Cri d’alarme lancé par la CSDM

2 juin 2014

L’heure n’est pas aux compressions, mais au réinvestissement

Les cinq syndicats représentant le personnel enseignant et non enseignant de la Commission scolaire de Montréal reprennent le cri d’alarme lancé aujourd’hui par la CSDM et exigent que le prochain budget libéral donne lieu à un réinvestissement majeur et non pas à des compressions.

Les cinq syndicats représentant le personnel enseignant et non enseignant de la Commission scolaire de Montréal reprennent le cri d’alarme lancé aujourd’hui par la CSDM et exigent que le prochain budget libéral donne lieu à un réinvestissement majeur et non pas à des compressions. Les coupes de 640 millions de dollars depuis 2006 mettent à mal le milieu scolaire. On vit une véritable dégradation des conditions d’apprentissage, des services aux élèves et de la qualité du climat de travail.

Des réalités montréalaises qui rendent inacceptable le choix des compressions

Rappelons que les écoles de la CSDM présentent des particularités qui nécessitent plus de moyens, notamment : un plus grand nombre d’élèves en difficulté, un plus grand nombre d’élèves handicapés qui proviennent de toutes les régions, un plus grand nombre d’élèves allophones, sans compter le parc immobilier le plus vieux et le plus vétuste du Québec dont huit de ses établissements scolaires sont fermées en raison d’une mauvaise qualité de l’air.

Les fonds publics à l’école publique

Les membres du personnel sont catégoriques : pour injecter les fonds nécessaires et maintenir la qualité des services à l’école publique, le gouvernement doit avoir le courage politique de réinvestir les 550 millions de dollars réservés annuellement aux écoles privées dans le réseau des écoles publiques. Sans apport additionnel pour mettre fin aux effets des compressions des dernières années et surtout au sous-investissement, la dégradation des écoles publiques se poursuivra et les générations montantes continueront d’écoper, au détriment du Québec de demain. Les exemples sont éloquents à cet effet.

Des exemples patents de dégradation

Au niveau secondaire, le nombre de périodes d’enseignement a généralement augmenté, ce qui a pour effet de diminuer le temps que le professeur peut consacrer à la récupération, à l’encadrement et aux activités étudiantes. « Soyons clairs : on compromet ainsi les conditions d’apprentissage des élèves et par conséquent, les chances de réussite et de persévérance tout au long de leur parcours scolaire », soutient Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal.

Les élèves présentant des difficultés d’apprentissage en feront aussi les frais. En effet, selon l’étude des besoins des établissements, il faudrait ajouter au moins 216,8 postes d’enseignants, de professionnels et d’éducateurs spécialisés pour répondre aux besoins des élèves handicapés, en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation. De plus, pour soutenir les élèves en difficulté et faire de la prévention, les écoles primaires et secondaires ont identifié un manque d’environ 62,78 postes d’enseignants-orthopédagogues. Ceux-ci doivent donc prioriser et choisir quels élèves ne recevront pas de services. « C’est aussi le cas des psychoéducateurs, qui pour certains doivent suivre jusqu’à une cinquantaine d’élèves au lieu de 25-30. Par exemple, à l’école Barthélémy-Vimont, nous sommes passés d’un ratio de 10 jours par semaine pour la psychoéducation à 3 jours par semaine. Par ailleurs, la CSDM présente un ratio d’un psychologue pour 2400 élèves, le ratio le plus faible du Québec, ce qui donne lieu à des situations aberrantes. Quand il y a enfin diagnostic, les élèves sont trop souvent sans suivi », déplore Michel Mayrand, président du Syndicat des professionnelles et des professionnels du milieu de l’éducation de Montréal, CSQ.

Les postes abolis dans ces services compromettent non seulement la réussite éducative des élèves, mais aussi le climat de travail de l’école dans lequel évolue le personnel. Ces derniers subissent de plus un alourdissement indu de leurs tâches.

C’est le cas par exemple des secrétaires d’école, qui sont appelées à s’occuper d’une panoplie d’activités essentielles au bon fonctionnement de l’école : du remplacement des enseignants au suivi des enfants absents, en passant par la gestion des budgets et des suivis administratifs ou qui doivent répondre aux appels des parents et de la direction, tout cela dans le contexte d’une augmentation très importante de la reddition de comptes. « Notre monde est épuisé, voire même outré par ces compressions qui n’en finissent plus. Quand c’est rendu qu’une école dispose d’une seule secrétaire d’école pour un établissement de 500 élèves, sans autre appui, c’est inadmissible! », s’indigne Charles Allen, président de l’Association professionnelle du personnel administratif (CSN).

Même son de cloche du côté des ouvriers spécialisés et d’entretien de la CSDM, qui voit leurs tâches confiées en sous-traitance, tel que favorisé par le gouvernement. Or, dans les faits, cette sous-traitance est loin de faire économiser la CSDM : on en fait un mantra dangereux qui met en péril la vocation publique de l’école. « Par exemple, quand on sous-traite la pose de vitres pour une école, qu’elle s’effectue pendant les heures d’enseignement et que le travail est à refaire parce que les vitres sont scellées ou mal posées, on vient de dire non à l’expertise des travailleurs de la CSDM. De plus, la commission scolaire perd des sommes importantes pour corriger des travaux mal dirigés, sans compter que les sous-traitants tiennent à peine compte du contexte scolaire dans lequel ces travaux sont faits », réprouve Normand Viau, président du Syndicat national des employées et des employés de la CSDM (CSN).

Finalement, les écoles de la CSDM, déjà caractérisées par leur vétusté, sont mal entretenues, faute de ressources dévolues pour ce faire. « Quand on demande à un concierge de s’occuper de l’entretien de 20 classes, deux fois par jour durant le même quart de travail parce que les locaux servent à la fois au service de garde, pour le dîner, et pour l’enseignement, sans compter les autres menus travaux qu’il doit faire, on frise le ridicule », se désole Sylvain Paré, président de l’Association des concierges des écoles du district de Montréal-CSN. À cette tâche d’entretien quotidien des classes, s’ajoute l’entretien additionnel des locaux occupés chaque jour jusqu’à 23 h, de même que la fin de semaine, par des activités organisées par la Ville de Montréal. « Et cela, sans ajout de personnel, qui peine tout autant devant la lourdeur de la tâche tant il manque de ressources pour respecter les normes d’entretien et de sécurité pour les élèves et le personnel », rajoute Sylvain Paré.

Offrir une éducation publique de qualité, gratuite et de proximité, nécessite que l’on investisse dans ce bien commun si l’on veut favoriser la réussite de nos élèves.

Investir dans l’avenir de nos enfants, et de notre société en devenir n’est pas une dépense. Comme disait Abraham Lincoln : « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayer l’ignorance ».

Les syndicats de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, le Syndicat des professionnelles et des professionnels du milieu de l’éducation de Montréal, la CSQ, l’Association professionnelle du personnel administratif (CSN), le Syndicat national des employées et des employés de la CSDM (CSN) et l’Association des concierges des écoles du district de Montréal-CSN comptent environ 16 000 personnes salariées

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