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Histoire du logement en douze temps

Le FRAPRU demeure la figure emblématique de la mobilisation pour le droit au logement.
Par Constance Roussy
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Bien que le Canada et le Québec se soient engagés à respecter le droit au logement en signant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU en 1976, force est de constater que les enjeux liés à l’habitation demeurent les mêmes, 40 ans plus tard. Et n’eût été les nombreuses batailles livrées par des militantes et des militants sous différentes bannières, la situation serait pire encore aujourd’hui.

Pour qui suit un tant soit peu les luttes sociales au Québec, le FRAPRU (Front populaire en réaménagement urbain) demeure la figure emblématique de la mobilisation pour le droit au logement. François Saillant, porte-parole de l’organisation pendant plus de 35 ans, relate des pans de l’histoire de ce mouvement dans le livre-témoignage Lutter pour un toit — Douze batailles pour le logement au Québec. Ces quelques luttes illustrent le contexte et les enjeux sous-jacents du conflit pour faire respecter les droits des plus vulnérables à se loger décemment. Qu’il s’agisse de la cherté des loyers, de la revendication à plus de logements sociaux, d’insalubrité (encore !), de la dénonciation de la spéculation immobilière ou du phénomène plus contemporain de la « gentrification » d’anciens quartiers ouvriers, autant de batailles bien souvent annoncées comme perdues d’avance, tellement les David ne font pas le poids devant les Goliath capitalistes, spéculateurs et autres espèces de peu de conscience sociale. Au-delà des résultats escomptés, chaque lutte a laissé des traces qui ont servi aux suivantes. Et si elles ont parfois permis des avancées, elles auront surtout freiné les reculs. Mais toujours, elles ont « dérangé, d’une manière ou d’une autre, les pouvoirs publics et divers intérêts économiques ».

Dans sa conclusion, François Saillant évoque la situation singulière des communautés autochtones, dont les « conditions de logement […] sont l’un des fruits des politiques colonialistes adoptées à leur égard ». Incontestablement, Lutter pour un toit, « c’est être engagé dans un combat permanent » qui s’inscrit dans cette grande mobilisation pour plus de justice sociale et de dignité humaine.

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