Le danger des puissants

La ronde de négociation 2023 du secteur public est lancée. Pour cette ronde, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS unissent leur force et travaillent en Front commun pour défendre les travailleuses et les travailleurs. Apprenez-en plus.

Du même SUJET

Une occasion ratée d’implanter les solutions du personnel pour un réseau plus humain

Une occasion ratée d’implanter les solutions du personnel pour un réseau plus humain

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ressort perplexe de la lecture du…
Du jamais vu pour les paramédics !

Du jamais vu pour les paramédics !

Depuis quelques semaines, la situation se dégrade pour les paramédics de la ville de Québec. Cette…
Situation des journalistes pigistes au Québec : un constat navrant

Situation des journalistes pigistes au Québec : un constat navrant

Dix ans après la tenue d’un sondage similaire et à la suite d’une lettre qui a…
Solidarité avec nos membres dans les magasins de la SAQ

Solidarité avec nos membres dans les magasins de la SAQ

Avec la période des Fêtes qui approche, plusieurs d’entre nous s’apprêtent à faire le plein de…
Mandat de grève générale illimitée à la Villa d'Alma

Mandat de grève générale illimitée à la Villa d'Alma

Le 24 octobre dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Centres d’hébergement privés…
Le Syndicat des chauffeurs de la Rive-Sud en grève contre la précarité

Le Syndicat des chauffeurs de la Rive-Sud en grève contre la précarité

Les membres du Syndicat des chauffeurs de la Rive-Sud (CSN) ont dressé des piquets de grève dès…

Tarifs douaniers

Fer-et-Titanes-29-sept-98-29-septembre-2013--Photo-Michel-Giroux

Le danger des puissants

Blogue de Jacques Létourneau

Un concert de critiques. La récente décision de Donald Trump de réactiver les tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et des pays membres de l’Union européenne, a provoqué un consensus rarement constaté : syndicats, gouvernements canadien et québécois, classes moyennes au nord comme au sud de notre frontière commune ainsi que l’ensemble des pays que nous disons libres ont tour à tour déploré la récente manœuvre du président américain. Les critiques ayant été formulées, il nous faut maintenant poser les questions qui s’imposent.

Cette nouvelle mesure de protectionnisme économique lancée par le président Trump jeudi dernier s’inscrit dans une dynamique de négociations économiques : revoir les termes de l’ALENA et l’ensemble des échanges commerciaux internationaux, déclarer une guerre commerciale à une multitude de partenaires politiques, sinon économiques, des États-Unis. Forcer le jeu dans le cadre de la renégociation de l’ALENA en ciblant la réouverture des législations en matière de gestion de l’offre? Bien entendu.

Elle s’inscrit de même, malheureusement, dans une dynamique de séduction malsaine menée par le président Trump auprès de la classe des travailleuses et des travailleurs américains : prétendre protéger l’emploi en bombant le torse auprès de ses propres alliés naturels.

Mais à qui cette nouvelle manœuvre profite-t-elle vraiment? Certainement pas aux travailleuses et aux travailleurs américains : une récente note de la Chambre de commerce des États-Unis évalue à 2,6 millions le nombre d’emplois qui pourraient être perdus en raison des politiques économiques menées par Donald Trump envers la Chine et les partenaires de l’ALENA et, aujourd’hui, sur les questions de l’aluminium et de l’acier. Certainement pas non plus aux consommateurs qui verront gonfler les prix d’une multitude de produits. Encore moins à plusieurs autres secteurs de l’économie américaine, des distillateurs de bourbon aux producteurs de cornichons, qui s’inquiètent déjà de l’impact des représailles annoncées par le Canada et de celles à venir de la part de l’Union européenne.

Les mesures protectionnistes annoncées par Trump cette semaine ne peuvent favoriser que certains pans du capital américain. En plus de consolider Trump dans ses aventures populistes en vue des élections de mi-mandat.

Au Québec et au Canada, ce sont des milliers d’emplois de la métallurgie et de secteurs connexes qui sont menacés. Bien que nous craignions une dangereuse spirale de mesures protectionnistes pouvant freiner la croissance économique et mettre en péril la situation de l’emploi au pays, nous saluons les gestes posés par le premier ministre Trudeau. Les velléités guerrières de Donald Trump ne pouvaient rester sans réponse.

Inquiète des effets qu’aura cette nouvelle guerre commerciale sur les travailleuses et les travailleurs du Québec et des milliers de membres que nous représentons, la CSN suivra de près les prochains développements. Nous en appelons à la classe politique québécoise et canadienne à se tenir debout devant les délires du président américain et de tout faire, dans le cadre des actuelles discussions quant au renouvellement de l’ALENA, pour préserver nos industries et nos emplois. Déjà, les gouvernements canadien et québécois nous consultent. Nous avons bien l’intention de poursuivre notre défense des travailleuses et travailleurs de l’acier et de l’aluminium, que ce soit ceux d’Alcoa à Baie-Comeau, de Fer et Titane à Sorel, d’Aluminium Shawinigan, d’Acier Leroux à Boucherville et de tous les autres que nous représentons, contre les velléités malsaines de l’administration Trump. Et ce, comme nous le faisons depuis plusieurs années pour ceux du secteur des pâtes et papiers.

Partager cette page sur Facebook Twitter LinkedIn Reddit Pinterest WeChat Mix Pocket