Nouvelle convention collective pour les employés de Chartwell Les Monarques

Près d’une quinzaine de séances de négociation, dont les dernières se sont faites en présence d’un conciliateur du gouvernement, auront été nécessaires afin d’arriver à une entente entre les salarié-es de la résidence Chartwell Les Monarques et leur employeur. La ténacité des membres du syndicat aura permis de conclure un contrat de travail qui assurera une augmentation aux plus bas salarié-es de plus de 16 % sur 5 %, incluant, d’ici janvier 2018, une augmentation de 1,50 $ du taux horaire. À cela s’ajoute un montant forfaitaire, des congés supplémentaires et l’amélioration de clauses permettant d’assainir les relations de travail.

Une négociation marquée par l’entêtement de l’employeur
Tout au long de la négociation, le syndicat s’est heurté à l’attitude intransigeante de Chartwell. « Faut-il rappeler que le salaire maximal était de 13,05 $ ? Jamais l’employeur n’a démontré d’ouverture bien qu’il ait reconnu connaître des difficultés de recrutement et de rétention de personnel. Le travail des préposé-es aux bénéficiaires et des infirmières auxiliaires en centre d’hébergement privé est soumis à la Loi sur les services essentiels qui limite grandement le rapport de force des employé-es, déplore Marie-Christine Delsart, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement de la région des Laurentides – CSN. Le travail en centre d’hébergement privé est essentiel, mais non pas les bonnes conditions de travail, bien qu’il s’agisse de donner des soins aux aîné-es, avec tout ce que cela implique comme responsabilités. Chaque jour, les travailleuses et travailleurs des résidences offrent soutien, confort, écoute dans un contexte de travail parfois critique », souligne-t-elle.

Maintenir la pression malgré les défis
La convention permet certes des améliorations, et le syndicat veillera à la faire appliquer et continuera son travail avec la CSN afin que soit enfin reconnu que les centres d’hébergement sont un milieu de vie et non pas un « business ». Les employées – principalement des femmes – ainsi que les aînés méritent mieux.

À propos de la CSN
La CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations dont la Fédération de la santé et des services sociaux, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux. Le Conseil central des Laurentides regroupe quant à lui près de 90 syndicats de la région.

Hausses salariales de 20 % au Centre de santé du Couvent

Réunis en assemblée générale, les travailleuses et travailleurs du Centre d’hébergement privé le Centre de santé du couvent se sont prononcés, le 31 mai dernier, en faveur des termes de leur première convention collective. Plus de 71 % des membres étaient présents à cette assemblée.

D’une durée de 3 ans, le contrat de travail de ces 35 syndiqué-es, membres d’un syndicat affilié à la CSN, prévoit des augmentations de salaire totalisant 20 % pour les préposés aux bénéficiaires (qui constituent la grande majorité des employés). « Les travailleuses qui se sont syndiquées il y a un peu plus d’un an étaient très satisfaites de cette entente qui leur donnera des hausses de salaire allant jusqu’à 2,50$/h. Cela démontre bien que la syndicalisation permet aux travailleuses et travailleurs d’obtenir des gains concrets !» explique Line St-Jean, présidente du Syndicat régional des centres d’hébergement privés de Lanaudière-CSN. En 2019, le salaire au sommet de l’échelle salariale atteindra 14,82$ de l’heure pour les préposés et 15.68$ de l’heure pour les cuisinières et la responsable de loisirs.

Autres gains

Les syndiqué-es ont aussi obtenu des gains au chapitre des congés et des vacances. Désormais, ils bénéficieront de 2 jours fériés de plus, 3 jours de congé de maladie et plusieurs congés sociaux supplémentaires. Après 8 années de service, ils auront droit à une quatrième semaine de vacances ainsi qu’une cinquième après 15 ans. On notera aussi la bonification de la prime de nuit, la mise en place d’un mécanisme de retraite progressive ainsi qu’une panoplie de clauses normatives encadrant le droit de gérance et améliorant les conditions de travail des travailleuses, notamment, pour : la liste de rappel, l’attribution des postes, un comité de relations de travail, etc. « Nous avons atteint nos objectifs de négociation, et cela, grâce à la solidarité des membres du syndicat. Nous avons raison d’être fiers des résultats de la négociation. Je souhaite que cela incite d’autres centres à se syndiquer, car les conditions dans les milieux non syndiqués sont tout simplement inacceptables.  » a ajouté Madame St-Jean.

L’employeur et le syndicat n’ont pas eu besoin de recourir à leur droit de lock-out ou de grève.

À propos

Le Conseil central de Lanaudière-CSN représente près de 13 000 membres répartis en plus de 85 syndicats sur son territoire.

Le Syndicat régional des travailleuses en Centre d’hébergement privé de Lanaudière-CSN a été créé en 2014.  Il est composé de près de 180 membres répartis dans 5 centres.

Les employés de Dollard-des-Ormeaux en grève contre le milliardaire de l’âge d’or

Les travailleuses et travailleurs de la résidence Dollard-des-Ormeaux à Montréal, qui appartient au richissime Eddy Savoie, aussi appelé le milliardaire de l’âge d’or, seront en grève aujourd’hui afin de dénoncer les offres inacceptables de l’employeur.

« Avec les millions qu’il accumule grâce à notre travail, il trouve le moyen de gratter les fonds de tiroirs. C’est surréel », souligne le représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Gilles Gagné.

Notons que la convention collective est échue depuis le 17 décembre 2014 et que le 1er mai dernier, les salarié-es de la résidence ont rejeté à 100 % les offres proposées par la partie patronale en raison du salaire et de la date de fin de convention. « Nous sommes déjà un secteur sous-payé, avec un salaire moyen qui tourne autour de 12,80 $ l’heure. Cette fois-ci, nous demandons une augmentation de salaire qui traduira le dévouement des travailleuses aux aîné-es de la résidence », a renchéri le président du syndicat, Guy Trichard.

« Un milliardaire qui fait la vie dure à des travailleuses qui comptent leurs sous pour arriver à la fin du mois, et qui tente d’entraver leur volonté de s’unir pour améliorer leurs conditions de travail, c’est particulièrement choquant », a pour sa part commenté la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain, Dominique Daigneault.

« La FSSS-CSN va soutenir les travailleuses et travailleurs tout au long de leur lutte. Nous allons tout faire pour que cet employeur mette de côté son entêtement et qu’il accepte de considérer favorablement leurs demandes plus que légitimes », a conclu le vice-président de la FSSS-CSN, Dany Lacasse.

Blitz de cinq jours de négo pour 11 000 travailleuses

Les représentants des 11 000 travailleuses et travailleurs en CPE, syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), entament un blitz de négociation de cinq jours à compter de demain, le 31 mai. Avec cette accélération des pourparlers qui ont commencé le 8 décembre dernier, les membres du comité de négociation nationale espèrent obtenir rapidement une entente avec le ministère de la Famille et onze associations d’employeurs. Leurs conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

Le blitz de négociation, qui intervient après une vingtaine de séances régulières, se poursuivra jusqu’au dimanche 4 juin inclusivement. Plusieurs sujets à incidence pécuniaire y seront discutés, dont les salaires, l’assurance collective, la retraite, les fériés, les vacances, le temps supplémentaire ainsi que les disparités régionales. D’autres enjeux nationaux feront également l’objet de négociation, notamment les ratios éducatrice/enfants, les horaires de travail, le taux de fréquentation, l’accès aux divers congés, la gestion du service alimentaire, et la place des travailleuses sur les conseils d’administration des CPE.

« Pour nous, ces enjeux sont majeurs en raison des ravages engendrés par d’importantes compressions budgétaires dans les services de garde éducatifs en installation, qui ont été de plus de 300 millions de dollars imposés depuis 2014, lance Louise Labrie, membre du comité de négociation nationale des CPE FSSS–CSN. Ça fait plus de deux ans maintenant qu’on est sans contrat de travail. Nous souhaitons donc un règlement satisfaisant qui tienne compte de nos demandes, pas seulement de celles des employeurs et du ministère de la Famille. »

Le 31 mai, 11 000 travailleuses en CPE vont porter leur t-shirt en appui à la négociation.Le premier jour du blitz, le 31 mai, les 11 000 travailleuses syndiquées à la FSSS-CSN sont invitées à porter leur t-shirt en appui à la négociation.Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN et responsable du secteur privé, invite le ministère de la Famille et les associations d’employeurs à « saisir cette occasion qu’est le blitz de négociation pour atténuer, voire régler à la base les problèmes causés par des compressions budgétaires sans précédent. Les enfants, tout comme les travailleuses et les travailleurs, n’ont pas à faire les frais de l’austérité ambiante, encore moins en diminuant la qualité des services éducatifs à la petite enfance. »

L’APNCPE absente des pourparlers

Le comité de négociation syndical déplore le fait que l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE), qui représente 133 CPE syndiqués à la FSSS–CSN en Estrie, en Montérégie, à Montréal-Laval et dans le Centre-du-Québec, se soit retirée de la table nationale de négociation peu avant le début des pourparlers, à l’automne 2016. L’APNCPE a décidé de faire cavalier seul en tentant de négocier au plan régional les clauses qui sont négociées depuis plus de vingt ans sur le plan national, là où se retrouve le principal bailleur de fonds, soit le ministère de la Famille lui-même.

« La FSSS–CSN a rejeté cette voie promue par l’APNCPE qui entraînerait d’importantes disparités dans les conditions de travail et de pratique des travailleuses selon qu’un CPE appartienne ou non à cette association patronale. Face à ce refus, l’APNCPE a intenté un recours devant le Tribunal administratif du travail (TAT) pour une soi-disant négociation de mauvaise foi. Bien qu’elle ne soit pas encore rendue, la FSSS–CSN est confiante que cette plainte sera rejetée, car elle est dénuée de fondement. En outre, cette association devra intégrer les résultats des négociations convenues à la table nationale, qu’il y ait ou non une décision du TAT », de conclure Dany Lacasse.

À propos des CPE et de la CSN

Environ 11 000 travailleuses et travailleurs syndiqués répartis dans quelque 400 CPE sont regroupés dans 37 syndicats affiliés à la FSSS–CSN. Pour sa part, la CSN est composée de plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à souligner la semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial qui se déroule jusqu’au 3 juin. La centrale veut ainsi reconnaître l’apport indéniable des services éducatifs au développement des enfants et de la société québécoise en général, mais aussi saluer les efforts quotidiens des travailleuses et des travailleurs au bien-être des tout-petits.

Pour Véronique De Sève : « Les nombreuses attaques menées par le gouvernement libéral contre les services éducatifs subventionnés et régis et son choix délibéré en faveur de leur commercialisation croissante ne feront jamais oublier que le Québec s’est clairement doté depuis plus de 20 ans d’un joyau unique au Canada et envié de par le monde. Comme organisation, nous allons tout faire pour que le réseau reprenne ses lettres de noblesse, notamment en mettant toute la pression nécessaire pour en faire un enjeu de la prochaine élection provinciale. C’est le sens de la nouvelle campagne d’information qui sera menée au cours des prochains mois. »

La CSN lancera dès le retour des vacances estivales une nouvelle campagne dont le thème est Pas de profit sur le dos des petits, qui s’inscrit en continuité avec sa précédente campagne nationale Un réseau qui fait grandir, laquelle a permis notamment de déposer à l’Assemblée nationale plus de 80 000 cartes postales réclamant la fin du saccage des services éducatifs.

Enfin, comme d’autres, la CSN a participé au Sommet sur l’éducation à la petite enfance les 4 et 5 mai dernier, lequel a réaffirmé la nécessité de consolider et de développer le réseau des services de garde éducatifs subventionnés et régis. Elle a également signé une déclaration des partenaires en faveur de la reconnaissance du droit de tous les enfants à des services éducatifs de qualité dès la naissance. 

Des silences préoccupants

Pour les représentantes et les représentants de la CSN au Forum sur les meilleures pratiques en soutien à domicile, il est très préoccupant que le rôle majeur des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) ainsi que celui des CLSC en soutien à domicile n’aient pratiquement pas été abordés dans les échanges. De même, la CSN déplore que les personnes en situation de handicap aient été complètement évacuées des discussions.

Les silences préoccupants lors de ce forum sur l’importance des investissements publics, sur la mission des CLSC et sur la prestation publique des services à domicile indiquent-ils comment le gouvernement Couillard entend se comporter dans le développement des services ?  Les 69 millions qui seront investis cette année sont nettement insuffisants pour rattraper le retard du Québec dans le soutien à domicile.

« Les services à domicile donnés actuellement dans le secteur public sont d’excellente qualité malgré leur insuffisance. Il faut développer les équipes multidisciplinaires réunissant l’ensemble du personnel qui intervient auprès d’une personne. Il faut assurer un meilleur continuum de services, nous en convenons, explique le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion. Mais à peine quelques interventions ont évoqué le rôle des ASSS alors qu’on sait que la tendance forte actuellement dans les établissements, c’est de confier leurs tâches à des entreprises privées. Soyons clairs, sans la contribution des ASSS du réseau public, tous ces beaux concepts ne pourront se matérialiser. Ce sont eux les yeux et les oreilles du réseau auprès des patientes et des patients. »

Pour la CSN, il ne sera pas possible de revoir l’organisation du travail et des services si le financement public n’est pas au rendez-vous. Le ministre Barrette chiffre lui-même à 4 milliards les investissements nécessaires pour répondre à l’ensemble des besoins actuels en soutien à domicile.

Les engagements pris par le gouvernement ne permettront pas d’effacer les effets des coupes des dernières années dans les soins et services à domicile. L’analyse des budgets des établissements de la région de Montréal récemment réalisée par la CSN montre une baisse moyenne de 2 % des sommes allouées à l’aide à domicile effectuée par les ASSS. De même, les maigres hausses de 2 % et de 3 % pour les services psychosociaux et les soins infirmiers à domicile sont insuffisantes. Les investissements publics récents ne permettent donc pas de couvrir la croissance naturelle des coûts en santé, estimée à au moins 5 %. On est donc très loin du compte, d’autant plus que le réseau dans son ensemble a subi ces dernières années des compressions budgétaires importantes, alors que le soutien à domicile était déjà sous-financé au Québec, avant même l’imposition des politiques d’austérité.

Les CLSC sont un succès, protégeons-les !
La CSN est fort préoccupée de la place prise par les Groupes de médecine de famille (GMF) dans les discussions. « En soutien à domicile comme dans les autres soins de première ligne, les CLSC ont fait leurs preuves, plaide la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois. Ce qu’on craint, c’est qu’on poursuive le transfert de la mission des CLSC vers les GMF, alors qu’on observe aujourd’hui que les GMF n’ont pas permis d’améliorer l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, ni d’augmenter le nombre d’inscrits auprès d’un médecin de famille. Qui plus est, les transferts de ressources effectués dans les derniers mois ont eu pour effet d’alourdir la tâche de celles et ceux qui demeurent en CLSC, car ils restent le point de référence pour la population. On s’explique bien mal cet acharnement contre les CSLC ».

Personnes en situation de handicap
Par ailleurs, la CSN considère que ce forum aurait également dû être l’occasion de réfléchir aux moyens de mieux soutenir les personnes en situation de handicap.  Elles seraient actuellement 280 000 en attente de services de soutien à domicile selon la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN)

Soutien à domicile : il est grand temps d’agir !

La Confédération des syndicats nationaux participera au prochain forum sur les meilleures pratiques en soutien à domicile. La CSN milite depuis des années pour une amélioration des soins et services à domicile, un domaine où le Québec accuse un grand retard. De plus, il faut miser sur les ressources du secteur public, notamment sur les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) qui assurent les services quotidiens et travaillent en interdisciplinarité avec tous les professionnel-les des centres intégrés. La CSN aborde ce forum, qui se tiendra jeudi et vendredi, avec ouverture et elle espère qu’il laissera véritablement place aux échanges pour que le soutien à domicile deviennent une véritable priorité collective.

« Le soutien à domicile, c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire en santé et services sociaux. On permet davantage aux aîné-es de vieillir dans la dignité à leur domicile, l’option qu’ils privilégient largement et cela permet de diminuer la pression sur les centres d’hébergement de soins de longue durée où des milliers de Québécoises et Québécois attendent toujours une place », explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

« Pour tirer le meilleur des soins et services à domicile, il faut par ailleurs s’assurer qu’ils sont donnés par un personnel stable, bien formé et qui travaille en équipe avec tous les autres professionnel-les de la santé et des services sociaux s’occupant de ces aîné-es, ajoute Jean Lacharité. Les ASSS sont les yeux et les oreilles du réseau auprès d’eux. Nous déplorons les recours de plus en plus fréquents au secteur privé en ces matières car ces entreprises ne remplissent pas ces conditions. »

Par ailleurs, la CSN entend faire preuve de vigilance quant à de potentielles annonces du gouvernement qui auraient été décidées bien avant la tenue du forum. « On entend déjà des CISSS justifier la coupe de places en soins de longue durée par le réinvestissement de ces économies dans le soutien à domicile ! Ne soyons pas dupes ! Après des années d’une austérité budgétaire qui a fait mal partout dans le réseau, et en particulier dans les soins aux aîné-es, c’est d’argent neuf dont le réseau a besoin », rappelle Jean Lacharité.

Mettre fin au statu quo oui, mais pas pour faire entrer le loup dans la bergerie

Ce matin se tenait un colloque qui, profitant des difficultés du réseau public de santé et de services sociaux, prône une plus grande place du  privé dans la prestation des soins à la population. Si la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est d’accord pour mettre un terme au statu quo dans le réseau, c’est pour privilégier des solutions audacieuses qui permettraient d’améliorer l’accès aux soins dans le secteur public.

Une démarche ayant pour objectif de légitimer l’accentuation du privé dans la prestation de soins

C’est ce matin que le Pôle santé des HEC dévoilait les résultats d’une étude menée ces derniers mois. Celle-ci pointe vers une accentuation de la place du privé en santé. Si l’analyse permet de mettre le doigt sur plusieurs problèmes vécus par les patientes et patients, les solutions qui ressortent majoritairement cachent mal le biais en faveur du privé en santé. Rappelons que l’étude était notamment financée par la Fédération des chambres de commerce du Québec, La Capitale assurance et TELUS Santé, des groupes ayant des intérêts financiers dans le secteur de la santé.

Un sondage CROP, réalisé dans le cadre de cette étude, illustre les préoccupations de la population quant à l’accès aux soins de santé et de services sociaux. Ces données démontrent qu’il y a urgence d’agir sur cette question. Mais la recherche conclut à tort, selon la CSN, que les solutions se trouvent dans une plus grande place du privé et dans la responsabilisation individuelle des patientes et patients. Le privé a pris une place importante dans les dernières années, sans que cela ne se traduise par une amélioration de l’accès aux services. Et l’idée de responsabiliser les patients laisse dans l’angle mort les inégalités socio-économiques à l’origine de nombreux problèmes de santé. Il faut noter que des éléments de l’étude sont à retenir. Que l’on pense par exemple aux lacunes dans le partage de l’information dans le réseau ou encore à la place grandissante qu’il faudrait accorder à la prévention dans notre réseau.

« Nous sommes sur toutes les tribunes pour dénoncer les problèmes du réseau. L’accès aux soins est déficient depuis trop longtemps et les gouvernements n’ont rien fait pour améliorer les choses. Ce n’est pas les coupes des dernières années ni la réforme Barrette qui assureront un meilleur accès, on s’en rend bien compte. Le signal est clair, les gens sont tannés d’attendre. Mettons en place les solutions publiques garantissant l’accès aux soins », lance Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Mettre un terme au statu quo

Loin d’être en faveur du statu quo qui conduit actuellement à une croissance du privé en santé, la CSN et ses fédérations proposent plusieurs alternatives. Deux Rendez-vous nationaux qui se sont tenus récemment ont permis d’établir les défis prioritaires et les solutions à préconiser pour améliorer l’accès aux soins. Si les solutions sont connues, leur application se fait toujours attendre. Réviser le mode de rémunération des médecins permettrait notamment de dégager des sommes pour investir dans la première ligne. En instaurant un régime d’assurance médicaments entièrement public, l’État québécois économiserait plus d’un milliard de dollars qui pourraient servir à soigner la population. C’est sur ces questions qu’il convient d’agir en priorité pour la CSN.

« Ça fait des années qu’on éteint le monde qui donne des soins au quotidien. Ils tombent au combat comme jamais. De son côté, la population s’y retrouve de moins en moins dans un réseau qui est plus compliqué à comprendre depuis la réforme Barrette. Si on commençait par mettre les conditions favorables pour que le personnel puisse soigner la population, ça serait un bon début. Le réseau de la santé appartient à tous les Québécois et Québécoises, pas à ceux qui veulent faire une piasse sur la maladie et sur ceux qui le gèrent comme si c’était une business », lance Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

«  Le problème avec cette étude, c’est que la démarche a tout d’une prophétie auto-réalisatrice. On laisse le réseau public dépérir pendant des années, pour après s’exclamer que la population est prête à plus de privé en santé ! Ce que la population veut, c’est l’accès aux services dont elle a besoin ! Cessons d’entretenir le privé ! Concentrons nos énergies à améliorer le public et la population choisira le public, j’en suis certain », de conclure Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Hommage à une militante audacieuse et engagée

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) rend hommage à Madeleine Soucisse-Morgan, une pionnière de la syndicalisation des infirmières et une leader syndicale qui a été à la tête de deux grèves marquantes au Québec. Madame Soucisse-Morgan est décédée le 1er mai dernier, Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, à l’âge de 86 ans. Ses funérailles se déroulent à 11 heures aujourd’hui, au Complexe Angrignon, à Lasalle. 

« Madeleine Soucisse-Morgan a fait preuve d’une audace remarquable et d’un courage exemplaire en tenant tête au gouvernement Lesage, aux côtés de ses camarades, lors de la grève illégale d’un mois, en octobre 1963, a tenu à souligner le président de la CSN, Jacques Létourneau. La CSN salue son engagement pour l’amélioration des conditions de travail, autant en qui concerne les conditions d’exercice de la profession d’infirmière que l’obtention de droits syndicaux. »

Élue présidente de l’Alliance des infirmières de Sainte-Justine (CSN) le 13 février 1963, Madame Soucisse-Morgan est une figure de proue du syndicalisme dans le réseau de la santé et des services sociaux. Son syndicat est accrédité le 12 juin de la même année et c’est le 16 octobre que la grève illégale est déclenchée. Elle se termine près d’un mois plus tard alors que le secrétaire général de la CSN, Marcel Pepin, conclut la négociation avec des représentants du ministère du Travail. Cette grève aura un impact considérable sur l’organisation syndicale dans le réseau de la santé et des services sociaux, note-t-on dans La CSN au cœur de son temps, album-souvenir 1921-1996. L’Alliance des infirmières de Sainte-Justine est aujourd’hui le Syndicat en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CHU Sainte-Justine (FSSS–CSN).

En 2003 la CSN a publié La colère des douces, un livre écrit par Madame Soucisse-Morgan qui relate cette grève majeure dans l’histoire des relations de travail au Québec.

Madeleine Soucisse-Morgan présidait aussi l’Alliance des infirmières de Montréal (CSN), en 1966, lors de la grève des quelque 32 000 employé-es d’hôpitaux membres de syndicats affiliés à la CSN. Durant plus de trois semaines, les travailleuses et les travailleurs ont lutté, entre autres pour l’amélioration de leurs salaires, l’établissement de règles d’ancienneté dans l’octroi des postes et des dispositions pour la liberté d’action syndicale.

« Cette militante a été un exemple pour toutes ces femmes et tous ces hommes qui se sont engagés dans l’action syndicale durant les années qui ont suivi. Au nom de la CSN, j’offre mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Madame Soucisse-Morgan », a poursuivi Jacques Létourneau.

 

STT des résidences d’hébergement Rimouski-Neigette – Manoir Seigneur Lepage (FSSS–CSN)

Le 20 avril 2017, le Syndicat des travailleurs (euses) des résidences d’hébergement Rimouski-Neigette – CSN a été accrédité pour représenter « Tous les salariés au sens du Code du travail » du Manoir Seigneur Lepage. Cette résidence accueille des personnes âgées autonomes et semi-autonomes. Cette accréditation s’ajoute à celle déjà détenue par le syndicat pour le Centre polyvalent des aînés.

Une déclaration des partenaires en faveur des services éducatifs de qualité dès la naissance

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) endosse la déclaration des partenaires à l’occasion du Sommet sur l’éducation à la petite enfance qui s’est terminé aujourd’hui. Comme d’autres, la CSN mettra tout en œuvre pour valoriser davantage et poursuivre le développement du réseau des services éducatifs à la petite enfance. La CSN s’engage aussi à en faire la promotion, et ce, dans le meilleur intérêt des tout-petits, mais aussi du personnel en centres de la petite enfance (CPE), en milieu familial régi et en milieu scolaire, sans qui ce réseau n’existerait tout simplement pas. La confédération souhaite aussi contribuer à une concertation éventuelle des différents partenaires qui ont participé au Sommet dans le but de poursuivre les discussions qui restent à faire.

La délégation de la CSN au Sommet, composée d’une trentaine de travailleuses en CPE et de RSG en milieu familial

La CSN tient d’abord à souligner l’apport de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) qui a permis la tenue de ce grand rendez-vous sur l’avenir des services éducatifs. « Ce sommet est une bouffée d’air frais alors que le gouvernement libéral poursuit ses attaques pour affaiblir le réseau des services éducatifs à la petite enfance, affirme Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). L’événement est d’autant plus pertinent que nous sommes à dix-huit mois des prochaines élections provinciales en 2018. L’existence d’un réseau de qualité, accessible et à l’abri de la marchandisation des services aux petits, doit devenir un enjeu électoral. »

La déclaration signée par près d’une trentaine d’organismes a permis de dégager des consensus à partir desquels le travail devra se poursuivre. L’égalité des chances pour tous les enfants, l’accès à des services de qualité universels et gratuits, la fin des compressions budgétaires et le développement de places régies et subventionnées sont des objectifs que partage la CSN.

En outre, la CSN demande au gouvernement d’assurer la gratuité des services, comme c’est le cas en éducation, pour les familles à faible revenu dans un premier temps. L’atteinte de cet objectif doit être prioritaire et accompagnée de l’abolition du tarif modulé et du retour au tarif universel, des mesures qui ont fait leurs preuves par le passé.

Enfin, la CSN partage l’objectif à l’effet que le gouvernement doit mettre fin rapidement aux crédits d’impôt qui ont entraîné une hausse du nombre de places en garderies commerciales alors que la fréquentation des services régis et subventionnés a stagné ou diminué en milieu familial et en CPE. En ce sens, l’annonce du ministre de la Famille, Sébastien Proulx, concernant la révision de l’offre de services dans certaines régions nous inquiète grandement. « Qu’adviendra-t-il des places existantes en CPE et en milieu familial régi ? lance Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Est-ce une façon d’encore favoriser les garderies commerciales ? Est-ce que le gouvernement va enfin s’attaquer aux milieux de garde non régis ? La CSN désire participer à ce chantier pour s’assurer que l’offre des services éducatifs à la petite enfance permette aux parents d’avoir accès à des services de qualité. »

« Les pistes de solution et les consensus dégagés autour de la déclaration, conclut-elle, sont inséparables de la lutte sociale menée depuis plusieurs mandats pour obliger le gouvernement à abandonner ses politiques austères et rétrogrades. En ce sens, la CSN lancera dès l’automne la seconde phase de sa bataille pour le maintien et le développement d’un réseau de services de qualité. Cette campagne, ayant pour thème Pas de profits sur le dos des petits, cible d’abord et avant tout les politiques néolibérales qui ne visent qu’à créer des occasions d’affaires sur le dos des enfants. »

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats qui regroupent plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

NON à la commercialisation des services de garde !

Plutôt que de poursuivre le saccage des services de garde à la petite enfance en misant davantage sur les garderies commerciales pour qui la recherche de profit se fait trop souvent au détriment des services dispensés aux enfants, le gouvernement ferait mieux de corriger son tir s’il veut que le Québec puisse maintenir son offre de services de garde de qualité. C’est l’un des messages qu’entend livrer aujourd’hui et demain la Confédération des syndicats nationaux (CSN) au Sommet sur l’éducation à la petite enfance organisé par l’Association québécoise des CPE et l’Institut du nouveau monde (INM).

L’heure est grave

Le réseau des services de garde régis et subventionnés a subi des compressions majeures d’environ 300 millions de dollars depuis 2014. Parallèlement, les gouvernements libéraux successifs ont mis en place des mesures pour favoriser le développement de garderies commerciales : pour certaines, en leur accordant davantage de places à contribution réduite et, pour d’autres, non subventionnées, par la bonification substantielle du crédit d’impôt versé aux parents pour frais de garde. Leur nombre s’est d’ailleurs rapidement multiplié au cours des récentes années pour atteindre 748 % depuis 2009 (http://bit.ly/2oWhfmO).

Pour Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN : « Bien qu’ils aient entraîné des ravages, les efforts du gouvernement pour créer à tout prix des occasions d’affaires sur le dos des enfants, en plus des impacts néfastes de la tarification modulée selon le revenu familial, n’ont pas tué la volonté de la population de lutter pour un réseau de services de garde éducatifs de très haute qualité conforme aux visées du système d’éducation au Québec. À dix-huit mois des élections provinciales, la tenue d’un tel sommet constitue un véritable pied de nez face aux politiques libérales, en plus de constituer une belle opportunité de ramener à l’avant-scène l’enjeu que représente pour la société la sauvegarde de ce réseau le plus envié au Canada et dans le monde. »

Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), rappelle que « plusieurs recherches ont confirmé que la fréquentation d’un service de garde éducatif améliore le développement global de l’enfant et son bien-être si les services sont de qualité. D’autres études ont démontré que la qualité des services en CPE et en milieu familial régi est supérieure à celle des services offerts dans les garderies commerciales. À contrario, le gouvernement n’a jamais produit une seule étude sérieuse pour justifier l’abandon de politiques d’avant-garde en matière de services de garde mis en place depuis plus de vingt ans. »

Un sommet nécessaire

Pour la centrale syndicale, le Sommet sur l’éducation à la petite enfance sera donc une occasion rêvée de discuter de cette question et des recommandations faites à la suite de consultations menées dans une quinzaine de villes au Québec par l’INM à l’automne dernier, à l’initiative de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). La CSN et plusieurs de ses syndicats en centres de la petite enfance et en milieu familial régi ont d’ailleurs participé à cet exercice.

Le rapport de la Commission itinérante sur l’éducation à la petite enfance établit clairement que la tarification en vigueur a des effets pervers sur la consolidation d’un réseau de qualité et sur l’accessibilité aux services. Il comporte 22 recommandations portant sur la qualité, l’accessibilité, l’universalité et la gouvernance des services éducatifs offerts aux tout-petits. La CSN accueille favorablement la grande majorité des recommandations du rapport.

Représentant plus de 22 000 travailleuses et travailleurs dans les services de garde, dont 11 000 en CPE et 3300 en milieu familial régi, de même qu’une forte proportion des enseignantes et enseignants de niveau collégial en techniques d’éducation à l’enfance, la CSN en profitera pour faire valoir ses positions sur les enjeux cruciaux qui façonneront le réseau québécois des services de garde éducatifs et le Québec de demain.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats qui regroupent plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

STT des CHP de la région Saguenay-Lac-Saint-Jean – Section Résidence L’Émeraude (FSSS–CSN)

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de la région Saguenay – Lac-Saint-Jean (CSN) a été accrédité le 12 décembre 2016, pour représenter : « Tout le personnel en soins infirmiers, salarié-es au sens du Code du travail. »

Ces 4 travailleuses et travailleurs ont choisi, majoritairement, de joindre les rangs de la CSN. Leurs collègues de travail, déjà syndiqués CSN, les accueillent donc au sein de leur unité d’accréditation de la Résidence L’Émeraude.

Ces nouveaux membres seront affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean (CSN) et, bien entendu, à la CSN.

STT des CHP du Grand Montréal, section Providence Saint-Dominique (FSSS–CSN)

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 16 novembre 2016, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement du Grand Montréal (CSN) a été accrédité pour représenter : « Tous les salariés au sens du Code du travail »

Ce groupe de travailleurs, oeuvrant dans le domaine des centres d’hébergement privés, a décidé très majoritairement de joindre la CSN.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central du Montréal Métropolitain et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Une association patronale refuse de négocier avec 3500 syndiqué-es membres de la CSN

Près de 3500 travailleuses et travailleurs oeuvrant dans 133 CPE en l’Estrie, en Montérégie, à Montréal-Laval et en MauricieCentre-du-Québec diffuseront des tracts aux alentours de leurs CPE respectifs. Elles veulent sensibiliser la population au fait qu’elles sont sans convention collective depuis le 31 mars 2015 en raison du refus de l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE) de joindre la table nationale de négociation à laquelle sont présents le ministère de la Famille et onze associations patronales.

Jusqu’à présent, l’APNCPE, qui regroupe le tiers des 400 CPE syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), s’est refusé à engager des négociations avec la cette dernière qui regroupe le plus important contingent de travailleuses et de travailleurs en CPE au Québec. « Malgré que les négociations à la table nationale aient été enclenchées depuis le 8 décembre dernier, l’APNCPE cherche toujours à négocier seule, sans la présence du ministère, les matières d’ordre pécuniaire que sont les salaires, la retraite, les vacances et les fériés, les assurances collectives, en plus d’autres dispositions de portée nationale, le tout sans aucune garantie de financement. Et ça, il n’en est pas question ! »

De plus, l’APNCPE s’est enlisée à grands frais dans un recours judiciaire contre la FSSS–CSN et ses syndicats en déposant une plainte de négociation de mauvaise foi devant le Tribunal administratif du travail (TAT), à l’automne dernier. Elle a ainsi soutenu que la partie syndicale agissait de mauvaise foi en réclamant d’elle qu’elle réintègre la table nationale, comme cela est le cas depuis les débuts de la négociation regroupée il y a plus de vingt ans. La décision du TAT est toujours attendue dans les prochains jours.

Pour Louise Labrie, membre du comité national de négociation et responsable du secteur des CPE à la FSSS-CSN, cette action juridique de l’APNCPE est un véritable gaspillage d’énergie et d’argent qui aurait pu servir à d’autres fins, dont la négociation. « Il est à craindre que les 3500 salarié-es fassent injustement les frais de cette stratégie patronale en repoussant inutilement le règlement final de leurs conventions collectives. »

« Le véritable enjeu de cette ronde de négociation, ajoute Louise Labrie, c’est clairement le maintien, l’amélioration et l’uniformisation des conditions de travail qui contribuent à stabiliser la main-d’œuvre et à offrir un très haut niveau de compétence et de savoir-faire. C’est d’ailleurs ce qui a permis aux CPE de toutes les régions du Québec d’offrir une qualité de services inégalée jusqu’ici, comme plusieurs études l’ont reconnu. Voilà pourquoi nous refusons de revenir plus de vingt ans en arrière alors qu’il existait des disparités majeures entre les travailleuses et travailleurs des différents CPE et entre les régions même ! »

À propos des CPE et de la CSN

Environ 11 000 travailleuses et travailleurs syndiqués répartis dans les quelque 400 CPE sont regroupés dans 37 syndicats affiliés à la FSSS–CSN. Pour sa part, la CSN est composée de plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Bénévolat dans les travaux de construction – Un projet de règlement inacceptable

La Confédération des syndicats nationaux encourage les citoyennes et les citoyens à s’impliquer bénévolement dans leur communauté. Or, le projet de règlement présenté par la ministre du Travail, Dominique Vien, prend prétexte du manque de personnel dans les services publics et de l’état de délabrement des bâtiments publics, causé par les politiques d’austérité et le sous-financement récurrent, pour imposer une très large dérèglementation des travaux de construction avec des conséquences importantes sur l’industrie de la construction comme sur la santé et la sécurité de la population. C’est bien à cause du sous-financement des réseaux que des édifices doivent aujourd’hui faire l’objet de travaux majeurs, voire être carrément démolis puis reconstruits et pour la CSN c’est sur le volet du financement qu’il faut agir afin d’assurer la pérennité de nos bâtiments publics.

« Nous appelons le gouvernement à être transparent et à se mettre en mode écoute lors des consultations à venir, auxquelles nous participerons. Si l’objectif du règlement est de favoriser l’engagement bénévole, nous pensons que le gouvernement ne s’y prend pas de la bonne façon et qu’il créera beaucoup plus de problèmes qu’il n’en solutionnera », réagit le président de la CSN, Jacques Létourneau.

« Cela fait des décennies que nous prévenons le gouvernement comme les gestionnaires des réseaux publics des dangers de ne pas financer adéquatement l’entretien des édifices. La réponse à des années de compressions ne peut pas être de se délester collectivement de nos responsabilités à cet égard », souligne le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux, Guy Laurion.

Le projet de règlement ne fait pas que permettre le recours à des bénévoles pour de menus travaux de rafraîchissement des bâtiments publics. Il ouvre la porte à la réalisation de travaux importants qui nécessitent une expertise et une imputabilité. « Par exemple, l’amiante est omniprésent dans nos écoles. Des travaux mal faits favorisent les infestations de moisissures. Les ouvriers spécialisés des établissements sont formés et dotés d’équipements particuliers. Ils doivent respecter des protocoles rigoureux. Ce qui est en cause, c’est la santé et la sécurité de la population et du personnel œuvrant dans nos écoles, nos cégeps, nos établissements de santé et de services sociaux. C’est aussi celle des parents et des bénévoles qui n’ont pas l’expertise pour effectuer des travaux majeurs dans les bâtiments publics », explique le président de la Fédération des employées et employés de services publics, Denis Marcoux.

La CSN dénonce par ailleurs le fait que par l’entremise de ce règlement, le gouvernement exclut des travaux aux règles normalement applicables à l’industrie de la construction. « Ce règlement n’est pas un assouplissement de certaines règles trop rigides, c’est la concrétisation d’un fantasme patronal de dérèglementation tous azimuts. On parle de « bénévolat », mais il s’agit ici de désassujettissement du secteur de la construction sans débat. C’est troublant ! », ajoute le président de la CSN–Construction, Pierre Brassard.

3500 travailleuses en colère contre une association d’employeurs

Environ 3500 travailleuses et travailleurs œuvrant dans 133 CPE du Québec, dont la moitié à Montréal et à Laval, participent aujourd’hui à des actions de visibilité dans leur CPE. Elles dénoncent le fait qu’elles sont toujours dans l’impossibilité de renouveler leur convention collective, plus de deux ans après son échéance. Le motif : l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE) refuse de joindre la table nationale de négociation où des échanges se poursuivent depuis décembre avec d’autres associations d’employeurs et le ministère de la Famille.

L’APNCPE, qui regroupe le tiers des 400 CPE syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), n’a tenu jusqu’ici aucun pourparler avec la partie syndicale, malgré un protocole sur la négociation regroupée et le partage des matières à négocier convenu avec une majorité de CPE et le ministère de la Famille au printemps 2016. La FSSS–CSN a tenté de trouver des voies de passage afin que l’APNCPE réintègre la table nationale, mais elle s’est heurtée à une fin de non-recevoir.

« Au lieu de se rallier et d’enclencher la négociation avec les véritables acteurs déjà présents à la table nationale, affirme Carole Leroux, présidente du Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (STCPEML–CSN), cette association cherche toujours à négocier seule, sans la présence du ministère, les matières d’ordre pécuniaire, dont les salaires, la retraite, les vacances et les fériés, les assurances collectives, en plus d’autres dispositions de portée nationale, le tout sans garantie de financement. »

En outre, l’APNCPE s’est enlisée à coup de dizaines de milliers de dollars dans un recours judiciaire contre la FSSS–CSN et ses syndicats en déposant une plainte de négociation de mauvaise foi devant le Tribunal administratif du travail (TAT), à l’automne dernier. L’APNCPE a soutenu que la partie syndicale avait agi de mauvaise foi en réclamant d’elle qu’elle réintègre la table nationale, comme cela est le cas depuis les débuts de la négociation regroupée il y a plus de vingt ans. La décision du TAT est attendue dans les prochaines semaines.

« C’est un gaspillage éhonté des deniers publics qui auraient pu être utilisés aux fins de la négociation », lance Luc Bastien, vice-président régional de la FSSS-CSN, qui craint que les 3500 salarié-es ne continuent à faire les frais de cette stratégie patronale en repoussant inutilement le règlement final de leurs conventions collectives.

Pour Nathalie Fontaine, 1re vice-présidente à la négociation du STCPEML–CSN  : « Ce qui est en jeu ici, c’est le maintien, l’amélioration et l’uniformisation des conditions de travail qui contribuent à stabiliser la main-d’œuvre et à offrir un haut niveau de compétence et de savoir-faire. Ce sont ces conditions de travail qui ont permis aux CPE de tout le Québec d’offrir une qualité de services inégalée jusqu’ici, comme l’ont reconnu plusieurs études. »

La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault, est catégorique : « L’attitude de l’APNCPE nous ramène vingt ans en arrière alors qu’il existait d’importantes disparités entre les travailleuses et travailleurs des CPE et entre les régions même ! L’APNCPE doit revenir à la raison, et ce, tant pour les travailleuses que pour les enfants et les familles. »

À propos

Environ 11 000 travailleuses et travailleurs sont regroupés au sein de 37 syndicats affiliés à la FSSS–CSN, dont le STCPEML–CSN qui regroupe environ 3000 membres. Le CCMM–CSN regroupe sur une base régionale près de 100 000 membres. Pour sa part, la CSN est composée de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle.

 

Engagement du gouvernement exigé

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le gouvernement doit, plus que jamais, s’engager à développer les services de soutien à domicile du secteur public afin de répondre à l’augmentation des besoins en soins et services chez les aîné-es, et  demande à la Protectrice du citoyen de faire toute la lumière sur cette question.

« La CSN tient à saluer la sortie du député de Mercier et médecin Amir Khadir et de Me Jean-Pierre Ménard qui, dimanche dernier, ont demandé à la Protectrice du citoyen d’enquêter sur la question des soins à domicile. Nous partageons entièrement leur avis indiquant que la multiplication des coupes dans les services à domicile porte une atteinte grave à l’intégrité et à la sécurité des personnes vulnérables qui en bénéficient, de déclarer Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Ils ont judicieusement remis en lumière le fait qu’entre 8000 et 10 000 personnes sont toujours en attente de recevoir des soins à domicile et, pour nous, cette situation est tout simplement inacceptable. »

« Nous savons déjà que les services à domicile coûtent beaucoup moins cher que les infrastructures d’hébergement. Ajoutons le fait que la grande majorité des aîné-es souhaitent demeurer dans leur foyer le plus longtemps possible, il va de soi que nous réclamions un engagement du gouvernement à rehausser le financement de ces services publics. La CSN demande également au CISSS de Lanaudière de mettre fin à la privatisation des services et d’embaucher des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), un personnel dûment formé pour assurer ces services au quotidien », de revendiquer Guy Laurion, vice-président et responsable du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN.

De passage à Joliette à l’occasion d’un rassemblement des ASSS de la région, monsieur Laurion a souligné que le Canada fait piètre figure en ce qui a trait au financement des services aux aîné-es et, en particulier, des soins à domicile, lorsqu’on le compare aux autres économies développées. Quant au Québec, il investit moins que les autres provinces.

« Le Québec affiche toujours un grand retard à combler, explique-t-il. Actuellement, moins de 10 % des besoins en soutien à domicile sont couverts par les services publics. Des besoins non comblés causent une surcharge intenable pour les proches aidants, occasionnent des recours croissants à des entreprises privées qui chargent trop cher ou à des groupes communautaires dont le personnel est moins stable et n’a pas la même formation que les ASSS, ou encore entraînent une détérioration de l’état de santé des personnes, nécessitant un transfert en centre hospitalier ou en CHSLD. Collectivement, nous sommes toutes et tous perdants quand nous en arrivons à cette étape. »

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Lanaudière–CSN a rencontré les ASSS de tous les points de service de la région au cours des dernières semaines afin de faire le point sur la situation.

« La privatisation est toujours en croissance et les ASSS déplorent que leur rôle soit méconnu du public, explique René Gougeon, vice-président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Lanaudière–CSN. Les ASSS et les professionnel-les sur le terrain constatent que le recours accru à des ressources externes non qualifiées ne nous permet plus de suivre l’évolution de la condition des aîné-es à domicile, contrairement aux CLSC, où la pratique interdisciplinaire permet un travail d’équipe et un suivi personnalisé. »

Ces dernières années, plusieurs tâches ont été retirées aux ASSS et confiées à des travailleuses et des travailleurs du secteur privé, même si celles-ci demandent des qualifications précises.

« Notre rôle est de donner un service de proximité et de qualité tout en respectant la confidentialité. Les ASSS offrent des soins d’hygiène, de l’aide à l’alimentation, de l’aide à l’habillement, de l’aide à la mobilité et bien plus, afin de permettre aux personnes en perte d’autonomie de rester le plus longtemps possible à la maison. Les ASSS sont essentiels et nous devons être reconnus. Nos conditions de travail ne sont pas toujours sécuritaires. Nous devons parfois offrir des soins dans des milieux insalubres et dangereux, tant pour nous que pour les personnes en perte d’autonomie qui y vivent. Actuellement, il n’existe aucun protocole clair concernant la sécurité minimale des milieux de travail. Nous avons multiplié les actions auprès du conseil d’administration de notre CISSS et nous allons maintenir la pression afin de nous faire entendre », ajoute Isabelle Desmarais, vice-présidente à l’information et ASSS du CISSS de Lanaudière.

Pour le vice-président de la FSSS–CSN, Guy Laurion, il y a urgence de revaloriser la profession d’ASSS. « Dans les soins à domicile, ils sont les yeux et les oreilles de tout le réseau. Grâce à leur formation et à leur intégration dans les équipes multidisciplinaires des CLSC, elles et ils sont en mesure de détecter toute évolution non souhaitable de la situation de santé des aîné-es. Ils créent également un lien de confiance précieux dans un contexte d’intimité. La dernière chose que veulent les aîné-es, c’est que la personne qui leur donne des soins d’hygiène change à tout bout de champ. »

Quant à la vice-présidente du Conseil central de Lanaudière (CSN), Patricia Rivest, elle estime que la population de Lanaudière est en droit de s’attendre à des services de qualité. « C’est la responsabilité du gouvernement d’assurer ces services essentiels. La privatisation ne nous amène rien de bon. J’invite le CISSS de Lanaudière à mettre les salarié-es à contribution dans la recherche de solutions durables pour améliorer l’offre de services à la population. »

La lutte contre la privatisation des soins à domicile est un des volets de la campagne Ma place en santé, j’y tiens que mène la CSN depuis près de deux ans. Plus d’information à maplaceensante.com

 

Nouvelle convention collective à la Résidence Saint-Charles

Les négociations ont porté fruit à la Résidence Saint-Charles, un centre d’hébergement privé de Granby où la trentaine de salarié-es ont obtenu une nouvelle convention collective, adoptée le 4 avril en assemblée générale.

Parmi les améliorations obtenues par les travailleuses et les travailleurs, notons la création d’un registre de postes, de meilleures protections des droits des salarié-es, des améliorations à la santé et à la sécurité au travail et des horaires de travail plus intéressants.

Les salarié-es ont également obtenu de nouveaux congés et ont amélioré quelques-uns qui existent déjà. Ils bénéficieront dorénavant d’une quatrième semaine de vacances après 8 ans de service et d’une cinquième, après 10 ans.

En ce qui a trait à la rémunération, les salarié-es obtiennent une augmentation totalisant de 1,84 $, dont une bonne partie sera versée rétroactivement à la date d’échéance de la dernière convention collective, soit le 21 décembre 2014. En outre, la prime de soir passe de 0,25 $ l’heure à 0,75 $ l’heure et la prime de nuit de 0,50 $ l’heure à 1 $ l’heure.

La nouvelle convention collective sera en vigueur jusqu’au 31 mars 2018.
Ces travailleuses et ces travailleurs sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des résidences et centres d’hébergement privés de la Montérégie (FSSS–CSN). Pour le représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS–CSN, Gilles Gagné, ce résultat montre que la coordination des négociations dans 42  résidences est une recette qui fonctionne : « Ça aura pris du temps pour ces travailleuses et ces travailleurs afin d’obtenir gain de cause, mais cela vaut la peine de se tenir pour améliorer notre sort collectivement. Je salue leur ténacité. Tous les employeurs du secteur sont en mesure d’offrir des conditions comparables à leurs propre salarié-es. Avec cet autre résultat positif, nous sommes plus convaincus que jamais de la justesse et du réalisme de nos revendications ».

Résidences Soleil Manoir Dollard-des-Ormeaux : Une vraie négociation s’impose !

Après plus de deux ans de négociation, les représentants patronaux des Résidences Soleil Manoir Dollard-des-Ormeaux, une propriété du riche homme d’affaires Eddy Savoie, n’ont pas répondu favorablement à une seule des demandes syndicales. Devant le peu d’avancées en négociation, les 55 salarié-es du centre d’hébergement privé pour aîné-es ont adopté un mandat de grève de 72 heures plus tôt cette semaine.

« Ces travailleuses et ces travailleurs se donnent corps et âme afin d’assurer au quotidien le bien-être des résidents et des résidentes qui défraient des sommes considérables pour habiter les propriétés d’un multi-millionnaire, Eddy Savoie , souligne le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux, Luc Bastien, à l’occasion d’une manifestation d’appui tenue ce midi devant la résidence de l’Est de l’Île de Montréal. Ils ont droit à davantage de respect et de considération car c’est presque entièrement grâce à leur travail que leur patron a pu amasser une telle fortune ».

« Nos demandes de négociation sont pourtant les mêmes que dans les autres résidences d’hébergement privées comparables qui font partie de la négociation coordonnée FSSS–CSN, soit, par exemple une augmentation de 1,50 $ l’heure répartie sur la durée d’une convention collective de trois ans, explique le président du Syndicat des centres d’hébergement du Grand Montréal CSN, Guy Trichard. C’est incompréhensible qu’on puisse obtenir cette reconnaissance ailleurs et pas ici ! De même, notre demande de primes pour le travail de soir et de nuit, et pour la formation, est en lien avec l’objectif affiché des Résidences soleil soit d’offrir le meilleur à sa clientèle. En deux ans, nous n’avons même pas eu de réponse ! »

Une autre demande prioritaire du syndicat pour lequel il n’a pas eu de réponse vise à installer une salle des employé-es où ils pourraient décompresser un peu durant leur pause. Actuellement, le seul espace dont disposent les employé-es est situé dans le garage souterrain. La convention collective est échue depuis le 17 décembre 2014.