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Menace de démembrement de la CSDM

Mouvement unanime d’opposition

Confrontés aux diverses déclarations du ministre de l’Éducation quant au sort qu’il entend réserver à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) dans son projet de restructuration, les cinq syndicats représentant le personnel de cette commission scolaire annoncent des actions concertées pour contrer le projet de démembrement de la CSDM.

Selon les scénarios envisagés à ce jour par le ministre, le redécoupage proposé de la carte scolaire entraînerait le transfert de plus de 30 % des élèves de la CSDM vers l’une ou l’autre des deux autres commissions scolaires francophones sur l’île de Montréal. « Son intention d’affaiblir la commission scolaire, déjà considérée comme la plus défavorisée au Québec, laisse des doutes quant à sa volonté réelle de tout mettre en œuvre pour soutenir l’école publique au cœur de Montréal. Pour l’instant, les différents scénarios présentés ainsi que les promesses faites à l’emporte-pièce ne rassurent pas le personnel, au contraire, ceux-ci ne font que contribuer à l’augmentation du sentiment d’insécurité et de colère dans les milieux », d’affirmer madame Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.

Par ailleurs, un tel démembrement aurait, sans aucun doute, des effets négatifs sur l’accès aux services pour tous les élèves du territoire actuel de la CSDM en raison, entre autres, de sa politique d’accessibilité aux divers établissements, indépendamment des quartiers de résidence des élèves. Ainsi, des écoles et des centres ayant développé une expertise particulière, comme c’est le cas de l’école Marie-Anne pour raccrocheurs dans le quartier Ahuntsic, pourraient ne plus accueillir certains élèves. Des doutes subsistent aussi dans certains quartiers où la perte d’une école secondaire au profit d’une autre commission scolaire limiterait le nombre de places pour accueillir les élèves des écoles primaires environnantes, les forçant à allonger les trajets pour se rendre dans une école secondaire d’un autre quartier, sans qu’on puisse garantir qu’il y aura suffisamment de places pour les accueillir. On voudrait favoriser l’exode vers les écoles privées qu’on ne s’y prendrait pas mieux.

« Un tel bouleversement aurait aussi des effets néfastes au sujet du Programme de qualité de l’air intérieur. Nous avons pris des moyens depuis quelques années, avec la Coalition pour des écoles saines à la CSDM et le Comité de vigie pour s’attaquer et encadrer le déficit d’entretien de la commission scolaire », selon monsieur Normand Viau, président du Syndicat national des employées et employés. « Tout ce travail pourrait devoir être repris à zéro si des édifices sont transférés dans les autres commissions scolaires et de surcroît laisser plus longtemps le personnel et les élèves dans des bâtiments vétustes », d’ajouter monsieur Sylvain Paré, président de l’Association des concierges du district de Montréal.

Pour leur part, les membres du personnel administratif, technique et des services de garde de la CSDM déplorent que l’on prétende viser une amélioration des services aux élèves alors qu’il n’est question que de structures présentement dans l’espace public. Le président du syndicat, monsieur Charles Allen s’inquiète des effets sur les élèves, de l’instabilité qui serait ainsi engendrée par les mouvements massifs de personnel d’une école à l’autre. « Le ministre ne semble pas conscient de la fragilité de la dynamique scolaire, spécifiquement à Montréal, en raison des défis particulièrement exigeants que doit relever l’école publique. Le chambardement annoncé ne peut que nuire aux efforts concertés que nous faisons pour rehausser le taux de réussite scolaire. L’affectation de membres de personnel pour viser l’égalité des chances de réussite comme les éducatrices de service de garde ou les techniciens en éducation spécialisée est faite en fonction des besoins réels des élèves et non pas d’un simple calcul mathématique », d’ajouter monsieur Allen.

« L’instabilité se répercuterait sur l’ensemble du territoire de la CSDM, aussi bien que dans les deux autres commissions scolaires », explique le président du Syndicat des professionnelles et professionnels du milieu de l’éducation de Montréal (SPPMEM-CSQ), monsieur Michel Mayrand, qui s’exprime au nom des cinq syndicats d’employés. En effet, les dispositions relatives à l’ancienneté, inscrites dans les conventions collectives, pourraient inciter certains salariés à se désister de leur poste pour être mutés dans un autre établissement du territoire actuel afin de demeurer à la CSDM. D’autre part, ceux et celles qui seront transférés, par choix ou par obligation, pourraient supplanter les collègues de la commission scolaire qui les accueillera en raison de leur ancienneté.

Devant tant d’inconvénients, aucun des intervenants ne s’explique ce qui a pu faire germer une telle idée dans la tête du ministre. Craignant à leur tour que ce geste s’inscrive en représailles envers la CSDM en raison de son refus d’effectuer de nouvelles coupes budgétaires, une fois l’année scolaire commencée, les porte-parole, comme leurs membres qui envoient cette semaine des cartes postales à cet effet, pressent le ministre de clarifier ses intentions et de préciser les motifs de son projet ainsi que les résultats escomptés en termes de qualité ou d’accessibilité des services aux élèves et de réduction des coûts d’administration.

Enfin, tous ces artisans de l’école publique de la CSDM invitent les élus municipaux, tous partis confondus et dans tous les arrondissements, à grossir les rangs de leur mouvement pour préserver le territoire et l’expertise de cette commission scolaire.

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