Élection 2018

François Legault doit faire preuve d’écoute et d’ouverture

Alors que la campagne électorale s’est déroulée à coup de micromesures répondant à des clientèles ultra-ciblées, il est temps pour le prochain premier ministre de se mettre à l’écoute de l’ensemble de la population.
Par François L'Écuyer
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Nous l’avons vu au cours de la campagne, certaines propositions avancées par la CAQ sont loin de faire l’unanimité. Maintenant que la campagne est terminée, François Legault devra gouverner pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, rappelle à François Legault — élu à la tête d’un gouvernement majoritaire avec seulement 37 % des voix — son engagement à revoir le mode de scrutin. « Sur cet enjeu, nous tenons à le rassurer : il aura l’appui de la CSN. Dans le cas contraire, nous le rassurons aussi : il nous trouvera aux quatre coins du Québec pour lui rappeler l’engagement solennel qu’il a pris avec le Parti québécois et Québec solidaire en mai dernier ! »

Pas de réforme Barrette en éducation
Le réseau de l’éducation devra faire l’objet d’une attention toute particulière, affirme Jacques Létourneau. « François Legault répète depuis longtemps qu’il désire faire de l’éducation sa priorité. Nous saluons cet engagement : le Québec a grand besoin de personnel supplémentaire pour venir en aide à nos élèves et à nos étudiants. Nous le mettons toutefois en garde contre certaines de ses lubies : ce n’est pas en instaurant une “réforme Barrette” en éducation, que ce soit en abolissant les commissions scolaires ou en chambardant tout le système avec la maternelle quatre ans que nous répondrons aux besoins de nos enfants. » Rappelons que l’instauration de la maternelle quatre ans dans certains milieux défavorisés a été saluée par plusieurs. La généralisation de ce modèle, de façon uniforme et à la grandeur du Québec, a toutefois été décriée par la grande majorité des intervenants du secteur de la petite enfance.

Photo : Michel Giroux

« Les cégeps et les universités, qui ont subi d’importantes coupes budgétaires au cours des dernières années, devront faire l’objet d’une hausse de leur financement », ajoute le président de la CSN.

S’attaquer aux surcharges de travail
Au cours de la campagne, François Legault a également promis d’investir massivement dans le système de santé et de services sociaux, et ce, au-delà de la croissance des coûts de système. « Ces investissements devront servir à embaucher du personnel supplémentaire, martèle Jacques Létourneau. Les travailleuses et les travailleurs du réseau sont à bout de souffle en raison des surcharges de travail occasionnées par les pénuries de main-d’œuvre. Les défis de recrutement de personnel sont immenses : au cours des cinq prochaines années, ce sont des dizaines de milliers de préposé-es aux bénéficiaires, d’infirmières et de professionnel-les que nous devrons embaucher, ne serait-ce que pour maintenir à flot les services actuels. »

Photo : Pascal Ratthé

Le président de la CSN appelle également le futur premier ministre à revoir sa vision simpliste en matière d’immigration. « Il faut cesser d’aborder cette question de façon utilitariste : l’immigration est un apport essentiel pour le Québec tant sur les plans social que culturel. Il y a également d’importants enjeux pour notre développement économique : présentement, de nombreuses entreprises ne fonctionnent pas à plein régime, faute de main-d’œuvre. L’immigration constitue une partie de la solution. Plutôt que de s’obstiner sur le nombre “parfait” d’immigrants, François Legault devrait consacrer les prochains mois à mettre en place de réelles mesures en matière de francisation et d’intégration des immigrants au marché du travail. »

Protéger l’emploi local
La CSN exige du prochain gouvernement une réelle politique de soutien au secteur industriel et manufacturier. « François Legault a parlé durant toute la campagne d’attirer des emplois à 25 $, 30 $ l’heure. Il devra d’abord s’assurer de garder au Québec les emplois à bons salaires que nous avons déjà ! Il est désolant d’assister à la délocalisation de nombre d’entreprises ou encore de voir des contrats gouvernementaux, comme ceux qui auraient dû être accordés au chantier maritime Davie ou à l’usine Bombardier de La Pocatière dans le cadre du REM, être attribués à l’étranger. Aussi, bien que nous nous réjouissions de sa volonté d’attirer des emplois à haut salaire, nous lui rappelons notre priorité : instaurer un salaire minimum à 15 $ l’heure afin de sortir de la pauvreté des centaines de milliers de Québécois et de Québécoises, particulièrement ces dernières. »

Photo : Michel Giroux

Enfin, François Legault devra déposer un plan costaud et cohérent en matière d’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique afin de faciliter une transition énergétique qui soit juste pour les travailleuses, les travailleurs et les communautés.

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