Blogue Répondre au beau-frère

Pour en finir avec le discours antisyndical

Si ton travail te rend malade, change de job?

Soyons très clairs : les employeurs ont une obligation de protéger la santé et d’assurer la sécurité et l’intégrité physique et psychologique des travailleuses et des travailleurs.

Blogue de Jean Lacharité

La prévention est le nerf de la guerre en matière de santé et sécurité. C’est en amont qu’il faut agir pour organiser les travailleuses et les travailleurs. Il est inacceptable qu’encore aujourd’hui le travail rende malade ou, pis encore, qu’il tue. Contrairement à ce que pensent les beaux-frères de ce monde, se syndiquer, c’est un incontournable pour réduire les risques associés aux maladies professionnelles et aux accidents de travail.

S’attaquer aux préjugés

La santé et sécurité du travail n’est pas un sujet facile. Souvent, on a peur des préjugés, d’être mal perçu, surtout si le motif est de nature psychologique. C’est facile de taxer nos collègues de faible ou de paresseux alors qu’en réalité ils vivent des moments difficiles. Plutôt que de les clouer au pilori, pourquoi ne pas agir à la source, en s’attaquant directement aux problèmes : les employeurs abusifs et les mauvaises conditions de travail.

Tous les six jours, un travailleur perd la vie à la suite d’un accident de travail. Quotidiennement, ce sont 225 travailleurs qui se blessent. Près de 10 500 jeunes sont blessés, mutilés ou tués au travail chaque année. Nous ne sommes pas tous des superhéros. Aucun travailleur n’est invincible.

Unhappy and depressed businessman

Le rôle du patron

Que ce soit la soudure en espace clos, un entrepôt où s’accumule la poussière et circulent des chariots élévateurs, les hautes cadences sur les chaînes de découpe de volaille ou bien l’employeur qui ne veut pas payer les bottes de travail, les patrons ont un rôle de prévention à jouer, au quotidien.

Soyons très clairs : les employeurs ont une obligation de protéger la santé et d’assurer la sécurité et l’intégrité physique et psychologique des travailleuses et des travailleurs. C’est la loi.

Au-delà de l’individualisme exacerbé

Pour les beaux-frères, la solution est simple : si tu n’es pas content, change de travail. Il s’agit de l’un des principaux arguments pour montrer la porte aux travailleurs insatisfaits de leurs conditions. Pour un employeur, la solution facile est souvent de se départir d’un travailleur usé par ses conditions de travail. À l’inverse, pour un travailleur, trouver un autre boulot n’est pas toujours évident, notamment si il a connu des blessures ou des maladies liées à son travail. Changer de travail, ça veut souvent dire recommencer à zéro (horaire de travail, titre d’emploi, ancienneté).

Or, quand ton seul gagne-pain, c’est ta force de travail, il devient nécessaire de réfléchir à son avenir et à sa sécurité. Dans les faits, les travailleurs investissent beaucoup d’eux-mêmes dans leur travail. Raison de plus de se donner les moyens pour s’assurer qu’à long terme des mesures de prévention en santé et sécurité du travail soient mises en place.

Parce que nos conditions de travail ont un impact sur notre niveau de vie, le meilleur moyen d’améliorer ses conditions de travail et de gagner le respect de son patron, c’est de se syndiquer. C’est la raison pour laquelle la CSN est présente partout sur le territoire pour agir en santé et sécurité du travail.

N’hésitez pas à faire appel à la CSN pour vous syndiquer. 

Toutes les communications demeureront sous le sceau de la confidentialité.

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sesyndiquer@csn.qc.ca