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SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

La balado du numéro

Faire le point

La CSN profite du lancement de son nouvel organe officiel d’information, Le Point syndical, pour explorer de nouveaux modes de diffusion sur ses diverses plateformes. Pour cette première baladodiffusion, Le Point syndical vous propose un entretien entre Jean Lacharité, vice-président de la CSN, et Hélène Boivin, préposée aux bénéficiaires.  Voici quelques extraits de cette discussion, qui s’est déroulée sur le ton de la confidence.

Jean : Qu’est-ce qui t’a conduite à choisir cette profession-là ?

Hélène : C’est le hasard qui m’a amenée là au départ. J’avais quitté Québec et j’étais au chômage depuis plusieurs mois. J’avais travaillé dans le domaine hôtelier et je voulais garder ce lien-là avec le public. Ça me prenait une relation avec les gens. Le travail de bureau, ce n’était pas pour moi. Puis, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a parlé du métier de préposé aux bénéficiaires […] Étant donné que ce n’était pas un emploi en demande à l’époque, le chômage ne pouvait pas m’aider financièrement. J’ai ramassé des sous, j’ai suivi la formation et j’ai trouvé de l’emploi immédiatement. J’ai aimé ça tout de suite. J’ai même adoré l’expérience.

Jean : Tu avais donc trouvé ta voie, en termes professionnels. Qu’est-ce qui a fait que tu as aimé ça ?

Hélène : Déjà, l’idée d’aider les gens vulnérables… Dans le temps, les personnes hébergées n’avaient pas beaucoup de visiteurs, pas beaucoup de proches qui venaient les voir. Je me suis dit que si je pouvais leur apporter chaque jour une petite douceur […] J’aimais le contact humain. Le fait que ces gens-là, d’un certain âge, avaient passé à travers toutes sortes de choses, ça m’apportait beaucoup. J’évoluais, je grandissais là-dedans. Et je sentais aussi que j’étais importante pour eux ; je passais huit heures par jour avec ces personnes-là. J’aimais me faire dire « merci, Hélène, pour tes bons soins. J’aime ça quand tu prends soin de moi ; tu me crèmes, tu me parfumes » […]

Je suis préposée aux bénéficiaires

Jean : Je comprends bien ce que tu me dis. En fait, je peux en témoigner. Ma mère a fini ses jours en CHSLD et j’ai été en mesure de constater la relation de proximité entre elle et les préposé-es aux bénéficiaires. Le rapport de proximité fait qu’il y a une exigence de respect de la dignité de la personne aînée ; vous êtes appelés à les dénuder pour donner les bains…

Hélène : C’est très intime. Un lien de confiance doit se créer dès le départ. […]

Jean : Est-ce que tu as déjà ressenti de l’épuisement lié à ton travail ?

Hélène : Oui… Ah oui ! En 24 ans de métier, je mentirais si je disais le contraire. En fait, je ne me rappelle pas être rentrée à la maison sans douleur. Il n’y a pas une soirée où j’arrive chez moi sans avoir mal quelque part. Ça me prend à peu près une heure de repos, de zone tampon, avant d’aller au lit, parce que j’ai l’adrénaline dans le piton […] On est toujours, toujours sollicités. On court, on court tout le temps. […]

Jean : Est-ce que t’as observé aussi une augmentation des problèmes de santé psychologique chez les préposé-es ?

Hélène : C’est sûr. J’ai vu souvent des collègues pleurer. Si ce n’est pas moi, c’est une autre. En plus de travailler à une vitesse accélérée, on n’est pas capables de rendre le service qu’on voudrait. C’est frustrant. Moi, j’ai été engagée pour donner un service dignement, et là, je ne peux pas le faire.

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