Les organisations syndicales dénoncent une discrimination envers les travailleuses du Québec

Les organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation déposent aujourd’hui devant la Cour supérieure des contestations constitutionnelles visant à faire invalider les dispositions discriminatoires de la Loi 28, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail, issue du projet de loi 101.  

Cette loi exclut les travailleuses et les travailleurs de ces secteurs du régime général de prévention en santé et sécurité du travail, pourtant prévu pour l’ensemble des milieux de travail du Québec, les reléguant à des mesures de prévention inférieures. Les porte-paroles des organisations syndicales dénoncent d’une même voix une décision qui perpétue un désavantage historique envers les femmes, puisque cette exclusion frappe de plein fouet des secteurs où elles sont largement majoritaires. 

« Le gouvernement sait très bien que ce sont les travailleuses de ces secteurs qui subissent les risques les plus élevés en santé et sécurité. Le ministre du Travail reconnaissait et dénonçait lui-même cette discrimination historique en 2021. Et pourtant, quatre ans plus tard, il choisit de les exclure du régime général de prévention. Cette discrimination et cette atteinte directe au droit à l’égalité ne peuvent être tolérées », déclarent conjointement les porte-paroles syndicaux Robert Comeau (APTS), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ), Mélanie Hubert (FAE), Julie Bouchard (FIQ) et Olivier Carrière (FTQ).  

Rappelons qu’en 2021, le Québec avait enfin modernisé son régime de santé et sécurité du travail grâce à la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST), permettant aux travailleuses de secteurs historiquement négligés d’obtenir les mêmes protections que celles offertes depuis 1979 aux milieux industriels. Le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement devait compléter ce déploiement en 2025, en tenant compte des risques réels et des réalités propres aux femmes. Or, en adoptant la Loi 28, le gouvernement a choisi de retirer les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation du régime, les reléguant à des mesures de prévention nettement inférieures, même à celles prévues pour les secteurs les moins à risque de l’économie. Et ce, malgré le fait qu’en 2024, plus du tiers de tous les accidents du travail reconnus au Québec provenaient des secteurs de l’éducation, des soins de santé et de l’assistance sociale. Et pourquoi ? Parce que ça coûterait trop cher au gouvernement. 

« Nous refusons que les femmes qui soignent, enseignent, accompagnent et soutiennent notre société soient reléguées à un régime de seconde zone. Nous nous devons de dénoncer, de contester et de nous battre pour les travailleuses que nous représentons, pour notre société, mais aussi pour les patients, les enfants et l’ensemble de la population qui ont besoin de nos réseaux publics. » 

Les organisations syndicales réaffirment leur détermination à obtenir justice et à faire reconnaître que l’exclusion imposée par la Loi 28 est non seulement injustifiée, mais qu’elle est aussi inconstitutionnelle. Elles réclament que l’article 46 de la Loi soit invalidé et que les travailleuses de la santé, des services sociaux et de l’éducation bénéficient enfin des protections auxquelles elles ont droit. 

Organisations contestant la Loi 28 et prenant part au dépôt coordonné des recours : 

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)   

Confédération des syndicats nationaux (CSN) 

  • Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN)
  • Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
  • Fédération des professionnèles (FP-CSN)
  • Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

Centrale des syndicats du Québec (CSQ) 

  • Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
  • Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
  • Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ)
  • Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)
  • Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ)
  • Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)

Fédération autonome de l’enseignement (FAE) 

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) 

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) 

  • Syndicat canadien de la fonction publique, SCFP (FTQ)Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, SEPB (FTQ)
  • Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298, SQEES-298 (FTQ)
  • Union des employés et employées de service, UES 800 (FTQ)

Plus de sous-traitance rime avec moins de qualité

Une nouvelle étude révèle qu’une augmentation du recours à la sous-traitance dans le transport collectif entraîne une diminution des services pour les usagères et les usagers. Cette étude intervient alors que la STM souhaite justement accroître le recours à la sous-traitance, sujet au cœur de la négociation des 2400 employé-es d’entretien.

Sous-traiter sur le dos des usagères et des usagers

Les nombreuses données présentées dans l’étude rendue publique le 12 février par l’IRIS illustrent les conséquences de la sous-traitance dans le transport collectif. On y apprend notamment que le taux de plaintes des usagères et des usagers est plus de quatre fois plus élevé chez Exo, l’organisme qui a le plus recours à la sous-traitance, qu’à la STM. À cela s’ajoute le fait que les bris de services sont beaucoup plus fréquents chez Exo que chez les sociétés publiques de transport.

« Il y a fort à parier que la hausse du recours à la sous-traitance viendrait diminuer la qualité des services, soit avec des bris plus fréquents, soit par une diminution de la sécurité. Rien pour convaincre les Québécoises et les Québécois de choisir le transport collectif », lance le président du Secteur transport de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Kevin Mc Lean.

La STM doit se rendre à l’évidence : la sous-traitance n’est pas la voie à suivre

L’étude sur la sous-traitance permet aussi de comprendre l’importance pour les sociétés de transport de maintenir à l’interne les services d’entretien, tant pour faire des économies que pour assurer la qualité du service. Le rapport de la vérificatrice générale de Montréal démontrait d’ailleurs l’avantage de maintenir à l’interne la remise à neuf de pièces abimées. Pourtant, la STM continue de demander un plus grand recours à la sous-traitance dans la négociation en cours avec ses employé-es d’entretien.

« La sous-traitance, c’est un mirage. On ne doit pas perdre notre expertise et voir diminuer la qualité du service. Les Montréalaises et les Montréalais tiennent à un transport collectif de qualité. C’est pourquoi nous poursuivons la négociation pour contrer la sous-traitance. En misant sur notre expertise, on s’assure de limiter les bris de services et d’offrir la meilleure qualité », lance le président du Syndicat du transport de Montréal–CSN, Bruno Jeannotte.

La solution c’est d’augmenter le financement public dans le transport collectif

Le gouvernement de la CAQ a sous-financé le transport collectif tout au long de son règne. C’est dans cette optique qu’il a commandé un audit de performance, diffusé en novembre 2024, afin de favoriser le recours à la sous-traitance, le tout sans tenir compte du service qualité des sociétés de transport. Pourtant, aussi bien pour faire face à la crise climatique que pour freiner la congestion routière ou développer un secteur économique d’avenir, il est urgent que le Québec prenne le virage du transport collectif en augmentant le financement public.

« La CAQ n’en a que pour l’asphalte. C’est un manque de vision terrible. Elle ne fait rien pour aider les sociétés de transport aux prises avec des déficits causés principalement par l’inflation et la pandémie. La sous-traitance, c’est l’option de ceux qui ne croient pas au transport collectif. Pour la CSN, les partis politiques doivent dès maintenant s’engager à rehausser le financement public pour bien entretenir les infrastructures et développer de nouveaux projets de transport collectif », de conclure le 1er vice-président de la CSN, François Enault.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les membres du syndicat adoptent un mandat de grève

Réunis en assemblée générale ce mardi 10 février au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN ont adopté un mandat de cinq jours de grève, à déclencher au moment jugé opportun.

« Les neuf rencontres de négociation tenues n’ont pas encore convaincu notre employeur de valoriser notre travail comme il se doit. Même si nos pourparlers ont progressé, nous ne sommes pas arrivés à une entente de principe. Voilà pourquoi, lors de notre assemblée générale d’hier soir, à la proposition du comité de négociation, les membres ont décidé à nouveau d’augmenter la pression en adoptant ce mandat de cinq jours de grève », souligne la trésorière du syndicat, Nadia Soucy.

« Notre fédération regroupe environ 7600 employé-es municipaux dans plus de 170 syndicats et, de ce fait, nous connaissons très bien les conditions de travail qui sont offertes dans ce secteur. Les municipalités disposent rarement d’un excédent d’environ 1,7 million $, ce qui est le cas actuellement de Murdochville. Nous avons bien fait nos calculs et les demandes du syndicat ne compromettent en rien cette excellente situation financière. Toutes les raisons sont donc bonnes pour que les demandes du syndicat soient reconnues comme légitimes par l’employeur », ajoute la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Josée Dubé.

« Même si nous n’avons tenu que neuf rencontres, les négociations s’étirent depuis le mois de février 2025 et les membres du syndicat veulent en arriver à une entente le plus rapidement possible. La nouvelle administration doit donc prendre la juste mesure de leur détermination. Si le nouveau maire veut assurer des services de qualité à ses concitoyennes et concitoyens, il devra offrir des salaires compétitifs à ses employé-es municipaux », conclut le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN, Pierre-Luc Boulay.

À propos

Les 11 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les cols bleus de Gatineau ont une nouvelle convention collective

Réunis en assemblée générale le 25 janvier 2026, les cols bleus de la Ville de Gatineau ont entériné à 76 % les termes de l’entente de principe conclue entre leur syndicat et la Ville de Gatineau, à l’issue d’un processus de négociation long, exigeant et soutenu.

La nouvelle convention collective prévoit des augmentations salariales totalisant 22 % sur cinq ans, dont 10 % la première année, réparties comme suit : 2,5 % d’augmentation salariale et 7,5 % de rattrapage salarial. Pour la deuxième année, 3 % répartis comme suit : 2,5 % d’augmentation salariale et 0,5 % de rattrapage salarial. Les années subséquentes prévoient des hausses de 3 % par année, en plus de modifications à l’organisation du travail.

Cette entente est le résultat de 65 rencontres de négociation, illustrant clairement l’ampleur des enjeux et la fermeté du syndicat dans la défense des droits de ses membres.

« Rien n’a été donné. Cette entente est le fruit de la mobilisation, de la solidarité et de la détermination des cols bleus, qui ont tenu leur bout tout au long des négociations », a déclaré le président du Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN, Benoit Charlebois. « Nos membres ont fait preuve d’un engagement exemplaire afin de faire reconnaître la valeur de leur travail. »

Le syndicat souligne que cette nouvelle convention collective permettra aux cols bleus de continuer d’assurer des services de qualité à la Ville de Gatineau, essentiels à la population, dans un contexte où les travailleuses et travailleurs sont appelés à en faire toujours plus avec des ressources limitées. Pour le Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN, cette entente constitue un pas important vers une meilleure reconnaissance du travail accompli quotidiennement sur le terrain.

 

À propos

Le Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN est composé de 835 membres. Il est affilié à la Fédération des employés et employées de service public (FEESP–CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Fondée en 1921, la CSN regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Les salariés votent en faveur de l’hypothèse de règlement

Après cinq semaines de lock-out, les travailleurs d’Ortec Environnement Services de Saint-Rémi ont adopté à 71 % le règlement proposé par le conciliateur dans le cadre du renouvellement de leur convention collective.

Le règlement comprend entre autres une augmentation salariale de 9,5% sur trois ans, un nouveau régime de retraite amélioré, l’accès à 6 congés mobiles pour tous ainsi qu’une bonification des vacances et de certaines primes.

« Nous nous sommes tenus debout pendant cinq semaines, au grand froid de janvier et février, et nous avons réussi à obtenir un règlement satisfaisant dans les circonstances », affirme le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Ortec Environnement Services St-Rémi–CSN, Pierre-Philippe Lamarque.

« Nous sommes fiers de pouvoir retourner au travail la tête haute. Nous n’avons pas plié. Les employé-es d’Ortec ont démontré que la solidarité, ça finit toujours par rapporter », soutient la secrétaire générale de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Linda Tavolaro.

« Je salue la détermination des membres du syndicat qui ont mené une lutte exemplaire dans une négociation très difficile », poursuit la vice-présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN, Annick Primeau. « Se tenir debout et se battre contre de grandes entreprises, surtout lorsque le gouvernement fait la sourde oreille et fait fi de leurs revendications légitimes, ce n’est jamais facile et je les félicite pour leur vaillant combat. »

Les travailleurs de l’établissement de Saint-Rémi d’Ortec Environnement Services sont opérateurs de camions et aide-opérateurs. Ils se déplacent sur différents terrains pour des opérations de pompage et de nettoyage : fosses, réservoirs, bacs, réseaux.

À propos
Les 22 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Ortec Environnement Services St-Rémi–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Montérégie–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Violence en milieu scolaire

Par Jean Grégoire

« Le jeune charge la technicienne en éducation spécialisée, la fait basculer et lui saute dessus jusqu’à ce qu’elle hurle de douleur. » « J’ai été frappée à l’œil et j’ai perdu la vue, je suis toujours suivie par un ophtalmologue, je vois flou. » « Coups de poings, morsures, claques au visage, coups de pied, insultes… j’ai craqué, je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois : stress post-traumatique dû aux agressions. » Ce ne sont là que quelques extraits des centaines d’histoires qu’a reçues le secteur du soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Ces cris du cœur collectés par la fédération font suite à l’annonce, en octobre 2025, des résultats d’un sondage sur les risques psychosociaux mené auprès de plus de 6 000 travailleuses et travailleurs du soutien scolaire. Les résultats sont troublants : 52 % disent avoir été victimes de violence physique directe. Si, dans la majorité des cas, on parle de cris avec colère (61 %) ou de langage grossier (62 %), on relève aussi des proportions alarmantes d’attaques avec objets (24 %), de conduites déplacées à caractère sexuel (propos 18 %, gestes 9 %) et même, dans 14 % des cas, de menaces de mort.

En marge du dévoilement de ces statistiques effarantes lors d’un colloque regroupant les syndicats, Annie Charland, présidente du secteur, ne mâche pas ses mots. « Ça n’a juste pas de sens qu’on tolère un tel niveau de violence. Et c’est pire qu’avant. On a sondé les membres avec les mêmes questions qu’avait posées l’Institut national de santé publique du Québec en 2022 et tous les chiffres sont plus élevés. Les membres sont à bout, on en a un sur quatre qui songe à quitter son emploi ! »

Forte d’une longue expérience syndicale, Annie témoigne sans hésitation de l’envergure de la crise. « Ce n’est pas mêlant, dénonce-t-elle, on n’a jamais vu ça. Plus de 60 % de notre monde rentre au travail malgré des problèmes de santé. L’appui des supérieurs est au plus bas et il n’y a aucune reconnaissance, ni pour le travail accompli ni de la violence qu’on subit. Le ministère de l’Éducation, les commissions scolaires et les centres de services doivent s’asseoir et trouver des solutions pour protéger la santé et la sécurité du personnel de soutien. »

« On l’a souvent répété et on sait que l’image est forte, conclut Annie, mais est-ce que ça prendra un mort pour que le gouvernement agisse ? On se le demande pour vrai. »

À la suite de son colloque, Cultiver le bien-être, prévenir les risques, le secteur du soutien scolaire de la FEESP–CSN a interpellé ses membres pour leur demander des exemples concrets et des histoires détaillées de la violence physique et psychologique qu’ils subissent au travail. La réponse a été vive : des centaines d’histoires ont rempli la boite courriel.

Voici quelques-uns de ces témoignages, de femmes et d’hommes qui travaillent dans le soutien scolaire. Notez que, pour protéger l’identité des membres, certains éléments ont été modifiés ou retirés.

Violence physique

Une technicienne en éducation spécialisée (TES) soutient une stagiaire. Elle amorce sa formation finale par une intervention de crise auprès d’un jeune de huit ans.

La TES empêche l’élève de faire du mal à la stagiaire en la relevant de ses fonctions, mais la situation se retourne contre la TES. L’enfant la charge, au point de la faire basculer sur le dos, et lui saute dessus jusqu’à ce qu’elle hurle de douleur. La TES s’est retrouvée aux travaux légers pour un mois et demi, à cause d’une entorse lombaire.

Blessures permanentes

« Je travaillais dans une école où un élève ramassait et lançait des chaises. Il renversait également les tables.

Dans la même classe, il y avait un autre élève qui piquait des crises, se jetait par terre et se cachait sous les meubles. Il frappait aussi. J’ai été frappée à l’œil et j’ai perdu la vue. Oui, je suis allée à l’hôpital et je suis toujours suivie par un ophtalmologue. Oui, ma vue s’est détériorée au fil des ans. Même avec des lunettes, ma vision est toujours floue. »

Surcharge et épuisement

« J’ai subi plusieurs agressions physiques et psychologiques de la part d’élèves en désorganisation. Coups de poing, morsures, claques au visage, coups de pied, insultes…

Ces élèves ont de grands besoins, qui ne sont malheureusement pas comblés, compte tenu du manque de ressources. J’ai demandé de l’aide à la direction à plusieurs reprises. J’ai verbalisé mon état de surcharge, de stress intense, d’hypervigilance constante. J’ai essayé de planifier une rencontre avec la direction, mais elle a dû être annulée.

Notre syndicat a identifié plusieurs situations à risque pour les employé-es de soutien comme moi. Des avis ont été envoyés au centre de services scolaire, mais rien de concret n’a été déployé afin de régler la situation. Notre syndicat a aussi déposé une plainte à la CNESST.

Moi, j’ai craqué… je suis en arrêt de travail depuis l’automne : stress post-traumatique dû aux agressions. Depuis plus de 15 ans, je suis éducatrice au service de garde et je n’ai jamais été aussi malheureuse au travail.

J’ai de grandes inquiétudes pour la sécurité et la santé de mes collègues et celles des enfants, alors que notre secteur est en crise. »

 

Des paramédics et des agents de la paix au 5 à 7 de la CAQ

Des paramédics et des agents de la paix en services correctionnels manifestent bruyamment à l’occasion d’un 5 @ 7 de la CAQ, organisé en marge de son caucus. Près de trois ans suivant l’échéance de leur convention collective, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un manque de respect de la CAQ à l’égard de personnels indispensables à la santé et à la sécurité de la population.

« Dans ses dernières entrevues en forme de bilan, François Legault se dit bien fier d’avoir pu négocier des ententes dans tout le secteur public, rappelle le premier vice-président de la CSN, François Enault. Pourtant, la réalité, c’est qu’il y a encore plusieurs groupes, dont les paramédics et les agents de la paix, pour qui le gouvernement n’est toujours pas en mode règlement. On parle pourtant de missions essentielles. C’est irresponsable de laisser ça traîner ».

Les paramédics attendent un nouveau dépôt du gouvernement dès demain. « Les paramédics doivent être payés à leur juste valeur et c’est ce qui nous guidera dans l’analyse de l’offre du gouvernement, explique le représentant du secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Depuis le début de la négociation, ce que le gouvernement nous propose, c’est au contraire une baisse de rémunération. Nous espérons constater un changement de ton dès demain. On ne sent aucune reconnaissance du gouvernement envers les paramédics, même si notre travail est indispensable à la santé et la sécurité de la population. Il faut que ça change ! »

Du côté du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN), qui est encore en négociation, les membres revendiquent une rémunération à la hauteur des divers défis vécus dans les établissements de détention : « Même si le ministère de la Sécurité publique martèle qu’il souhaite être un employeur de choix pour attirer du personnel et le retenir, il abuse du recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) dans certains établissements, une approche déconnectée de leurs prétentions. Nous comptons environ 200 postes vacants, plus de 300 agentes et agents sont en arrêt de travail pour diverses raisons – soit 20 % de nos effectifs –, et on compte une centaine de démissions en moyenne chaque année. Pour freiner cet exode, le gouvernement doit impérativement offrir des conditions qui reflètent les exigences de notre travail et, selon nous, la négociation actuelle est le moment propice pour y parvenir. »

À propos

Les quelque 3300 paramédics membres de syndicats CSN assurent les services préhospitaliers d’urgence, partout au Québec, tant dans les grandes villes que dans les secteurs ruraux. Ces syndicats sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) qui compte 140 000 membres ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux, dans les services préhospitaliers ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance.

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN de la Confédération des syndicats nationaux depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 17 établissements de détention partout au Québec.

 

Les cols bleus de Saint-Mathias-sur-Richelieu adoptent l’entente de principe

Réunis en assemblée générale mardi soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs municipaux de Saint-Mathias-sur-Richelieu–CSN ont voté à 89 % pour l’entente de principe.

« Sans convention collective depuis 2022, les cols bleus vont enfin obtenir une première augmentation salariale en quatre ans dans les prochaines semaines. Avec l’inflation que l’on vit ces dernières années, il était temps que l’employeur accepte les termes de l’entente », affirme Josée Dubé, 2e vice-présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics–CSN et responsable politique du secteur municipal.

Rappelons que le 22 septembre dernier, une entente avait été conclue entre les parties à la table de négociation. Mais au moment de la réception des textes, l’employeur avait fait volte-face et avait ajouté des éléments substantiels non négociés.

L’entente conclue la semaine passée et finalisée hier dans la journée permet aux salarié-es d’aller chercher une augmentation salariale de 20,25 % sur cinq ans avec un rattrapage pour les journaliers spécialisés et les mécaniciens. Ils ont également obtenu des gains sur le plan des vacances et des congés sociaux. Le syndicat a été chercher notamment plus de sécurité d’emploi pour ses membres, un éclaircissement des règles qui encadrent les heures supplémentaires et la garde de fin de semaine.

« Les cols bleus de Saint-Mathias-sur-Richelieu ont été plus que patients. Ils peuvent être fiers de leur mobilisation sur le terrain. Ils étaient prêts à faire la grève pour obtenir le respect. Et c’est ce qu’ils ont obtenu », soutient le secrétaire-trésorier du Conseil central de la Montérégie–CSN, Dany Chamberland.

À propos
Les dix membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs municipaux de Saint-Mathias-sur-Richelieu–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Montérégie–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La SAQ poursuit la privatisation de son réseau en douce

À la suite de la divulgation de la stratégie immobilière de la Société des alcools du Québec (SAQ), incluant son plan de gestion des succursales dévoilé la semaine dernière, le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB–SAQ–CSN) déplore à nouveau les orientations prises par la haute direction de la société d’État.

« Tout d’abord, nous déplorons que ces décisions importantes quant à l’avenir de la SAQ soient prises alors que le débat tant réclamé sur sa mission se déroule derrière des portes closes. Nous l’avons dit plus d’une fois : nous ne pouvons pas gérer la vente d’alcool comme celle de tous les autres produits à cause des trop nombreux impacts sociaux et de santé publique qui sont en jeu », souligne le président du SEMB-SAQ–CSN, Martin Lachance.

« Entre autres, après avoir annoncé un recul sur ce projet, la SAQ fait volte-face et décide d’aller de l’avant avec ses Zones SAQ. En octobre dernier, la société d’État avait pourtant renoncé à ces ouvertures en évoquant la détermination de “paramètres acceptablesavec la Direction de santé publique (DSP). Or, malgré nos demandes répétées auprès de la DSP, nous n’avons pas eu de précisions quant à ces “paramètres acceptables” et si ceux-ci existent, nous sommes très inquiets qu’ils ne soient pas connus publiquement », ajoute le président du syndicat.

Aussi, le syndicat se questionne légitimement à savoir si les nombreux bâillons imposés par la CAQ à l’automne dernier n’expliqueraient pas le mutisme actuel de la DSP, lequel a un impact sur la société civile.

La privatisation toujours au menu

« La ligne de mire est claire : ces nouvelles annonces poussent plus que jamais la privatisation lente, mais certaine de la SAQ. En ouvrant 15 nouvelles agences, la SAQ atteindra un total de 475 agences privées au Québec, sans compter les 100 nouvelles mini-agences récemment annoncées. Or, comme nous l’avions déjà souligné, le concept de ces 100 points de vente dans des commerces privés en milieu urbain marque un changement majeur dans l’approche commerciale de la société d’État. Nous sommes d’avis que la décision de vendre de la vodka dans les dépanneurs de Montréal, de Québec et des autres grandes villes du Québec, sans discussion publique préalable et sans se préoccuper de l’effet sur la santé et la sécurité du public, demeure une décision très importante et d’intérêt public », s’inquiète la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Stéphanie Gratton.

La privatisation : un projet perdant-perdant

« La tendance est clairement à une diminution du réseau public au profit du réseau privé et les conséquences sont importantes : moins de service-conseil de qualité, moins d’offre de produits et surtout, moins d’emplois de qualité au Québec, et ce, sans aucune garantie de meilleurs prix ni de service pour la clientèle. Pour nous, le portrait est clair : la haute direction de la SAQ annonce la fermeture de deux succursales rentables qui génèrent plusieurs millions de dollars de profit annuellement et elle présente cette décision tel un “pari”. La société d’État déclare vouloir éviter de perdre des ventes, mais se prive de points de vente rentables pour diminuer à très court terme ses dépenses, ce qui n’est pas une bonne gestion à notre avis », renchérit monsieur Lachance.

Livraisons par UBER : pousser l’insulte à l’injure

Si l’annonce du recours à UBER pour des livraisons visait à détourner l’attention des décisions qui poussent la SAQ toujours plus vers la privatisation, le syndicat considère que cet objectif fut largement atteint.

« C’est littéralement honteux et scandaleux qu’une société d’État du Québec confie la livraison d’alcool à une entreprise étasunienne détenant une réputation plus que douteuse. Alors que nous sommes toujours en guerre commerciale avec les États-Unis et que les produits alcoolisés étasuniens sont encore interdits de vente, retenir les services d’une société qui exploite sa main-d’œuvre et qui contribue à la dégradation des conditions de travail au Québec est totalement inacceptable », s’insurge madame Gratton.

« Nous sommes heureux d’avoir entendu la réponse quasi unanime de la population du Québec contre cette idée plus que toxique pour nos relations avec notre clientèle. Alors que les salarié-es de la SAQ sont qualifiés, que leur expertise est reconnue et que leurs salaires sont à la hauteur du travail accompli chaque jour, la direction de la SAQ préfère retenir les services d’une multinationale étasunienne reconnue pour exploiter son monde, tout en transférant tous les risques à des travailleurs précaires, payés à la course. Pour nous, une société d’État québécoise devrait prioriser les emplois d’ici et la qualité exceptionnelle du service offert à la population que les employé-es de la SAQ garantissent depuis toujours », conclut Martin Lachance.

À propos

Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB–SAQ–CSN) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Forte de 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Entente de principe avec la ville

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs municipaux de Saint-Mathias-sur-Richelieu–CSN est parvenu à une entente de principe concernant les conditions de travail des cols bleus. Cette entente sera présentée aux membres du syndicat la prochaine semaine.

L’entente est intervenue au cours de la journée avec la ville de Saint-Mathias-sur-Richelieu. Rappelons que les salarié-es sont sans contrat de travail depuis 2022 et qu’ils n’ont reçu aucune augmentation salariale depuis.
Aucune entrevue ne sera accordée d’ici à ce que les membres se prononcent sur le contenu de l’entente.

À propos
Les dix membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs municipaux de Saint-Mathias-sur-Richelieu–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Montérégie–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les membres du syndicat augmentent la pression

Réunis en assemblée générale ce jeudi 15 janvier, face à un employeur qui sous-estime leur détermination, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN ont décidé d’augmenter la pression.

« Après sept rencontres de négociation, notre employeur persiste à ne pas prendre nos revendications au sérieux. Nous avons déposé nos demandes salariales le 26 novembre dernier et la partie patronale nous est revenue avec une proposition le 9 janvier dernier. Une seconde offre de dernière minute, déposée deux heures avant notre assemblée générale de ce soir, et sans surprise, leurs propositions demeurent encore très loin de nos demandes. Il est clair pour le comité de négociation qu’il nous faut donc augmenter la pression. Et ça tombe très bien parce que tous les membres de notre syndicat partagent notre avis », souligne la trésorière du syndicat, Nadia Soucy.

« Rappelons que la municipalité dispose d’un excédent actuel totalisant environ 1,7 million $ et que — nous avons bien fait nos calculs — les demandes du syndicat ne compromettent pas cette excellente situation financière. Alors que l’inflation frappe de plein fouet les finances personnelles de ses salarié-es, l’employeur n’aura pas le choix d’ajuster ses offres en conséquence », ajoute la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Josée Dubé.

« Les membres du syndicat s’impatientent parce qu’ils sont prêts à négocier depuis le mois de février 2025 et qu’actuellement, elles et ils ne sentent pas que la nouvelle administration les prend au sérieux. Si le nouveau maire veut assurer des services de qualité aux citoyennes et citoyens de Murdochville, il connaît la voie de passage pour y arriver », conclut le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN, Pierre-Luc Boulay.

 

À propos

Les 11 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN publie son palmarès des pires employeurs du Québec

Conflits de longue durée, absence de volonté de négocier sérieusement, usage de briseurs de grève, fermetures entraînant des milliers de pertes d’emplois : nombreux sont les gestes antisyndicaux qui ont ponctué l’année 2025, faisant reculer les droits des travailleuses et des travailleurs québécois. Voilà les raisons qui amènent la CSN à publier son palmarès annuel des pires employeurs du Québec.

« Les pires employeurs sont ceux qui ne daignent même pas respecter le cadre légal des relations de travail que nous avons au Québec. Les pires boss sont ceux qui bafouent la liberté fondamentale de se syndiquer et de négocier collectivement pour améliorer ses conditions de travail. Sans oublier ceux qui, une fois au pouvoir, voudraient modifier les lois du travail à leur avantage », de déclarer la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

La palme du pire employeur de l’année revient sans conteste à la multinationale Amazon. En représailles à la syndicalisation d’un premier centre de distribution au Canada, Amazon n’a pas hésité, le 22 janvier dernier, à fermer l’ensemble de ses entrepôts situés au Québec, entraînant la perte de plus de 4500 emplois. La multinationale doit aujourd’hui se défendre devant le Tribunal administratif du travail (TAT) à la suite de la contestation de ces fermetures par la CSN.

« Jour après jour, les audiences du procès nous apprennent comment Amazon, dès la syndicalisation des employé-es de l’entrepôt DXT4, a réorganisé l’ensemble de ses opérations au Québec afin d’annihiler toute présence syndicale. Un geste totalement condamnable qui a eu des répercussions sur des milliers de vies », affirme Caroline Senneville.

Les entreprises québécoises ne sont pas en reste, la compagnie Béton Provincial et les librairies Renaud-Bray se partageant les 2e et 3e positions du palmarès.

À peine six mois après avoir acquis les usines de LaSalle et Longueuil, Béton Provincial a mis ses 50 employés en lock-out le 5 décembre 2024, les privant de prestations d’assurance-emploi à l’aube de la saison morte. Alors que certains revendiquent jusqu’à 30 années de service à ces usines, les employés sont toujours dans la rue après plus d’un an et refusent les conditions exigées par l’entreprise d’André Bélanger : un gel salarial de quatre ans, l’abolition de leur régime de retraite et la révision à la baisse de leur assurance collective.

Le groupe Renaud-Bray, déjà sanctionné par le TAT pour négociation de mauvaise foi et usage de briseurs de grève, refuse toujours de négocier autre chose qu’un salaire fixé à 15 sous au-dessus du salaire minimum. En grève depuis plus d’un an, les employé-es des succursales Laurier Québec et des Galeries de la Capitale avaient rejeté, en juillet, les dernières offres de l’employeur après que celui-ci ait demandé au ministère du Travail d’ordonner un vote sur celles-ci. Depuis, l’employeur n’a pas daigné se représenter à la table de négociation, préférant envoyer un avis de fermeture pour la succursale des Galeries de la Capitale.


Les attaques aux lois du travail en trame de fond

En maintenant une position inflexible à la table de négociation pendant plus de 120 rencontres, la Société de transport de Montréal (STM) a amplement mérité sa présence au palmarès des pires employeurs du Québec.

« Nous avions prédit en début d’année que la révision des balises sur les services essentiels du ministre Boulet allait avoir un effet paralysant sur une multitude de négociations. La STM avait tout intérêt à jouer le calendrier : elle savait qu’une nouvelle loi allait entrer en vigueur ; elle est restée campée sur ses positions et refuse toujours de s’entendre avec l’ensemble de ses employé-es », fait valoir Caroline Senneville.

À titre d’employeur, le gouvernement du Québec se hisse aussi parmi les pires du Québec.

« Que ce soit en services préhospitaliers, en milieu correctionnel ou à l’aide juridique, des milliers de travailleuses et de travailleurs n’ont eu aucune augmentation de salaire depuis 2022 : le gouvernement n’a aucune raison valable de laisser traîner ces négociations. Il n’y a aucune raison non plus que des milliers de travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux ne reçoivent toujours pas les primes qui ont été négociées il y a maintenant deux ans », ajoute-t-elle.

En matière de santé et sécurité du travail, le ministre Boulet s’est encore une fois démarqué au cours de l’année en retirant, au sein des réseaux de santé, de services sociaux et d’éducation, les mécanismes de prévention pourtant prévus pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois. Sans parler de sa responsabilité directe dans le recul des droits des travailleuses et des travailleurs par l’entremise de la loi 14 et du projet de loi 3.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Le syndicat adopte un mandat de moyens de pression

Réunis en assemblée générale ce mercredi 10 décembre, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN ont adopté à l’unanimité un mandat de moyens de pression, excluant la grève.

« Après seulement cinq rencontres de négociation, nous faisons face à un employeur qui a déjà annulé deux rencontres à la dernière minute, dont celle qui devait avoir lieu hier. Nous avions pourtant déposé nos demandes salariales le 26 novembre dernier et nous étions prêts à en discuter avec la partie patronale », souligne la trésorière du syndicat, Nadia Soucy.

« Avec un excédent actuel totalisant environ 1,7 million $, la situation financière de la ville est excellente. Depuis le mois de février 2025, le syndicat est prêt à négocier son prochain contrat de travail qui assurera des services de qualité aux citoyennes et citoyens de Murdochville », ajoute la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Josée Dubé.

« Nous avons un seul message pour la nouvelle administration de la municipalité : nous voulons des dates et nous voulons négocier. « Les opérations de la future mine de Métaux Osisko ont débuté et cet employeur offre déjà des conditions d’emploi supérieures, ce qui pourrait entraîner rapidement une perte d’expertise si les employés de la ville vont travailler ailleurs », conclut le vice-président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN, Steeve Bernard.

À propos

Les 11 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les membres acceptent la recommandation du conciliateur

Les membres du Syndicat national des traversiers du Québec–CSN de la traverse Québec–Lévis, de l’atelier de réparation navale de Québec et de la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout ont accepté la recommandation du conciliateur.

« En plus des 17,4 % d’augmentations salariales prévues au règlement du secteur public, nous avons obtenu un 2 % supplémentaire pour la sixième année de notre nouveau contrat de travail. Celui-ci contient également diverses bonifications des échelles salariales, des primes, des vacances et de nos assurances collectives, souligne le président du syndicat, Patrick St-Laurent. Finalement, nous avons réussi à contrer plusieurs reculs majeurs que l’employeur voulait nous imposer ».

À propos

Le Syndicat national des traversiers du Québec–CSN regroupe 200 membres travaillant sur la traverse de Québec–Lévis, à l’atelier de réparation navale de Québec et à la traverse de Matane–Baie-Comeau–Godbout sur terre et sur mer. Le syndicat est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), au Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN) et au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

 

 

Des travailleurs essentiels sont sans convention depuis près de trois ans

En ce 10 décembre 2025, la CAQ tient aujourd’hui une petite fête, à Québec, pour souligner le passage de 2025 à 2026. Des paramédics et des agents de la paix en services correctionnels du Québec ont profité de l’occasion pour rappeler aux député-es caquistes que les négociations piétinent pour le renouvellement de leurs conventions collectives, échues depuis le 1er avril 2023.

« On est venu rappeler aux député-es que, pendant qu’ils festoieront durant les Fêtes, il y a des milliers de travailleuses et de travailleurs essentiels qui seront à pied d’œuvre pour remplir leur mission de santé et de sécurité publiques, explique la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, Barbara Poirier. La CAQ profite du fait que les moyens de pression de ces deux groupes sont fortement limités pour tenter de leur faire avaler des conditions de travail inacceptables. Ils ne se laisseront pas faire! Ce sont des métiers difficiles tant physiquement que mentalement ; le gouvernement doit le reconnaître et conclure des ententes qui en tiennent compte ».

Du côté des paramédics, les négociations accrochent particulièrement sur l’enjeu de la rémunération : le gouvernement propose de baisser leur rémunération, jusqu’à quatre dollars l’heure pour de nombreux paramédics. « Nous serons en négociation les 12 et 15 décembre », explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. « Quant à nous, la partie patronale devra avoir des mandats pour pouvoir progresser. Il est clair que nous n’accepterons pas de diminuer nos revenus. Au contraire, nous demandons d’être pleinement reconnus à notre juste valeur. Il y a une certaine urgence de le faire, car les entreprises peinent déjà à retenir les paramédics à leur emploi », ajoute-t-il.

Un scénario similaire du côté du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN), qui revendiquent une rémunération à la hauteur des divers défis vécus dans les établissements de détention : « Même si le ministère de la Sécurité publique martèle qu’il souhaite être un employeur de choix pour attirer du personnel et le retenir, tout en abusant du recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) dans certains établissements, dans les faits, son approche est tout autre. Nous comptons environ 200 postes vacants, plus de 300 agentes et agents en arrêt de travail pour diverses raisons – soit 20 % de nos effectifs –, et une centaine de démissions en moyenne chaque année. Pour freiner cet exode, le gouvernement doit impérativement offrir des conditions à la hauteur des exigences de notre travail et selon nous, la négociation actuelle est le moment propice pour y parvenir ».

L’intransigeance de la STM force la tenue de la grève des heures supplémentaires des 2400 employé-es d’entretien

Le Syndicat du transport de Montréal–CSN déclenchera une grève des heures supplémentaires qui pourrait avoir lieu du 11 décembre au 11 janvier prochains. Cette grève touche l’administration de la STM dans l’objectif d’enfin convenir d’une entente de principe.

Le Tribunal administratif du travail a rendu sa décision le 10 décembre indiquant que l’avis de grève transmis par le syndicat respecte les services essentiels. La grève qui sera déclenchée demain ne touche que les heures supplémentaires. Le transport adapté n’est pas concerné. Si la grève entraine un ralentissement de services pour la population, cela n’est qu’en raison de la mauvaise gestion de la STM. Rappelons que le syndicat avait mis fin à sa précédente grève en novembre dernier afin de répondre aux demandes du gouvernement et de l’administration municipale. Depuis, ni le gouvernement, ni la STM ou l’administration municipale n’ont fait d’efforts pour permettre d’obtenir une entente satisfaisante pour les 2400 employé-es d’entretien. L’enjeu du recours à la sous-traitance reste le plus litigieux.

« Cette grève, elle aurait pu être évitée comme les précédentes. Tout ce que ça prend, c’est que la STM lâche sa posture inflexible. Cette grève couvrant la période des Fêtes vise à toucher l’administration de la STM pour qu’enfin la négociation débloque. Au lieu de négocier, la STM tente de faire peur à la population et de nous faire croire que notre grève entraine un ralentissement de services. Comment se fait-il que la STM ne soit pas en mesure d’offrir son service normal sans avoir recours aux heures supplémentaires ? Il est grand temps de mettre fin à cette négociation qui s’éternise et de nous donner les moyens de continuer d’entretenir les infrastructures vieillissantes de la STM », explique le président du Syndicat du transport de Montréal–CSN, Bruno Jeannotte.

« Le ministre Jean Boulet était sur toutes les tribunes pour dénoncer la grève des employé-es d’entretien. Depuis la fin de la grève, c’est silence radio de son côté. Rien n’a été fait pour aider les parties à régler. Quand vient le temps de s’en prendre aux syndicats et aux moyens de pression, on peut compter sur la CAQ. Mais quand vient le temps de jouer son rôle pour appuyer la négociation, le gouvernement rate la cible. Le syndicat a été bon joueur en faisant une trêve en novembre. Visiblement, il n’y a que les moyens de pression qui font bouger les choses », conclut le 1er vice-président de la CSN, François Enault.

À propos
Le Syndicat du transport de Montréal–CSN, affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN), regroupe près de 2400 travailleuses et travailleurs de la Société de transport de Montréal.
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Abolition de postes à l’École nationale de police : le gouvernement Legault met en péril la qualité du recrutement et de l’évaluation des policiers gestionnaires

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) dénonce avec vigueur la décision du gouvernement de la CAQ d’abolir des postes au Centre d’évaluation des compétences et aptitudes professionnelles (CECAP), un service relevant de l’École nationale de police du Québec (ENPQ). Cette mesure s’inscrit dans l’idéologie bornée du gouvernement Legault de sabrer dans la fonction publique sans en évaluer les impacts à moyen et à long terme.

« Ces coupures sont irresponsables, insiste Stéphanie Gratton, 1re vice-présidente de la FEESP–CSN et responsable politique du Secteur des organismes gouvernementaux. Le CECAP joue un rôle crucial dans le processus de sélection et d’évaluation des cadres et gestionnaires policiers. En réduisant ses effectifs, la CAQ fragilise la capacité des corps policiers à recruter des leaders compétents et intègres, ce qui peut avoir des conséquences importantes sur la qualité des services fournis à la population et sur la sécurité du public. »

Le CECAP est pourtant reconnu pour son expertise dans l’évaluation psychométrique et professionnelle des candidates et candidats à des postes stratégiques, un rôle qui ne s’improvise pas. Son personnel fait preuve d’un savoir-faire et utilise des méthodes rigoureuses qui garantissent des dirigeantes et des dirigeants des services policiers au Québec. En abolissant des postes, le gouvernement caquiste joue un jeu dangereux en compromettant la crédibilité des processus de sélection.

« En plus, c’est seulement une question d’image pour le gouvernement Legault, poursuit Stéphanie Gratton. Parce qu’il n’y aura pas d’économie réelle. Comme d’habitude, on va simplement refiler le service à des firmes de ressources humaines privées qui chargent plus cher et qui ont moins d’expérience. »

Ces compressions risquent également de ralentir les évaluations, d’augmenter les délais de recrutement et, ultimement, de nuire à la capacité des corps policiers d’effectuer efficacement leur travail. « En s’attaquant sans relâche aux services publics, la CAQ joue avec la confiance des Québécoises et des Québécois envers nos institutions », conclut Stéphanie Gratton.

À propos

Fondée en 1947, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) compte 425 syndicats affiliés représentant près de 70 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics au Québec. La FEESP–CSN est le plus grand représentant syndical du personnel de soutien scolaire et du personnel de soutien en enseignement supérieur au Québec, en plus de représenter des salarié-es dans de nombreux milieux, comme le transport collectif, la sécurité du public, les organismes gouvernementaux, le transport scolaire, le secteur municipal et plusieurs autres emplois au service du public.

 

Les employé-es de l’École nationale de police se joignent à la CSN

Le Syndicat des employé-es de l’École nationale de police du Québec–CSN a été accrédité le 4 cembre par le Tribunal administratif du travail, confirmant une forte majorité d’adhésion parmi les 460 membres concernées.

Renouveau et sir d’inpendance

« On ressent ce changement comme un renouveau pour l’École, c’est une nouvelle façon de faire. Une nouvelle façon de se reconstruire. C’est enlevant ce qui s’en vient », a commenté le chef d’équipe en approvisionnement et un des membres du nouveau syndicat, Stéphane Biron.

Ce dernier ajoute que l’offre de services rendu possible par le plus grand nombre de membres à la CSN est un des éléments qui a pesé dans la balance.

Le principal facteur du choix pour ce changement d’allégeance syndicale a toutefois été de sortir d’un fonctionnement basé sur des « cisions centralisées » et de concrétiser un « sir d’inpendance ». Bref, une plus grande autonomie comme syndicat.

Avec leur ancienne organisation, Stéphane Biron explique qu’il est même arrivé qu’une entente de principe soit réalisée entre la direction politique nationale de l’ancien syndicat et la direction de l’École. Les membres avaient été mis devant le fait accompli au moment du vote. « Il n’y aura plus une seule personne nommée à négocier pour nous dans un bureau », ajoute Stéphane Biron.

460 nouveaux membres à la CSN et à la FEESP

« La CSN souhaite la bienvenue aux employé-es de l’École nationale de police. Ils pourront compter sur la force du mouvement pour obtenir les meilleures conditions de travail, notamment dans l’enseignement et le soutien auprès de la relève. Cette belle réussite en matière de syndicalisation témoigne de tout l’intérêt que peut susciter notre mouvement auprès des travailleuses et travailleurs du Québec », clare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Nous souhaitons la bienvenue à l’ensemble des membres du nouveau syndicat et nous avons hâte de les accueillir dans nos instances », ajoute la 1ère vice-présidente et responsable politique des organismes gouvernementaux à la FEESP–CSN, Stéphanie Gratton.

La toute première assemblée générale du Syndicat des employé-es de l’École nationale de police du Québec-CSN se tiendra le 15 cembre à Nicolet.

À propos

La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 férations et 13 conseils centraux. La CSN représente quelque 80 000 travailleuses et travailleurs qui ouvrent dans le secteur de l’enseignement supérieur, dont ceux de la Fération des employées et des employés de service public (FEESP–CSN).

Succursale Monk : une fermeture qui ne passe pas pour le SEMB-SAQ

Réunis ce 4 décembre 2025 devant la succursale de la SAQ Monk à Montréal, les membres du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ–CSN et ses allié-es ont à nouveau dénoncé la fermeture imminente d’une autre succursale de la SAQ.

« Bien que la SAQ ait suspendu en octobre dernier son projet d’ouvrir une centaine d’agences privées en milieu urbain, cette décision ne remettait pas en question la fermeture de la succursale de la rue Monk. Nous poursuivons notre mobilisation car cette mesure va carrément à l’encontre des intérêts de la population, souligne le président du SEMB-SAQ–CSN, Martin Lachance. Alors que le plan initial visait la fermeture de huit succursales de la SAQ, l’ouverture de 34 nouvelles agences et d’une centaine de micro-agences, la Direction de la santé publique, préoccupée par son offre de services sur le territoire, a mis un frein sur ces projets. Nous invitons la SAQ à poursuivre sa prise de conscience en reconnaissant les liens entre l’ouverture de nouveaux points de vente privés et les questions de santé et de sécurité publique. »

Un autre rassemblement tenu le 28 juin dernier dénonçait la fermeture imminente de cette succursale le 31 août 2025. La SAQ avait toutefois revu ses plans, puisqu’à la suite d’une interpellation du syndicat, la direction a constaté que le bail de la succursale se terminait en réalité le 31 janvier 2026.

« Nous avons déjà vécu plusieurs fermetures sauvages de succursales, des points de vente très rentables que la SAQ a fermés afin de pousser la clientèle vers de plus gros magasins. Et chaque fois, le résultat a été désastreux : les rues se dévitalisent, la plupart des commerces ferment et les locaux commerciaux voisins se vident. À titre d’exemple, la fermeture de la succursale de la rue Centre à Pointe-Saint-Charles en 2012, a transformé une rue dynamique en désert commercial », dénonce la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Stéphanie Gratton. Pour nous, la fermeture prévue pour la mi-janvier ne passe pas du tout. »

Le syndicat va suivre de près la stratégie immobilière que la SAQ va présenter le 18 janvier 2026, à l’occasion du dévoilement des plans de gestion de ses succursales sur le territoire.

« Rappelons que la mission principale de la SAQ est la vente de produits de l’alcool de qualité, dans le respect des normes éthiques responsables et des lois encadrant ces activités. Malgré le récent recul, nous voyons d’un mauvais œil l’implantation de micro-agences dans les dépanneurs en milieu densément peuplé, comme Montréal et Laval, avec la commercialisation de petits formats de spiritueux, sans le même engagement législatif pour la vente de ces produits. Avec la multiplicité des micro-agences, dont certaines sont déjà en place, la vérification de l’âge et de la sobriété de la clientèle par des tiers non formés sur ces enjeux nous inquiète », conclut le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.

À propos

Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 69 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN rassemble 110 000 membres dans 400 syndicats de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James.

Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

La FEESP-CSN dénonce l’exclusion de deux expertes en mobilité du conseil d’administration de la STM

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) s’indigne de la décision de la Ville de Montréal de ne pas renouveler les mandats de Catherine Morency, professeure à Polytechnique Montréal, et de Suzanne Lareau, ex-présidente et directrice générale de Vélo Québec, au conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM). Cette exclusion prive la STM d’une expertise indépendante et reconnue en mobilité durable, alors que le transport collectif dans la métropole traverse une crise.

Catherine Morency est une experte reconnue des questions de mobilité durable. Elle dirige la Chaire Mobilité et la Chaire de recherche du Canada sur la mobilité des personnes. Ses travaux visent à réduire la dépendance à l’automobile, un enjeu crucial pour la plus grande ville du Québec. Pour sa part, Suzanne Lareau a consacré sa carrière à la promotion du vélo et des modes de déplacement actifs, contribuant ainsi à des avancées majeures pour la mobilité durable au Québec. En leur montrant la porte du CA de la STM, la Ville de Montréal se prive d’un regard précieux sur la qualité du service et l’accessibilité universelle.

« Retirer deux spécialistes comme Catherine Morency et Suzanne Lareau du conseil d’administration, c’est envoyer un signal très inquiétant. La direction de la STM navigue à vue et semble incapable de se projeter dans le futur. À l’heure où la transition écologique est sur toutes les lèvres, nous avons besoin de voix fortes, autonomes et compétentes pour défendre le transport collectif. Il en va du bien-être des usagers et de la qualité du service », s’offusque Frédéric Brun, président de la FEESP-CSN.

« La STM doit arrêter de jouer le jeu de la réduction des dépenses et de la privatisation. Le transport collectif est un investissement, point à la ligne. La direction de la STM doit utiliser son pouvoir pour faire pression sur le gouvernement et exiger des investissements afin d’avoir les moyens de construire une vision à long terme. Dans cette optique, le choix de la STM de ne pas renouveler les mandats de Mme Morency et de Mme Lauzon est un pas dans la mauvaise direction », conclut Frédéric Brun.

La FEESP-CSN appelle la Ville de Montréal et la STM à revoir cette décision et à garantir que le conseil d’administration demeure composé de personnes qualifiées, capables de défendre une vision ambitieuse pour le transport collectif.