L’aide juridique en grève pendant la période des Fêtes

Devant la menace de sanctions disciplinaires à l’endroit d’avocates et d’avocats des services d’aide juridique de la région de Montréal et de Laval, ceux-ci exerceront leur droit de grève à compter d’aujourd’hui, et ce, jusqu’au 27 décembre prochain.

Les services de garde et de visio-comparution de l’aide juridique pour tout le Québec étant assumés, lors des journées fériées, par les avocats et avocates de la région montréalaise, c’est l’ensemble des opérations de la Commission des services juridiques qui s’en trouvera affecté pendant le temps des Fêtes.

Cette semaine, l’employeur a d’abord interpellé le Tribunal administratif du travail pour tenter d’empêcher toute forme de moyens de pression pendant la période des Fêtes. Il a ensuite fait volte-face et décidé d’imposer des horaires de travail pour les jours fériés à venir, menaçant de sanction disciplinaire tout avocate ou avocat qui se montrerait indisponible pour assurer de telles assignations, alors que leur convention collective le leur permet clairement.

« Nous refusons de laisser libre cours à une telle intimidation envers les avocates et avocats que nous représentons », de déclarer Me Justine Lambert-Boulianne, présidente du Syndicat des avocats et avocates de l’aide juridique de Montréal et Laval–CSN. « Nous n’avons d’autre choix que de protéger collectivement les membres de notre syndicat qui sont directement menacés de telles représailles par notre employeur. »

« Dans le contexte de crise que vit actuellement le système de justice, il est étonnant que la partie patronale et le Conseil du trésor ne choisissent pas plutôt de régler, pour de bon, le dossier des avocates et avocats de l’aide juridique en maintenant les conditions de travail qu’ils ont acquises et renouvelées depuis plus de 30 ans. Ils semblent préférer traiter avec mépris les acteurs de première ligne de notre système de justice plutôt que d’assurer la protection des plus vulnérables et éviter les bris de service majeurs », ajoute Me Lambert-Boulianne.

La parité salariale en jeu

Rappelons qu’au cours 30 dernières années, le principe de parité salariale entre les avocates et avocats de l’aide juridique et les procureurs de la Couronne a toujours été reconduit avec Québec. Lors de la toute dernière négociation, cette parité salariale avait été retrouvée au tout dernier jour de la convention collective, soit le 31 décembre 2019.

Malgré un litige devant les tribunaux, les procureurs de la Couronne ont tout de même convenu avec le gouvernement, en décembre dernier, d’un règlement temporaire prévoyant des augmentations de 10 % sur quatre ans pour les procureurs de la Couronne.

En dépit de cette entente avec les avocates et avocats de la Direction des poursuites criminelles et pénales, Québec refuse d’accorder les mêmes hausses salariales aux avocats de l’aide juridique, restant campé sur des offres de 2 % par année sur trois ans.

Le Syndicat des avocats et avocates de l’aide juridique de Montréal et Laval–CSN représente près de 125 membres. Il est affilié à la Fédération des professionnèles–CSN. Fondée en 1921, la CSN regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Novago et Sollio ont perdu leur esprit coopératif

Après plus d’un an de conflit de travail, l’ensemble de la CSN est de nouveau venu en appui au Syndicat des travailleuses et travailleurs de la COOP Lanaudière-CSN, qui est en grève depuis le 30 septembre 2021.

À la veille de l’Halloween, l’événement a pris la forme d’un cortège funèbre pour enterrer l’esprit coopératif de Novago et du grand groupe coopératif québécois Sollio, dont la coopérative de Joliette fait partie.

« Ce fut un dur combat depuis plus d’un an maintenant, mais il n’est pas question pour nous de laisser tomber notre syndicat ni les gains que nos membres ont réalisés depuis 50 ans. Il est grand temps que notre employeur comprenne ce message et évite de nous laisser dehors pour un deuxième hiver de suite », affirme Nicole Lambert, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la COOP Lanaudière-CSN. Rappelons sur ce point que Novago a exigé dès le début d’importants reculs salariaux, alors que nous sommes en pleine période d’inflation élevée et de pénurie de main-d’œuvre ! Le syndicat est maintenant convoqué devant le conciliateur pour une négociation le 24 octobre prochain.

« Scabs » en télétravail

Une des raisons qui permet à Novago de faire perdurer le conflit est l’utilisation de scabs en télétravail. Ce fait a été reconnu par le Tribunal administratif du travail, le 25 mars dernier. « Il faut maintenant que la jurisprudence s’adapte à notre siècle, d’autant plus que le télétravail est devenu une réalité encore plus présente depuis la pandémie. La possibilité d’utiliser des briseurs de grève en télétravail sans réelles conséquences déséquilibre notre rapport de force avec les employeurs du Québec et avec Novago en particulier. Il va falloir que Jean Boulet, ministre du Travail, en tienne compte s’il s’intéresse au sort des travailleuses et des travailleurs », a soutenu Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Bons résultats financiers

Les travailleuses et les travailleurs de Novago sont d’autant plus en colère en raison de cette situation que l’entreprise a dégagé des ristournes de 3,1 millions de dollars dans son dernier exercice financier, en plus d’investir 200 000 $ dans la communauté. Les travailleurs demandent seulement une augmentation raisonnable en cette période d’inflation élevée. « C’est complètement contre-productif, surtout lorsque l’on sait que certains employeurs, comme Olymel qui fait également partie de grand groupe coopératif Sollio, rouvrent les conventions collectives pour améliorer les salaires de départ et s’assurer de retenir et d’attirer la main-d’œuvre », indique Nancy Mathieu, secrétaire générale de la Fédération du commerce-CSN).

Solidarité nationale

« Malgré la difficulté de cette grève, je suis fière de nos syndicats de Lanaudière et de partout au Québec qui ont appuyé le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Coop Lanaudière-CSN depuis le début. En fait, c’est l’ensemble de la CSN qui est derrière vous », a lancé Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière-CSN.

Santé et services sociaux : les solutions résident dans un réseau public fort

La CSN invite le ministre de la Santé, Christian Dubé, celui des Services sociaux, Lionel Carmant, tous deux nouvellement reconduits dans leurs fonctions, et plus largement le gouvernement de la CAQ, à faire preuve d’écoute et d’ouverture à l’égard des travailleuses et des travailleurs, qui proposent de multiples pistes de solutions afin de corriger les lacunes du système de santé et de services sociaux.

 « Après plus de deux ans de pandémie, force est de constater que les services dans la santé et les services sociaux peuvent et doivent être renforcés, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Des années d’austérité budgétaire et de réformes centralisatrices ont laissé notre réseau en bien mauvais état pour faire face à la crise. Certains seront tentés de profiter de cet état de fait pour promouvoir encore plus la privatisation. Bien au contraire, nous sommes d’avis que ce qu’il faut prescrire pour le réseau, c’est la déprivatisation, la décentralisation et la démocratisation. Nous ne ferons pas que le clamer, nous en ferons la démonstration. »

Dès les prochaines semaines, la CSN mettra de l’avant de nouvelles initiatives afin d’insuffler un vent de changement positif dans le réseau. La CSN entend nouer des alliances avec d’autres partenaires qui ont à cœur l’avenir des services publics. Elle continuera à prendre part à toute discussion avec le gouvernement concernant l’avenir du réseau. Rappelons que la CSN et d’autres acteurs du réseau mènent actuellement des discussions avec des représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux pour dégager des voies de solution, suivant l’annonce du plan santé par le gouvernement en avril. De plus, la CAQ a récemment annoncé son intention de favoriser l’émergence de mini-hôpitaux complètement privés qui viendraient notamment exacerber l’exode de la main-d’œuvre hors du secteur public.

Vraiment public
Or, contrairement à ce qui est parfois véhiculé, la place occupée par le privé dans nos services de santé et nos services sociaux est déjà beaucoup plus importante qu’ailleurs dans les pays industrialisés. « Évidemment, les tenants de la privatisation nous la présentent comme un ajout se greffant au système existant, mais dans les faits, on constate que le privé coûte globalement plus cher et qu’il est plus inégalitaire et plus complexe à encadrer pour les pouvoirs publics. L’avenir du réseau public concerne l’ensemble des travailleurs et travailleuses de tous les secteurs d’activité et, plus largement, tous les citoyens et citoyennes. Nous devons avoir une voix au chapitre. On ne veut plus de réformes imaginées dans des bureaux feutrés. Les solutions viendront du terrain », de conclure Caroline Senneville.

Un rôle accru pour les CLSC
« Le débat sur la privatisation des services n’a rien de nouveau, poursuit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc. Un vieux dicton dit que la meilleure façon de noyer un chien est de crier qu’il a la rage, mais le réseau public doit vivre, car il n’a pas la rage. Par exemple, 20 ans après leur création, force est de constater que les groupes de médecine familiale (GMF), qui relèvent du privé, ont échoué tant en ce qui a trait à l’accès de la population aux services qu’au désengorgement des urgences. Les CLSC, qui devraient être la porte d’entrée de première ligne, ont plutôt vu une partie de leur personnel être transférée dans les GMF. Au contraire, nous croyons que les CLSC doivent jouer un rôle accru. »

Déterminants sociaux de la santé
« La santé physique et mentale de la population, ça ne se limite pas à ce qui se fait dans les établissements, enchaîne le président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Danny Roy. Il faut avoir une approche globale prenant par exemple en compte les déterminants sociaux de la santé tels que le logement, l’accès à l’éducation et aux services de garde éducatifs, l’amélioration des conditions de travail ou encore les moyens à mettre en place pour assurer à toutes et à tous un niveau de revenu décent. Par ailleurs, bien du travail doit être fait à plusieurs égards, notamment pour assurer une offre adéquate en soutien à domicile, pour renforcer les services à la jeunesse, pour relever les énormes défis auxquels nous faisons face en santé mentale ou encore pour contrer les pénuries de main-d’œuvre. Ce ne sont que quelques-uns des chantiers qui nous attendent. »

Le syndicat du Hilton Tremblant demande le retour de l’employeur à la table de négociation

En lock-out depuis le mois d’août, les travailleuses et les travailleurs de l’hôtel Hilton de Tremblant ont manifesté, ce midi, devant l’hôtel Humaniti de Montréal, autre établissement appartenant à leur employeur, le groupe Urgo.

Accompagnés de dizaines de sympathisants de la CSN, les travailleuses et les travailleurs ont occupé l’entrée de l’hôtel afin de forcer leur employeur à revenir à la table de négociation.

« Depuis le 15 août, l’employeur n’a même pas voulu se présenter à la table de négociation, déplore le président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Station Mont-Tremblant–CSN, Benoit Filion. Les employé-es du Hilton Homewood Suites gagnent jusqu’à 5 $ l’heure de moins que dans les hôtels du même acabit sur la montagne. Malgré la pénurie de main-d’œuvre, malgré les difficultés grandissantes à trouver du personnel, l’employeur s’est montré inflexible, préférant laisser ses employé-es sur le trottoir depuis bientôt deux mois plutôt que de venir négocier. C’est tout à fait inacceptable ! »

Nommé au dossier, un conciliateur du ministère du Travail a convoqué les parties à la table de négociation mardi prochain.

Responsable du secteur de l’hôtellerie à la CSN, le trésorier de la Fédération du commerce–CSN, Michel Valiquette, regrette un tel comportement de la part de la partie patronale. « Notre marque de commerce a toujours été de négocier des conditions de travail similaires pour des hôtels comparables, rappelle-t-il. Ainsi, nous avons pu améliorer les conditions de vie de nos membres, tout en permettant aux hôtels de demeurer compétitifs. Malheureusement, certains employeurs désirent malgré tout maximiser leurs profits sur le dos de leurs employé-es. C’est sans compter sur la détermination et la solidarité des travailleuses et des travailleurs de l’hôtellerie et de leurs multiples appuis au sein du mouvement CSN. »

À propos

En lock-out depuis le 26 août dernier, les employé-es du Hilton Homewood Suites de Tremblant sont sans convention collective depuis le 30 juin. La section Hilton du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Station Mont-Tremblant–CSN regroupe 24 salarié-es, alors que le syndicat général représente les 900 employé-es des différentes installations de la montagne. Fondée en 1921, la CSN regroupe 325 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

La FEESP–CSN rectifie les faits

À la suite des négociations de cette semaine et de « l’entente de principe » intervenue hier entre le gouvernement et la Fédération des transporteurs par autobus (FTA), la Fédération des employées et employées de services publics (FEESP-CSN) tient à corriger plusieurs faits diffusés dans les médias cette semaine qui induisent la population en erreur.

« Il y a plusieurs informations qui circulent et qui laissent croire qu’au final, ce seront les conductrices et les conducteurs de véhicules scolaires qui vont accepter ou refuser cette entente de principe, mais dans les faits, ce sont les transporteurs qui devront accepter ou non les paramètres que la FTA a négociés en leur nom. Le processus de négociation entre chaque transporteur individuel et les centres de services scolaire qu’ils desservent reste exactement le même et plusieurs contrats ne sont pas encore signés à l’heure actuelle. À titre d’exemple, mon employeur, Autobus Gil-Ber, n’a pas de contrat signé avec les centres de services scolaire que nous desservons et il devra négocier prochainement chaque circuit. Rien n’est donc réglé et il se peut fort bien que des transporteurs refusent de signer certains contrats », souligne Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP-CSN.

Des informations diffusées dans les médias laissaient croire que des grèves étaient possibles dans le secteur alors que la grande majorité des syndicats ne sont pas en négociation avec leur employeur et que de ce fait, ils n’ont pas le droit de grève. Il a même été question de grève des transporteurs alors que les employeurs n’ont jamais eu le droit de grève.

« Dans les faits, l’expression « entente de principe » réfère à un document qui contient des clauses sur lesquelles les parties se sont entendues et qui les engagent légalement. Or, l’entente entre le gouvernement et la FTA n’engage pas du tout les transporteurs. Au mieux, celle-ci sert de guide qui permettra à chaque transporteur de négocier ses contrats. Et le plus important, même si les conductrices et conducteurs souhaitent vivement une bonification importante de leurs salaires, elles et ils n’ont rien à voir ou à dire dans ce processus » de conclure madame Dubé.

La présidente du Secteur transport scolaire a diffusé une vidéo sur sa page Facebook visant publiquement à rectifier les faits : https://www.facebook.com/STS.FEESP.CSN/videos/5661815727239114

SQDC : les syndiqué-es manifestent à Québec et à Montréal

Dans le cadre de l’exercice de leur mandat de grève, ce mercredi 15 juin, les membres du Syndicat des employées et employés de la SQDC (SEESQDC–CSN) ont manifesté à Québec devant le Conseil du trésor et à Montréal, au Centre de commerce mondial où se trouvent les bureaux de Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor. En lock-out depuis le 15 mars 2022, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN) ont appuyé leurs camarades du SEESQDC–CSN en allant manifester devant le siège social de la Société québécoise du cannabis du Québec à Montréal.

« Alors que les vacances estivales arrivent à grands pas, nos négociations piétinent toujours sur la question des salaires et, visiblement, notre employeur n’a toujours pas de mandat du Conseil du trésor pour le règlement des clauses à incidence financière, de déclarer Maxime Nadeau, président du syndicat. Nous exerçons donc une autre journée de grève aujourd’hui avec des mobilisations à Québec et à Montréal et nous réitérons notre revendication centrale visant à obtenir la parité avec nos collègues de la Société des alcools du Québec (SAQ). Alors que nous effectuons sensiblement le même travail qu’elles et eux, nous affichons une disparité de traitement de plus de 38 % dès le premier échelon salarial. Or, nous savons que notre employeur dispose des ressources financières lui permettant de nous verser notre juste part et nous sommes déterminé-es à l’obtenir. »

« En plein contexte de rareté de main-d’œuvre, l’employeur laisse traîner une négociation en longueur qui pourrait se conclure rapidement. Rappelons qu’actuellement, le taux horaire des salarié-es de la SQDC à l’entrée est de 17,12 $ l’heure et qu’il leur faut environ huit ans afin d’atteindre le 12e échelon, qui est fixé à 21,23 $ l’heure. Une bonification salariale s’impose et le Conseil du trésor doit impérativement accorder des mandats afin d’y arriver, précise Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Les demandes du syndicat sont réalistes, elles sont légitimes et nous interpellons Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, afin qu’elle donne des mandats clairs à la direction de la SQDC pour en arriver à une entente dès que possible. »

« Tous les congressistes actuellement présents à notre congrès sont venus appuyer les travailleuses et les travailleurs de la SQDC dans leurs actions afin de régler leur négociation incessamment, souligne Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN (CCQCA–CSN). La SQDC est en pleine croissance, son chiffre d’affaires augmente sans cesse et l’employeur a largement la capacité de mieux rémunérer ses salarié-es. Aujourd’hui, devant le Conseil du trésor à Québec, mais aussi depuis le début de leur négociation, nous sommes plus que jamais en appui aux travailleuses et aux travailleurs de la SQDC afin que leur travail soit enfin reconnu à sa juste valeur. »

« Je désire lancer un grand merci solidaire à nos camarades du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN) pour leur appui en ce jour de mobilisation et nous leur souhaitons tout autant un règlement à la hauteur de leur combativité », conclut Maxime Nadeau.

Le Syndicat des employées et employés de la SQDC (CSN) représente près de 200 syndiqué-es répartis dans une quinzaine de succursales. Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada (CSN) représente 530 salarié-es, spécialisés dans l’entretien de moteurs d’avion.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du cimetière Notre-Dame-des-Neiges (CSN) rectifie les faits

À la suite d’une brève visite chez le directeur général du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, le 8 juin dernier à son domicile, la direction de l’établissement a diffusé des informations mensongères à l’égard du syndicat et de ses membres. Le syndicat tient donc à rectifier les faits allégués par leur employeur.

« Nous sommes sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2018 et en négociation depuis le mois de novembre 2019. Face à un employeur qui ne voulait tout simplement pas négocier, nous avons dû multiplier les actions de visibilité et nous avons même été obligés de déposer une demande de conciliation pour ramener l’employeur à la table de négociation », de dénoncer Patrick Chartrand, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du cimetière Notre-Dame-des-Neiges (CSN).

« Parce que nous voulons absolument en arriver à un règlement, le syndicat a cherché à plusieurs reprises à rencontrer Jean-Charles Boily, le directeur général du cimetière, et ce, depuis son entrée en fonction. Celui-ci n’a jamais daigné nous répondre ou nous inviter à une rencontre. Voilà pourquoi nous sommes allés déposer une lettre à son domicile, dans le cadre d’une visite festive surprise qui a duré environ sept minutes au total », souligne le président du syndicat.

« À la suite de cette visite, la direction s’est servie de cet événement anodin pour répandre des mensonges sur la place publique, tout en nous décrivant comme des gens potentiellement violents et menaçants, ce que nous n’avons jamais été et ce que nous ne serons jamais, insiste monsieur Chartrand. On nous reproche un ralentissement du travail effectué alors que c’est l’employeur qui a aboli plus d’une vingtaine de postes, qui a tardé plus d’une fois à rappeler ses travailleuses et travailleurs saisonniers au printemps et qui n’a pas remplacé les nombreuses personnes parties à la retraite ainsi que celles ayant démissionné à cause de la mauvaise ambiance de travail qui règne au cimetière. S’il y a des responsables du mauvais état généralisé de notre cimetière, c’est clairement du côté de la direction qu’il faut regarder. »

À la suite de cette visite, l’employeur a déposé une demande d’injonction permanente visant carrément à museler et à contraindre le syndicat à ne pouvoir exercer aucun moyen de pression durant leur négociation, ce qui est totalement contraire à la liberté d’action dont les syndicats jouissent, particulièrement dans le cadre du renouvellement d’un contrat de travail.

« Notre milieu de travail est marqué par une organisation carrément déficiente des activités quotidiennes, un je-m’en-foutisme total de l’employeur face à la clientèle et un mépris envers celles et ceux qui y travaillent. La mission du cimetière, nous la connaissons très bien puisque nous sommes les premières personnes à rencontrer les familles et à travailler avec elles pour les accompagner dans leur deuil avec respect et empathie. Au lieu de nous attaquer et de déployer des procédures juridiques sans fondements, la Fabrique Notre-Dame devrait changer de ton et déployer toutes ses énergies à régler cette négociation en démontrant à la population qu’elle agit selon les valeurs qui sont censées être à la base de la foi catholique », de conclure Patrick Chartrand.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges (CSN) rassemble 100 membres.

Deux unités syndicales sur trois affiliées à la CSN acceptent l’entente de principe

Lors de deux votes distincts tenus à scrutins secrets, l’entente de principe intervenue le jeudi 14 avril dernier entre l’employeur et les trois syndicats affiliés à la CSN a été acceptée à 94 % par le Syndicat des employés de bureau de SSQ Vie (CSN) et à 87 % par le Syndicat des salarié-e-s de SSQ Société d’assurances générales (CSN).

Pour sa part, le Syndicat du personnel de vente de SSQ, Société d’Assurance-Vie inc. (CSN) se réunira demain afin de prendre connaissance de l’entente de principe et de procéder au vote secret sur celle-ci par la suite. Aucun autre détail ne sera divulgué d’ici à ce que cette unité se soit prononcée.

À propos

Le Syndicat des employés de bureau de SSQ Vie (CSN) rassemble environ 570 membres, le Syndicat des salarié-e-s de SSQ Société d’assurances générales (CSN) en regroupe près de 520 et le Syndicat du personnel de vente de SSQ, Société d’Assurance-Vie inc. (CSN) en compte 35. Ils sont tous affiliés à la Fédération du commerce de la CSN (FC–CSN) qui compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme.

Deux mois de grève au Hilton DoubleTree

Rien n’entrave la détermination des travailleuses et des travailleurs du Hilton DoubleTree de Montréal. Les salarié-es de l’hôtel du Complexe Desjardins ont déclenché la grève le 2 septembre pour augmenter la pression sur l’employeur qui refuse de négocier les priorités que se sont données les membres des syndicats CSN de l’hôtellerie.

Pourtant, des règlements négociés sont intervenus dans neuf autres hôtels et les travailleuses et les travailleurs du Delta Sherbrooke se prononceront cette semaine sur une dixième entente de principe, toujours sur la base de la plate-forme commune que les syndicats se sont donnée. En plus des mêmes augmentations de salaire pour tous, environ 8 % sur quatre ans, les travailleuses et les travailleurs de l’industrie veulent notamment protéger leur lien d’emploi, car il importe qu’ils soient véritablement au cœur de la relance de l’industrie après la crise que nous avons vécue. De son côté le Hilton DoubleTree propose, bien au contraire, d’imposer des reculs aux conditions de travail.

Ce mardi midi, les travailleuses et les travailleurs ont donc souligné deux mois de conflit par un rassemblement bruyant devant leur hôtel.

Pour le président du syndicat CSN du Hilton DoubleTree, Claude Harrison, il n’est pas question de lâcher ! « Nos membres gardent le moral malgré tout. Ils refusent de voir leurs conditions de travail reculer. Ailleurs, dans d’autres hôtels, il y a eu des ententes alors nous savons que c’est possible d’y arriver ».

 

manifestation doubletree
Des travailleuses et travailleurs déterminés

La vice-présidente de la CSN, Katia Lelièvre était sur place : « Les travailleuses et les travailleurs ont décidé de se mobiliser et de faire preuve de solidarité. La façon dont se comporte cet employeur qui veut faire reculer les conditions de travail en pleine pénurie de main-d’œuvre, c’est inacceptable. Nous allons les soutenir jusqu’au bout ».

Le trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN), Michel Valiquette, souligne qu’une entente demeure possible : « L’employeur va devoir s’asseoir à la table de négociation et faire preuve d’ouverture. Parce que le syndicat, de son côté, apporte des solutions, mais elles sont repoussées du revers de la main par l’employeur ».

Quant à elle, la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), Dominique Daigneault, souligne que cette lutte est importante. « Je salue la détermination des membres du syndicat qui se tiennent debout jour après jour pour défendre leurs conditions de travail. Il n’y a qu’un moyen d’amener un employeur comme celui-là à mener des négociations sérieuses, c’est par la mobilisation, par la solidarité. C’est ce qu’on voit ici au Hilton DoubleTree ».

Le ministre de l’Éducation a sérieusement mis à risque la santé du personnel et des élèves dans les écoles

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) se questionne sérieusement : le ministre Roberge peut-il encore légitimement occuper ses fonctions alors qu’il a fait fi des commentaires de la Direction générale de la santé publique concernant la méthode d’échantillonnage de la qualité de l’air dans les classes ?

« C’est très grave, laisse tomber la présidente du secteur scolaire de l’organisation syndicale, Annie Charland. Le ministre a joué avec la santé du personnel et des élèves dans les écoles et il a également mis en danger la santé de l’ensemble de la population. Dans un tel contexte, nous nous demandons comment il peut continuer à bien assumer le rôle qui lui incombe. »

Rappelons qu’en janvier, la FEESP–CSN avait publiquement insisté sur l’urgence de prendre les mesures nécessaires afin de corriger le problème de ventilation dans les écoles. Malheureusement, ses recommandations n’ont pas trouvé écho auprès du Ministère. Et aujourd’hui, en raison de la méthodologie déficiente qui a été utilisée, il n’est même pas possible d’avoir un portrait réel de la situation alors que les variants nous placent dans une urgence d’agir.

Pour le secrétaire général de la FEESP–CSN, André Lajoie, l’accumulation de bévues du ministre Roberge est particulièrement inquiétante. « Nous n’en sommes pas à la première gaffe de la sorte venant du ministre de l’éducation, souligne-t-il. Cela dit, cette erreur de jugement – ou cette négligence? – est absolument inadmissible. »

« Le ministre de l’Éducation a caché la vérité aux Québécoises et aux Québécois, comme l’ont dénoncé les partis de l’opposition, renchérit André Lajoie. Mais ce qui est grave au-delà de tout, c’est qu’il a balayé sous le tapis tous les voyants rouges qui étaient allumés, alors que les écoles figurent parmi les principaux lieux d’éclosion au Québec. Ce nouvel épisode indique dans toute sa splendeur à quel point Jean-François Roberge est complètement dépassé par la situation depuis le début de la pandémie. »