Alliance syndicats et tiers-monde

Les projets soutenus en 2016

23 mars 2017

Plus la solidarité mondiale des travailleuses et des travailleurs sera forte, plus leur rapport de force global sera important.

Honduras et Nicaragua

Renforcement institutionnel, promotion, formation et organisation des travailleuses et travailleurs dans les mines artisanales (2015- 2016)

La CSN, ELA (Pays basque), la CUT du Brésil et la CUTH se sont associées à un projet existant concernant le secteur extractif en Amérique centrale, plus particulièrement au Guatemala, au Nicaragua et au Salvador. Cette contribution a permis l’intégration du Honduras au projet et la prise en compte de la réalité des travailleurs artisanaux (économie informelle) au Nicaragua et au Honduras en collaboration avec la CST et la CUTH.

Le projet vise à renforcer le respect des droits de la personne et des libertés fondamentales dans les communautés affectées par les industries extractives transnationales dans les pays visés. Dans plusieurs pays d’Amérique centrale, les activités extractives des entreprises transnationales menacent les écosystèmes et portent atteinte aux droits environnementaux et sociaux des populations.

Le projet vise aussi à soutenir l’organisation des travailleuses et travailleurs informels du secteur minier artisanal au Honduras et au Nicaragua, dont les conditions de vie demeurent précaires : accès très limité aux services de base et à la sécurité sociale, enjeux majeurs de santé et sécurité au travail, conflits sociaux, dégradation de l’environnement (terrestre et marin) et de la santé publique.

Alternatives assure la gestion administrative du projet. La CSN, ELA et la CUT du Brésil, participent à la coordination et au contenu avec la CST et la CUTH. Le projet est financé par le programme québécois de développement international du ministère des Relations internationales (MRI) et se terminera en décembre 2016.


Haïti

« Syndicalisation et travail décent : projet conjoint afin de poursuivre l’appui au mouvement syndical haïtien » (phase 3 : juillet 2015 à décembre 2016)

Ce projet de solidarité avec Haïti coordonné par la Confédération syndicale internationale (CSI) et la Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA) a débuté après le tremblement de terre de 2010. Cette même année, la CSI a organisé le « Sommet syndical pour la reconstruction et le développement de Haïti » au cours duquel elle a défini, avec la CSA, une feuille de route pour la reconstruction et le développement syndical en Haïti.

L’objectif général est de renforcer la capacité des organisations syndicales haïtiennes à développer l’agenda pour le travail décent en Haïti. Toutes les organisations membres de la CSI ainsi que des organisations indépendantes participent à ce projet.

Les cinq priorités de la phase trois s’inscrivent dans la continuité des phases précédentes : syndicalisation, genre, protection sociale, unité d’action et secteur textile dans les maquilas. Elle comportera 16 formations pour 450 nouveaux membres. Ensuite, des formations avancées seront données aux organisateurs.

Outre le soutien de la CSI et CSA, ce projet reçoit l’appui financier et technique du Bureau des activités pour les travailleurs  (ACTRAV) de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de diverses organisations syndicales à travers le monde (CUT du Brésil, CFDT [France], CSC [Belgique]).


Haïti

Centre de formation et bibliothèque publique en Haïti, 2016 à 2019

Ce nouveau projet, coordonné par l’Internationale de l’Éducation (IE), s’inscrit dans un contexte toujours marqué par le séisme de 2010. Il a pour objectif la mise sur pied d’un complexe éducatif composé  d’un  centre de formation et de ressources pour les enseignantes et les enseignants haïtiens et d’une bibliothèque publique. Ce complexe permettra l’accès à plus de 40 000 volumes aux étudiantes et aux étudiants, aux enseignantes et enseignants de même qu’à la population générale. De plus, on y assurera la formation des futurs enseignantes et enseignants ainsi que celle des travailleuses et travailleurs déjà en fonction à l’aide de modules qualifiants leur permettant de maîtriser de nouvelles compétences menant à l’obtention du permis d’enseignement.

Ce projet est issu d’un vaste partenariat regroupant, d’une part, la Fondation haïtienne Culture et Société (FCHS) et, d’autre part, trois syndicats de l’enseignement haïtiens : l’Union nationale des normaliens et éducateurs d’Haïti (UNNOEH), partenaire de longue date de la FNEEQ et de la CSN, la Confédération nationale des enseignantes et enseignants d’Haïti (CNEH, membre fondateur de la FCSH) ainsi que la Fédération nationale des travailleurs en éducation et en culture (FENATEC).

En réponse aux demandes formulées par les syndicats haïtiens, des organisations partenaires de diverses régions du monde ont accepté de travailler ensemble afin d’atteindre les objectifs du projet : l’Internationale de l’Éducation, la FNEEQ, la CSN, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Steve Sinnott Foundation (SSF) et la National Union of Teachers (NUT) du Royaume-Uni, la Fédération canadiennes des enseignantes et des enseignants (FCE-CTF), la Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager, la National Education Association (NEA) des États-Unis ainsi que la Caribbean Union of Teachers (CUT).


Mali

« Les coopératives maraîchères féminines, des actrices de développement économique dans les communes rurales du Mali », avril 2016 à juillet 2017

De 2009 à 2011, l’ASTM a soutenu un projet visant la promotion économique des femmes et l’amélioration de l’alimentation dans quatre communes de Dioïla au Mali grâce à la culture de moringa. Puis de 2013 à 2015, un nouveau projet de culture du maïs et de warrantage, qui s’inscrit dans une démarche à long terme entre les partenaires impliqués, a été élaboré par le Carrefour de solidarité internationale de l’Estrie et l’association malienne Kilabo.

En 2016, l’ASTM a continué de soutenir ces partenaires en appuyant  un nouveau projet au Mali qui vise à accroître les revenus des femmes de quatre communes rurales du Mali. Cet objectif sera à atteint grâce à un recours accru à l’approche coopérative pour le développement des activités agricoles en soutenant la mise sur pied de trois coopératives maraîchères féminines et grâce à une augmentation de la production et de la mise en marché collective des produits maraîchers par les femmes qui bénéficieront de l’aménagement de trois parcelles collectives de production maraîchère et de  formation.

En plus d’accompagner trois coopératives maraîchères féminines, le projet va les faire reconnaître à titre d’actrices économiques dans les dynamiques villageoises et fédératives. L’approche coopérative permettra aux femmes d’accélérer la croissance de leurs activités agricoles, favorisera la durabilité des nouvelles pratiques agricoles et facilitera le partage d’expériences et d’expertises entre les coopératives à travers les dynamiques de développement communautaire des villages et les fédérations paysannes.


Sénégal, Mali et Togo 

Organisation et formation des travailleurs de l’économie informelle : séminaire de fin de projet et exercice de relance

Ce projet de trois ans a été lancé en 2012 et s’est terminé au début 2016. Il visait à soutenir l’organisation et la représentation syndicale de travailleuses et de travailleurs de l’économie informelle au Mali, au Sénégal et au Togo afin de contrer leur situation d’exclusion, de favoriser leur reconnaissance par les pouvoirs publics ainsi que leur participation au dialogue social. Au cours des dernières décennies, le nombre de personnes vivant de l’économie informelle a été en nette progression en Afrique de l’Ouest. Dans plusieurs pays, elles représentent aujourd’hui plus des trois quarts de la main-d’œuvre active. En règle générale, les travailleuses et les travailleurs qui y œuvrent sont mal rémunérés, connaissent des conditions de travail précaires et ne bénéficient d’aucun système de protection sociale. En outre, les travailleurs de l’économie informelle sont mal représentés, les centrales syndicales étant davantage présentes dans le secteur formel. Le projet cherchait donc à renforcer la capacité des organisations syndicales participantes à intervenir de manière ciblée dans le secteur informel, à y recruter des adhérentes et des adhérents et à renforcer la capacité des responsables syndicaux provenant de ce secteur de bien représenter leurs mandants.

La CSI-Afrique  a accompagné ce projet soutenu par l’ASTM et l’Institut Belleville de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) en appui à la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT) et l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS). Le séminaire de fin de projet, tenu en juin 2016 à Bamako, a permis la socialisation des résultats entre les partenaires du projet de même que l’identification des objectifs afin de poursuivre la collaboration entre les partenaires de 2017 à 2019.


Mexique

Appui au Frente Auténtico del Trabajo

Depuis la fin des années 1990, la CSN soutient le Frente Auténtico del Trabajo (FAT), une organisation syndicale mexicaine indépendante et progressiste. Avec d’autres organisations syndicales et militantes, le FAT fait la promotion des droits de la personne et participe à diverses actions d’éducation, conférences, campagnes, etc.

En 2016, l’appui de l’ASTM a permis au FAT de déployer avec d’autres syndicats authentiques une stratégie qui a amené le gouvernement mexicain à mettre fin aux conseils de conciliation et d’arbitrage et de remettre la responsabilité de la définition des accréditations syndicales et des relations de travail entre les mains de nouveaux organes, dont l’encadrement par la chambre des députés devraient les rendre plus perméables au pouvoir exécutif et à d’autres sources d’influences. Il s’agit d’une victoire très importante pour le mouvement syndical car ces conseils étaient de hauts lieux de corruption favorisant l’existence des syndicats jaunes au Mexique.

Environ 90 % des conventions collectives au Mexique sont en fait des contrats de protection des employeurs, soit des ententes entre des entreprises et des syndicats non démocratiques qui empêchent la formation de syndicats combatifs et indépendants et qui n’offrent pas de réelles améliorations des conditions de travail. L’institutionnalisation de ce modèle fait en sorte que le taux de syndicalisation est très faible au Mexique. Selon les syndicats indépendants, il serait inférieur à 10 %, ce qui signifie qu’à peine 1 % des travailleuses et des travailleurs mexicains bénéficient d’une véritable convention collective. La réforme des lois du travail de décembre 2012 a rendu la situation des travailleurs mexicains encore plus précaire, car elle favorise un recours accru à la flexibilisation et à la sous-traitance. Par exemple, le FAT représente des travailleurs de stations-service qui ne reçoivent pas de salaire, que des pourboires, et qui doivent payer pour garder leur droit de travailler. Il faut également ajouter à cela les répercussions du narcotrafic sur l’emploi et le travail ainsi que celles de l’insécurité qui en découle sur les conditions de vie. En effet, le narcotrafic est de plus en plus imbriqué avec des entreprises de secteurs variés, ce qui accroît le risque de violence envers les syndicalistes et, conséquemment, une baisse ou un arrêt de l’activité syndicale dans certains secteurs.

Dans la province de Durango, l’action du FAT a permis l’amélioration des conditions de travail des chauffeurs de taxi, de même que l’octroi de permis à un plus grand nombre de chauffeurs ce qui créera de l’emploi. Le FAT a également appuyé les démarches de dizaines de familles pauvres pour confirmer la propriété de leur maison, parfois face à des entreprises privées qui voulaient s’approprier leurs terres.

Enfin, l’appui de l’ASTM a permis plusieurs démarches d’appui à des syndicats déjà organisés, des approches envers des travailleurs membres de syndicats jaunes, des sessions de formations sur la coopération, des approches auprès de travailleuses et travailleurs non syndiqués. Le tout dans diverses régions du pays (Guanajuato, Nuevo Leon, Querétaro).


Guatamala

Projet accompagnement Québec-Guatemala (2015-2016)

L’ASTM a renouvelé sa coopération avec le Projet accompagnement Québec-Guatemala (PAQG), une organisation de  défense des droits de la personne et des droits syndicaux. Le Guatemala est un pays particulièrement répressif, où les droits des militantes et des militants, notamment de plus en plus de militants syndicaux, sont systématiquement bafoués par des forces de l’ordre au service des intérêts des multinationales.

L’année 2016 aura, elle aussi, été mouvementée sur le plan politique, avec certains éléments plus positifs, comme les procès de plusieurs ex-militaires pour disparitions forcées, crimes contre l’humanité, esclavage sexuel durant la guerre civile. Le nombre d’agressions contre les défenseur-es des droits de la personne, un phénomène en augmentation depuis l’an 2000, a connu une baisse très importante : 223 cas par rapport à 813 en 2014. La situation demeure néanmoins très préoccupante; 14 défenseur-es des droits de la personne et du territoire ont été assassinées en 2016.

Depuis plus de 15 ans, le PAQG offre de l’accompagnement aux militantes et aux militants de la société civile guatémaltèque qui sont victimes d’exactions. Il envoie sur le terrain des accompagnatrices et des accompagnateurs qui, par leur présence physique, améliorent les conditions de sécurité de ces militants en prévenant la violence à leur encontre et, le cas échéant, ils observent, documentent et  dénoncent les agressions dont font l’objet les militants.

Par ailleurs le PAQG organise de nombreuses activités au Québec en lien avec sa mission au Guatemala, conférences, publications, des rencontres et activités avec des activistes guatémaltèques de passage à Montréal, de même que la campagne d’éducation sur les droits humains au Guatemala « Visages de Résistance », dans les écoles secondaires, maisons de jeunes et cégeps du Québec.


Projets qui se sont terminés en 2016

  • Organisation et formation des travailleurs de l’économie informelle (3 ans : 2012-2015), Sénégal, Mali et Togo
  • Renforcement institutionnel, promotion, formation et organisation des travailleuses et travailleurs dans les mines artisanales (2015- 2016), Honduras et Nicaragua
  • « Syndicalisation et travail décent : projet conjoint afin de poursuivre l’appui au mouvement syndical haïtien » (phase 3 : juillet 2015 à décembre 2016), Haïti

 

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Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s'engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.