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Les robots et nous

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SOUTENONS LES TRAVAILLEUSES ET LES TRAVAILLEURS DE ROLLS-ROYCE

Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls- Royce Canada, à Montréal, ont été mis en lockout le 15 mars dernier. Démontrons à Rolls-Royce Canada qu’en attaquant ses 530 salarié-es, c’est à un mouvement fort de ses 1 600 syndicats regroupant 325 000 membres qu’elle s’en prend ! Les personnes qui le souhaitent peuvent faire un don en ligne qui sera utilisé exclusivement pour soutenir la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rolls-Royce Canada.

Santé et sécurité au travail

Photo : Raynald Leblanc
Photo : Raynald Leblanc

Les robots et nous

Ce mercredi, des délégué-es ont participé à un dîner-causerie sur les impacts des robots en santé et sécurité du travail. Apparus pour la première fois en contexte industriel dans les années 60, les robots et les machines automatisées se sont multipliés de façon exponentielle. Depuis le début des années 2000, le phénomène est en explosion et ces technologies sont au cœur de la 4e révolution industrielle actuellement à l’œuvre dans les économies avancées.

Ingénieur à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail, Damien Burlet-Vienney se spécialise dans les liens entre la robotisation des milieux de travail et la santé-sécurité. En ouverture, il a d’abord dressé un portrait de la situation. Il y a actuellement plus de deux millions de robots industriels dans le monde, dont quelques milliers au Québec. Les progrès réalisés ces dernières années en intelligence artificielle, en miniaturisation, en informatique, en robotique, ont ouvert un éventail de possibilités presque infini. Bref, les robots sont là pour rester et ils seront de plus en plus nombreux. Et ils se raffinent!

Il y a à peine quelques décennies, les robots industriels étaient d’énormes machines automatisées travaillant dans des endroits isolés de tout contact direct avec les travailleuses et les travailleurs. Toutefois, l’avenir est dans les robots collaboratifs, les « cobots » et d’autres robots qui interagissent avec l’individu. Il s’agit de robots capables de « penser », ils sont programmables et puissants. L’étendue des tâches qu’ils peuvent faire « en équipe » avec un humain est pratiquement sans limites. Des petits transporteurs aidant à la manutention de colis aux véhicules automatisés aux bras robotisés et aux exosquelettes complets, la technologie évolue à un rythme effarant. Au Japon et en Allemagne, des robots d’assistance à la personne ont été testés avec succès pour le transport de patients dans les hôpitaux !

Bref, les interactions avec les robots seront de plus en plus présentes dans nos milieux de travail. Afin de prévenir tout risque pour la santé et la sécurité, diverses variables devront être prises en compte. Comment ce robot réagira-t-il devant un risque de collision avec un humain ? Peut-il être guidé manuellement ou facilement reprogrammé ? Est-il pleinement sécurisé sur le plan informatique ? Comment contrôle-t-il sa vitesse de déplacement ? L’IRSST finalise d’ailleurs actuellement une étude de quatre cas québécois qui sera bientôt en ligne sur son site Web.

Certes, des normes sont édictées afin de s’assurer de la sécurité. Le chercheur note toutefois que l’Europe est beaucoup plus avancée que l’Amérique du Nord en termes de normalisation et de règlementation.

Prévention des risques

Il y a quatre grandes catégories de risques qui doivent être pris en compte dans la prévention des accidents et des maladies dans ce nouveau rapport entre l’humain et la machine en milieu de travail.

Premièrement, il y a tout ce qui a trait aux risques de collision. La technologie évolue rapidement pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de collision ou qu’elles n’entraînent pas de blessures. Néanmoins, toutes les situations de contact ne sont pas équivalentes et le robot n’est pas toujours en mesure de faire la différence entre une tête ou une main.

Deuxièmement, il y a une panoplie de risques psychosociaux, un domaine que l’IRSST devra approfondir davantage de l’aveu du chercheur. Pensons à l’isolement, au rythme du travail et la transformation de l’organisation du travail induits par l’apparition de ces robots.

Troisièmement, il y a les troubles musculo-squelettiques. En théorie, les cobots devraient réduire ces risques en effectuant à la place du travailleur des tâches répétitives ou en lui prêtant assistance dans la réalisation de travaux très physiques. Néanmoins, il y a un risque que les outils ne soient pas utilisés correctement ou que la cadence de travail soit trop rapide. Bref, si on ne fait pas de prévention correctement, il pourrait en découler un simple déplacement de ces problèmes à une autre partie du corps !

Enfin, il y a tout le volet de l’entretien de ces équipements sophistiqués qui est capital. Il doit être adapté, régulier et assurer en tout temps le respect des normes de sécurité.

Bref, c’est tout un champ d’action syndicale qui s’ouvre avec cette nouvelle révolution technologique et pas seulement en santé et sécurité du travail. Pour Damien Burlet-Vienney, la robotisation peut contribuer positivement à la santé-sécurité, si elle est bien encadrée. Notons la possibilité d’éloigner les travailleuses et les travailleurs des zones de danger, de diminuer la nécessité de travailler dans des positions contraignantes et de multiplier les efforts physiques, la diminution des gestes répétitifs en plus de faciliter l’employabilité de personnes avec contraintes physiques ainsi que de favoriser et stimuler la créativité des travailleuses et des travailleurs.

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