Assurance-autonomie

28 février 2014

Pas de changement sans financement

La CSN dénonce vigoureusement la volonté gouvernementale de lancer un virage majeur vers l’assurance-autonomie sans que l’argent nécessaire ne suive.

La CSN dénonce vigoureusement la volonté gouvernementale de lancer un virage majeur vers l’assurance-autonomie sans que l’argent nécessaire ne suive. Les établissements de santé devront en effet se contenter du 3 % d’augmentation prévue dans le dernier budget pour mettre en place une hausse des services à domicile et n’auront même pas accès au 110 M$ d’argent neuf par an qui avait été promis pour ce virage. Or, cette hausse de 3 % du budget global de la santé ne suffira même pas à couvrir les hausses de coût prévisible des soins et services en place.

« Il faudrait 500 M$ par an dès la première année pour faire passer la part des services à domicile de 16 % à 40 % des besoins », affirme Jean Lacharité, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Ce dernier ne comprend d’ailleurs pas le changement de vision du ministre Réjean Hébert sur ce sujet. « Avant d’être ministre, en 2008, il estimait qu’il faudrait 500 M$ pour toujours dans le système pour assurer le maintien à domicile », souligne Jean Lacharité, qui se demande si le ministre suivra son propre conseil. « Il est impensable d’effectuer des compressions ailleurs dans le système pour financer l’assurance-autonomie sans un délestage d’autres services», estime Jean Lacharité.

Les besoins grandissants de la population et la hausse des dépenses en médicaments entraînent en effet déjà une pression très élevée sur les soins et services existants. Les compressions des services déjà en cours dans le système sont par ailleurs dénoncées par des syndicats, des groupes d’usagers, par le Protecteur du citoyen et par l’Association québécoise des établissements en santé et services sociaux (AQESSS). « Cette situation va forcément accentuer la privatisation des soins et services », estime par ailleurs Jean Lacharité, qui entrevoit que l’absence de financement suffisant va déboucher vers une tarification auprès des personnes âgées ou handicapées qui ont les moyens.

Fiscalité

« Ultimement, un débat sur la fiscalité devra être entrepris si on veut offrir des soins et des services décents à nos personnes âgées », ajoute Jean Lacharité. Mettre fin aux ententes qui légalisent l’accès aux paradis fiscaux serait une des approches qui permettrait de renflouer les coffres de l’État.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

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