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Syndicalisation

Photo : Raynald Leblanc
Photo : Raynald Leblanc

Un rapport d’étape encourageant

Au congrès de 2014, il a été décidé que nous devions nous attaquer à la syndicalisation dans le secteur privé d’ici 2020. Jean Lacharité a donc présenté un rapport d’étape de mi-mandat.

À la suite de cette décision, un module privé a été créé au sein de l’équipe de la syndicalisation qui a été pris en charge par cinq conseillères et conseillers syndicaux.

Un plan stratégique a été conçu avec des objectifs précis : favoriser de nouvelles approches, mettre l’accent sur le secteur privé, notamment l’industrie manufacturière et le commerce.

Il faut dire que nous avons vécu une décroissance marquée de la syndicalisation dans le secteur privé avec environ 156 000 emplois en moins depuis 2004. Il y a eu un déplacement des emplois traditionnellement syndiqués vers des secteurs non syndiqués.

État des travaux

La première phase des travaux touche aux juridictions de la FIM et de la FC, avec les secteurs du béton, des structures d’acier, des entrepôts, de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie.

En créant le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des industries manufacturières (STTIM), un syndicat national comptant des sections autonomes, la CSN explore une approche innovante. Celle-ci nous permettra de faire face aux pertes des dernières années, d’accroître la syndicalisation à la FIM et d’éliminer le refus d’organiser des petits groupes de travailleuses et de travailleurs. Pour les 25 membres et moins, nous devions procéder au cas par cas et souvent, nous refusions, mais bien à contrecœur.

Le fonctionnement est simple : le comité exécutif du STTIM est le comité exécutif de la FIM et la fédération se charge de gérer la trésorerie. L’autonomie de la section locale touche donc à tout ce qui entoure la négociation : le projet de convention collective, la négociation elle-même, l’acceptation de cette convention collective et la décision des moyens de pression.

Actuellement, nous comptons déjà une section locale et deux autres sections sont actuellement en exploration et en devenir. Notre approche est donc innovante et exportable à d’autres fédérations.

Un autre des objectifs visait à nous donner une visibilité sur le terrain, où nous nous sommes déployés. Nous avons donc loué des panneaux publicitaires, nous avons aussi acheté des publicités sur les cantines qui desservent les lieux que nous visons et nous avons également produit des napperons publicitaires que nous plaçons dans des restos à proximité de ces mêmes endroits.

Nous avons également développé le réseau des agents multiplicateurs en syndicalisation. Actuellement au nombre de 180, ces militantes et ces militants ont pour mandat de couvrir le terrain, de trouver des poteaux et d’explorer les cibles potentielles. Notre objectif est ambitieux mais réaliste : d’ici 2020, nous voulons recruter et former 1000 AMS.

Pour les travailleurs occupant des emplois atypiques, nous avons organisé des partenariats avec des groupes de défense des droits avec la perspective d’une syndicalisation éventuelle. Nous travaillons, entre autres, avec l’Association des travailleuses et des travailleurs d’agences de placement, l’Association des travailleuses et des travailleurs étrangers temporaires et l’Association des travailleurs immigrants. Plusieurs enjeux touchent à ces salarié-es précaires, dont l’employeur n’est jamais clairement identifié et qui sont trop souvent payés au salaire minimum. La santé et la sécurité du travail constituent un enjeu majeur.

Un autre projet pilote d’adhésion sur une base individuelle est actuellement en marche mais, pour le moment, le projet est encore trop embryonnaire pour en mesurer les résultats. L’idée générale consiste à entrer en contact avec des salarié-es nonsyndiqués afin de leur offrir des services d’information et de références diverses pour soutenir leurs droits au travail.

Lors du congrès de 2020, nous pourrons à nouveau nous pencher sur ces avenues prometteuses qui visent à renforcer le syndicalisme à la manière de la CSN.

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