Nous défendons les droits des travailleuses
et travailleurs depuis 1921

Tous dans le même bateau

Du même SUJET

Il ne faut pas oublier celles et ceux qui vivent de la forêt

Il ne faut pas oublier celles et ceux qui vivent de la forêt

Afin de rétablir la population de caribous forestiers, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) est consciente…
Il faut augmenter la cadence pour ne pas rater la destination 

Il faut augmenter la cadence pour ne pas rater la destination 

À l’occasion du Jour de la Terre, les membres du RIC réaffirment haut et fort leur…
Alliance historique entre la CSN et Nature Québec pour protéger les forêts

Alliance historique entre la CSN et Nature Québec pour protéger les forêts

Nature Québec et la Confédération des syndicats nationaux lancent aujourd’hui une alliance pour revendiquer des améliorations…
Tuer le Publisac aura des impacts majeurs : la CSN demande l’intervention du gouvernement

Tuer le Publisac aura des impacts majeurs : la CSN demande l’intervention du gouvernement

La ville de Montréal a pris une décision unilatérale en annonçant la mise en place d’un…
Un budget globalement favorable aux travailleurs

Un budget globalement favorable aux travailleurs

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) se réjouit de constater que la vigueur de la reprise…
Large appui de la Société civile envers la Première Nation de Long Point face à Sayona Mining et lancement d'une pétition de soutien internationale

Large appui de la Société civile envers la Première Nation de Long Point face à Sayona Mining et lancement d'une pétition de soutien internationale

Neuf regroupements et comités citoyens, groupes environnementaux, syndicat et organisme communautaire de l’Abitibi-Témiscamingue joignent leurs voix…

SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

Transition énergétique juste

Photos : Jaclyn Turner
Photos : Jaclyn Turner

Tous dans le même bateau

Les effets des changements climatiques se manifestent de plus en plus concrètement dans le monde du travail. Le mouvement syndical revendique depuis plusieurs années une « transition énergétique juste » pour les travailleuses et les travailleurs. Au cœur de ce principe, le devoir de nous assurer qu’aucun travailleur ne soit laissé à lui-même lorsque nous en serons à restructurer, collectivement, nos modes de production.

Mal de mer
Cela fait plus de 43 ans que Guylaine D’Astous travaille à l’usine Fruits de mer de l’Est du Québec, située à Matane. Elle est aujourd’hui secrétaire de son syndicat, et c’est sa sœur cadette, Micheline, elle-même à l’emploi de l’usine depuis 40 ans, qui en est la présidente. Les deux sœurs D’Astous ne sont pas les seules membres de leur famille à s’être dévoués pour l’entreprise. Il y a aussi eu Hermance (la mère), Fernand (le père), Magella (le frère), Colombe (la sœur), et Jean-Pierre (le beau-frère). À son apogée, l’usine comptait plusieurs familles parmi ses travailleuses et travailleurs, mais lorsqu’on observe le vieillissement de sa main-d’œuvre, il est évident que cette ère est maintenant révolue.

Guylaine et Micheline D’Astous

L’âge moyen des travailleurs de l’usine frôle les 55 ans et la grande majorité des 88 membres du syndicat ont plus de quarante ans d’ancienneté. Ce n’est pas un secret que le secteur de la pêche vit actuellement une crise importante qui entraîne des difficultés importantes pour les travailleurs. Avec le réchauffement des eaux, la crevette nordique se fait de plus en plus rare, et les employé-es sont contraints à ne travailler que 16 heures par semaine, une baisse de près de 75 % par rapport à 2012.

« Les jeunes sont obligés de quitter la région. On se ramasse avec une ville de petits vieux. Moins il y a de jeunes, moins il y a de monde pour garder l’usine en vie », explique Guylaine D’Astous. « Si notre travail continue de se précariser, les gens n’auront plus d’ouvrage, enchaîne sa sœur Micheline. Le gouvernement doit songer à de la formation pour nous guider vers d’autres secteurs, en croissance. »

En eau inconnue
Dave Cotton, capitaine et propriétaire du navire l’Intrépide, se décrit comme un homme « souriant et dérangeant » qui a la pêche et la mer tatouées sur le cœur. Mais malgré sa nature optimiste, il s’inquiète pour l’avenir du secteur de la pêche.

Dave Cotton

« Nous vivons un cycle particulièrement difficile pour la santé de notre crevette. La crevette nordique est très à l’aise dans l’eau froide, et nous connaissons actuellement un record de température en grande profondeur. Même de petites variations d’un tiers de degré sont extrêmement néfastes pour nos ressources halieutiques, déplore le capitaine. Nous pouvons malheureusement nous attendre à de très mauvaises années pour encore quatre à six ans, au moins. La pêche est un métier compliqué. Ça t’emmène loin de ta famille pour plusieurs semaines. Physiquement, c’est exigeant. On dort très peu. Si nous ne bougeons pas pour améliorer les choses, nous allons perdre de la bonne main-d’œuvre. Si trop de bons pêcheurs décrochent, qu’est-ce qui nous restera ? »

Chaleur étouffante
La Gaspésie a été la région la plus chaude au Québec à l’été 2018. En effet, il n’y a jamais fait aussi chaud depuis quarante ans. Bien que cette chaleur n’ait pas découragé les touristes de visiter la péninsule historique, le mouvement syndical a matière à examiner les effets des conditions météorologiques extrêmes sur la santé des travailleuses et des travailleurs.

Anita Blais

« Je n’ai jamais connu de chaleur comme ça. Cet été, c’était trop, » se désole Anita Blais, responsable de l’entretien du Géoparc de Percé et une des doyennes du site de l’UNESCO. « Une journée, il faisait tellement chaud que j’en ai eu mal au cœur, je suis devenue étourdie, et j’ai culbuté. Je me suis relevée rapidement parce que je ne voulais pas que les clients me voient dans cet état. Ce n’est pas juste le corps qui prend un coup, c’est le moral aussi. Il faut comprendre que travailler une journée à l’extérieur pendant une canicule, c’est comme travailler une semaine au complet. Ça t’assomme. J’arrive chez moi, je suis brûlée. »

Vent de changement

Bien que l’avenir puisse être préoccupant pour un grand nombre de Gaspésiennes et Gaspésiens, l’arrivée du secteur éolien amène quant à lui un nouvel espoir pour la région.

Cédric de Larichaudy

Lorsque Cédric de Larichaudy, mécanicien et président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de LM Wind Power, a commencé à l’usine en 2013, ils étaient quelque 150 travailleurs. Aujourd’hui, ils sont plus de 500 à y travailler, dont plusieurs anciens travailleurs du secteur de la pêche. « L’usine est tellement en recrutement que si quelqu’un dépose son CV aujourd’hui, il a des chances de commencer la semaine prochaine, explique M. de Larichaudy. L’énergie renouvelable, c’est l’avenir. Qui ne veut pas faire partie de la solution à la crise écologique ? »

L’avenir des travailleurs
Bien consciente que le Québec n’est pas à l’abri des bouleversements provoqués par les changements climatiques, la CSN a organisé en mai dernier, de concert avec la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et divers groupes environnementaux, un sommet sur la question de la transition énergétique juste. Près de 300 personnes provenant des milieux d’affaires, de la société civile, des organisations syndicales et environnementales, et des communautés autochtones, se sont rassemblées à Montréal pour demander au gouvernement du Québec d’adopter dès maintenant des mesures de transition écologique.

En tout, on estime à près de 700 000 travailleuses et travailleurs qui verront leur entreprise et leur travail se transformer au cours des prochaines années, notamment dans les secteurs du transport, de l’énergie, du bâtiment et de l’alimentation.

« Même en période électorale, les partis politiques ont joué à l’autruche quant à la nécessité d’une transition énergétique juste, dénonce Pierre Patry, trésorier de la CSN et responsable politique des questions environnementales et du développement durable. L’heure est grave. Comment arriverons-nous à nous doter d’un plan légitime si le gouvernement manque à l’appel ? »


Partager cette page sur Facebook Twitter LinkedIn Reddit Pinterest WeChat Mix Pocket