Rapport du Vérificateur général du Québec

27 novembre 2013

Les directeurs du CHUM se payent la traite

Alors que le gouvernement exige des compressions budgétaires sans précédent dans le secteur de la santé, le vérificateur général du Québec nous apprend que plusieurs cadres du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) ne semblent pas vivre sur la même planète que les travailleuses et les travailleurs de leur établissement.

Alors que le gouvernement exige des compressions budgétaires sans précédent dans le secteur de la santé, le vérificateur général du Québec nous apprend que plusieurs cadres du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) ne semblent pas vivre sur la même planète que les travailleuses et les travailleurs de leur établissement.

« Ça n’a aucun bon sens ce qui se passe dans le vaisseau amiral francophone du réseau de la santé et des services sociaux à Montréal », a commenté Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

Le directeur général du CHUM, Christian Paire, est particulièrement écorché par le rapport du vérificateur Michel Samson qui est publié aujourd’hui. M. Paire a notamment encaissé 70 000 $ de salaire au-delà de la rémunération maximale autorisée par le gouvernement. Le CHUM a versé un total 750 000 $ en trop au personnel d’encadrement de janvier 2010 à mars 2013. Plusieurs autres règles de saine gestion, d’octroi des contrats et même une loi ont été outrepassées. La question des contrats de gré à gré, sans appel d’offres, est particulièrement préoccupante.

Le gouvernement doit réagir. « On pense que ça mérite un changement de direction au CHUM. Voilà déjà plusieurs mois que des révélations viennent éclabousser la direction du CHUM. Il est maintenant temps que le gouvernement prenne ses responsabilités. On ne peut accepter plus longtemps ce climat de laisser-faire envers la direction et les firmes privées », a soutenu Jean Lacharité. Le vice-président ajoute que le ministère de la Santé doit prendre tous les moyens nécessaires pour que le public reprenne le contrôle sur les budgets octroyés par le public.

« La mauvaise gestion est tellement importante qu’elle a des impacts majeurs sur les services et sur les travailleuses et travailleurs. D’ailleurs, certains préfèrent quitter leur travail plutôt que de devoir en subir plus longtemps les conséquences», explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

La FSSS rappelle que l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal sort d’une compression de 80 M$ pour l’année 2012-2013 et qu’une nouvelle vague de réduction équivalente de ses budgets pointe à l’horizon pour 2013-2014.

PPP et mauvaise gestion

La CSN rappelle par ailleurs que l’attribution des différents contrats de service du CHUM en partenariat public-privé (PPP) risque fort d’amener de nouveaux dépassements de coût qui s’ajouteront à ceux liés à la rémunération des cadres.

La CSN estime qu’il serait très pertinent d’évaluer de façon précise et indépendante l’impact de ces PPP sur une période de 30 ans afin de déterminer s’ils sont vraiment à l’avantage du Québec. Déjà, la cession de l’approvisionnement médical à une firme américaine (Cardinal Health) soulève de nombreuses questions et fait d’ailleurs l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) rappelle que des clauses de retrait sont incluses dans le contrat de PPP du CHUM et du CUSM. La FSSS estime qu’il s’agit d’une question de courage politique.

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