La CSN exige la réouverture du dépanneur coin d’Iberville et Jean-Talon

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

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Fermeture antisyndicale d’un Couche-Tard

La CSN exige la réouverture du dépanneur coin d’Iberville et Jean-Talon

 

Le président de la CSN demande à la ministre du Travail, Lise Thériault de rappeler Couche-Tard à l’ordre. On ne peut pas tolérer qu’une entreprise bafoue ainsi nos lois.

La Confédération des syndicats nationaux dépose aujourd’hui des recours juridiques contre Couche-Tard qui a fermé sauvagement son établissement syndiqué, au coin des rues d’Iberville et Jean-Talon, un geste clairement antisyndical. La CSN demande à la Commission des relations du travail d’ordonner la réouverture de ce dépanneur fermé jeudi dernier.

« Ce n’est pas parce qu’elle se dit un fleuron du Québec Inc que Couche-Tard peut se moquer des lois et des droits fondamentaux de ses salarié-es. Elle devra répondre de ses gestes illégaux et nous ne laisserons rien passer », prévient le président de la CSN, Louis Roy. Le président de la CSN a également interpellé la ministre du Travail, Lise Thériault : « Je demande à la ministre de rappeler Couche-Tard à l’ordre. On ne peut pas tolérer qu’une entreprise bafoue ainsi nos lois. Couche-Tard n’a même pas envoyé l’avis de licenciement collectif prévu par la loi. Ils ont fermé le dépanneur sans préavis, donnant à peine deux minutes aux employé-es pour qu’ils ramassent leurs affaires. C’est une attitude inacceptable.»

Réouverture exigée Pour la CSN, la fermeture de cet établissement, en pleine négociation, constitue un acte de mauvaise foi de l’employeur. Il s’agit d’une preuve supplémentaire du peu de volonté patronale de négocier sérieusement après le refus de permettre au syndicat de consulter les livres comptables de l’entreprise. Le syndicat a demandé au ministère du Travail de nommer un arbitre pour déterminer les conditions de travail d’une première convention collective. Puisque Couche-Tard a violé les droits fondamentaux de ses salarié-es par cette décision, motivée uniquement par des raisons antisyndicales, la CSN demande à la CRT d’ordonner la réouverture du dépanneur, le rappel à l’emploi des salarié-es jetés à la rue ainsi que le maintien de leurs conditions de travail jusqu’à ce qu’un arbitre ait statué sur les dispositions d’une première convention collective.

Une question de respect Pour le vice-président de la CSN, responsable de la syndicalisation, Jean Lacharité, l’intimidation et les pressions qu’exercent Couche-Tard sur les salarié-es qui souhaitent se regrouper pour améliorer leur sort est inadmissible. « Se syndiquer, c’est un droit qui appartient aux salarié-es et à eux seuls. Couche-Tard, par son attitude et le peu d’égard dont elle fait preuve envers des salarié-es, qui lui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pendant plusieurs années, ne fait que démontrer avec encore plus d’éloquence à quel point il est nécessaire pour les employée-s de s’unir pour défendre adéquatement leurs droits dans cette entreprise. Malgré les difficultés, soyez assurés que la CSN continue de les accueillir les bras ouverts. »

Rappelons que la syndicalisation se poursuit. Les travailleuses et les travailleurs qui souhaitent défendre leurs droits peuvent contacter la CSN au 1 800 947-6177.

Améliorer les conditions de travail, un incontournable Pour le vice-président de la Fédération du commerce de la CSN, David Bergeron Cyr, l’attitude de Couche-Tard est d’autant plus déplorable que les conditions de travail y sont médiocres et que les demandes portées par les salarié-es en négociation sont pragmatiques. « Les travailleuses et les travailleurs de Couche-Tard demandent quatre journées de maladie, un bouton de panique en cas de hold-up, un suivi psychologique pour les victimes d’aggressions, une échelle salariale avec des progressions modestes… Qui peut prétendre que ce sont des revendications exagérées qui mettraient l’entreprise en péril ? L’obstruction à la syndicalisation relève ici de l’entêtement pur et simple. »

Quelque 550 dépanneurs arborent la bannière Couche-Tard au Québec, employant plus de 5000 personnes. Les profits enregistrés par l’entreprise ces dernières années, sur le dos de salarié-es qui peinent à faire respecter les normes minimales du travail, ont permis à l’entreprise de se hisser parmi les leaders de son domaine au niveau mondial. L’entreprise a déclaré des profits de 370 millions pour l’exercice financier 2010-2011.

Manifestation-éclair Quant au président du Conseil central du Montréal métropolitain, Gaétan Châteauneuf, il souligne que la mobilisation en appui à ces salarié-es est loin d’être terminée. « Nous avons plusieurs surprises qui s’en viennent pour Couche-Tard. Évidemment, notre souhait c’est que l’entreprise change ses pratiques et négocie, enfin, de bonne foi. Mais s’il faut mettre plus de pression encore, nous le ferons. D’ailleurs, nous serons plusieurs militants à rendre visite à l’entreprise, demain midi, devant son siège social, à Laval, pour dénoncer son antisyndicalisme et exiger la réouverture du magasin d’Iberville-Jean-Talon. Il y aura, bien sûr, les salarié-es bafoués dans leurs droits des deux succursales fermées, et ils recevront l’appui d’autres syndicats de la région de Montréal. Les pratiques illégales de Couche-Tard nous interpellent tous. Ce n’est plus qu’un dossier de syndicalisation ordinaire. Il s’agit maintenant de tout faire pour obtenir un changement de cap de la part d’une entreprise délinquante qui se croit tout permis. »

Depuis janvier 2011, les salarié-es de quatre dépanneurs Couche-Tard ont formé des syndicats CSN. Pour de plus amples information, consultez le site web de la CSN : http://www.csn.qc.ca/couche-tard. Soulignons que les négociations pour une première convention collective se poursuivent dans les succursales syndiqué-es de l’arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil et de Saint-Liboire, en Montérégie.

Fondée en 1921, la CSN compte aujourd’hui plus de 300 000 salarié-es de tous les secteurs d’activités.

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