Voici : taxonomy-csnqc_syndicat.php

La marée monte chez Merinov

Le nouveau gouvernement québécois dit s’intéresser à l’éducation et au développement régional, mais le personnel de Merinov, un centre collégial de transfert de technologie, peine pourtant depuis plus d’un an à négocier des conditions de travail de qualité.

« Il faut stabiliser le personnel et éviter le roulement », soutient Estelle Pedneault, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Merinov–CSN. Pour la présidente, le problème numéro un est la précarisation des emplois. « L’employeur veut prendre sans donner, ce qu’il nous offre est pire que ce qu’on a actuellement », ajoute la présidente. « Les employé-es veulent maintenir leur flexibilité d’horaire, c’est très important pour eux », précise Jérémie Persant, vice-président du syndicat.

La convention collective est échue depuis le 31 octobre 2017 et les négociations s’étirent depuis ce temps. Le syndicat a eu de la difficulté à obtenir des dates pour négocier tout au long de 2018. Jusqu’à maintenant, l’intervention de la médiation n’a pas permis de faire bouger l’employeur sur les principaux enjeux. Merinov s’est pourtant assuré d’une partie importante de son financement (20,4 millions de dollars échelonnés sur cinq ans) avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, en avril 2018.

Le 4 décembre dernier, les membres du STT de Merinov ont donc décidé d’envoyer un message à l’employeur en déclenchant une journée de grève qui avait été votée à 93 %. Malgré une première séance de négociation avec la conciliatrice à la fin 2018, le syndicat doit maintenant attendre la suite de la conciliation.

Merinov doit comprendre que ses employé-es sont une ressource inestimable qui a permis à Merinov de devenir le plus important centre intégré de recherche appliquée dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture, de la transformation et de la valorisation des produits aquatiques au Canada », avait déclaré Léandre Lapointe, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), au moment de la grève de décembre.

La CSN déplore l’attitude de l’employeur qui croit avoir tous les pouvoirs et fait traîner les négociations.

Les technologies de la mer
Il y a près de cent travailleuses et travailleurs au centre Merinov, dont une quinzaine sont saisonniers. Ils sont répartis sur quatre sites : Îles de la Madeleine, Grande-Rivière, Gaspé et Sept-Îles. Certains effectuent également du télétravail à partir de Rimouski, Halifax, Longueuil et même de la France.

Ils accompagnent l’innovation des entreprises dans les secteurs de la pêche, de l’aquaculture et de la valorisation des produits marins. Voici quelques exemples qui démontrent l’importance de Merinov pour le Québec maritime.

Le retour du sébaste
Les équipes de Merinov accompagnent notamment les pêcheurs pour le retour prochain de la pêche au sébaste, qui revient en plus grand nombre dans le Saint-Laurent. Les professionnel-les de recherche et les techniciennes et techniciens travaillent notamment à mettre en place une technique de pêche qui limite les effets négatifs sur l’environnement

La culture d’algues
La culture d’algues prend sa place au Québec et c’est en partie grâce au personnel de Merinov. Des entreprises comme Seabiosis et Salaweg offrent des aliments à base d’algues cultivées. On peut notamment déguster du pesto de Kombu ou de la relish de mer.

Transformation du homard
Les spécialistes de Merinov accompagnent les entreprises qui mettent en place des usines de transformation, tant pour l’aspect technique que pour différentes normes de qualité à respecter. Un projet d’usine de transformation du homard est d’ailleurs en cours. L’idée est de décortiquer et de congeler les homards qui sont plus difficiles à écouler sur le marché frais. Les homards auxquels il manque une pince, par exemple, pourront trouver un débouché.

Des bateaux de pêche sécuritaires
Un autre champ d’expertise du personnel de Mérinov est la sécurité et l’ergonomie à bord des bateaux de pêche. L’idée est de développer de l’équipement qui diminuerait le nombre d’accidents, dont les chutes.

Les travailleurs de Merinov votent la grève

Rien ne va plus à Merinov, le plus important centre intégré de recherche appliquée dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture, de la transformation et de la valorisation des produits aquatiques au Canada. Les négociations piétinent depuis plus d’un an. Exaspérés par l’attitude de leur employeur, les travailleuses et travailleurs ont voté hier soir à 93 % en faveur de la grève générale.

Estelle Pedneault, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Merinov, espère que ce vote massif sera un signal entendu par la direction. « L’employeur souhaite un recul de nombreuses conditions de travail et vise ainsi à précariser ses employé-es. C’est inacceptable! Nous sommes sa principale ressource et nous sommes ici pour innover. Il doit s’ouvrir au dialogue et s’asseoir à la table de négociation. Il en va des relations de travail des prochaines années », souligne-t-elle.

« La situation est aberrante et s’apparente à une négociation de mauvaise foi. D’un côté, l’employeur réclame plusieurs concessions, mais d’un autre côté, il décline presque toutes les offres de rencontre. Il refuse simplement de négocier », précise, pour sa part, Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN).

Serge St-Pierre, vice-président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIMCSN), espère que cette grève sera évitée, mais, ajoute-t-il, « si Merinov fait la sourde oreille, nous serons là pour épauler ces travailleuses et ces travailleurs. Toutes les ressources du conseil central seront mobilisées, et ce n’est pas peu dire ».

Le comité de négociation du syndicat a dernièrement soumis quatorze dates pour relancer la négociation. Merinov n’a pas daigné répondre aux représentantes et représentants des salarié-es pendant trois semaines, avant de finalement accepter un unique rendez-vous en conciliation. Si l’impasse persiste, tous les outils seront utilisés, notamment la grève, pour ouvrir la voie à une convention collective satisfaisante et respectueuse des travailleuses et des travailleurs.

Merinov victime de compressions sauvages

Le syndicat des travailleuses et des travailleurs Merinov (CSN) dénonce la plus grosse crise que traverse le centre d’innovation ainsi que ses employé-es depuis sa création en raison des compressions sauvages du gouvernement envers l’entreprise.

Les employé-es de Merinov ont appris par la direction le mardi 25 novembre que l’organisme est en proie à de sérieuses difficultés financières attribuables à des coupes et au silence du cabinet du ministre de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation. « Ces problèmes seraient dus à certaines sommes engagées qui engendrent un manque à gagner imprévu dans les budgets de Merinov de près de 800 000 $, et ce, à l’aube des fêtes », souligne le vice-président du syndicat, David Fortin.

Pour expliquer ces compressions, Merinov a eu récemment la confirmation qu’un premier montant de 250 000 $ de fonds de fonctionnement ne sera pas versé, même si le cabinet du ministre s’était engagé à le verser plus tôt dans l’année, au printemps. Plus de 550 000 $ ont déjà été engagés par Merinov sur son fonds de roulement afin de réaliser des mandats confiés par le MAPAQ, comme chaque année. « Merinov est toujours sans réponse du ministre concernant le remboursement de ces sommes », souligne aussi David Fortin.

Si Merinov ne reçoit pas le manque-à-gagner de 800 000 $, toutes les options sont envisagées par la direction concernant l’avenir de Merinov, allant de mises à pied à la fermeture complète de l’organisme sans but lucratif.

« Cette situation est directement imputable à l’immobilisme et à l’arrogance des élus au pouvoir, ainsi qu’au peu d’importance qui est accordé aux dossiers régionaux dans ce gouvernement centralisateur. Le plan d’austérité libérale qui s’en prend aux régions du Québec s’ajoute à cette incurie gouvernementale », souligne le président du Conseil central de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jacques Mimeault.

Toute la région concernée

Le syndicat dénonce cette situation. « Les employé-es sont très inquiets, car les conséquences sont sérieuses tant pour l’avenir de leur entreprise que pour l’ensemble de l’industrie des pêches et de l’aquaculture », affirme pour sa part la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, Caroline Senneville. Celle-ci risque de perdre une expertise inestimable et une capacité d’appui et d’intervention unique en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte Nord. »

« Chaque année, Merinov génère une centaine de projets de recherche, multipliant les partenariats et les investissements par effet de levier et coordonnant la recherche et développement en pêche et aquaculture en région. C’est l’avenir de l’industrie des pêches et de l’aquaculture telle qu’on la connaît à l’heure actuelle qui est en jeu, de même qu’une centaine d’emplois spécialisés en région », enchaîne-t-elle.

« Nous joignons notre voix aux nombreux organismes et entreprises touchés par l’indifférence et l’amateurisme du gouvernement qui met en péril l’avenir des régions ainsi que le développement économique. Nous invitons les élu-es à continuer de s’élever contre la centralisation et les coupes irréfléchies et à soutenir la cause des régions, tout comme la population et nos membres le font », conclut Jacques Mimeault.

Ras-le-bol des syndiqués CSN

La cinquantaine d’employé-es syndiqués œuvrant au sein de Merinov (Centre d’innovation de l’aquaculture et de pêches du Québec) ont exprimé mercredi midi leur mécontentement devant la lenteur du déroulement de la négociation pour leur première convention collective. Ils étaient une douzaine à manifester mercredi midi devant l’édifice de Merinov à Cap-aux-Meules. Au même moment se tenaient d’autres manifestations de leurs collègues en Gaspésie (Grande-Rivière et Gaspé) et sur la Côte-Nord (Sept-Îles).

Ils ont profité de la tenue du conseil d’administration de l’organisme pour signifier aux administrateurs leur ras-le-bol quant aux négociations qui piétinent, d’indiquer leur président syndical, Jérôme Laurent. Les salarié-es de Merinov étaient rattachés, jusqu’en 2011, au ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec (EPAQ).

En négociation depuis deux ans et après avoir discuté de plusieurs éléments visant à uniformiser les conditions de travail de la cinquantaine d’employé-es syndiqués, la venue d’un nouveau porte-parole patronal ne présage rien de bon. En effet, ce dernier remet en question les discussions antérieures en plus de refuser toute séance de négociation durant la période estivale, alors que les parties avaient déjà convenu de poursuivre les négociations durant cette période.

Afin de permettre des rapprochements entre les parties, patronale et syndicale, le syndicat a fait appel à un médiateur du ministère québécois du Travail.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Merinov-CSN est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ).