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Conditions de travail dans le secteur transport scolaire

Le gouvernement doit agir pour prévenir une crise

  • 10 Oct 2017
Photo : Michel Giroux

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  • Mais est-ce normal que les nouveaux salarié-es touchent seulement 12,07 $ l’heure pour effectuer ce travail, avec toutes les responsabilités qui nous sont confiées ? Poser la question, c’est y répondre.

Lors d’une conférence de presse tenue ce matin, Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS) et Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP) ont exposé la problématique des conditions de travail qui prévalent dans le transport scolaire et de la crise qui pourrait en découler. Leur solution : la création d’enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées afin de financer adéquatement l’augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail dans leur secteur.

« Un constat s’impose : les conductrices et les conducteurs disposent de conditions de travail dérisoires par rapport aux lourdes responsabilités et à la complexité de leur travail. Il existe de grandes disparités salariales, d’une région à l’autre et d’un employeur à l’autre. Alors que certains salarié-es touchent un taux horaire de 20 $ l’heure – ce qui totalise un maigre revenu annuel d’environ 20 000 dollars par année –, d’autres reçoivent à peine plus que le salaire minimum. Récemment, la Fédération des transporteurs par autobus (FTA), qui regroupe la majorité des employeurs du transport scolaire au Québec, nous a fait part des problèmes de recrutement et de rétention des conductrices et des conducteurs qui sont engagés par leurs membres, dont la majorité sont nos employeurs », de souligner Stephen P. Gauley, président du STS.

Une ex-conductrice témoigne
« Récemment, j’ai quitté mon emploi à cause d’une baisse de salaire de 8 % imposée par l’employeur. À la table de négociation, les représentants de l’employeur nous ont simplement dit : si vous refusez ces conditions, nous fermons. La société étasunienne First Student, propriétaire de l’entreprise, voulait simplement faire plus de profit sur notre dos. Mais est-ce normal que les nouveaux salarié-es touchent seulement 12,07 $ l’heure pour effectuer ce travail, avec toutes les responsabilités qui nous sont confiées ? Poser la question, c’est y répondre. J’ai donc décidé de quitter mon emploi puisqu’après 17 ans de service, alors que je touchais 18,95 $ l’heure, on réévaluait mon travail à un taux de 17,43 $ », de déplorer Sylvie Deschênes, ex-conductrice de véhicule scolaire.

Lors d’un processus rigoureux d’évaluation de l’emploi de conducteur et de conductrice de véhicule scolaire, auquel le gouvernement et les associations des transporteurs ont participé, les conclusions du comité de travail fixaient le taux horaire minimal à 19,14 $ l’heure en janvier 2015, ce qui représente actuellement un taux indexé de 20,02 $ à l’embauche, sans évidemment tenir compte de l’ancienneté.

Le piège des appels d’offres
« À chaque renouvellement de contrat, les commissions scolaires peuvent lancer des appels d’offres afin de retenir le transporteur qui chargera le moins cher pour les trajets à couvrir. Or, les transporteurs qui chargent le moins cher sont aussi ceux qui payent le moins bien leurs salarié-es. Les plus bas soumissionnaires risquent d’obtenir les contrats que les employeurs détiennent actuellement, ce qui menace directement l’emploi et les conditions de travail des conductrices et des conducteurs de véhicule scolaire. Les travailleuses et les travailleurs ne sont tout simplement pas attirés par des emplois sous-payés qui leur demandent de telles compétences et de telles qualifications. C’est exactement ce qui arrive en Ontario depuis plusieurs années. Cette province vit une crise dans le transport scolaire directement liée aux mauvaises conditions de travail qui sont offertes dans le domaine. En 2016, dans la région torontoise, une soixantaine de circuits de transport scolaire avaient été paralysés par une pénurie de main-d’œuvre causée par les mauvaises conditions offertes dans ce domaine. Cette année encore, une vingtaine de circuits ont été touchés par ce problème récurrent », de dénoncer Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP et responsable politique du STS.

« Nous luttons pour la reconnaissance de nos emplois et pour l’obtention d’un salaire décent depuis plus de 20 ans. À chaque étape de notre lutte, nous avons dû défendre l’importance du travail que nous accomplissons chaque jour et la responsabilité importante de conduire en toute sécurité nos enfants vers leur milieu d’apprentissage. Nous demandons donc au gouvernement de Philippe Couillard des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées qui serviront à augmenter nos salaires et à offrir des conditions de travail qui reconnaissent et respectent notre travail. Notre situation a assez duré. Nous voulons une solution durable avant les prochaines élections provinciales », de conclure monsieur Gauley.

Rappelons que plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

  • Secteur privé, Travail et emploi
  • Conditions de travail, Emploi, Rémunération, Revenu décent, Transport scolaire
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

Pour information : Martin Petit, 514 894-1326

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