La FNEEQ-CSN présente ses priorités en éducation

La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) profite de la rentrée scolaire pour rendre publiques ses priorités en matière d’éducation et réclamer aux partis des engagements plus ambitieux. « Jusqu’à présent, les principales formations politiques n’ont pas su présenter l’éducation comme un projet collectif au Québec », affirme Caroline Quesnel, présidente de la fédération.

Léandre Lapointe, responsable du regroupement des 40 syndicats des établissements privés, déplore que le réseau d’enseignement ait terriblement souffert des compressions du gouvernement ces dernières années. « Les chefs des partis doivent comprendre qu’il est urgent de réinvestir massivement, de façon stable et récurrente, afin de protéger le système d’éducation au Québec. Il importe notamment de mieux soutenir les élèves en difficulté, en leur fournissant des ressources à la hauteur de leurs besoins », soutient-il.

La responsable du regroupement cégep, Josée Chevalier, qui représente 85 % des professeurs de ce réseau, se demande pour sa part de quelle façon les partis veulent consolider la place des collèges dans le système éducatif ainsi que leur apport en région. « Comment entendent-ils s’y prendre pour diminuer la précarité dans l’ensemble des établissements et travailler à l’intégration de la formation continue à l’enseignement régulier? Face aux transformations annoncées du réseau, comment les partis veulent-ils préserver une vision humaniste de celui-ci et valoriser l’expertise des professeurs? Nous devons savoir à quelle enseigne ils logent sur ces questions fondamentales. »

« Comment les partis comptent-ils pallier le mal-financement qui pousse trop souvent les administrations universitaires à se lancer dans la course à la clientèle, que ce soit par la localisation de nouveaux campus dans le territoire d’une autre institution ou le recrutement international? » s’interroge à son tour le responsable du regroupement université, Richard Bousquet. Avec des transformations technologiques annoncées comme celle du eCampus, les chefs des partis doivent nous faire connaître leurs plans pour conserver l’expertise du corps enseignant et maintenir les emplois. Comment entendent-ils contrecarrer la sous-traitance de l’enseignement qui précarise les emplois et qui affecte la formation? Nous sommes avides de les entendre sur ces questions », ajoute celui qui représente une douzaine de syndicats de chargé-es de cours.

« Si les leaders politiques considèrent véritablement l’éducation comme une priorité, il leur reste maintenant un mois pour présenter une vision globale et inspirante aux électeurs du Québec », conclut Caroline Quesnel, qui représente près de 34 000 membres du primaire à l’université.

La CSN salue la décision

La CSN et la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), qui représente notamment des travailleuses et les travailleurs de l’industrie forestière, accueillent avec satisfaction la décision de la Commission du commerce international des États-Unis de rejeter la plainte de concurrence illégale déposée par le producteur américain North Pacific Paper.

« Les prétentions non fondées du gouvernement américain n’ont pas passé le test de la commission. North Pacific Paper n’a pas prouvé que nos entreprises canadiennes bénéficiaient de subventions cachées, et l’objectif de faire perdre du terrain aux entreprises d’ici, dans un marché en grande perte de vitesse, n’aura pas fonctionné, s’est réjoui Louis Bégin, président de la FIM–CSN. C’est grâce à la productivité de nos entreprises qu’elles réussissent à mieux performer. Plutôt que de porter plainte, les Américains devraient revoir leur stratégie et investir dans leurs installations afin de demeurer concurrentiels. »

La disparition de la menace de voir le papier journal canadien imposé de droits compensatoires variant entre 23,47 % et 54,97 % devrait permettre aux entreprises canadiennes de procéder aux investissements attendus. « Depuis des mois, les entreprises freinent des projets importants sous prétexte de cette menace. Puisqu’elle est dorénavant écartée, nous nous attendons à ce que les investissements voient le jour », a renchéri Louis Bégin.

« Les velléités protectionnistes de Donald Trump menacent non seulement plusieurs secteurs économiques canadiens, elles mettraient également à mal plusieurs industries américaines, dont celle de la presse écrite passablement mal en point, a souligné le président de la CSN, Jacques Létourneau. C’est donc avec satisfaction que nous constatons aujourd’hui que les délires du président américain ne passent tout simplement pas la rampe des institutions commerciales de son propre pays. »

Les 30 et 31 août prochains, la négociation doit revenir sur le droit chemin

Sans convention collective depuis maintenant près d’un an, les syndiqué-es de la Caisse Desjardins de Rouyn-Noranda poursuivent leur travail afin que leur employeur opère un tournant à la reprise des pourparlers qui se fera en présence d’un conciliateur, les 30 et 31 août prochains. « Tout l’été, les membres ont massivement participé aux actions que nous avons organisées devant la Caisse populaire, malgré la période de vacances. Cela démontre clairement que l’offre qui nous a été faite le 14 mai dernier par l’employeur s’avère inacceptable », affirme Isabelle Frelas, présidente du STT de la Caisse populaire de Rouyn-Noranda (CSN). « Pour la grande majorité d’entre nous, les propositions salariales seraient de l’ordre de 0 à 1,5 % par année pour quatre ans. On est devant un manque évident de reconnaissance », ajoute la porte-parole du syndicat. Bien sûr, il reste encore quelques points à négocier, mais l’aspect financier s’avère un irritant majeur pour les membres.
De son côté, le président de la Fédération du commerce-CSN, David Bergeron-Cyr, s’explique mal comment un employeur comme Desjardins peut oser présenter une telle offre. « Nous observons Desjardins lors des négociations depuis quelques années et une constante se dégage : celle de vouloir octroyer le même salaire partout dans les caisses en prenant bien sûr le plus bas dénominateur possible, généralement le salaire des travailleuses et des travailleurs des caisses Desjardins non syndiquées. Ce genre d’orientation mis de l’avant par Desjardins doit être revu à très court terme », soutient-il.

Le dossier de la Caisse Desjardins de Rouyn-Noranda s’avère très important pour la CSN. « Ces travailleuses et travailleurs se donnent au quotidien de façon très professionnelle envers la clientèle pour que Desjardins demeure le chef de file au Québec dans le milieu financier. Ils doivent obtenir une juste reconnaissance pour demeurer productifs dans l’entreprise », indique Jacques Létourneau, président de la CSN. « Pas surprenant alors que pendant tout l’été, les membres du syndicat aient participé aux activités avec toute l’ardeur qu’on leur connaît. À ce que l’on sache, l’employeur Desjardins n’est pas une entreprise aux prises avec des problèmes financiers. Dans un contexte de pénurie de la main-d’œuvre, souhaitons qu’il entende raison les 30 et 31 août prochains à la table de négociation et qu’il agisse pour éviter l’exode de certains employé-es qui pourraient être tentés d’aller améliorer leur sort ailleurs », ajoute le président de la centrale syndicale.
Pour sa part, le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue – Nord-du-Québec, Félix-Antoine Lafleur, qui a accompagné le syndicat tout l’été, avoue avoir vu cheminer le syndicat de belle façon. « À chaque activité, une grande partie des membres ont répondu présents, tant le matin avant d’entrer au travail, qu’à la pause du dîner. Cela démontre bien qu’ils souhaitent obtenir un contrat de travail négocié dans les meilleurs délais. Les syndicats CSN de la région et le conseil central vont poursuivre leur travail de solidarité pour que ces travailleuses et ces travailleurs obtiennent le respect qui leur est dû », conclut le porte-parole régional.

Les 30 et 31 août prochains, dans l’esprit des porte-parole de la CSN présents à Rouyn-Noranda, la négociation avec Desjardins doit revenir sur le droit chemin.

 

Les employé-es de Cookshire-Eaton mettent fin à la grève

Les employé-es de la ville de Cookshire-Eaton ont adopté aujourd’hui à 86 % l’entente de principe intervenue le 9 août avec l’employeur. Cette entente met fin à une grève qui a été déclenchée le 23 juillet dernier.

« Nous sommes heureux de voir que les travailleuses et travailleurs sont parvenus à s’entendre avec la ville. Le conflit est maintenant réglé à leur satisfaction et ils sont impatients de recommencer à donner l’ensemble des services à la population de Cookshire-Eaton », a affirmé le président du Conseil central de l’Estrie (CSN), Denis Beaudin.

« Les travailleuses et travailleurs ont fait des gains intéressants sur le plan salarial en étant assurés d’obtenir un minimum de 13 % d’augmentation sur six ans. Ils ont aussi obtenu la possibilité de cumuler une banque de temps pour partir plus tôt à la retraite tout en profitant du taux horaire en vigueur à ce moment. D’autres gains sont aussi à noter, comme la clause de non-ingérence des élu-es et la prime de 1 $ l’heure pour le déneigement de fin de semaine. Nous leur disons bravo de s’être tenus debout », a conclu Denis Beaudin.

La CSN demande au gouvernement d’en faire plus

L’acquisition par le gouvernement fédéral de trois brise-glace qui seront convertis par le chantier naval Davie représente un début, mais n’est pas à la hauteur des attentes de la CSN et de ses organisations affiliées.

« Cette annonce n’est pas nouvelle; le gouvernement avait déjà publicisé il y a quelques mois l’acquisition des trois brise-glace. Aujourd’hui, il est venu détailler les retombées qui en découleront : les créations d’emplois seront moins élevées que prévu et s’établiront à environ 200 emplois, ce qui est décevant; il faudra faire bien plus pour assurer la survie du chantier à long terme et éviter les impacts négatifs sur la région », a souligné d’entrée de jeu le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Louis Bégin.

Rappelons que la Davie avait proposé il y a deux ans au gouvernement fédéral un projet de conversion de quatre brise-glace; d’ailleurs, le premier ministre Trudeau lors de son passage à Québec avait annoncé en grande pompe le début de la négociation entre la Garde côtière et le chantier naval pour leur acquisition. « C’est 800 emplois qui auraient été générés alors qu’on nous en annonce aujourd’hui 200 sur deux ans. Pourquoi le chantier, qui continue à détenir 50 % de la capacité de production du pays, n’obtient-il que 1 % des contrats fédéraux à ce jour? La donne doit changer en prévision des appels d’offres du fédéral pour le renouvellement de sa flotte de brise-glace », a souligné aussi Louis Bégin.

Retenir la main-d’œuvre
Pour la présidente du conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, la situation continue à être inquiétante à la fois pour les travailleurs du chantier que pour les emplois créés indirectement. « Environ 250 travailleurs syndiqués s’y activent actuellement afin d’achever le dernier traversier commandé par la Société des traversiers du Québec, alors qu’ils étaient 1 000 à l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau, souligne-t-elle. Quand celui-ci sera livré, il ne restera que les contrats pour les trois brise-glace dont il est question aujourd’hui, somme toute assez modestes, car le carnet de commandes est vide. Que seront devenus les travailleuses et travailleurs qui ne se seront pas retrouvé un emploi à la Davie? Déjà, plus de 300 syndiqué-es ont remis leur démission. Aurons-nous la main-d’œuvre experte nécessaire pour que le chantier puisse se qualifier dans le cadre des appels d’offres à venir? »

La Davie dans la Stratégie nationale
« Seaspan sur la Côte Ouest et Irving dans les maritimes ne respectent pas les échéanciers et les coûts explosent, a finalement affirmé le secrétaire de la CSN, Jean Lortie. Le Diefenbaker, appelé à remplacer le quatrième navire qui n’a pas été retenu par le gouvernement, devait être livré par Seaspan en 2017 au coût de 750 millions. Il sera retardé vers 2025 et le coût à ce jour s’élève à

1,3 milliards, qui viennent de la poche des contribuables. Les travailleuses et travailleurs de la Davie ont prouvé avec le navire Asterix leur grande expertise et leur capacité à livrer à temps. Nous attendons du gouvernement qu’il en tienne compte à l’automne afin de corriger la Stratégie nationale de construction navale en y intégrant la Davie. Il n’y a aucune raison pour que ce chantier performant et qui a fait ses preuves en soit exclu », a-t-il finalement conclu.

L’employeur refuse de négocier; la grève se poursuit

En grève générale illimitée depuis lundi dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Cookshire-Eaton tiennent à dénoncer l’attitude cavalière de leur employeur et son manque de volonté à en arriver à une entente, ce qui mettrait fin au conflit de travail.

La semaine dernière, les syndiqué-es s’étaient entendus avec les représentants de la ville sur le maintien des services essentiels, incluant une entente particulière pour que le camp de jour et son service de garde restent ouverts pendant la première semaine de grève, du 23 au 27 juillet. « Les employé-es ont accepté de faire ce compromis pour donner une chance à la négociation. Après à peine quelques heures de discussion lundi dernier, l’employeur a décidé qu’il mettait fin aux échanges. Les représentants du syndicat étaient disponibles pour négocier toute la semaine, mais la ville en a décidé autrement », explique André Lajoie, secrétaire général de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN).

Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), il est important que la population de Cookshire-Eaton soit informée adéquatement de la situation. « L’administration municipale parle des deux côtés de la bouche. Elle prend la parole dans les médias pour dire qu’elle fera son possible pour que la grève cesse, tout en refusant de négocier avec le syndicat. Si la ville souhaite vraiment trouver un terrain d’entente, pourquoi a-t-elle annoncé la fermeture du camp de jour pour le reste de l’été ? Est-ce que ça signifie qu’elle n’a pas l’intention d’en arriver à un règlement d’ici la fin du mois d’août ? En tout cas, c’est pas mal le message que ça envoie », ajoute M. Beaudin.

Les employé-es de la municipalité de Cookshire-Eaton sont sans contrat de travail depuis décembre 2017. De concert avec une centaine de syndiqué-es provenant de neuf municipalités de l’Estrie, ils se sont engagés à négocier de façon coordonnée, avec une plateforme de revendications communes. « Les demandes sur la table sont très raisonnables. Elles s’apparentent à ce qui existe déjà dans bon nombre de conventions collectives », conclut André Lajoie.

À la suite du déclenchement de la grève, le ministère du Travail a interpelé le syndicat afin de proposer qu’un médiateur soit nommé au dossier. Le syndicat a répondu qu’il était prêt à s’engager dans cette voie et, par conséquent, la négociation devrait reprendre la semaine prochaine en présence du médiateur.

Le jour de la marmotte

Blogue de Jacques Létourneau

À chaque campagne électorale, c’est la même rengaine : les disciples du néolibéralisme se font un devoir de ramener dans l’actualité leur plaidoyer pour la privatisation totale ou partielle de la SAQ. La semaine dernière, c’est par la bouche du premier ministre Philippe Couillard, celui qui dirigera les troupes libérales lors de la prochaine campagne électorale, que le sujet a resurgi.

C’est pourtant cette même équipe libérale qui, il y a à peine quatre ans, après avoir pris connaissance du rapport de la Commission Robillard sur la révision des programmes, choisissait de miser sur une amélioration de la performance de la SAQ plutôt que sur la déréglementation. Une décision qui s’est avérée judicieuse, puisque les frais d’administration de la société d’État n’ont jamais été aussi bas qu’aujourd’hui et que les revenus versés par la SAQ au trésor québécois sont plus élevés que jamais.

C’est aussi ce même gouvernement qui, il y a tout juste quelques mois, dans la foulée de la légalisation du cannabis, annonçait en grande pompe la création de la Société québécoise du cannabis, une filiale à part entière de la SAQ, qui assurera, dès octobre prochain, la vente en ligne et en succursales des produits du cannabis. Par cette annonce, le gouvernement réitérait l’importance de confier la vente au détail de produits présentant certains enjeux de santé publique, comme l’alcool ou certaines drogues, à une société d’État avec un mandat social lié à la prévention et à la consommation responsable.

Alors, pourquoi les libéraux reviennent-ils encore avec cette attaque en règle contre le monopole de la SAQ? Par opportunisme, tout simplement. Pour se coller aux idées de la CAQ en avance dans les sondages. Pourtant, qu’ils soient mis de l’avant par les caquistes, les libéraux ou tout autre chroniqueur fervent admirateur du sacro-saint libre marché, les arguments pour la déréglementation de la vente d’alcool au Québec ont tous été déconstruits les uns après les autres. Selon les partisans de la concurrence, les consommateurs seraient les grands gagnants de la fin du monopole; ils bénéficieraient d’un plus grand choix de produits et d’une baisse des prix. Toutefois, si l’on regarde les diverses études comparatives menées au cours des dernières années, ces arguments ne tiennent pas la route. En Alberta, où la vente d’alcool a été privatisée il y a plus de 20 ans, les prix ont augmenté deux fois plus vite qu’au Québec et les clients ont accès à environ 65 % des produits offerts ici. Les résultats vont dans le même sens pour la Colombie-Britannique, où le privé concurrence le public depuis 2013.

La question reste donc entière : puisqu’elle ne profiterait pas aux consommateurs et encore moins à l’ensemble des citoyennes et citoyens du Québec, qui se priveraient des dividendes de la SAQ qui dépassent le milliard annuellement, à qui bénéficierait la fin du monopole sur la vente d’alcool? Se pourrait-il que le manque à gagner important que toute forme de privatisation de la SAQ entraînerait dans le budget provincial serve à justifier un retour aux mesures d’austérité qui ont asphyxié les réseaux de la santé et de l’éducation? Cela pourrait permettre, une fois de plus, au privé de s’immiscer dans les missions de l’État et aux « amis » du pouvoir de s’en mettre plein les poches.

Ne soyons pas dupes. Refusons de cautionner ces passe-droits à la garde rapprochée de la classe dirigeante et plaidons pour le maintien de la SAQ, une société d’État performante qui rapporte gros pour l’ensemble de la population québécoise.

Une décision injustifiable qui touche les familles les plus vulnérables

Blogue de Véronique de Sève

Stupéfaction et colère, voilà ce qu’inspire d’emblée la nouvelle directive du ministère de la Famille qui interdit désormais aux enfants des demandeurs d’asile de fréquenter un service de garde subventionné du Québec.

Comment peut-on moralement justifier cette seule exclusion, alors qu’absolument toute autre personne résidente du Québec est admissible à ces places à contribution réduite quelle qu’elle soit : citoyenne, résidente permanente, titulaire d’un permis de travail ou d’un visa d’étudiant étranger, récipiendaire d’une bourse d’études du gouvernement du Québec, reconnue en tant que réfugiée, titulaire d’un certificat de sélection délivré en vertu de la Loi sur l’immigration au Québec, titulaire d’un permis de séjour temporaire en vue de l’octroi éventuel de la résidence permanente, etc.

Le ministre de la Famille justifie sa décision par une question de rôle à jouer entre les gouvernements fédéral et provincial. Pendant ce temps, ce sont des familles, principalement des femmes et des enfants, parmi les plus vulnérables de la société, qui sont exclues, laissées à elles-mêmes. Comment justifier cette exclusion des demandeurs d’asile alors que les délais pour obtenir une réponse concernant leur statut s’échelonnent trop souvent sur plusieurs années? Le gouvernement provincial a le devoir d’agir et de rétablir la situation. Il lui appartiendra ensuite de s’assurer que le fédéral assume ses responsabilités.

Par ailleurs, comment expliquer la confusion qui règne en ce qui concerne le droit à l’éducation de ces enfants, alors que leurs parents ont le droit de travailler et donc l’obligation de payer des impôts? Pourquoi ont-ils le droit de fréquenter l’école, du primaire jusqu’au collégial, mais n’ont-ils pas le droit aux services éducatifs à la petite enfance comme tous les autres enfants du Québec? Ces enfants ne devraient-ils pas avoir les mêmes droits que tous les autres en vertu des nombreuses conventions internationales dont nous sommes signataires?

Comment votre gouvernement peut-il justifier telle aberration, alors qu’il affirme que :

  • Les services de garde éducatifs jouent un rôle crucial dans la réussite éducative;
  • Les services de garde sont essentiels à la conciliation familiale et à l’égalité des sexes;
  • La participation des femmes au marché du travail est un facteur clé du développement;
  • Les employeurs québécois ont besoin de maind’œuvre étrangère pour fonctionner;
  • L’insertion en emploi est le principal moyen d’intégration des personnes immigrantes;
  • La francisation est cruciale pour assurer l’employabilité des personnes immigrantes;
  • Le Québec est le « paradis des familles »…

Ce n’est certainement pas faute de moyens qu’on peut justifier cette exclusion insensée : les surplus réalisés depuis trois ans totalisent plus de 11 milliards de dollars, en y incluant la part dédiée au Fonds des générations. Le gouvernement doit revenir sur sa décision. Il en va de l’avenir de plusieurs familles qui bâtiront le Québec de demain.

Une première convention collective

Réunis en assemblée générale hier le 17 juillet, les travailleuses et les travailleurs du Domaine Seigneur Lepage de Rimouski se sont prononcés à 100 % en faveur des termes de leur première convention collective.

Le contrat de travail de ces 35 personnes salariées, membres du Syndicat des travailleurs (euses) des résidences d’hébergement Rimouski-Neigette (CSN), est d’une durée trois ans, dont la date d’échéance est prévue le 31 mars 2021. Cette entente prévoit des augmentations de salaire variant entre 1,65 $ et 2,15 $ l’heure.

Autres gains

Les travailleuses et les travailleurs enregistrent des gains aux chapitres suivants : congés, droits syndicaux, santé-sécurité au travail, vacances, comité de relations de travail et article sur la mise à jour et le perfectionnement des connaissances pratiques et théoriques.

Les membres ont aussi obtenu des gains en ce qui a trait à la reconnaissance de l’expérience acquise antérieurement pour l’avancement dans l’échelle salariale et les vacances. Après huit années de service, ils auront droit à une quatrième semaine de vacances. Les travailleuses et les travailleurs ont aussi réussi à protéger leur emploi face à la sous-traitance.

Appelée à commenter l’entente, la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent – CSN, madame Nancy Legendre, a tenu à souligner que c’est grâce à leur détermination et à leur solidarité que les travailleuses et les travailleurs vont obtenir de meilleures conditions de travail. Le résultat du vote a démontré la satisfaction des membres dans l’atteinte de leurs objectifs sans compter que la date de fin de la convention collective est arrimée avec les autres centres d’hébergement privés que nous représentons, ce qui fait même augmenter leur rapport de force.

Débrayage immédiat des employé-es qui entament une première journée de grève

À 10 h 05 ce matin, les salarié-es des 404 succursales de la Société des alcools du Québec, membres du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) ont quitté leur lieu de travail et entamé une première journée de grève. En juin dernier, après 16 mois de négociation, les 5500 membres du SEMB-SAQ avaient voté à 91 % pour un mandat de six jours de grève.

Cette première journée de débrayage survient après deux séances de négociation qui se sont déroulées les 12 et 13 juillet. « On dirait que l’employeur ne nous prend pas au sérieux, et ce, malgré le vote massif des membres en faveur de la grève. Il est encore en demande pour modifier les horaires et couper des heures. Aujourd’hui, notre message est on ne peut plus clair : nous n’accepterons aucun recul sur nos conditions de travail. Si la SAQ veut régler, qu’elle retire ses demandes sur nos planchers de postes et d’horaires », affirme Katia Lelièvre, présidente du SEMB-SAQ.

Les points en litige demeurent les mêmes depuis le début de la négociation. Pour les membres du syndicat, améliorer la conciliation travail-famille-études et diminuer la précarité d’emploi restent les grandes priorités alors que l’employeur, de son côté, souhaite qu’il y ait un maximum de salarié-es disponibles en tout temps, tout en diminuant le nombre d’heures.

« Ce n’est jamais de gaieté de cœur que les travailleuses et les travailleurs choisissent de faire la grève, ajoute Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN). Les demandes de la SAQ viendraient fragiliser davantage bon nombre d’emplois déjà précaires, et ça, ça ne passe tout simplement pas. Avec 70 % de ses salarié-es à temps partiel et une moyenne de douze ans pour obtenir un poste régulier, la SAQ n’a pas de quoi se vanter. »

Jacques Létourneau, président de la CSN, a tenu à saluer la détermination des membres. « Vous avez raison de mener cette lutte. Cette année, les résultats financiers de la SAQ ont augmenté de 2,6 % par rapport à l’année dernière. Il y a assurément une partie de ce succès qui vous revient, vous qui travaillez au quotidien auprès de la clientèle. Vous assurer une plus grande stabilité d’emploi devrait faire partie des priorités de l’organisation. »

Le comité de négociation du SEMB–SAQ espère que cette première journée de grève fera bouger les choses. Plusieurs séances de négociation sont prévues au cours des prochaines semaines, dont une aujourd’hui même.

Une belle victoire qui s’inscrit dans la lutte pour le 15 $ l’heure

Réunis en assemblée générale hier après-midi, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Colabor, affilié à la Fédération du commerce (FC–CSN), ont voté à 88 % en faveur de l’entente de principe survenue le 10 juillet entre l’employeur et le syndicat.

Après six mois de négociation et une journée de grève, les travailleuses et les travailleurs de cette entreprise de distribution de produits alimentaires se sont dits très satisfaits de l’entente présentée. Parmi les gains obtenus, on trouve entre autres un important redressement salarial, une clause pour circonscrire davantage la sous-traitance dans l’entreprise et une bonification du régime de retraite. « Nous sommes fiers de ce que nous avons réalisé. C’est grâce à notre grande détermination et à notre mobilisation hors du commun que nous avons réussi à obtenir cette entente. Les membres étaient au rendez-vous à tous les moments clés de la négo », a lancé, Mario Bilodeau, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Colabor.

Avec l’entente adoptée hier, les salaires d’entrée des employé-es de Colabor passeront d’environ 12,50 $ à 16 $ l’heure, des augmentations qui sont en droite ligne avec la revendication de la CSN pour un salaire minimum à 15 $ l’heure. « À la Fédération du commerce, nous adhérons complètement à cette revendication pour un salaire minimum décent. Négocier un revenu qui permet aux travailleuses et aux travailleurs que nous représentons de vivre et non pas de simplement survivre, c’est la base du travail syndical », a ajouté David Bergeron-Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). Au Québec, le secteur du commerce de gros et de détail représente à lui seul près de 40 % des employés qui reçoivent le salaire minimum, soit 12 $ l’heure.

Dans le cadre de cette négociation, un travail conjoint a aussi été fait pour réorganiser les mouvements de main-d’œuvre, ce qui favorisera l’expansion de l’entreprise. Pour Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN), l’entente ratifiée hier représente une belle victoire pour la région. « Je tiens à féliciter tous les employé-es de Colabor. Des avancées comme celles-ci bénéficient à toute la Montérégie. De bonnes conditions de travail, ça attire les travailleuses et les travailleurs chez nous et, de meilleurs salaires, ça fait de l’argent réinjecté dans l’économie régionale; c’est gagnant-gagnant. D’ailleurs, la bonne santé économique des villes, États et pays qui ont augmenté considérablement le salaire minimum en est la preuve. »

Une première rencontre du Collectif avec un parti politique

Le Collectif qui réunit l’Alliance des patients pour la santé (APS), l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux (ACSSSS), l’Association médicale du Québec (AMQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est ravi d’avoir pu présenter ses actions prioritaires au Parti Québécois.

Comme l’a souligné Jérôme Di Giovanni, président de l’Alliance des patients pour la santé (APS), au nom du collectif, le Parti Québécois a été la première formation politique qui a accepté de nous rencontrer et d’échanger avec nous à la suite du dévoilement des actions prioritaires que nous proposons pour améliorer le système de santé. Nous les en remercions.

De nombreux aspects du programme du Parti Québécois rejoignent les thématiques de nos actions prioritaires. Nous tenons néanmoins à préciser que, contrairement à ce que laissait entendre le communiqué de presse du cabinet du chef de l’opposition officielle publié le 12 juillet, certaines solutions qu’il prône ne répondent pas et sont même en opposition aux directions et actions que le Collectif propose notamment sur la question de la rémunération des médecins.

Le Collectif propose que le mode de rémunération des médecins soit revu pour favoriser le travail d’équipe et la collaboration avec les autres professionnels, ce qui ne veut pas dire « un gel de la rémunération ». « Il faut revoir les modes de rémunération et adopter des modèles adaptés à la réalité du terrain pour favoriser le travail interdisciplinaire et l’accessibilité aux soins et services des patients; il ne s’agit pas de diminuer ce que reçoit actuellement un médecin pour un acte ou un autre », souligne le président de l’AMQ, le Dr Hugo Viens.

Aussi, le Collectif recommande le maintien des CLSC et le renforcement de leur rôle pour assurer la coordination et la prestation des soins et services à domicile aux aînés et aux personnes vulnérables et non pas pour répondre aux urgences mineures. « Ce qui nous préoccupe surtout ici, ce sont les aînés et les personnes vulnérables qui n’ont pas accès aux soins et services à domicile dont ils ont besoin et qui, faute de pouvoir être soignés chez eux, retournent constamment à l’hôpital, précise Jean Lacharité, vice-président de la CSN. De plus, le Collectif ne peut se prononcer en faveur d’une structure qui privilégie le travail en silo d’un professionnel de la santé ou d’un autre », ajoute-t-il.

Enfin, si le Collectif estime que les ressources humaines constituent les assises essentielles de notre réseau de la santé et des services sociaux, cela ne veut pas dire que l’amélioration de la qualité et de la rapidité des services dont les patients ont besoin, passe uniquement par l’ajout de personnel. « Il faut améliorer l’organisation et les conditions de travail et de pratique afin d’éliminer la précarité, d’éviter la surcharge et d’assurer un milieu de travail sain », indique la présidente-directrice générale de l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux, Carole Trempe.

Le Collectif rappelle qu’il a l’intention de produire un bulletin de note dans lequel il évaluera précisément les propositions de chaque parti. Au cours de l’été, le Collectif continuera son travail, et il souhaite rencontrer rapidement les autres formations politiques.

Entente de principe au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Le Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration de la santé et des services sociaux (SPBTPASSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, qui représente environ 1 400 membres au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, vous annonce que le mardi 10 juillet, en fin de soirée, une entente de principe est intervenue entre le syndicat et la partie patronale. Les deux parties étaient en négociation sur les 26 matières locales depuis octobre 2017. Au cours des dernières semaines, une intensification importante des négociations a permis des progrès significatifs qui ont ultimement mené à une entente de principe.

« Cette entente de principe est le résultat de travaux intensifs de la part des deux parties, qui ont démontré une considération sincère pour l’amélioration des conditions de travail pour l’ensemble des membres de la catégorie 3. L’exercice réalisé est majeur, puisqu’au départ, il y avait neuf conventions collectives différentes à concilier. Nous sommes parvenus à un point d’équilibre entre la stabilité et une certaine flexibilité qui offrira plusieurs opportunités aux membres que nous représentons. Nous sommes confiants que les membres prendront acte que le résultat de cette négociation respecte les mandats qu’ils nous ont confiés lors de la période de consultation en septembre dernier » indique madame Sandra Quirion, présidente du syndicat.

Rappelons que tous les syndicats du secteur de la santé et des services sociaux au Québec sont présentement en négociation pour le renouvellement de leurs matières locales, et ce, en raison des fusions des accréditations syndicales de la région en 2017, qui découle elle-même de la fusion des établissements de santé et de services sociaux en 2015.

Étant donné la période estivale, les membres seront appelés à participer aux assemblées générales et à voter sur l’entente de principe en septembre prochain.

Les employé-es votent à 97 % en faveur de l’entente de principe

Réunis en assemblée générale hier soir, les employé-es du Manoir Sherbrooke, membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN), ont entériné à 97 % l’entente de principe survenue le 30 juin entre l’employeur et le syndicat.

Après deux ans et demie de négociation et plus de deux mois de grève, les travailleuses et les travailleurs de cette résidence pour aîné-es ont exprimé leur satisfaction face à l’entente présentée. Parmi les gains obtenus, on retrouve entre autres des montants forfaitaires sur toutes les heures travaillées pour la période entre le 1er décembre 2015 et le 31 décembre 2017 et un ajustement des salaires à partir du premier janvier 2018. « Nous sommes fières de ce que nous avons accompli. Notre détermination commune nous a permis de défoncer l’offre patronale que l’employeur nous avait présentée comme une offre finale en avril dernier. Par exemple, sur les augmentations salariales, nous avons réussi à aller chercher plus que ce que l’employeur nous proposait », a lancé Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.

Dans l’entente adoptée hier, il a aussi été convenu qu’un conciliateur/médiateur travaillerait avec les parties patronale et syndicale sur l’amélioration des relations de travail au Manoir Sherbrooke. « C’est une bonne nouvelle pour tout le personnel de la résidence. Ces employé-es qui se dévouent au quotidien pour les aîné-es ont droit à un milieu de travail sain », a ajouté Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN), a tenu à féliciter les employé-es de cette résidence Soleil pour avoir mené la lutte jusqu’au bout. « Elles se sont tenues debout et ont imposé le respect. Leur solidarité a finalement eu raison de cet employeur méprisant. Dorénavant, Eddy Savoie, le milliardaire avare, sait à qui il a affaire au Manoir Sherbrooke ! ».

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie compte plus de 200 membres répartis dans 6 centres d’hébergement. La Fédération de la santé et des services sociaux–CSN compte quelque 3500 travailleuses et travailleurs de CHP. Le Conseil central de l’Estrie–CSN regroupe plus de 9000 membres répartis dans plus de 72 syndicats. La CSN compte au total plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

 

Assurance médicaments 100% publique

Au lendemain de l’ajustement annuel des contributions au régime public d’assurance médicaments du Québec et d’une rencontre des ministres de la Santé provinciaux où le sujet a été discuté, nous désirons réitérer l’urgence d’agir pour un meilleur contrôle de nos dépenses en médicaments et un accès plus équitable aux thérapies médicamenteuses.

En effet, encore trop de gens au Québec ont des problèmes à se procurer leurs médicaments en pharmacie, faute de moyens financiers (12% de la population selon le Commissaire à la santé). De plus, les primes des assurances collectives privées augmentent chaque année plus vite que les hausses de salaire… Et que dire du fait que deux Québécois qui entrent dans la même pharmacie avec la même prescription vont ressortir avec deux factures très différentes, selon que l’un soit assuré au régime public du gouvernement et l’autre avec un des régimes privés d’assurance médicaments ? Ces situations sont inacceptables, et les conséquences bien réelles sur l’équité dans l’accessibilité aux médicaments et le budget des ménages, du gouvernement et des employeurs. Pour ce qui constitue le deuxième poste budgétaire en santé, nous dépensons 35% de plus que dans les autres provinces !

La solution est pourtant simple : faire comme tous les autres pays qui ont un système public de santé et y intégrer les médicaments. Les résultats seraient spectaculaires. Un rapport récent du comité permanent de la santé à Ottawa au titre explicite (« Un régime d’assurance médicaments universel pour tous les Canadiens : une nécessité ») atteste que « les coûts directs que doivent payer les particuliers seraient réduits en moyenne de 90% ».

Par différentes campagnes en cours, des centaines de milliers de Québécois demandent l’action de leurs élus. À l’aube d’élections provinciales, nous enjoignons les partis à faire de ce dossier une priorité. C’est un enjeu transpartisan.  La solution est éprouvée, les pressions s’accentuent : ne reste que le pas final à franchir.

 

Signataires :

  • François Décary-Gilardeau, président, Union des consommateurs
  • Sonia Éthier, présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Jacques Létourneau, président, Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Daniel Boyer, président, Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ)
  • Carolle Dubé, présidente, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
  • Nancy Bédard, présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ)
  • Mercédez Roberge, coordonnatrice, Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
  • Caroline Toupin, coordonnatrice, Regroupement québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)

Un recul de plus

À la suite de l’annonce, ce matin, du ministre de la Famille concernant l’implantation de projets pilotes de haltes-garderies, la CSN souhaite dénoncer la création de ce réseau en marge. « Avec ce programme, le gouvernement crée un réseau parallèle, distinct, alors qu’il aurait été possible de l’intégrer aux réseaux publics déjà en place », a noté d’entrée de jeu la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Le ministre Fortin annonçait, ce matin à Sherbrooke, la mise en place de projets de haltes-garderies afin d’améliorer l’offre d’activités de garde pour les travailleurs et les parents étudiants. S’adressant aux groupes communautaires, le gouvernement leur propose d’offrir des services de halte-garderie, parallèlement au réseau des CPE et des RSG offrant des services de gardiennage les soirs, les fins de semaine et les nuits.

« Bien que nous reconnaissons qu’un tel besoin existe et qu’il faut y répondre, ces nouvelles haltes-garderies constituent des services à rabais, encadrés par très peu de règlementation. Il n’y aura pas d’exigence de formation pour le personnel et pas de programme éducatif. Il s’agit essentiellement de services de gardiennage. Rappelons que des CPE ont déjà la possibilité d’offrir ce type de service. Il aurait été opportun, selon nous, d’analyser les offres existantes avant d’aller plus loin », a noté Véronique De Sève.

Ces projets pourront bénéficier d’une subvention maximale de 75 000 $ par année, ce qui est nettement insuffisant. « On peut se demander quelles seront les conditions de travail des femmes qui y travailleront et de quelle hauteur sera la qualité du matériel éducatif qu’on y retrouvera, a questionné Mme De Sève. Ce dont le secteur communautaire a besoin, ce n’est pas d’une multiplication du financement à la pièce et irréaliste, mais d’un financement adéquat récurrent. Ce dont les familles ont besoin, ce sont des services éducatifs cohérents et de qualité, tout au long du parcours de leurs enfants. »

Nier l’expertise
Les avantages offerts par les CPE et le milieu familial reconnu par un bureau coordonnateur ne sont plus à prouver : toutes les études démontrent la supériorité des CPE par comparaison aux garderies commerciales, qu’elles soient subventionnées ou non. La même supériorité est observable chez les responsables en services de garde (RSG) en milieu familial reconnus par un bureau coordonnateur, par rapport à la garde d’enfants à domicile qui n’est pas régie par la loi. « En mettant sur pied son projet pilote, le ministre Fortin vient ni plus ni moins nier ces faits, notamment l’expertise détenue par les travailleuses de ces réseaux. Ces éducatrices offrent le meilleur grâce à des méthodes éducatives fondées sur le développement global de l’enfant, sa stimulation, l’éveil de tout son potentiel et sa socialisation par le jeu. Elles s’assurent du développement de ses habiletés psychomotrices et langagières, de sa créativité, de son autonomie, de sa capacité à résoudre les conflits et de son bien-être général. Tous les enfants devraient pouvoir en bénéficier. »

Finalement, en octroyant des sommes — même insuffisantes — à ce réseau parallèle, le ministre Fortin perpétue l’inadéquation du financement des réseaux des CPE et du milieu familial reconnu par un bureau coordonnateur. « C’est dans ces réseaux que l’argent du gouvernement doit être investi. Pas dans le privé et pas dans des projets pilotes de gardiennage », a conclu Véronique De Sève.

À propos
La CSN représente près de 300 000 travailleuses et travailleurs regroupés dans quelque 2000 syndicats présents dans tous les secteurs d’activité. La CSN est la plus grande organisation dans le secteur de la santé et des services sociaux.

Une première convention collective CSN adoptée à 92%

Réunis en assemblée générale le vendredi 22 juin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’OldCastle Solutions Enclosure – CSN ont adopté leur entente de principe à 92 %. Pour les travailleuses et travailleurs, il s’agit d’une première convention collective avec la CSN, le syndicat étant auparavant affilié à FTQ-métallo local 7625.

« Nous sommes très heureux de ce dénouement, explique Dominic Dansereau, membre de l’exécutif du syndicat. La négociation s’est échelonnée sur plus d’un an et a été assez ardue. On devait pratiquement réécrire la convention au complet, il y avait beaucoup de clauses contradictoires. Mais aujourd’hui, c’est derrière nous, on repart à neuf, du côté de nos conditions de travail, tout comme du côté des relations avec l’employeur. Nous avons fait des gains importants, dont l’inclusion des horaires de travail à la convention collective et une ouverture à la modification des jours de travail du quart de nuit. On va enfin avoir une stabilité dans nos horaires de travail, ce qui aidera beaucoup la conciliation famille-travail-études. Ce n’est pas des blagues, avant que la CSN n’arrive, nous n’avions pas d’horaire de travail, on pouvait être appelés à travailler autant de jour que de nuit. C’est grâce à l’incroyable soutien de nos membres et de la CSN qui nous ont appuyés durant toute cette négociation que nous avons pu en arriver à un si beau résultat. »

Les avancées sont nombreuses dans cette nouvelle convention CSN. Parmi elles, on retrouve l’inclusion d’une clause permettant aux travailleuses et travailleurs le souhaitant de prendre une retraite progressive, l’accès à l’affichage et l’attribution de postes pour tous les membres, ainsi que la possibilité pour les membres de consulter une copie de leur dossier disciplinaire. Pour ce qui est des relations entre le syndicat et l’employeur, la nouvelle clause du comité de santé-sécurité au travail (SST) assure la primauté de ce comité sur tout autre projet ou comité ayant pour objet la SST. De plus, un comité de relations de travail est maintenant conventionné et des rencontres sont prévues tous les mois afin de discuter des problèmes concernant le milieu de travail. Finalement, la nouvelle convention prévoit une augmentation salariale.

« On ne mâchera pas nos mots, il était plus que temps qu’on passe à la CSN. L’approche de la confédération, qui donne une plus grande autonomie au syndicat local, tout en nous fournissant les ressources nécessaires pour nous appuyer dans notre négociation nous a permis d’obtenir des gains concrets et très bénéfiques pour les membres. On a pu organiser notre mobilisation, participer à la création de notre projet de convention collective, jouer un rôle réel dans la négociation, et j’en passe. Ça fait toute une différence quand l’employeur voit que ce sont toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui prennent part à l’action syndicale, ça change la dynamique. À titre d’exemple, pour certains membres, ça faisait plus de trente ans qu’ils étaient syndiqués et ils se faisaient encore déplacer d’un quart de travail à l’autre sans préavis, à la guise de l’employeur. C’était totalement inacceptable. Mais voilà, on fait le choix de la CSN et on obtient un gain formidable sur cet enjeu qu’on réclame depuis longtemps. Ça n’a pas été facile, mais on l’a eu. C’est tout un changement, toute une victoire », conclut Serge Lachance, président du syndicat.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’OldCastle Enclosure Solutions – CSN représente 51 travailleuses et travailleurs et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui compte près de 30 000 membres répartis dans 320 syndicats ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie qui regroupe environ 35 000 syndiqué-es sur une base régionale. Le syndicat est également affilié à la CSN, laquelle compte près de 2000 syndicats regroupant plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

5500 travailleuses et travailleurs votent la grève

À l’issue d’une tournée de trois semaines en assemblée générale provinciale, le syndicat représentant notamment les employé-es de toutes les succursales de la SAQ a obtenu le mandat de déclencher jusqu’à six jours de grève afin de faire débloquer les négociations pour le renouvellement de la convention collective. Ce mandat a été voté par les membres, à scrutin secret, dans une proportion de 91 %. Les journées de grève seront utilisées au moment opportun, en fonction de l’évolution des négociations.

Pour la présidente du Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB–SAQ–CSN), Katia Lelièvre, le message est on ne peut plus clair. « Après 16 mois de négociation, la SAQ maintient encore toute une série de demandes de reculs à différents chapitres de notre convention collective. Nous négocions pour améliorer notre sort comme la conciliation famille–travail, pas pour reculer ! Nos membres ont parlé. Nous ne souhaitons pas de conflit de travail mais nous refusons aussi d’aggraver la situation. »

Environ 70 % des membres du SEMB–SAQ–CSN travaillent à temps partiel ou occasionnellement. Ceux-ci souhaitent diminuer la précarité, avoir plus de stabilité et par le fait même s’assurer des revenus décents et plus prévisibles. Les propositions de la SAQ vont complètement en sens inverse. Les questions financières n’ont pas encore été abordées en négociation.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau appuie sans réserve les salarié-es de la SAQ. « Le succès de la SAQ, c’est d’abord l’engagement de ses employé-es. C’est courageux de leur part de choisir de se tenir debout pour défendre leur droit à une vie de famille et à un revenu décent. La SAQ doit saisir cette occasion pour convenir d’un règlement satisfaisant. Ils ont droit à ce respect de leur employeur ».

Quant à la présidente de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN), Nathalie Arguin, elle salue le message clair envoyé par les salarié-es. « Nous pouvons être très fiers de ce que les employé-es de la SAQ ont construit au fil des années. Les demandes patronales ont été reçues comme une insulte. Grâce à leur travail, la SAQ bat des records. Les gestionnaires de la SAQ qui empochent des bonis grâce à cette performance doivent leur témoigner plus de respect ! »

À propos

Le SEMB-SAQ (CSN) représente les 5500 travailleuses et travailleurs des magasins et des bureaux de la SAQ. Il est affilié à la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

 

Source : Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (FEESP–CSN)

 

Une annonce qui manque de vision à long terme

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) prennent acte de l’octroi du contrat d’acquisition et de conversion de trois brise-glaces commerciaux de taille moyenne au chantier Davie de Lévis. Les trois organisations rappellent cependant au gouvernement qu’il s’agit d’une solution à court terme à un problème récurrent qui pourrait être réglé en partie en reconnaissant le chantier Davie dans la Stratégie nationale de construction navale.

« C’est évident, c’est une nouvelle que nous attendions avec impatience, annonce Louis Bégin, président de la FIM–CSN. À court terme, ça va rassurer les travailleuses et les travailleurs de la Davie, leur donner une certaine sécurité d’emploi. Ça va probablement permettre aussi de rappeler des employé-es au travail. On déplore par contre le fait que le gouvernement donne 15 jours aux autres fournisseurs pour signaler leur intérêt pour ce projet. On octroie le contrat à la Davie ou on ne l’octroie pas. Le gouvernement doit arrêter ce manège. Surtout que ce n’est pas une solution qui assure la pérennité des emplois à long terme sur le chantier. Pour ça, il faudrait que le gouvernement fédéral fasse le pas de plus et reconnaisse une fois pour toutes le chantier Davie de Lévis dans la Stratégie nationale de construction navale. Cette reconnaissance permettrait enfin à la Davie d’obtenir des contrats pour des navires de grande taille, ce que le chantier est déjà capable de faire à l’heure actuelle. Ces contrats sécuriseraient beaucoup plus d’emplois sur une plus longue période. »

« La Davie a la main-d’œuvre nécessaire pour faire beaucoup plus que la conversion de navires de taille moyenne, poursuit Jacques Létourneau, président de la CSN. Le personnel détient l’expertise requise et le chantier n’a pas besoin de modifications majeures pour pouvoir travailler sur des navires de grande taille. En allant du côté de Seaspan sur la côte ouest et d’Irving dans les maritimes, le gouvernement fédéral est passé à côté d’une belle occasion de sauver des millions de dollars. Dans la réalité, les chantiers choisis dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale ne sont pas en mesure de livrer la marchandise et doivent moderniser et agrandir leurs installations à coup de millions de dollars pour y arriver. Plusieurs années plus tard, aucun navire n’a été livré par ces deux chantiers. Le chantier de la Davie est prêt, les travailleuses et les travailleurs sont prêts, il ne manque que les navires. L’annonce d’aujourd’hui va aider dans l’immédiat, mais le gouvernement doit en faire plus. »

« Plus de cinq mois après la déclaration du premier ministre, nous sommes grandement déçu de voir que l’on passe de quatre à trois brise-glaces, il manque le plus grand navire alors que celui sensé le remplacer, le Diefenbaker qui devait être livré en 2017 ne le sera pas avant 2025 au plus tôt. Il faut être conscient que c’est le minimum pour les travailleuses et les travailleurs du chantier. La Davie a 50% de la capacité de production du pays mais n’a reçu que 1% des contrats fédéraux à date. Donc aujourd’hui, nous prenons acte de cette annonce partielle qui était attendue depuis longtemps. Mais si on veut assurer une stabilité au chantier et, du même coup, des retombées économiques importantes pour la région, le gouvernement doit cesser de tourner autour du pot et lancer dès maintenant des projets de plus grande envergure avec la Davie » conclut Ann Gingras, présidente du CCQCA-CSN.

L’employeur rompt la négociation sans raison valable

Ce vendredi matin, les membres du Syndicat manuel des travailleurs et travailleuses de Vaudreuil-Dorion-CSN (SMTTVD) manifestent leur mécontentement face à leur employeur qui, sans raison valable, a décidé, peu après midi ce jeudi, de rompre les négociations.

« Alors que le syndicat avait annoncé qu’il comptait déposer une offre globale touchant aux clauses normatives, l’employeur nous a envoyé un courriel nous avisant que notre rencontre était tout simplement annulée. Nous n’avons plus aucune rencontre prévue à l’agenda et nous faisons donc face à une impasse, de déplorer Clayton West, président du SMTTVD. Dans cette négociation, l’attitude et les comportements du maire posent vraiment problème. On nous accuse d’intimidation alors que nous ne faisons qu’exercer des moyens de pression tout à fait légitimes et légaux afin de conclure rapidement la présente négociation. Et si nous avons décidé de mettre en application des moyens de pression, c’est que nous avons nettement l’impression que le maire laisse volontairement traîner la négociation. Pour nous, il s’agit d’un autre geste de provocation déplacé et inutile qui ne fait que reporter le moment où nous devrons nous revoir et négocier sérieusement. »

Rappelons que le 10 mai dernier, les membres se sont dotés d’un mandat de grève de 24 heures à 97 % dans le cadre d’un vote à scrutin secret. Les membres du syndicat sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2017.

« Le respect de l’ancienneté dans l’attribution de postes et lors de l’affectation des heures supplémentaires divise les parties. L’employeur revendique une ancienneté par secteur alors que nous voulons préserver l’application actuelle de l’ancienneté générale qui permet à tous les salarié-es de postuler à tous les postes vacants à la ville. Nous revendiquons également la création de postes, puisque plusieurs salarié-es détenant des horaires de 40 heures par semaine doivent en faire 52 en réalité, d’ajouter monsieur West. Nous espérons que le maire entendra raison et acceptera de rétablir les ponts, et ce, le plus tôt possible. »

Le SMTTVD regroupe environ 60 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.