Surcharge et manque de concertation

Dans son mémoire présenté hier devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, la CSN estime qu’il est urgent pour le gouvernement d’investir temps, énergie et argent afin de redresser la situation des services sociaux. Résultant d’une consultation des membres ayant une expérience significative auprès d’enfants et de familles en contexte de vulnérabilité, le mémoire donne la parole aux intervenantes sur le terrain.

Organisation et financement
La majorité des intervenantes interrogées ont indiqué ne pas avoir l’impression d’offrir des services de qualité et selon l’intensité requise : la rupture dans le continuum des services, le manque de personnel et la surcharge de travail font en sorte qu’elles doivent trop souvent s’improviser « pompières » et éteindre des feux de cas plus critiques. Pendant ce temps, d’autres cas doivent patienter plus longtemps. Une organisation offrant davantage de souplesse, dans un plus grand respect de l’autonomie professionnelle et du jugement clinique, permettrait d’offrir des services selon la qualité et l’intensité requises. Quant au financement, le constat est clair : les investissements sont insuffisants en raison du sous-financement chronique. De plus, les sommes investies sont mal réparties, engendrant ainsi un accès difficile aux soins et aux services. Devant la représentante de la Commission, Jean Lacharité, vice-président de la CSN, a souligné « l’urgente nécessité de réinvestir de façon majeure dans les CLSC de manière à pouvoir travailler en amont sur le plan de la prévention de la maltraitance envers les jeunes ».

Pour assurer l’accès et la continuité des services à la jeunesse, le financement adéquat et stable des missions sociales du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que des partenaires du réseau, comme les organismes communautaires, est essentiel.

Conditions de pratique
Plus de la moitié des intervenantes relatent avoir une trop grande charge de travail et ne pas arriver à suffire à la tâche pendant les heures normales de travail. En plus d’être trop grande, cette charge est complexe et émotionnellement difficile. Dans une très forte majorité, les intervenantes ont pointé manque de personnel comme étant le facteur principal de la surcharge. Les problèmes d’attraction et de rétention de personnel ainsi que les conditions d’exercice ne favorisant pas la conciliation famille-travail-études n’aident certainement pas à régler la situation. « La protocolisation des soins et le peu de consultations de la part des gestionnaires ou supérieurs immédiatsur les pratiques cliniques contribuent assurément à la démotivation de ces professionnelles », a rapporté devant la Commission Jessica Goldshleger, responsable du secteur santé et services sociaux de la Fédération des professionnèles–CSN. Pour la CSN, l’organisation du travail doit être revue afin de favoriser un réel travail interdisciplinaire et un véritable respect du jugement clinique des intervenantes.

Finalement, les personnes sondées ont constaté une complexification des cas et une augmentation des comorbidités chez les jeunes. S’ajoute à cela une augmentation importante des problèmes de santé mentale, tant chez les parents que chez les enfants. Pour la CSN, cela démontre l’importance de la prévention qui doit être faite auprès des parents.

Concertation des réseaux
Une meilleure collaboration entre les réseaux s’est aussi avérée un enjeu non négligeable. La CSN précise que selon ses membres, il est nécessaire d’instaurer de nouveaux mécanismes de concertation entre les réseaux. Or, les principaux obstacles à la concertation des réseaux sont le manque de communication, de collaboration et de coordination ainsi que la méconnaissance du rôle de chacun. La mise sur pied d’une coordination, de lieux d’échange et de discussions pourrait à cet égard s’avérer utile.

Les réalités spécifiques aux communautés autochtones
La CSN compte parmi ses membres des intervenantes et des intervenants qui travaillent auprès des jeunes et des familles au Nunavik, dans le Nord-du-Québec et sur les Terres-Cries-de-la-Baie-James. L’enquête menée par la CSN a permis de mettre en lumière des éléments qui nuisent à l’accès et à la qualité des services offerts à la jeunesse. Le haut taux de roulement du personnel, la surcharge de travail, la méconnaissance des cultures et des traditions autochtones et le manque de ressources spécialisées ont été cités comme nuisant à la qualité des services. En ce sens, Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, a fait ressortir devant la Commission que « la mise en place d’un processus de reconnaissance des compétences des personnes autochtones, l’accès à de la formation professionnelle et du soutien clinique pour ces dernières, ainsi que des activités d’échanges interculturels pour les non-autochtones nouvellement embauchés constituent des pistes de solutions intéressantes ».

Journée internationale des travailleuses et des travailleurs : Solidaires plus que jamais !

Cette année, pour souligner la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, la Coalition du 1er mai vous propose de participer à une campagne participative d’affichage sur les réseaux sociaux qui aura pour thème Solidaires plus que jamais !

Pour participer à la campagne, il suffit d’écrire un message personnalisé sur le visuel du 1er mai et publier une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai.

Matériel visuel

Si vous avez une imprimante
Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai dans l’espace prévu à cette fin et publiez une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook du 1er mai et sur votre page personnelle !

Si vous n’avez pas d’imprimante
Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai. Ensuite, il faut convertir votre fichier PDF en format JPEG pour pouvoir partager en image votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai et sur votre page personnelle.

  • Si vous avez Adobe Acrobat, vous pouvez sauvegarder votre fichier PDF directement en format JPEG en choisissant « JPEG » après avoir cliqué sur « Enregistrer sous ».
  • Si vous n’avez pas Adobe Acrobat, vous pouvez convertir votre fichier PDF en JPEG via ce site Web : https://pdf2jpg.net/

Filtre (décor) de photo de profil Facebook disponible le 1er mai
En plus de cette campagne, un filtre (décor) de photo de profil Facebook aux couleurs du visuel du 1er mai sera également disponible ce vendredi, 1er mai. Nous vous encourageons à l’adopter massivement pour souligner cette journée et afficher votre solidarité envers les travailleuses et travailleurs du Québec.

Webinaire vendredi 1er mai – 12h à 13h15
En plus de la campagne participative, un webinaire qui abordera les stratégies de mobilisation en lien avec la santé et la sécurité du travail aura lieu vendredi le 1er mai de 12h à 13h15. Cette discussion en ligne sera diffusée en direct sur la page Facebook du 1er mai. Pour tous les détails concernant le webinaire : https://www.facebook.com/events/540939989907620/

Outils de visibilité pour les réseaux sociaux

PDF modifiable avec espace pour écrire votre message personnalisé

Facebook

Instagram

Affiche couleur

Affiche noir et blanc

Les travailleurs oubliés des centres funéraires méritent aussi une prime de risque

Alors que le gouvernement a déjà consenti à mettre en place des primes pour les travailleuses et travailleurs de la santé, les paramédics et les préposé-es aux bénéficiaires, les personnes qui s’occupent des défunts et de leur famille sont malheureusement délaissées. Parce que la nature des opérations les expose considérablement à un risque de contagion – plusieurs études démontrent que le virus survit après le décès d’un individu – la FC–CSN exige une prime de risque de 3 $ l’heure pour tous les employé-es des centres funéraires. La FC–CSN exige aussi que des visières et des masques N95 en quantité suffisante soient mis à leur disposition.

Des craintes bien réelles
Malgré les mesures de protection fournies par les employeurs, la peur est omniprésente chez les travailleurs qui ont à manipuler les corps. Les craintes sont d’autant plus grandes qu’on sait que les personnes qui décèdent n’ont pas nécessairement été toutes testées pour la COVID-19. Cette situation représente une menace silencieuse de contamination pour les travailleurs chargés du transport des personnes décédées, pour les opérateurs de four crématoire et pour ceux qui ont à pratiquer des actes de thanatopraxie. « Si le diagnostic de COVID n’a pas été déclaré par le médecin qui a constaté le décès, il n’y a aucun moyen de savoir si le défunt était infecté et s’il représente un important risque de contamination. C’est dans ce contexte inquiétant que des centaines de travailleurs entrent au boulot chaque jour. Ces gens mettent leur santé en danger dans le but de rendre un service dont la société ne peut se passer », précise David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN.

Le personnel administratif ainsi que le personnel de soutien aux familles doivent aussi être considérés et reconnus pour leur apport aux services offerts. Ces derniers demeurent en contact avec la clientèle et travaillent aussi dans des conditions stressantes liées à la pandémie. L’organisation du travail est chamboulée par l’application des nouvelles règles de distanciation sociale.

Retenir le personnel
« L’industrie funéraire est un milieu de travail difficile et hautement émotif. Pour plusieurs, il peut sembler moins attrayant. Mais il ne faudrait pas non plus en arriver à manquer d’employé-es dans ce secteur essentiel en temps de pandémie, faute d’avoir reconnu à juste titre leur contribution. Les difficultés de recrutement étaient déjà présentes dans plusieurs régions », relate David Bergeron-Cyr.

L’ensemble de la société compte sur des services professionnels et surtout essentiels à la santé publique. Il est plus que justifié d’accorder une prime de 3 $ l’heure à ces travailleuses et travailleurs oubliés.

Services de garde d’urgence en milieu familial : s’adapter pour aider

Au lendemain des premières annonces du gouvernement concernant les mesures de confinement, les parents de partout au Québec ont vite dû s’organiser, notamment ceux qui œuvrent dans les secteurs essentiels. Dans ce contexte difficile, plusieurs responsables d’un service de garde (RSG) ont décidé de demeurer ouvertes afin d’offrir un peu de stabilité à ces parents et à leurs tout-petits.

Selon Hélène Côté, RSG de la région de Portneuf qui accueille actuellement un enfant, « les parents ont été très soulagés de pouvoir le maintenir dans son milieu habituel. Ces parents nous aident collectivement par la nature de leur travail et je suis fière de pouvoir les aider. Pour notre sécurité, nous avons convenu d’un protocole de désinfection ainsi que d’un protocole d’arrivée et de départ qui nous permet de respecter les consignes sanitaires. Ça se passe très bien, on collabore et tout le monde y gagne ».

Pour les RSG offrant un service de garde d’urgence, l’essentiel, c’est de convenir de mesures permettant à toutes et à tous d’assurer un maximum de sécurité. « J’ai choisi de maintenir mon service ouvert, car si je me mets dans la peau de ces parents, moi aussi j’aimerais que mes enfants puissent être dans un milieu qu’ils connaissent et où ils sont à l’aise », explique Vanessa Savard, RSG de Beauport. « Pour que cela fonctionne, nous nous sommes mis d’accord sur les mesures à respecter. Par exemple, j’accueille les enfants dans l’entrée, les parents ne rentrent pas. Comme la mère travaille en milieu hospitalier, nous avons aussi convenu qu’elle changerait de vêtements avant de se présenter chez moi. En cette période difficile, on fait notre part », ajoute Vanessa Savard.

Le budget doit être à la hauteur des besoins pour éliminer les violences faites aux femmes

Les reportages et les émissions sur les violences faites aux femmes abondent ces jours-ci et mettent en relief le grave problème qui se pose. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et à deux jours du budget, la CSN demande au gouvernement un plan d’action concret et du financement pour contrer les violences envers les femmes.

La CSN a récemment été saisie de l’histoire bouleversante d’une femme qui, en ce moment même, doit se cacher de son conjoint qui a proféré des menaces de mort envers elle et sa fille. L’histoire a été reprise dans certains quotidiens et illustre toute la tragédie que subissent de trop nombreuses femmes.

« Les maisons d’hébergement ont encaissé de plein fouet les compressions des politiques d’austérité et leur pouvoir d’action est de plus en plus limité. Elles débordent et peinent à offrir tous les services pour lesquels elles sont sollicitées. En 2018-2019, c’est 14 997 demandes d’hébergement qui ont dû être refusées. Cette situation est absolument inacceptable », souligne la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

Au Québec, 10 féminicides en moyenne se produisent chaque année. Depuis trois mois, sept Québécoises ont connu un tel sort. On ne peut plus attendre : il faut des mesures structurantes et l’injection de sommes importantes pour que les choses changent. « À quelques jours du dépôt du budget, le gouvernement ne peut faire la sourde oreille. Il a le devoir d’entendre le cri à l’aide des femmes et de protéger leur vie et leur sécurité », conclut Véronique De Sève.

Une contribution inestimable

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) souligne le 22 novembre la Journée nationale des chargées et chargés de cours universitaires en lançant la dix-neuvième édition d’une campagne de valorisation amorcée en 2010. Sous le thème J’enseigne à l’université et…, cette campagne souligne la grande diversité des profils des personnes chargées de cours et leur apport inestimable à la formation des étudiantes et des étudiants.

Qu’ils soient chargés de cours, tuteurs en formation à distance, superviseurs de stage, chargés d’enseignement, chargés de formation pratique, chargés de clinique, coach ou accompagnateur musical, leur contribution n’est pas étrangère à la qualité de l’enseignement universitaire. Ils assument plus de 50 % de l’enseignement au premier cycle et de plus en plus aux cycles supérieurs. Les multiples facettes de leur implication sociale sont cependant méconnues, ce à quoi veut remédier cette campagne.

L’expertise et la passion de ces enseignantes et ces enseignants contractuels contrastent avec la précarité de leur statut. « C’est plutôt révoltant de voir des femmes et des hommes aussi qualifiés et socialement impliqués, être aussi peu reconnus, s’indigne Richard Bousquet, vice-président et responsable du regroupement université de la Fédération. Qu’attend le ministre Jean-François Roberge pour financer la stabilisation de leur emploi ? » questionne-t-il.

Pour souligner cette journée, la FNEEQ-CSN lance deux nouvelles capsules vidéos qui illustrent la diversité de ce corps d’emploi. Cette année, Selvin Cortez, chargé de cours en arts et design à l’Université Concordia, et Garrfield Du Couturier-Nichol, chargé de cours en psychologie industrielle à l’Université McGill, ont généreusement accepté de se prêter à l’exercice.

La FNEEQ-CSN regroupe quelque 35 000 membres, notamment, les membres des syndicats dans une douzaine d’institutions universitaires, dont 10 syndicats de chargées et chargés de cours, le Syndicat des tutrices et des tuteurs de la Télé-Université, l’Association des étudiants salariés diplômés de l’Université McGill et les chargées et chargés d’enseignement de l’ÉTS. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

Bâtir la solidarité régionale pour développer une voix forte

Les conseils centraux de la CSN jouent un rôle politique important dans chacune de leur région, mais comment s’y prennent-ils pour que leur voix porte encore plus et que les préoccupations des travailleuses et des travailleurs soient entendues ?

Le Point syndical a interviewé les 13 présidentes et présidents de conseils centraux au sortir de leurs congrès pour qu’ils rendent compte des façons de faire qui ont fait leurs preuves, mais aussi des innovations en cours partout au Québec. Nous avons, du même coup, dressé un portrait des enjeux régionaux qui préoccupent le plus les conseils centraux à la veille de la rentrée.

S’appuyer sur la base
La participation des membres est au centre des préoccupations des conseils centraux. Leur proximité avec les syndicats qu’ils représentent a toujours été un atout, mais plusieurs approches nouvelles visent à renforcer ce lien.

On veut, par exemple, rendre les réunions moins formelles pour donner la parole aux membres dès le début, plutôt que de simplement valider des documents. Certaines régions mettent en place des réunions thématiques qui vont changer de secteur en fonction du sujet abordé. Cette façon de faire fonctionne d’ailleurs déjà très bien au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis trois ans. On veut aussi miser sur des rencontres informelles où il est plus facile de s’exprimer, même pour les membres qui ont tendance à rester muets dans les assemblées.

Photo des présidences des conseils centraux, prise d'un étage plus haut que les élu-e-s.

Présidences des conseils centraux // Photo : D. Morissette

Divers conseils misent par ailleurs sur un comité de mobilisation, souvent renouvelé, pour soutenir les enjeux des syndicats. Par endroits, les conseils centraux ont décidé de trouver le moyen de rendre davantage disponibles les membres du comité exécutif, même si cela signifiait parfois une diminution du nombre de personnes y siégeant. Des conseils ont aussi choisi de donner la responsabilité de secteurs (géographiques ou d’activité) à chacun des membres du comité exécutif, parfois en spécialisant une vice-présidence sur le secteur privé.

L’idée générale est de s’appuyer sur la base pour définir les enjeux régionaux et de mieux les porter, par une plus grande mobilisation des membres. On pense ici à des causes politiques ou sociales, mais aussi à la solidarité manifestée à l’égard des luttes des autres syndicats de la région.

Approches de communication
Pour communiquer avec les membres, au moins quatre conseils centraux ont déjà installé de l’équipement pour produire des vidéos, ou le feront bientôt. Ce dispositif sera offert aux syndicats qui veulent parler à leurs membres à distance.

Les régions ont toutes plus de facilité à communiquer avec les médias que la métropole. Les présidentes et présidents ont souvent des liens directs avec les journalistes depuis des années. Au Cœur-du-Québec, certains médias enregistrent même de longues entrevues qui servent dans différents topos dans les semaines suivantes.

Sur la Rive-Nord et la Rive-Sud dans la région de Montréal, c’est beaucoup plus difficile, et la présence de médias est plus aléatoire. Curieusement, la montréalisation de l’information n’aide pas vraiment à ce que la voix des travailleuses et travailleurs soit mieux entendue. La vente ou la fermeture de journaux a même empiré la situation par endroits.

Québec s’en tire mieux à cet égard, même si le conseil central a décidé de ne pas du tout compter sur les radios poubelles de la capitale.

En Outaouais, on mise sur des études chiffrées sur l’iniquité dont souffre la région en matière de services de santé, d’éducation et même en culture. Cette approche fonctionne bien avec les médias qui ont des données à se mettre sous la dent, qui sont basées sur des études.

Coalitions et rencontres
Les conseils centraux misent tous sur des coalitions intersyndicales ou basées sur des enjeux spécifiques pour se donner un plus grand poids régional. À Montréal, par exemple, on mise sur un comité intersyndical en place depuis plus de 45 ans, de même que sur des rencontres régulières avec les élu-es municipaux de tous les partis en place. De son côté, la coalition Équité Outaouais réussit à marteler son message, qui a même eu un impact électoral en 2018 en mettant fin au monopole d’un seul parti qui prévalait depuis plusieurs années. L’environnement est un sujet de plus en plus chaud et rassembleur un peu partout.


Ce que Les présidentes et présidents des conseils centraux ont dit :

« On veut attirer plus de monde pour les actions comme celle du 27 septembre. On mise beaucoup sur notre comité de mobilisation. »
– Manon Tremblay, Saguenay–Lac-Saint-Jean

« Il faut un meilleur réseau entre nous parce que le vent de droite souffle encore très fort. Quand tu t’intéresses plus aux autres syndicats, tu vas aussi t’intéresser plus au conseil central. »
– Patricia Rivest, Lanaudière

« Il faut s’investir dans différents milieux, se joindre à des tables et à différents groupes pour amener une vision CSN sur les façons de nous développer comme région. »
– Guillaume Tremblay, Côte-Nord

« Les membres participent déjà pas mal, mais ce sont souvent les mêmes. Notre défi, c’est d’essayer que ça descende plus. On veut inviter les gens à s’exprimer, notamment dans des activités informelles comme les 5 à 7. »
– Annette Herbeuval, Montérégie

« On veut consolider la solidarité intersyndicale avec notre réseau de mobilisation. »
– Dominique Daigneault, Montréal métropolitain

« Il faut se coller sur la réalité des syndicats, leurs enjeux sociaux. Quand ta voix et tes idées ont une importance, ça te donne plus envie de t’impliquer et on le constate. »
– Nancy Legendre, Bas-Saint-Laurent

« On croit que les liens entre les enjeux régionaux et nos syndicats sont là. Il faut les alimenter par une plus grande participation pour que nos luttes soient portées par les membres. »
– Alfonso Ibarra, Outaouais

« On a une bonne collaboration avec les médias régionaux, mais on veut redévelopper le réflexe des journalistes à nous interpeller. »
– Félix-Antoine Lafleur, Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec

« À toutes les interventions d’élu-es, on donne systématiquement notre opinion. Ça fait comprendre aux syndiqué-es à quoi sert le conseil central. On est un outil essentiel au développement régional. »
– Serge Saint-Pierre, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

« On a décidé d’interpeller davantage nos syndicats par téléphone et d’augmenter la présence des membres aux assemblées en rendant les rencontres moins formelles, en donnant plus de temps d’antenne aux membres. »
– Paul Lavergne, Cœur-du-Québec

« Les gens se sont aperçus qu’ils ne se connaissaient pas, mais qu’ils voulaient plus partager. On va organiser trois ou quatre rencontres par an sur les priorités régionales. »
– Chantal Maillé, Laurentides

« Plus nos membres sont au courant des luttes menées par d’autres syndicats, plus notre solidarité peut s’exprimer. Et si on peut syndiquer le concurrent d’à côté, plus notre rapport de force est grand. »
– Denis Beaudin, Estrie

« S’il y a une mauvaise nouvelle, le conseil central est tout de suite au jeu avec le syndicat. Le conseil central est un incontournable. »
– Ann Gingras, Québec–Chaudière-Appalaches.

La solidarité au royaume de l’ours blanc

À la fin du mois de mars, une délégation de la CSN s’est rendue à Kuujjuaq dans le cadre de la tournée sur la vie syndicale. Dès leur arrivée, les délégué-es ont été accueillis par Victor Mesher et Thierry Langlois, présidents des deux syndicats du Grand Nord affiliés à la CSN. La fierté de recevoir la CSN pouvait se lire sur leurs visages.

Établi depuis maintenant quatre ans à Kuujjuaq, Thierry Langlois, qui travaille à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), insiste sur les défis rencontrés par celles et ceux qui viennent s’y établir pour travailler. « La vie professionnelle au Nord, c’est une succession de deuils à faire. La plupart des employé-es, qui deviennent avec le temps des amis, vont rester entre un et deux ans, en moyenne. Il y a aussi ceux qui quittent leur famille et leurs amis pour venir vivre l’expérience. Ceux-ci font un sacrifice que beaucoup d’autres ne seraient pas prêts à faire », mentionne le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de Santé Tulattavik de l’Ungava–CSN. « Mon travail dans le syndicat est de m’assurer que, même si on est à l’autre bout du monde, les conditions de travail soient adéquates, les règles respectées et que ça leur donne le goût de rester. »

Avec des rotations de deux mois de travail suivis d’un mois de vacances, il peut s’avérer difficile de maintenir une cohésion dans la vie syndicale. Toutefois, en synchronisant les horaires et en coordonnant les journées de libération, le comité exécutif du syndicat réussit à répondre à tous les besoins des membres.

Même son de cloche du côté du Syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK–CSN), dont Victor Mesher est président. Natif de Kuujjuaq, Victor a vu nombre d’employés partir après quelques années, surtout lorsqu’ils ont des enfants en âge de fréquenter l’école. La conciliation famille-travail fut d’ailleurs au cœur de la dernière négociation, un combat mené à bout de bras par l’ensemble des membres du syndicat.

Comme c’est le cas pour plusieurs employés travaillant dans le Grand Nord, les billets d’avion permettant aux travailleuses et travailleurs venant du sud de retourner à leur lieu d’origine sont souvent fournis par l’employeur, une clause que l’administration régionale tenait à revoir. Pour Victor Mesher et bien d’autres employé-es, ces billets permettent également d’aller visiter les enfants ou la famille qui demeurent à l’extérieur du Nuna­vik. Cependant, comme pour l’ensemble de ces demandes, l’employeur a fini par reculer grâce à la mobilisation et la solidarité dont les membres ont fait preuve au cours des trois ans de négociation. Mûrs de cette expérience, le comité exécutif du syndicat et le comité de négociation nouvellement élu sont prêts à se lancer dans la prochaine négociation.

Le défi de la distance
Pour les deux syndicats, organiser une assemblée générale s’avère un véritable défi. Plus qu’une simple convocation en salle de réunion, on doit connecter l’ensemble des villages sur une ligne téléphonique. Les membres étant répartis dans 14 villages formant autant de communautés longeant la baie d’Hudson, il arrive que les aléas météorologiques et même une alerte d’ours polaires viennent freiner leur participation aux assemblées. Bien que les comités exécutifs doivent composer avec la distance propre à la réalité territoriale, rien n’est si différent : sur les tables à l’entrée de la salle de réunion, au lieu des beignes et du café Tim Hortons, on trouve de la bannique [pain plat sans levain traditionnel] et des beignets préparés par l’une des membres et sa grand-mère.

Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, est ressortie de ces assemblées générales fort impressionnée : « Animer une vie syndicale est déjà tout un défi. Certes, il y a le désir d’améliorer les conditions de travail. Mais vivre dans le Grand Nord n’est pas toujours simple, notamment en raison de la rareté des denrées ou l’accès au transport compliqué par la météo. Malgré cela, j’ai pu constater qu’il y a une vie syndicale animée, grâce à des militantes et militants qui ont à cœur les conditions de vie et de travail pour les membres qu’ils représentent. C’est assez impressionnant d’être sur le terrain et de faire ce constat. »

Même si certains défis rencontrés par les travailleuses et travailleurs du Nord leur sont propres, ils font tout de même écho parmi nous. Une chose est sûre, nous demeurons toutes et tous animés par un désir commun : améliorer les conditions de travail de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, et ce, peu importe leur lieu de travail.

Victoire pour les employé-es de l’administration régionale Kativik

Après plus de trois ans de négociations difficiles, le syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK–CSN), qui représente plus de 250 membres dans 14 communautés de la région du Nunavik — de Kuujjuaq à Salluit — a signé une nouvelle convention collective à la mi-décembre. Rappelons qu’une entente de principe était intervenue en avril 2018, mais la partie patronale tentait de revenir sur les termes de celle-ci. Le syndicat, affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), se dit très satisfait des gains obtenus pour les membres.

Le syndicat de l’administration régionale Kativik a une nouvelle convention collective

Le Syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK) a une nouvelle convention collective. Il y a eu une entente de principe en avril dernier, mais depuis, la partie patronale tentait de revenir sur cette entente négociée de bonne foi. L’ARK a finalement entendu raison et a décidé d’honorer l’entente d’avril.

Le syndicat, affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), se dit très satisfait des gains obtenus pour les membres.

« Nos membres ont été mobilisés du début à la fin et nous avons démontré une belle solidarité tout au long du processus. L’ARK a reculé sur l’ensemble de ses demandes qui étaient non négociables pour nous et nous avons obtenu des augmentations salariales de 2,5 % sur trois ans et de 2 % la dernière année de la convention, ce qui est plus que respectable. Nous avons également obtenu une rétroactivité pour nos membres et l’indexation des indemnités quotidiennes », explique Victor Mesher, président du SEARK.

Demande exagérée et inattendue

Après avoir accepté les termes d’une entente de principe en avril, l’ARK avait demandé qu’on retire de la convention collective une lettre d’entente qui permettait d’attirer et de retenir une main-d’œuvre qualifiée au sein de l’organisation. Le retrait de cette mesure aurait coûté aux membres de 5000 $ à 10 000 $ annuellement en pertes salariales. Heureusement, cette demande a été abandonnée par l’ARK dans les derniers jours.

« Une fois cette situation clarifiée, le climat est devenu beaucoup plus sain et cordial à la table de négociation, permettant de ficeler les derniers détails de l’entente. Les membres sont comblés et très satisfaits, c’est un dénouement heureux non seulement pour nous, mais aussi pour l’ensemble des communautés du Nunavik qui vont pouvoir bénéficier de nos bons et loyaux services. Nous souhaitons maintenant développer une meilleure collaboration avec l’employeur et nous assurer d’avoir des relations de travail saines et cordiales », conclut M. Mesher.

Six jours de grève pour les employés-es

Le Syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK–CSN) a voté le 27 novembre dernier à 93 % en faveur de six jours de grève à utiliser au moment jugé opportun. Après trois ans de négociations difficiles, les membres du syndicat affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) ont décidé qu’il était temps de monter d’un cran les moyens de pression face à un employeur qui refuse de tendre l’oreille.

Le syndicat de l’administration régionale Kativik représente plus de 250 membres dans 14 communautés de la région du Nunavik, de Kuujjuaq à Salluit.

Négociez de bonne foi !

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) somme la direction de l’Administration régionale Kativik (ARK) de négocier sérieusement et de bonne foi afin d’en arriver à une entente avec le Syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK).

Après trois ans de négociations difficiles et de frustrations, l’ARK doit comprendre que ses employé-es sont des partenaires indispensables dans le bon fonctionnement de l’administration du Nunavik.

« Nous avons devant nous une direction qui préfère de loin la voie juridique au processus normal de négociation. Elle utilise tous les moyens dilatoires possibles pour tenter en vain d’affaiblir le syndicat plutôt que de s’asseoir pour discuter », déplore Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Vote de grève

Pour ajouter l’insulte à l’injure, l’ARK ne veut pas reconduire dans la prochaine convention collective une lettre d’entente qui permet d’attirer et de retenir une main-d’œuvre qualifiée au sein de l’organisation.

« Cette mesure d’attraction et de rétention de la main d’œuvre, qui existe depuis 2008, a fait ses preuves et permet une pérennité dans l’offre des services à la population. De plus, y mettre fin signifierait des pertes salariales de 5000 à 10 000 $ annuellement pour nos membres. Comment un employeur peut-il exiger une telle diminution salariale pour plusieurs de ses employé-es dévoués à la communauté ? », questionne Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Devant cette obstination éhontée, le SEARK a voté le 26 novembre dernier dans une proportion de 93 %, en faveur de six jours de grève à utiliser au moment jugé opportun.

Une rencontre de conciliation est prévue aujourd’hui avant que le Tribunal administratif du travail (TAT) ne se penche sur la question des services essentiels en prévision de la première journée de grève.

« Nous souhaitons que l’ARK soit dans de meilleures dispositions pour discuter, c’est son devoir de s’assurer que les Inuits aient accès aux meilleurs services possibles et pour y parvenir elle doit s’entendre avec ses employé-es dans les plus brefs délais », conclut Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), qui défend aussi les intérêts du SEARK.

Les employés de l’administration régionale Kativik votent en faveur de six jours de grève

Le Syndicat des employé-es de l’administration régionale Kativik (SEARK) a voté lundi soir à 93 % en faveur de six jours de grève à utiliser au moment jugé opportun.

Après trois ans de négociations difficiles, les 200 employé-es du syndicat affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) ont décidé qu’il était temps de monter d’un cran les moyens de pression contre un employeur qui refuse de tendre l’oreille.

« Les négociations ont été lentes et ardues dès le premier jour. Il est temps de démontrer notre solidarité et notre volonté ferme d’en venir à une entente négociée. Nous en avons plus qu’assez de discuter avec une direction qui ne veut rien entendre. L’Administration régionale Kativik (ARK) doit enlever ses œillères maintenant », lance Victor Mesher, président du SEARK.

Pourtant une entente de principe entre l’ARK et le SEARK est intervenue le 18 avril dernier. Mais dans les semaines qui ont suivi, un litige concernant le paiement rétroactif des salarié-es ayant quitté l’ARK a fait surface, mettant ainsi un terme à l’entente.

Services essentiels

Comme le SEARK est soumis à la Loi assurant le maintien des services essentiels, le syndicat devra négocier les conditions des services à maintenir avant de pouvoir se prévaloir d’une ou de plusieurs journées de grève.

« Nous avons l’intention d’agir promptement, nos membres et le comité de négociation sont en colère et nous sommes prêts à agir », conclut M. Mesher.

Voir loin, agir en prévention

Du 14 au 21 octobre se tient la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (SST). Ainsi, la CSN souhaite rappeler à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs, de même qu’à ses quelque 300 000 membres des secteurs privé et public, de l’importance de la prévention.

Agir en prévention
Pour la CSN, la prévention demeure un défi quotidien dans un monde obsédé par la productivité et la rentabilité. C’est en amont qu’il faut poursuivre la sensibilisation des employeurs et des gouvernements aux risques liés au travail.

« Bien que nous ayons au fil du temps constaté des améliorations en santé et sécurité du travail, il reste toujours en 2018 énormément de travail à faire, surtout en matière de prévention, » explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN et responsable politique des questions de SST. « Un accident de travail, c’est un accident de trop. Pire encore quand un travailleur meurt au travail. On ne devrait jamais perdre notre vie en la gagnant. Ça n’a pas de bon sens. Il faut que ça cesse. »

230 décès en 2017
Rappelons les statistiques bouleversantes dévoilées en 2017 par la CNESST, les pires enregistrées depuis les dix dernières années. On déplorait 63 morts à la suite d’un accident, et 167 à la suite d’une maladie professionnelle, pour un total de 230 décès (13 de plus que l’année précédente).

En identifiant les risques et en prévoyant les dangers, nous nous donnons les moyens de corriger les situations problématiques dans un milieu de travail pour éviter que des accidents et des maladies professionnelles de nature physique et psychologique ne se produisent. Les travailleuses et travailleurs sont sans contredit les mieux placés pour signaler les dangers liés à leur travail et aussi pour proposer des solutions. Il est grand temps que les employeurs et le gouvernement se mettent à les écouter.

Choc culturel dans le réseau de la santé du Grand Nord

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) estime que le gouvernement du Québec peut et doit faire mieux pour améliorer les relations avec les Autochtones qui reçoivent des services publics dans le Grand Nord.

La FSSS–CSN a déposé un mémoire contenant 32 recommandations à la demande de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès.

« Il ne manque que la volonté politique et l’adoption d’un plan d’action interministériel afin de redresser la situation et s’attaquer à l’ensemble des déterminants de la santé des Autochtones. Il faudra prévoir des changements concrets et mesurables », affirme Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

La fédération a décidé de faire une enquête approfondie dans la région du Grand Nord, basée sur 10 grandes entrevues. Plusieurs constats ont été établis, comme le fait que les gestionnaires allochtones, majoritairement blancs, n’ont pas toujours d’expérience préalable dans le Nord et doivent conjuguer avec des différences culturelles importantes qui affectent les relations de travail. Une expérience préalable ou une formation serait de mise. Il serait également très pertinent de favoriser l’arrivée de gestionnaires autochtones. En plus de recommander de limiter les contrats de courte durée, la FSSS–CSN propose un meilleur accueil et de l’encadrement afin que tous les corps d’emploi dans le réseau puissent acquérir de l’expérience. Faciliter les interventions syndicales dans le Grand Nord serait également une des clés.

Choc culturel
Un des constats de l’enquête de la FSSS–CSN est que les normes professionnelles sont inadaptées au contexte du Nord et le modèle de la nouvelle administration publique l’est également. Sans préparation adéquate et sans ajustements des protocoles, cette dissonance entraîne une diminution de la qualité du service en raison de leur inadéquation avec la culture autochtone, le rythme de travail et les contraintes locales.

Un shaptuaan traditionnel devant l’hôpital de Chisasibi

« Il est donc difficile d’introduire une vision plus inclusive et plus souple fondée sur des notions telles que la réduction des méfaits, le savoir traditionnel, les pratiques spirituelles, sans remettre en question certains dogmes normatifs et déontologiques », ajoute Marie Pagès, représentante des technicien-es et professionnel-les à la FSSS–CSN et auteure du rapport qui sera bientôt disponible sur le site de la Commission. 

Le syndicat se dote d’un mandat de moyens de pression lourds

Après deux ans et demi de négociation pour le renouvellement de leur convention collective, les membres du Syndicat des employé-es de l’Administration régionale Kativik (KRGEU) ont tenu hier soir une assemblée générale pendant laquelle ils ont convenu de procéder à un vote de moyens de pression lourds, pouvant aller jusqu’à la grève. Compte tenu de l’étendue du territoire du syndicat, qui équivaut au tiers du Québec, le vote s’est tenu par référendum dans les 14 communautés où travaillent les employé-es de l’administration régionale.

La proposition visant à confier au comité exécutif du syndicat le mandat d’exercer des moyens de pression, incluant une banque de 72 heures de grève (3 jours), a été adoptée à 90 %. Tel que mentionné dans la proposition écrite soumise aux membres, les heures de grève seront utilisées au besoin, pour soutenir la négociation.

“Après 35 séances de négociation en 27 mois, les offres de l’employeur sont encore inacceptables. Les augmentations salariales proposées ne couvrent même pas l’augmentation du coût de la vie, qui est particulièrement élevé au Nunavik. Ce mandat était nécessaire pour faire pression sur l’employeur et lui démontrer de façon claire que nous sommes prêts à nous battre pour de meilleures conditions de travail “, a déclaré Victor Mesher, président du KRGEU.