Nouvelles règles de financement et frais de scolarité

15 mai 2018

Québec accroît l’iniquité entre les universités

La déréglementation des frais de scolarité va grandement favoriser les universités des grands centres urbains au détriment des établissements du réseau de l’Université du Québec. Cette orientation fait des diplômes un bien qui se négocie sur le marché national et international et participe à la marchandisation de l’éducation.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) a pris connaissance des intentions de la ministre David, rapportées par La Presse aujourd’hui. La fédération s’oppose à la libéralisation des droits de scolarité et à ce que les étudiantes et les étudiants internationaux deviennent une source de financement permettant le désengagement de l’État dans le financement de l’enseignement supérieur.

Pour la FNEEQ-CSN, ces nouvelles règles créeront des iniquités entre les universités et auront notamment des impacts sur l’avenir et le développement des établissements en région. À McGill et Bishop’s, par exemple, les étudiants canadiens non résidents du Québec et les étudiants étrangers représentent près de la moitié de l’effectif total. Or, c’est loin d’être le cas des universités du réseau de l’Université du Québec en région. La déréglementation des frais de scolarité va donc grandement favoriser les universités des grands centres urbains au détriment des établissements du réseau de l’Université du Québec qui en accueillent très peu. Cette orientation fait des diplômes un bien qui se négocie sur le marché national et international et participe à la marchandisation de l’éducation.

Les universités en région semblent être les grands oubliés par cette annonce de la ministre qui prévoit aussi un financement plus généreux des programmes de maîtrise et de doctorat. Leur offre de formation de deuxième et troisième cycles étant beaucoup plus réduite, elles seront donc, encore une fois, nettement défavorisées par rapport aux «grandes» universités.

Jean Murdock, président de la FNEEQ-CSN, questionne la décision de la ministre de procéder par règle budgétaire pour encadrer les salaires et les bonifications des recteurs. «Il est temps de mettre fin à la tendance des dernières années qui a conduit les recteurs, principalement ceux des universités à charte, à s’apparenter à de hauts dirigeants d’entreprise», conclut-il.

Enfin, selon Jean Murdock, «ces annonces sont une autre démonstration des décisions prises à la pièce sans véritable vision du développement et de la mission des universités au Québec. C’est pourquoi la FNEEQ-CSN réclame la création d’un conseil des universités qui aurait une fonction de conseil et de coordination du développement du réseau universitaire. Plus encore, une loi-cadre devrait définir les assises du contrat social entre les universités et la société québécoise, ainsi que le cadre de référence entre les universités et l’État.»

Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. La fédération est l’une des huit fédérations affiliées à la Confédération des syndicats nationaux.

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Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s'engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.