Rapport de l'Institut de la statistique du Québec

29 novembre 2018

Rémunération dans les services publics : un retard toujours important

L’apport à la société québécoise de ces hommes et surtout de ces femmes, qui comptent pour plus de 75 % des employé-es du secteur public, doit être considéré à sa juste valeur.

« Bien que le retard de rémunération des salarié-es du secteur public se soit atténué en 2018, il demeure encore préoccupant. »

C’est le premier constat des centrales syndicales à la lumière des résultats de l’enquête annuelle de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publiée ce matin. Ces derniers révèlent que le retard salarial du secteur public s’élève à 13,7 % alors qu’il était de 13,9 % l’année passée.

Du côté de la rémunération globale – qui inclut le salaire, le régime de retraite et les autres avantages sociaux – on observe une diminution du retard qu’accusent les employé-es de l’État par rapport aux autres salariés québécois. Ce retard a diminué de deux points de pourcentage pour s’établir à 6,6 % en 2018. « Attention, la réduction de l’écart résulte avant tout d’une détérioration des conditions dans les autres secteurs, constate Daniel Boyer, président de la FTQ. Les attaques sur les régimes de retraite dans le secteur privé, dans les municipalités ou au fédéral commencent à paraître dans les données. » L’enquête de l’ISQ vient confirmer que le coût du régime de retraite des employés du gouvernement du Québec est inférieur à la moyenne des autres salariés québécois.

Dans un contexte où autant les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ou de la fonction publique font face à des défis croissants de pénuries de main-d’œuvre, ce retard salarial ne peut qu’aggraver les choses. Pour la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, le constat est dramatique : « Non seulement les compressions de la dernière décennie ont provoqué un alourdissement de la charge de travail et une détérioration des conditions d’exercice qui mènent de plus en plus à des cas d’épuisement professionnel, mais, en plus, le personnel des réseaux ne peut même pas compter sur un salaire à la hauteur de son travail. Si le gouvernement veut attirer et retenir les employé-es les mieux qualifiés, il faudra impérativement donner un coup de barre du côté des conditions de travail et de la rémunération. »

« Avec des surplus budgétaires annoncés de plusieurs milliards de dollars, le gouvernement du Québec, qui est le plus grand employeur, n’a pas d’excuse pour refuser d’offrir des conditions salariales justes et équitables à toutes celles et ceux qui choisissent de prendre soin, d’éduquer, de donner des services à la population. L’apport à la société québécoise de ces hommes et surtout de ces femmes, qui comptent pour plus de 75 % des employé-es du secteur public, doit être considéré à sa juste valeur », conclut Jacques Létourneau, président de la CSN.

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