Droits des travailleurs

Salarié-es à pourboires : Unissez-vous !

Photo : Martin Petit
Les salarié-es à pourboire d’expérience connaissent très bien les nombreuses raisons qui ont poussé les travailleuses et travailleurs de plus d’un établissement à se syndiquer.
Par Martin Petit
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Le Point syndical a rencontré Sébastien Rousselle, barman depuis cinq ans au bar Dom Pérignon du Ritz-Carlton, à Montréal, afin qu’il nous entretienne des effets positifs de la syndicalisation sur la pratique de son métier.

« Ici, au Ritz-Carlton, je reçois tout le salaire auquel j’ai droit puisque l’employeur ne joue pas dans les pourboires à sa guise. Tout est calculé clairement, ce qui favorise un traitement égal entre les serveuses et serveurs.

En général, dans notre secteur, il y a beaucoup d’abus de la part des employeurs. Quand vous êtes syndiqués, vos conditions de travail sont protégées, il y a moins de situations aléatoires, que ce soit pour les horaires, les heures, l’ancienneté, les vacances ; ça facilite les relations avec l’employeur. Si on rencontre l’employeur et qu’un représentant du syndicat nous accompagne, les échanges sont respectueux et les ententes sont plus faciles.

« J’ai travaillé longtemps dans la restauration non syndiquée et dès que je vivais des tensions avec le gérant, on me coupait mes heures, on me donnait des horaires moins payants, les sections les moins payantes, donc, je gagnais moins d’argent. Dans ce temps-là, c’est certain que ça vous donne le goût de quitter votre poste pour aller voir ailleurs. Et si c’est sans raison particulière que le gérant ne vous aime pas, c’est l’arbitraire total qui règne et qui vous pousse à partir. »

Des bonnes conditions, c’est bon pour la clientèle
« En ce qui concerne la fidélité de la clientèle, les clients réguliers aiment bien voir et revoir les portiers, les serveurs et tout le personnel qu’ils croisent à chaque visite. Que ce soit une clientèle qui revient chaque semaine ou même après une année, les travailleuses et travailleurs qui cumulent une grande expérience dans un établissement offrent un meilleur service et des produits d’une plus grande qualité. Et la qualité des emplois offerts par un employeur attire les salarié-es d’expérience qui vont offrir le meilleur d’eux-mêmes et d’elles-mêmes. Un grand roulement de personnel n’est pas un gage de qualité. C’est plutôt lorsqu’on sait garder sa main-d’œuvre qu’on donne à sa clientèle la meilleure expérience qui soit. »

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