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Entente de principe en main, la CSN est heureuse du dénouement

Après avoir déployé ses ressources pour la syndicalisation des salarié-es de Couche-Tard, la CSN peut annoncer aujourd’hui qu’elle est parvenue à convenir d’une entente de principe avec la direction de Couche-Tard portant à la fois sur des conventions collectives pour les quelque 70 travailleuses et travailleurs des six Couche-Tard syndiqués et sur une contrepartie satisfaisante pour les 24 salarié-es des deux Couche-Tard qui, malheureusement, ont été fermés. C’est à l’unanimité que celle-ci a été entérinée.

« Nous l’avons dit sur tous les tons : malgré les lois québécoises, le processus de syndicalisation au Québec est ardu. Les embûches rencontrées ont été nombreuses pour parvenir à syndiquer des travailleuses et des travailleurs de Couche-Tard qui le souhaitaient ardemment. Nous n’avons pas dérogé de notre plan de travail. Et aujourd’hui, nous pouvons dire que ces employé-es de Couche-Tard en retirent les fruits. Entente de principe en main, nous pouvons affirmer que nous sommes heureux du dénouement positif que trouve enfin ce dossier », d’affirmer Jacques Létourneau, président de la CSN.

Faits saillants de l’entente

Les salarié-es des deux Couche-Tard qui ont été fermés, soit ceux à l’angle des rues Saint-Denis et Beaubien puis D’Iberville et Jean-Talon, profiteront d’une contrepartie satisfaisante.

Pour ce qui est de la première convention collective des travailleuses et des travailleurs de Couche-Tard, elle repose principalement sur quatre volets : santé et sécurité au travail, salaires, organisation du travail ainsi que reconnaissance et vie syndicales.

« On le sait, la question de la santé et de la sécurité des travailleurs était depuis le début au cœur de nos revendications. Notamment la nuit, nous avons à faire face à des dangers d’agression. La convention comporte une série de mesures qui contribueront à assurer la sécurité du personnel, mais aussi des clients », de déclarer Kassandra Lanteigne, vice-présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Couche-Tard de la Montérégie-CSN.

Au plan des salaires, une échelle a été établie et les salariés l’intégreront à l’échelon représentant leur ancienneté. Tous les ans, à la date anniversaire de la convention, une augmentation de salaire de 2 % sera automatiquement octroyée à ceux qui se trouvent au maximum de l’échelle salariale. Évidemment, la constitution de celle-ci permet également d’accélérer les augmentations salariales des autres salarié-es. De plus, celles et ceux qui étaient à l’emploi de Couche-Tard ou d’un des franchisés entre la date d’accréditation et celle de la signature de la convention recevront un montant forfaitaire de 0,25 $ l’heure travaillée.

La convention comporte aussi des avancées sur l’attribution des horaires, la durée et l’octroi des vacances, et ce, selon le principe d’ancienneté, le nombre de jours de congé, la surveillance électronique et l’assurance collective.

« La syndicalisation des salarié-es de ces dépanneurs et l’obtention d’une convention collective dans ce secteur est une première en Amérique du Nord. Nous en sommes fiers ! Nous souhaitons collaborer avec l’employeur afin qu’ensemble nous fassions une réussite de cette syndicalisation. Voilà pourquoi, nous avons aussi demandé au ministère du Travail d’accompagner les parties dans le suivi de l’application de la convention collective. Nous croyons que la contribution du ministère sera un atout pour faire en sorte d’introduire chez Couche-Tard une culture différente de relations de travail », de soutenir Serge Fournier, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). « Une page est tournée, il faut aller de l’avant. Si la direction de Couche-Tard a su développer ses initiatives entrepreneuriales, nous sommes convaincus qu’elle peut travailler de concert avec nous afin de favoriser un bon climat de travail et de faire de son entreprise un exemple en matière de responsabilité sociale », d’ajouter le président de la CSN.

« Nous avons voulu nous syndiquer pour améliorer notre sort, obtenir le respect et la reconnaissance et faire en sorte que l’entreprise pour laquelle nous œuvrons redistribue plus équitablement à ses employé-es la richesse que nous contribuons également à produire. Aujourd’hui, nous savons que nous avons fait le bon choix », de conclure Luis Salvator Donis Ramirez, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Couche-Tard de Montréal et Laval–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les « employé-es syndiqués de l’année 2012 » réclament qu’on respecte leur droits

À l’occasion d’une manifestation symbolique, tenue ce midi devant un nouvel établissement franchisé sous bannière Provi-Soir, propriété de Couche-Tard, les salarié-es syndiqués de Couche-Tard ainsi que des citoyennes et des citoyens épris de justice sociale ont tenu à rappeler le triste bilan de l’entreprise en ce qui a trait aux droits des salarié-es. Cet établissement tout neuf a été inauguré récemment au coin des rues Saint-Laurent et Beaubien… à quelques pas du commerce syndiqué situé au coin des rues Saint-Denis et Beaubien que Couche-Tard a fermé sauvagement l’an dernier en prétextant qu’il n’était pas rentable…

« Avec un employeur normal, nous serions en plein dans les plaidoiries sur la fermeture antisyndicale des dépanneur St-Denis/Beaubien et D’Iberville/Jean-Talon, explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Les employé-es de Saint-Hubert et de Saint-Liboire auraient déjà une première convention collective et les négociations se poursuivraient activement dans tous les autres dépanneurs. Mais Couche-Tard ne veut pas accepter ces lois qui régissent toutes les entreprises au Québec. Il imagine toutes sortes de manœuvres pour étirer tous les délais. Cette attitude devra cesser parce que personne chez les employé-es ne va baisser les bras », souligne-t-il.

« Aujourd’hui, nous soulignons l’engagement, la détermination des employé-es syndiqués de Couche-Tard. Ce n’est pas anodin ce que vous êtes en train de réaliser. Vous forcez une entreprise qui s’est toujours crue au-dessus des lois à répartir un peu plus équitablement ses énormes bénéfices. Vous faites respecter vos droits au quotidien et vous vous tenez droits face à toutes sortes de manigances de Couche-Tard qui voudrait bien casser votre mouvement. Toute la CSN est avec vous, on ne vous lâchera pas », assure la trésorière du Conseil central du Montréal métropolitain, Manon Perron.

Une entreprise d’exception
L’entreprise Couche-Tard et son PDG, Alain Bouchard, se sont certainement distingués au cours de la dernière année. Mais pour la CSN, l’acquisition du réseau de dépanneurs fortement syndiqués de la norvégienne Statoil, n’est qu’un élément parmi les comportements marquants de l’entreprise en 2011-2012. La CSN note, entre autres :

• Deux plaintes par semaine logées à la Commission des normes du travail ;
• De nombreux retards dans la mise en place des recommandations de la CSST sur les agressions armées ;
• La violation des dispositions de la Loi 101 ;
• De l’intimidation, des menaces, des représailles et des congédiements contre des salarié-es qui veulent se syndiquer ;
• La fermeture sauvage de deux dépanneurs syndiqués rentables de Montréal ;
• La vente douteuse à des « franchisés » de deux dépanneurs syndiqués de la Montérégie pour tenter de pas être obligé de négocier à titre de véritable employeur.

2013 année de convention collective !
Si les employé-es de Couche-Tard n’avaient qu’un souhait collectif à formuler pour 2013, ce serait sûrement que Couche-Tard accepte enfin de se comporter en bon citoyen corporatif et qu’il mène rondement les négociations en vue de premières conventions collectives. Tout est en place pour que cela puisse se faire dans des délais raisonnables.

À propos
Une centaine de salarié-es de huit dépanneurs Couche-Tard sont syndiqués CSN à ce jour. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.