Mission d'observation québécoise des élections au Honduras

28 novembre 2013

La légitimité des résultats remise en question

Constatant de graves irrégularités dans le processus électoral au Honduras, les membres de la délégation québécoise et canadienne demandent au gouvernement canadien de ne pas reconnaître les résultats des élections honduriennes.

Constatant de graves irrégularités dans le processus électoral au Honduras, les membres de la délégation québécoise et canadienne demandent au gouvernement canadien de ne pas reconnaître les résultats des élections honduriennes. Les membres de la délégation québécoise et canadienne sont formels : les élections présidentielles au Honduras sont incompatibles avec les principes démocratiques et ont été le théâtre de pratiques frauduleuses. Même son de cloche de la part de la Confédération syndicale des travailleuses et travailleurs des Amériques (CSA) qui avait également organisé une délégation pour observer les élections (voir le communiqué en espagnol). En solidarité avec les camarades du Honduras, victimes d’un coup d’État en 2009, la CSN a délégué Yves Fortin, secrétaire-général du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN). Ces élections revêtaient donc une grande importance pour les 8,2 millions d’Honduriens, mais aussi l’espoir de réélire des candidats sensibles aux enjeux de lutte à la pauvreté et aux valeurs démocratiques. Depuis 2009, les forces vives de la société civile se sont mobilisées contre le coup d’État et le parti LIBRE (Libertad y Refundación) est né de cette coalition. D’ailleurs, la candidate à la présidence, Xiomara Castro, n’est autre que l’épouse de Manuel Zelaya ancien président élu démocratiquement, puis destitué en 2009. En visitant les différents centres de vote à Tegucigalpa et surtout dans les communautés paysannes avoisinantes, Yves Fortin et les membres de la délégation québécoise et canadienne ont assisté, preuve à l’appui, à plusieurs irrégularités électorales . Dans de nombreux endroits, des agents électoraux ont ouvertement manifesté leur mépris envers les partis d’opposition. Le parti LIBRE , en particulier, a été dénoncé comme une menace pour la démocratie.

« Pas de communistes ici ! »

Dans la municipalité de Ojojona, la délégation a été accueillie par un fonctionnaire qui s’est identifié comme responsable du bureau de vote , alors que sa carte d’identité le décrivait comme personnel de soutien. Ce fonctionnaire a proclamé son dédain pour le parti LIBRE et a déclaré : « Nous ne voulons pas de ces communistes ici ». Il a continué à exprimer publiquement son soutien ferme au parti au pouvoir (Partido Nacional). Sa conduite était visiblement approuvée et tolérée par les agents de la police militaire présents dans le bureau de vote.

Dans un autre bureau à proximité de Santa Ana, malgré l’identification très visible et en règle de la délégation comme observateurs accrédités, les forces de sécurité ont exigé des détails supplémentaires pour leur permettre de faire leur travail. En plus de cette tentative d’intimidation, plusieurs électeurs se sont plaints directement auprès de la délégation de tentatives d’achat de votes de la part du Partido Nacional. Dans la communauté de El Aguacatal, il n’y avait pas de personne responsable au bureau de vote, un soldat avait pris sa place.

À La Joya , un quartier de Tegucigalpa, on a autorisé des représentants du Partido Nacional, à entrer dans le bureau de vote, alors que les autres partis avaient été bruyamment et publiquement expulsés . Avec la complicité du personnel militaire, des agents du Tribunal suprême électoral (chargé de l’organisation de l’élection), ont harcelé les observateurs dûment accrédités et exigé qu’ils s’abstiennent d’observer le dépouillement du scrutin. Or, ce volet est essentiel et obligatoire pour assurer que la fraude électorale n’a pas lieu.

Intimidation

Dans les jours qui ont précédé les élections, on a fait état de nombreux rapports d’intimidation par les forces de sécurité honduriennes. Des hommes masqués et armés, que l’on présume être des policiers militaires, ont encerclé le siège du parti LIBRE pendant une heure, deux jours avant les élections. Les membres de la délégation étaient présents et peuvent témoigner de la peur et de la colère des membres du parti LIBRE . Dans la nuit du 23 novembre, Maria Amparo Pineda Eduarte , leader paysanne et présidente d’un bureau de vote pour le parti LIBRE dans Cantarranas, a été assassinée avec Julio Ramón Araujo Maradiaga après avoir quitté une formation. De nombreux autres incidents ont été relatés par d’autres observateurs.

Les membres de la délégation québécoise et canadienne demandent au gouvernement canadien de ne pas reconnaître les résultats des élections honduriennes. Il est impératif d’effectuer un décompte précis, transparent et complet, en plus d’enquêter sur les nombreux rapports d’irrégularités, d’intimidation et de menaces par les autorités.

Même quelques jours après les élections, tous les bulletins n’ont pas encore été comptabilisés ce qui n’empêchait pas le Tribunal suprême électoral d’indiquer le 26 novembre que Juan Orlando Hernández, du Partido Nacional serait le gagnant des élections avec 34 % des voix, alors que Xiomara Castro (LIBRE) en aurait obtenu 28,89%.

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