Solidarité internationale

30 décembre 2012

Les projets soutenus par l'ASTM en 2012

Plus la solidarité mondiale des travailleuses et des travailleurs sera forte, plus leur rapport de force global sera important.

Mali

Améliorer la santé des femmes et des enfants

Le Mali est un des pays les plus pauvres au monde et 29 % de sa population (42 % des enfants de moins de 5 ans) sont sous-alimentés.

L’ASTM soutient un projet visant l’amélioration de l’alimentation dans quatre communes de Dioïla au Mali par la culture de moringa et la formation d’une vingtaine de villageoises chargées de renseigner leurs concitoyens quant à l’utilisation du moringa. Le moringa est un arbre facile à cultiver dont les feuilles, plus riches en vitamines, en minéraux et en protéines que la plupart des légumes, permettent de lutter contre la malnutrition et les maladies qu’elle provoque.

Le Carrefour de solidarité internationale de l’Estrie pilote ce projet de souveraineté alimentaire en partenariat avec l’association malienne Kilabo.


Guatemala

Protéger des militantes et militants

Le Guatemala est un pays particulièrement répressif, où les droits des militants sont systématiquement bafoués par les forces de l’ordre.

L’ASTM appuie le Projet accompagnement Québec Guatemala (PAQG), une organisation de défense des droits humains et syndicaux. Depuis plus de 15 ans, le PAQG envoie au Guatemala des accompagnatrices et des accompagnateurs qui, par leur présence, assurent une plus grande sécurité à des militantes et militants de la société civile. Lorsqu’ils sont témoins d’exactions, les accompagnateurs observent, documentent et dénoncent les agressions dont font l’objet des militantes et militants. Les accompagnateurs sont plus particulièrement affectés à des personnes défendant les droits humains et à des communautés subissant les répercussions sociales et environnementales de l’exploitation de mines par des entreprises canadiennes. Chaque année, PAQG forme en moyenne 5 accompagnateurs qui sont envoyés sur le terrain pour une période minimale de 3 mois auprès d’organisations guatémaltèques partenaires.


Honduras et Nicaragua

Renforcer les capacités de centrales syndicales

Au Honduras et au Nicaragua, les organisations syndicales font face à de nombreux défis notamment en ce qui a trait à l’unité syndicale, au renouveau syndical et aux accords de libre-échange.

L’ASTM appuie un projet de renforcement des capacités d’organisations syndicales : la Central Unitaria de Trabajadores de Honduras (CUTH) et la Central Sandinista de Trabajadores (CST). Le projet vise à outiller ces centrales afin qu’elles puissent affronter les défis de l’intégration régionale, à renforcer leurs capacités en matière de communication et à favoriser leur concertation mutuelle. Le projet a aussi pour but de favoriser la participation des femmes au monde du travail et au sein des organisations syndicales.

Alternatives assure la gestion administrative du projet, la CSN et ELA (Pays basque espagnol) prennent en charge la coordination et le soutien au contenu. Le projet est financé par le programme québécois de développement international du ministère des Relations internationales (MRI), la CSN et ELA. La CUT du Brésil suit de près le projet et participe notamment aux séminaires.


Mali, Sénégal et Togo

Appuyer des travailleurs de l’économie informelle

Au cours des dernières décennies, le nombre de personnes vivant de l’économie informelle a été en nette progression en Afrique de l’Ouest. Dans plusieurs pays, elles représentent aujourd’hui plus des trois quarts de la main-d’œuvre active. En règle générale, ces travailleuses et travailleurs sont mal rémunérés, vivent des conditions d’emplois précaires et ne bénéficient d’aucun système de protection sociale. De plus, ils sont mal représentés, les centrales syndicales étant plus présentes dans le secteur formel.

Au Mali, au Sénégal et au Togo, l’ASTM soutient un projet de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT) et l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) visant l’organisation et la représentation syndicale de travailleuses et travailleurs de l’économie informelle afin de mettre un terme à leur situation d’exclusion en favorisant leur reconnaissance par les pouvoirs publics ainsi que leur participation au dialogue social. Le projet a pour objectif de renforcer la capacité des organisations syndicales à intervenir dans le secteur de l’économie informelle et à y recruter des membres. Il doit également renforcer la capacité des responsables syndicaux provenant du secteur informel à bien représenter leurs mandants. De plus, le projet permettra l’élaboration ou l’amélioration d’outils d’intervention ayant pour but de soutenir les entreprises collectives dans le secteur de l’économie informelle.

La CSI-Afrique pilote le projet en partenariat avec la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT) et l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS). La CSN apporte une expertise en matière de microentreprise et l’Institut Belleville de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) fournit un apport méthodologique en plus d’accompagner l’élaboration des contenus de formation.


Guatemala – Canada

Défendre les droits des travailleuses et des travailleurs migrants

Le phénomène des migrations en Amérique centrale prend diverses formes : migrations vers le nord ou déplacements à l’intérieur de la région. Depuis quelques années, le phénomène des travailleurs migrants temporaires connaît une croissance importante au Canada. Leur nombre, qui a plus que triplé depuis 2000, est depuis 2006plus important que celui des résidents permanents admis chaque année. Si de nombreuses organisations guatémaltèques s’intéressent aux questions de migration, les programmes de travail temporaire de même que la situation des travailleuses et travailleurs migrants temporaires sont peu ou pas connus.

L’ASTM soutient un projet visant à créer une synergie entre l’éducation aux droits humains et le plaidoyer relatif à ces droits dans le but d’assurer le respect des droits des travailleurs migrants temporaires, tant au Canada qu’au Guatemala.

Au Guatemala, le projet a permis la tenue d’une conférence sur les programmes de travail temporaire au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Cet espace d’échange, de dialogue et de négociation a offert l’occasion à différents acteurs liés à cette problématique de se rencontrer. De plus, cette conférence a permis à des organisations guatémaltèques d’intégrer cette thématique à leur analyse globale du phénomène migratoire en Amérique centrale. Au Canada, des représentants d’organisations guatémaltèques ont effectué une tournée en Ontario, au Québec et en Alberta à l’automne 2012 dans le but créer des liens de solidarité entre les organisations de la société civile travaillant sur la migration temporaire au Canada, au Guatemala et en Amérique centrale, ainsi qu’avec les militants du mouvement sur la souveraineté alimentaire au Canada. Les Guatémaltèques ont amélioré leur connaissance des programmes temporaires de travail au Canada et échangé avec des groupes militants sur les modifications à apporter aux programmes de travail temporaire. Ils ont également rencontré des décideurs publics provinciaux et fédéraux canadiens et québécois et les informer des expériences des travailleurs migrants venant travailler au pays.

Le projet est mené par Inter Pares avec son partenaire Project Counselling Service (PCS) établi dans la région centraméricaine. Deux organisations guatémaltèques participent étroitement au projet : l’Association des Guatémaltèques unis pour leurs droits (AGUND) et la Pastorale de la mobilité humaine (PMH).


Haïti

Renforcer l’Union nationale des normaliens et des éducateurs haïtiens (UNNOEH)

L’Union nationale des normaliens et des éducateurs haïtiens (UNNOEH) est en réorganisation depuis son congrès de 2008. Cette organisation syndicale souffrait de déficit démocratique, de graves problèmes organisationnels et de stagnation depuis une quinzaine d’années. Sa nouvelle direction, jeune et dynamique, cherche à renforcer les capacités organisationnelles de l’UNNOEH afin que celle-ci assure une meilleure défense des droits des travailleuses et des travailleurs dans le contexte de la reconstruction d’Haïti.

L’ASTM appuie un projet dont l’objectif est de renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles de l’UNNOEH et de dynamiser ses structures de base afin qu’elle puisse contribuer à l’amélioration des conditions de travail des enseignantes et des enseignants d’Haïti et au développement durable d’Haïti par l’accomplissement efficace de sa mission dans le secteur éducatif.

La FNEEQ assure le suivi de la réalisation du projet avec l’UNNOEH.


Mexique

Syndiquer les travailleuses et travailleurs des maquiladoras

L’augmentation de la pauvreté, de la précarité des emplois, de l’importance du secteur informel, de même que l’accroissement de l’insécurité et de la violence, en grande partie dues à la lutte contre le trafic de drogue, qu’a connus le Mexique au cours des dernières années rendent beaucoup plus difficile le travail des syndicats déjà confrontés à un système de relations de travail gangrené par l’ingérence politique et les problèmes de reconnaissance des droits des travailleurs et des syndicats eux-mêmes.

La CSN soutient, depuis la fin des années 1990, le Frente Autentico del Trabajo (FAT), une organisation syndicale indépendante et progressiste mexicaine. Plus précisément, la CSN appuie les efforts de syndicalisation du FAT dans les maquiladoras, notamment dans la région de Ciudad Juárez.

Cette année, l’appui de l’ASTM contribuera à la syndicalisation de travailleuses et de travailleurs dans la vallée de Mexico de même qu’à la consolidation et à l’expansion des sections du FAT dans les domaines des métaux, des textiles, des transports et des services. Il permettra également de soutenir le travail du FAT sur les questions de l’égalité des genres dans la même région.


Haïti

Soutenir des initiatives socioéconomiques d’associations paysannes

Depuis plus de dix ans, l’Institut Karl-Lévesque développe des projets d’économie sociale et solidaire avec des organisations populaires paysannes en Haïti.

Dans le cadre de ce projet, l’ASTM appuie la réalisation d’activités d’économie sociale par des organisations paysannes dans quatre communes : élevage de chèvres, cultures maraîchères (stockage), artisanat, microcrédit (petits commerces), construction d’un moulin à grains et d’une boulangerie, etc. Ce projet vise à accroître les revenus des paysannes et des paysans des communes de Verrettes, de Petit-Goâve, de Croix-des-Bouquets et de Marigot. Il a aussi pour but de consolider la contribution des organisations paysannes de ces mêmes communes au développement durable.

Ce projet est le fruit d’un partenariat entre le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) et l’Institut culturel Karl-Lévêque (ICKL). Le projet est financé par le ministère des Relations internationales du Québec et des membres du CISO, dont la CSN et les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Québec).

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Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s'engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.