vice-président du STTLSSS–CSN. »

« Lors de cette rencontre, nous avons également discuté de récentes réalisations et de différentes pistes de solutions avec Monsieur Barrette. Nous avons pu lui démontrer que d’énormes économies pour le CISSS des Laurentides ont été réalisées en mettant à profit les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Par la même occasion, cette décision nous permet d’éliminer définitivement la sous-traitance », a souligné Dominic Presseault, président du STTLSSS–CSN ».

Les PAB et les ASSS en soins psychiatriques attendent toujours d’être reclassifiés

Le 19 juillet, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais a organisé un BBQ devant l’hôpital Pierre-Janet afin de sensibiliser les employés du CISSSO à la demande maintes fois répétée à l’employeur de procéder à la reclassification des préposé-es aux bénéficiaires et des auxiliaires en santé et services sociaux, qui travaillent en soins psychiatriques. Le syndicat souhaite que le CISSSO reconnaisse ces salarié-es au titre d’agents d’intervention en milieu psychiatrique (AIMP), comme l’ont fait la majorité des CISSS et des CIUSSS au Québec.

Le syndicat demande également à ses membres de demeurer à l’affût à compter de la fin août, puisqu’ils seront invités à participer à une activité d’envergure (campement de 24 h à l’hôpital Pierre-Janet), qui se déroulera au cours du mois de septembre.